NANCY
RUE DES GLACIS, l8
https://archive.org/details/lesdeportationsbOOfern
Pour qui connait les faits et les a pu rapprocher des documents administratifs allemands, la deportation en masse de la population civile beige et son assujettissement au travail force en Allemagne sont une affaire tres simple, et dont il ne se comprend guere qu'elle puisse donner lieu, nulle part, a doute ou a discussion.
Pourtant ni les faits ni les documents allemands ne sont egalement connus partout. Les denegations obstinees et les artifices divers des organes de la propagande allemande peuvent avoir trouble, en pays neutres, des esprits naturellement droits, mais mal informes et rendus mefiants par les exagerations courantes de certains journaux des pays belligerants. Depuis deux ans, on a meme vu augmenter, en tels pays que je pourrais nommer, le nombre de ces personnes de bonne foi, absolument cantonnees dans le scepticisme systematique et qui le confondent volontiers avec la prudence scientifique, alors qu'il les rend seulement de moins en moins accessibles aux prises de la realite et aux virilites de la conviction.
(Test specialement pour cette categorie de lecteurs que le present ouvrage a ete compose.
La destination speciale pour ceux qui ne savent pas expliquera, nous Tesperons, a ceux qui savent, le ton impersonnel de b expose, ainsi que le retranchement volontaire de toute couleur et de toute sonorite depression trop eclatantes.
On n'ecrit pas, en temps de guerre, pour des pays alarmes
INTRODUCTION
et soucieux avant tout de tenii sauf leur Hot do tranquillite internationale, avec la meme liberte de plume qu’en temps de paix, quand on s'adresse a des consciences moins sollicitees et entierement libres de s'abandonner a leurs impulsions individuelles.
Sacrifiant done aux conditions du debat, non choisies par lui, r auteur de ce livre s'est applique a s'effacer derriere les faits et les pieces de son dossier, en toute loyaute scientifique, et autant qu'il lui fut jamais possible de le faire a la barre, sans toutefois manquer non plus a la sincerity legitimement attendue par ses juges, ni a son propre amour d'une cause chere et librement assumee.
D’autre part, les faits a exposer sont nombreux; les pieces, pour etre probantes, doivent etre reproduites presque toutes en integrity ; il s'ensuit un ralentissement inevitable de la marche de la demonstration.
En vue d'epargner au lecteur le gros de la fatigue, il fallait lui fournir tout de suite le fil d'Ariane qui lui permit de se guider a travers le labyrinthe; e'est pourquoi nous avons cru utile de lui livrer, en quelques pages dhntroduction, le dessin et la trame de Touvrage.
Le 3 octobre 1916, un arrete du Grand Quartier general allemand a institue, dans la Belgique occupee, le regime du travail force, avec deportation, pour toute personne inoccupee tombee a la charge de l’assistance d’autrui.
Il s’agit, en realite, d’une mesure generale, d'interet militaire, applicable indistinctement a toute la population valide du territoire d’occupation. Jusqu’a present, seule la population male a ete atteinte par la mesure. Les deportations ont commence vers la mi-octobre 1916; elles se poursuivent encore au moment ou nous ecrivons.
Elles sont executees avec une extreme rigueur et par des procedes qui revelent une preparation administrative parfaitement etudiee.
L’ Administration allemande se heurta a la resistance passive
INTRODUCTION
et aux protestations des bourgmestres et colleges echevinaux beiges : elle passa outre. Elle passa outre, de meme, aux representations tres energiques qui lui furent faites par diverses autorites du pays ou y residant, notamment les representants du monde de la politique, de la science, des affaires et du travail, la Cour de cassation et les autres corps judiciaires de Belgique, enfin Fepiscopat beige par Forgane du cardinal Mercier.
Les deportes ne sont pas tous des « sans- travail » ; il y a parmi eux des ouvriers enleves a des occupations regulieres et aussi des personnes appartenant a la petite bourgeoisie, aux metiers independants, a des professions liberales, aux classes riches ou aisees. On les a convoques, tantot individuellement, tantot par masse, a partir de dix-sept ans, le plus souvent sans limite d’age, ou bien rafles au hasard des rencontres en rue d’une maniere qui rappelle les razzias d’esclaves. Ils ont ete, pelemele, deportes de vive force, par convois entiers, dans des conditions de transport d’une rare inhumanite.
