PREPARATION DE L’OPINION PUBLIQUE
Pour les gens qui travaillent, les chefs sont beaucoup plus raisonnables ici qu’en Belgique Les salaires sont eleves
Les details sur la nourriture surtout avaient de quoi allecher les affamEs, bien qu’ils parussent assez peu s’accorder avec ce que la presse et les plus hautes personnalites allemandes avaient revelE elles-memes des difficultes et du prix de 1’ alimentation pour les ouvriers en Allemagne; particulierement dans le pays rhenan (1) :
« Pour la nourriture, ecrivait pretend ument l’un des ouvriers, je suis tr&s content; l'usine fait pour le personnel de tres bons diners h 80 pfennigs, qui se composent d’une bonne soupe au lard, pommes de terre, legumes et 95 grammes de viande. Pour souper, nous avons des restaurants, pres de l’usine, oil vous pouvez tres bien manger pour 70 pfennigs : pommes de terre (1 kilo), legumes, viande ou oeuf. Pour dejeuner, j’achete mon pain, beurre, graisse et sirop et j’ai le cafe a discretion ou je loge. Ma cbambre, cafe compris, me coute 2,50 marks par semaine.
« Vous voyez done par ce petit resume que celui qui se plaint a tort, et je vous assure franchement, cher Monsieur M..., que ma fille et moi regrettons vivement de ne pas etre venus en Allemagne beaucoup plus tdt. Nous y aurions bien vecu tout en economisant de l’argent.
« En resume, nous nous plaisons admirablement bien et nous ne pen sons pas plus & la Belgique que si nous ne la connaissions pas.
« Je n’oublierai jamais le plaisir que vous m’avez fait a m’aiaer 5 venir avec mon enfant, car vous l’avez sauvee du gouffre dans lequel sa brave mere voulait la plonger. Je suis certain qu’en Allemagne je lui creerai une bonne et honorable situation. Je vous confirme que je saurai vous prouver ma reconnaissance. »
Et le journal terminait en ecrivant, avec une affectation de sincEritE peut-etre trop visible :
Nous ne voudrions point que la publication de ces extraits fut consideree comme un encouragement et surtout comme une reclame payee afin de decider qui que ce soit 4 s’expatrier en ce moment. Nous avons simplement voulu remettre les choses au point dans l’interet superieur et inalienable de la verite et de la justice qu’il ne faut jamais, quand on le peut, laisser obscurcir dans la malveillance des jugements errones, plus ou moins interesses, emanant d’ignorants ou d’esprits tendancieux.
(1) Voir plus loin. chT pi t.rf' XIV. la lettre du 27 septembre 1916 du marshal von Hindenburg au Chancelier de l'Empire.
GHAPITRE III