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GJLLY-LES-YOUGEOT
(Canton de Nuits, arrondissement de Beaune, Côte-d’Or)
S’il faut en croire l’historien Bouillart, les Bénédictins de Saint- Germain-des-Prés devaient le domaine de Gilly-les-Yougeot, ou les Cîteaux, à la libéralité du bienheureux évêque de Paris, plus tard le protecteur et le patron de leur monastère1 2.
11 fournit plusieurs fois l’occasion aux ducs de Bourgogne de témoigner une particulière bienveillance à ces religieux. L’un d’eux, Robert, venait de prendre en main le gouvernement de cette province. Voulant connaître les coutumes que ses prédécesseurs avaient établies, il chargea des personnes sages et discrètes d’en faire la recherche et de les lui signaler. Il apprit ainsi que ceux qui régissaient le pays avant lui avaient imposé à la terre de Gilly un droit de gîte non seulement pour leurs personnes, mais encore pour leurs officiers, leurs chevaux, leurs chiens et tout leur équipage de chasse. Les abbés de Saint- Germain-des-Prés avaient toujours vainement protesté contre ces abus. Adraud crut le moment propice pour formuler de légitimes réclamations. Le nouveau duc avait sans doute hérité de la chrétienne loyauté de son illustre père, le pieux roi de France qui portait son nom ; il s’estimerait heureux de lui rendre justice. Le prélat ne fut point déçu dans ses espérances. Robert l’accueillit avec bonté et promit de mettre un terme aux injustes exactions dont sa communauté était depuis trop longtemps victime. Il consigna ses ordres dans un acte donné à Dijon, la dixième année du règne d’Henri premier, c’est-à-dire le 20 septembre io4os.