Quels dechirements durent etre eprouves par les victimes emmenees vers Finconnu, et par leurs proches, il suffit de porter un coeur d’homme pour se le representer. Ceux memes qui sont momentanement epargnes vivent dans Fangoisse de gens qui croient avoir tout a craindre et n’ont aucun moyen de fuir.
On peut Fafffrmer en toute verite : Farrete du 3 octobre 1916 est venu infliger a Fensemble de la population beige, deja si cruellernent atteinte par les calamites diverses de Finvasion et par les rnaux sans nombre d’une occupation prolongee, un surcroit de souffrances morales et materielles absolument immeritees, et tellement vives qu’il ne semble pas pouvoir en etre imagine de plus poignantes pour des etres civilises.
Combien de Beiges ont ete ainsi deportes? Il est difficile de le dire, car, au moment ou nous rassemblons les elements de cette publication, les deportations se continuent sans repit. Des a present, il est avere que plusieurs dizaines de milliers de malheureux ont ete emmenes. Vers le 10 novembre, on en
evaluait deja le nombre a pres de 100.000. Certains hauts personnages allemands disent, en Belgique, que l’on en enlevera 200.000 on 300.000, et meme plus. Du 15 au 24 octobre 1916, plus de 15.000 personnes avaient ete enlevees rien que dans les Flandres. II est evident que, si l’application de la mesure se fait dans les memes proportions a Bruxelles, a Liege, a Charleroi et dans les autres grands centres de population industrielle ou agricole, qu’a Bruges, Gand, Anvers et Mons, le nombre des deportes pourra rapidement atteindre plusieurs centaines de mille, comme les Allemands s’en vantent.
Les deportes sont emmenes en Allemagne, pour la plupart; un certain nombre, vers le nord de la France. Ils y sont employes, sous contrainte, a toute espece de travaux non autorises par le droit des gens (travaux destines a 1’utilite directe ou indirecte de l’armee allemande), et dans des conditions que rhumanite reprouve (travaux exposes au feu de Fartillerie alliee).
Ce n’est done, ni plus ni moins, qu’une sorte de « traite des blancs », que l’Allemagne a organisee en Belgique. Le monde est en presence d’une tentative officielle de retablissement de l’esclavage dans les coutumes de la guerre, avec cette difference en pire sur la traite africaine, qu’ici les rapts de betail humain sont pratiques systematiquement, parmi la population non combattante d’une nation civilisee, et par un grand Etat moderne, orgueilleux de sa culture.
Le Gouvernement beige est convaincu que, dans la conception et l’execution de cette entreprise, FAllemagne est guidee par un mobile d’interet strategique : par tous les moyens en son pouvoir et sans egard pour les prescriptions du droit naturel et du droit des gens, elle a resolu de se procurer une main-d’oeuvre de complement ou de remplacement qui lui permette de restituer a ses armees un nombre egal de travailleurs allemands, actuellement distraits du service militaire actif.
L’ Administration allemande de la Belgique occupee con-
teste qu’il en soit ainsi. A Ten croire (declaration du gouverneur general von Bissing au representant du New- York Times et diverses notes officieuses allemandes), FAllemagne, en organisant le travail force et la deportation violente des Beiges, ne ferait qu’accomplir, dans une pensee superieure d’humanite et d’hygiene morale, le devoir impose a l’autorite occupante, par les Conventions de La Haye, de sauvegarder l’ordre public et Finteret social des regions occupies, mis en peril par Fextension du chomage en Belgique. De ce chomage seraient responsables les Beiges eux-memes et les Anglais : les Beiges, par suite de leur paresse et aussi du mauvais vouloir avec lequel ils accueillent toute offre de travail allemand ; les Anglais, par leur defense d’importation des matieres premieres indispensables a Findustrie beige. Loin de se plaindre, le peuple beige devrait etre reconnaissant a 1’ autorite allemande du service humanitaire qu’elle lui rend, sans crainte des critiques et du « qu’en dira-t-on », en n’hesitant pas a le mettre, meme par la force, a Fabri des consequences nefastes de son oisivete, de Fimprevoyance des autorites beiges et de F aggravation generale de la misere.
