‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 97 sur 168 · Charte du 22 septembre iOUO · texte numérisé non relu

Charte du 22 septembre iOUO

A — Original perdu.

B — Copie du XII’ siècle, cartulaire + -J- + de Saint-Germain-des-Prés, Areh. nat. LL. 1024, fol. 48’“, d’après A.

C — Copie du XVIIe siècle, Bibl. nat., coll. Dupuy, vol. 84i, fol. i55T“, d’après B. D — Copie faite par André Du Chesne, Bibl. nat., coll. Du Chesne, vol. 57, fol. 3i, et vol. 80, fol. 3i, d’après B.

Il ne se montra pas moins affirmatif dans une charte de io53. Réprouvant les mauvaises coutumes qui grevaient les biens des religieux de Saint-Germain-des-Prés, il défendit à ses officiers de les revendiquer à l’avenir et de ravager les bois appartenant aux bénédictins, en s’y livrant à la chasse des animaux sauvages. Les possessions dont la communauté de Saint-Germain pouvait jouir en paix s’étendaient (usque adviam Salniriceam) peut-être jusqu’à la route de Saunière, commune de Bussière-sur-Ouche, arrondissement de Beaune1.

Traités avec bonté par les ducs de Bourgogne, les Bénédictins se montrèrent généreux envers les religieux de Cîteaux. Ces derniers commençaient à édifier l’Église par la sainteté et l’austérité de leur vie. Fort pauvres, ils manquaient souvent des choses nécessaires à leur entretien. L’abbé de Saint-Germain en fut profondément touché. Avec le consentement de sa communauté, il leur abandonna tous les droits que son monastère avait sur des terres, des bois et des prés situés à Gémigny (Loiret, canton de Patay), et dont un nommé Helgodus avait joui jusqu’alors. Il joignit à cette donation un espace de terre rempli de ronces et d’épines qui se trouvait au même endroit et quatre arpents de terre à Brétigny (commune de Sainte-Thorette, Cher). Il permit encore à saint Etienne, leur abbé, d’envoyer ses troupeaux paître dans toute l’étendue du territoire de Gilly et de prendre ce dont il aurait besoin dans le domaine de cette seigneurie. Saint Etienne et les religieux de Cîteaux s’engagèrent à payer tous les ans à l’abbaye de Saint-Germain, tant pour les dîmes que pour ce qu’on leur avait donné, six setiers de grain, moitié froment, moitié avoine, et un muid de vin

E — Copie authentique du XVIII* siècle, Arch. nat., K. 1 8 1 , n" 112.

a. Du Chesne, Histoire des rois, ducs de Bourgogne, pr., p. 7, d’après B.

b. Du Chesne, Hist. géncal. de la maison de Montmorency, pr., p. 18, d’après B.

c. Bouillart, Hist. de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, pr., p. 25, d’après B.

d. Gallia christiana, t. IV, instr. col. 1 43, d’après a.

e. Rec. des Hist. de France, t. XI, p. 608, d’après c.

Indiq. : Bréquigny, Table des dipl., t. II, p. 22.

La date de la charte du duc Robert serait le 22 septembre io4o, en s'en rapportant à l’an du règne de Henri Ier, mais la souscription de ce prince a été apposée quelque temps après cette date. Le moment précis de cette confirmation échappe, mais c’est très certainement avant le 20 mai io43, car, à cette date, Guy, évêque de Senlis qui avait souscrit l’acte, avait été remplacé par Frolland (Hist. de France, t. XI, p. 578).

F — Soehné, 161* fascicule de la Bibliothèque de l’École des Hautes Études. Champion, 5, quai Malaquais, Paris.

1. Arch. nat. LL. 1024, p. 47, LL. 102G, p. 223. Bouquet, t. XI, p. 6i3,

pour la dîme de io journaux qu’ils avaient dans leur mouvance, au cas où on les planterait en vignes (i 1 16) \

Une autre charte nous apprend que l’abbé de Saint-Germain et sa communauté donnèrent en outre aux Cisterciens quatre journaux de terre inculte pour les transformer en vignoble. Ils se contentèrent d’un muid de vin tous les ans, tant pour les dîmes de ces quatre arpents, que pour celles de huit autres arpents que divers particuliers leur avaient concédés. Les religieux de Cîteaux se montrèrent très sensibles à ces bienfaits. Pour perpétuer leur reconnaissance, ils promirent volontairement de payer chaque année au prieuré de Gilly une redevance de io sols (i i iG) '.

Le chapelain de Gilly soutenait qu’il avait droit de garder le cellier et le grenier des moines et qu’il pouvait demander à ceux-ci, en raison d’un pareil service, une procuration quotidienne ou sa subsistance de tous les jours. Gilbert, abbé de Cîteaux, choisi pour arbitre dans ce différend, rendit sa sentence en présence d’Henri, évêque d’Autun, qui la fit transcrire. Par amour de la paix, les Bénédictins consentirent à donner 20 livres au chapelain qui renonça à ses prétentions (n68)\

Plusieurs questions litigieuses furent débattues entre Cîteaux et l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, vers 1199. Elles avaient toutes pour objet le domaine de Gilly. Pierre, évêque de Tusculum, légat apostolique en France, s’entremit pour régler cette contestation. Il fut décidé que les Cisterciens jouiraient en paix à l’avenir de toutes les terres qu’ils possédaient dans la mouvance des Bénédictins, sauf à payer annuellement à ces derniers, comme droit de cens et de dîme, une redevance de neuf setiers de blé, moitié froment, moitié avoine. 11 était défendu aux religieux de Cîteaux de recevoir en don ou en gage, d’acquérir, sans le consentement de l’abbé de Saint-Germain-des- Prés, des terres grevées d’un droit de cens ou de serrage envers son monastère. Comme l’usage et la jouissance du bois de Chambala (?) demeuraient encore indéterminés, on prit certaines précautions pour sauvegarder les droits des deux parties, empêcher les actes de violence et assurer le payement des amendes imposées en cas de délit, en attendant une sentence définitive. Il y avait deux moulins à Gilly : l’un

1. Bouillart, Pièces just. 43, tirées des archives de Cîteaux. a. 1d., Pièces justif. n° 44.

Page 1