‹ Les deportation belges a la lumiere des documents allemands. Avec de nombreux fac-similes et la reproduction de tous les documents belgesChapitre 77 sur 112 · ALBERT · texte numérisé non relu

ALBERT

C — • Note du Gouvernement belge aux puissances neutres, sur

LE TRAVAIL FORCE ET LA DEPORTATION AUXQUELS l’aUTORITE ALLEMANDE SOUMET LA POPULATION BELGE (13 NOVEMBRE 1916;.

Le Gouvernement beige a dejd, a plusieurs reprises, denonce aux puissances neutres les violations du droit des gens et des principes d’hu

DEPORTATIONS BEIGF-S

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inanity, dont les autorites allemandes en Belgique s’ etaient rendues coupables.

Les dernieres informations parvenues de la Belgique occupee confirment des faits nouveaux, auxquels le Gouvernement du Roi se refusait k croire. Ils revolteront la conscience publique dans tous les pays oil le culte du droit est en honneur.

Un arrete, date du Grand Quartier general allemand du3octobre dernier, a soumis au travail force tous les Beiges capables de travailler, qui, par suite du manque d’ouvrage ou pour tout autre motif, seraient tombes k la charge de 1’assistance d’autrui. Les individus auxquels cette disposition s'applique peuvent etre obliges de travailler hors de leur residence, c’est-h-dire deportes en Allemagne dans un etat de quasi-esclavage.

La grande difficulty des communications avec la partie occupee de la Belgique a empeche le Gouvernement du Roi de recevoir tous les renseignements qu’il etait anxieux d’obtenir sur la fa<jon dont est applique cet arrete du 3 octobre.

II sait cependant, de source certaine, que Ton procede h la deportation en masse de la population valide. Riches ou pauvres, s’ils sont inoccupes ou sans travail, sont pris inexorablement. Le 24 octobre dernier, plus de 15.000 hommes avaient dejci ete enleves dans les Flandres seulement. Des trains entiers remplis de ces malheureux ont ete vus, se dirigeant vers r Allemagne. D’autres ont ete expedies vers les departements fran- <?ais envahis. Les hommes, entasses dans des wagons d6couverts, etaient exposes h toutes les intemperies dans 1’etat le plus mis4rable. Leur moral, malgre le froid et les privations, ne se laissait point abattre, et c’est en entonnant des chants patriotiques qu’ils subissaient cette nouvelle forme d’oppression.

Des rafles ont eu lieu k Courtrai, Alost, Termonde, Bruges, Gand, Mons et dans de nombreuses communes rurales et industrielles. Les hommes etaient rassembles, examines comme du bytail, et les valides expediys vers des destinations inconnues.

A Bruges, le bourgmestre, un vieillard octogenaire, qui, depuis le commencement de Inoccupation, donnait l’exemple du plus noble patriotisme, a ete revoque pour avoir refuse d’aider l’Administration militaire allemande dans sa revoltante besogne ; la ville fut condamnee k 100.000 marks d’amende par jour de retard dans l’enrolement des victimes.

Jusqu’a la date du 24 octobre la deportation s’etait exercee surtout dans la region des etapcs. Dans le reste du pays le Gouvernement civil a sans doute hesite h prendre une mesure qui viole non seulement l’esprit et le texte de la Convention de La Haye, mais aussi la promesse solennelle, faite k la population par voic d'affiche le 25 juillet 1915, qu’aucune prestation contraire a ses sentiments patriotiques ne serait exigee d’elle.

Cependant, le Gouvernement du Roi, ayant appris que le recensement des chomeurs s’exerce maintenant sur tout le territoire occupe, a lieu

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