Cette apologie non seulement ne supporte pas la confrontation avec les faits, mais surtout elle manque de sincerity.
La classe ouvriere beige ne peut etre, sans injustice, inculpee de faineantise; c'est une des plus laborieuses du monde; elle a contribue a elever et a maintenir la Belgique au premier rang des nations industrielles.
Depuis Foccupation du pays elle n'a jamais refuse d'autre travail que celui qui, par sa nature, devait servir a Futilite militaire de Fennemi. Les industriels beiges ont agi de meme. II ne peut leur en etre fait le moindre reproche, par FAllemagne moins encore que par personne, puisque, aux termes du Reglement de la guerre annexe a la IVe Convention de La Haye, titre juridique de Fautorite legislative de Foccupant, celui-ci ne peut contraindre la population du territoire occupe a collaborer aux operations de ses armees.
INTRODUCTION
Le blocus anglais n'est vraiment pas la cause de la stagnation des affaires survenue en Belgique : un projet, raisonnable et pratique, d'arrangement pour ^introduction de matieres premieres et ^exportation des produits fabriques, fut propose a Fautorite allemande, en aoiit 1915, avec Fagrement du Gouvernement britannique; on attendit vainement la reponse de Fautorite allemande durant plus de cinq mois ; quand le Gouvernement britannique saisit Fopinion publique de cette etrange attitude (fevrier 1916), FAllemagne essaya de se justifier en alleguant les pretentions excessives de FAngleterre, qcfelle n'avait pas discutees ni meme prises en consideration. La cause de Finactivite economique de la Belgique iFest done point la.
II ressort, au contraire, a F evidence, des documents administratifs allemands relatifs a Fexecution de Farrete du 3 octobre 1916, de Fensemble des ordonnances promulguees depuis deux ans par Fautorite allemande en Belgique, enfin des declarations officieuses multiplies par la presse allemande avant et apres la mesure, que Fextension du chomage, alleguee pour justifier Finstitution du travail force et des deportations, est Foeuvre consciente et reflechie de FAllemagne elle-meme.
En effet, sans parler de la responsabilite des suites de son agression, FAllemagne est comptable de Fusage qu’elle fait en Belgique de son pouvoir legislatif a titre d;autorite occupante. Or, les ordonnances nombreuses qu’elle y a promulguees sont de telle nature qu’elles devaient infailliblement avoir pour resultat de paralyser Findustrie, le travail et le commerce, et de tarir les sources de l’activite economique.
Successivement, par une serie d’ ordonnances minutieuses, appuyees de sanctions severes, les Allemands ont saisi toutes les matieres premieres existant en stocks ou produites dans le pays, entre autres les laines, le lin, les textiles, les cuirs, tous les produits necessaires aux industries metallurgique et chimique, etc. Ils ont saisi, en outre, une quantite conside-
rable de machines, de pieces de machines, de machines-outils. Ils ont saisi le cuivre de nombre deinstallations industrielles et les huiles de graissage. Ils ont sounds a declaration les courroies de transmission, etc.
La plupart de ces saisies ont ete suivies d’enlevement et de transfert en Allemagne.
Par ces decrets, tous signes du Gouverneur general qui affirmait, d7 autre part, son intention sincere de travailler a la reprise de la vie economique du pays, la production industrielle beige a ete frappee de paralysie.
Le commerce, a son tour, a ete entrave :
1° par la creation incessante de « Centrales d; achat » monopolisant les echanges et les repartitions des matieres, produits ou objets sounds a saisie ou declaration; il y a meme forte presomption que, dans nombre de cas, cette institution des « Centrales » a eu pour effet, sinon pour but, de masquer l7 enlevement subreptice de produits et fabricats beiges qui devaient, legalement, etre reserves a la consommation du pays ;
2° par le trouble general resultant, dans les affaires, de la succession ininterrompue des decrets de saisie, et des manquements reiteres de TAdministration allemande aux promesses faites par le Gouverneur general;
3° par les entraves innombrables apportees a factivite economique : generalisation des passeports, meme en dehors de la zone d’etapes; empechements a la circulation interieure, par terre et par eau; requisition generale des moyens de traction; exigence d’autorisations payantes pour toutes les manifestations de la vie d’echanges; interdiction d’importer etendue a des produits (tels le savon et les produits sebaces) dont FAllemagne cherche a se reserver pour elle seule les stocks disponibles en Hollande; interdictions, taxes prohibitives et mesures diverses quant aux exportations, destinees a priver certaines industries beiges, au profit de la concurrence allemande, des derniers marches etrangers qui leur fussent ouverts (charbons, fers et verres).
INTRODUCTION
L’ agriculture ne fut guere mieux traitee : Felevage fut clecime par des requisitions repetees a l’infini, particulierement Felevage chevalin; les enlevements de chevaux et de bestiaux ont ete tels qu’en certaines regions les travaux agricoles sont devenus impossibles.
Parallelement, furent prises des mesures qui, a la difference des precedentes, devaient frapper directement les interets de la main-d’oeuvre.
Pour parer a Fextension considerable du chomage qui se produisit a la suite de ces mesures, les administrations locales beiges avaient organise F assistance directe aux chomeurs, mis sur pied un projet cTenseignement professionnel obligatoire pour chomeurs, et decrete des travaux d’utilite publique (construction et refection des routes, creusement de bassins, terrassements, etc.); la province du Luxembourg avait generalise cette derniere mesure. Mais Lopposition de Fautorite allemande fit echouer le projet d'enseignement technique obligatoire; et, aux mois cFaout 1915 et de mai 1916, des ordonnances allemandes furent promulguees : en premier lieu, pour donner a Fautorite allemande le moyen de frapper de peines les travailleurs beiges qui lui refuseraient le concours de leurs bras; en second lieu, pour lui permettre d’interrompre a son gre les « travaux de chomeurs », sous le pretexte que ces « depenses improductives» grevaient onereusement !e budget des communes et des provinces.
Ce rappel des autorites beiges a la prevoyance fmanciere manquait assurement de pertinence de la part de Fautorit6 allemande, puisqu’elle-meme, dans le meme temps, maintenait ad nulum les provinces beiges grevees de la contribution de guerre permanente de 40 millions de francs par mois, pergue depuis decembre 1914 en sus des impots ordinaires, et portee, par ordonnance du 20 novembre 1916, a 50 millions de francs par mois. D'autre part, LAllemagne ne contribue en rien, ni aux charges de la bienfaisance publique en Belgique, ni meme au ravitaillement en vivres de la popu-
INTRODUCTION
lation : seules les finances beiges locales, aidees de la gen6rosite beige et etrangere, pourvoient aux premieres; et quant au ravitaillement, il est assure par la Commission for Relief in Belgium, geree par des Americains, et dont le budget repose a la fois sur des contributions volontaires de divers pays et sur un subside regulier, depuis octobre 1914, de 25 millions de francs par mois du Gouvernement beige.
Quoi qu’il en soit, par les deux ordonnances de mai 1916 l’autorite allemande enlevait aux autorites beiges tout moyen de remedier elles-memes a la crise du travail : l’ouvrier beige etait reduit defmitivement a la condition de chomeur force.
Les causes principals de Faggravation du chomage et de la misere en Belgique ne doivent done pas etre cherchees ailleurs que dans les actes legislates intentionnels de V occupant.
C’est, en toute verite, V autorite allemande qui, artificiellement, a cree ou aggrave le chomage en Belgique.
Ses mesures destinees a paralyser Feffort beige d’enraiement du chomage eurent un double mobile : F autorite allemande avait nourri Fespoir de provoquer par la Fenrolement des travailleurs beiges au service de ses industries de guerre soit en Belgique, soit, par emigration, en Allemagne; cette manoeuvre ayant echoue, elle puisa, dans fextension meme du chomage provoque par elle, un pretexte pour l’institution du travail force et des deportations en masse.
II est digne de remarque que la meme tactique ait ete simultanement employee par l’Administration allemande pour s’emparer de Fargent des banques beiges : elle a adopte une politique financiere qui devait inevitablement provoquer Faccumulation et le « chomage » des marks dans les coffres de ces banques; apres quoi, pretextant qu’il etait contraire a l’interet du pays de conserver ainsi de Fargent dormant, elle a fait main basse sur Fencaisse des banques et en a decrete le placement force... en Allemagne.
Au reste, le but reel de la politique d’exploitation syste-
INTRODUCTION
matique, suivie, en Belgique, par FAdministration allemande, apparalt en pleine lumiere quand on compare son oeuvre au plan general d’organisation economique, adopte a Berlin au debut de la guerre, sur la proposition de W. Rathenau, et surtout quand on prend garde a la rencontre singuliere qui a fait co'incider avec Farrete du 3 octobre 1916 en Belgique les arretes tout semblables edictes en Lithuanie, en Pologne, ainsi qu’en d’autres regions occupees par les armees de l’Allemagne et de ses allies, et la promulgation, en Allemagne, d’une loi d’Empire organisant, dans un dessein militaire, le service civil obligatoire.
L’aveu olFiciel a ete fait au Reichstag, en novembre 1916, que cette coincidence n’etait pas Feffet du hasard.
II devient, des lors, impossible de soutenir qu’une mesure d’ application si generate et d’un interet allemand si exclusif ait ete dictee a FAdministration allemande, en Belgique, par la consideration sincere et desinteressee de la condition particuliere de cet Etat. La these allemande ne blesse pas seulement la verite; elle est encore inconciliable avec l’hypothese de la bonne foi.
En realite, Yedit de deportation des Beiges pour travail force en Allemagne est essentiellement une mesure d’ inspiration allemande et de but militaire.
Telles sont, en peu de mots, les constatations qu’ impose la lecture des documents allemands.
C’est, en definitive, sur ces pieces allemandes memes que nous convions le lecteur a £tablir sa conviction, dans ce debat douloureux, et d’une si grave consequence morale, tant pour les parties qui y sont engagees que pour le monde qui en est juge, et pour la civilisation, dont Favenir s’y agite.
Le dossier de Faffaire est, par lui-meme, assez eloquent pour que la Belgique puisse, sans crainte, le laisser en quelque sorte parler seul au lecteur.
On le trouvera au complet dans les pages qui suivent,
INTRODUCTION'
n’ayant guere subi d’autre appret que celui d’une classification methodique et duplications d’un caractere strictement conforme aux regies de la discussion historique.
On n'a fait etat de documents de sources beiges ou neutres, que dans la mesure ou il y avait, par la volonte de FAllemagne, defaut de documents allemands.
Le texte des principales protestations beiges a et6 insere dans Fouvrage ou en annexes, pour permettre au lecteur d'en verifier, avec le bien-fonde, la moderation etladignite.
Elies demontreront par surcroit que, si atroce que soit cette nouvelle epreuve pour la petite et heroique nation, qui a deja tant soufiert pour la cause de son independance et celle du respect des traites, le courage des Beiges reste sup6rieur a toutes les rigueurs de la destinee.
Des trains qui emportent en Allemagne les malheureux deportes, on entend, disent les temoins, s’elever, en guise de defi a Foppresseur, des cris de « Vive la Belgique! Vive le Roi ! Vive notre armee ! » et les chants nationaux de la Brabangonne et du Leeuw van Vlaanderen (Lion de Flandre).
L’Empire allemand peut, s’il lui plait, continuer ses rapts d’individus deja captifs et sans defense; il a, pour un temps encore, la puissance materielle d’enchainer la maind’oeuvre beige a ses etablis et a ses chantiers : il n’est au pouvoir d’aucune force au monde de reduire Fame de la Belgique en esclavage.
15 decembre 1916.
OBSERVATION SUR LA SOURCE DES DOCUMENTS CITliS
Une partie imporlante des documents beiges cites en ce volume, et relatijs a la situation de la Belgique occupee et de ses habitants, au sort des deportes, aux rapports entre les autoritds locales beiges et Vautorite allemande, out ete communiques obligeamment a V auteur par les ministeres des Affaires etrangeres et de la Justice de Belgique.
En general, la source de ious les autres documents cites est indiquee. Celle des documents allemands Vest toujours par reference precise.
L’ auteur serait reconnaissant qu’ on lui signalat toute erreur de citation ou de traduction.
Dans les traductions , on n'a pas vise a Vel&gance littiraire , mais a V exactitude, en serrant du plus pres possible Voriginal.