‹ Les deportation belges a la lumiere des documents allemands. Avec de nombreux fac-similes et la reproduction de tous les documents belgesChapitre 78 sur 112 · PROTESTATIONS DU GOUVERNEMENT EELGE · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS DU GOUVERNEMENT EELGE

de craindre que les horreurs de la deportation ne s’etendent bientot a toutes les provinces.

La Gazette de Cologne, dans un article dont les journaux paraissant en Belgique out re<?u ordre de publier la traduction, essaie de justifier la mesure inique prise <k l’egard des Beiges; elle expose complaisamment les dangers de l’oisivete oil se trouvent beaucoup d’ouvriers et rejette la responsabilite du chomage sur FAngleterre, qui empeche l’importation des matieres premieres en Belgique. L’organe du Gouvernement allemand pretend legitimer aussi le travail force, en assurant que les Beiges ne seront employes qu’aux carrieres, fours a chaux et autres industries similaires n’ayant pas de rapport avec la guerre.

Ce dernier argument n’a aucune valeur, car on sait le r61e important que jouent, pour la consolidation des tranchees et des fortifications actuelles, le beton et les autres produits des fours k chaux et des carrieres.

A la pretention de l’Allemagne de repudier toute responsabilite dans Fetat lamentable de la classe ouvriere beige, nous repondons que le travail ne manquerait pas a cette derniere, si l’envahisseur, d’ailleurs responsable de cette situation par le fait de son agression meme, n’avait pas desorganise Findustrie, enleve des matieres premieres, les huiles et les metaux qu’elle emploie, requisition^ une foule de machines et d’outils, en attendant qu’il rafle peut-etre les courroies de transmission, dont 11 a exige la declaration en detail. L’occupant s’est meme jure de consommer la ruine de Findustrie metallurgique et verriere beige au profit de la concurrence allemande, par des droits prohibitifs sur les produits exportes en Hollande, seul marche qui leur reste encore ouvert.

L’ouvrier beige s’est toujours distingue par son activite laborieuse. Si, depuis deux ans, il a chdme trop souvent, c’est qu’il n’avait d’autre travail en perspective que celui offert par l’ennemi Son patriotisme lui interdisait de l’accepter, parce qu’il aurait aide ainsi, indirectement, k la guerre contre sa patrie.

L’envahisseur, au moyen du syst^me barbare des deportations en masse, poursuit un double but :

D’abord, terroriser la population en portant le d6sespoir dans les families, et forcer ainsi les travailleurs a preter leur concours a l’occupation allemande.

Cette manoeuvre est encore facilitee par l’annonce que tous ceux qui recevront des secours pour leur subsistance seront soumis au travail force. L’ouvrier qui, par devouement a sa patrie, refuserait de servir Fennemi saura qu’il s’ expose k l’exil et a un veritable esclavage.

La deportation est done un moyen coercitif pour contraindre l’ouvrier a accepter contre sa conscience les offres de travail qu’il repoussait.

Le second but de l’autorite allemande est de remplacer par des Beiges les ouvriers allemands qui, devenus ainsi disponibles, iront sur le front combler les vides de ses armees; car il lui faut des hommes k tout prix. S’il en etait autrement, si elle ne se proposait que de combattre l’oisivete

LES DEPORTATIONS BELGES

de nos ouvriers, pourquoi n’employait-elle pas leurs bras sur place dans des travaux d’utilite publique, a proximite de leurs families et de leurs demeures? Non seulement elle ne 1’a pas fait, mais ilresulte d’informations de source sure qu’elle a plusieurs fois deporte des travailleurs ou meme reduit & dessein au chSmage des ouvriers qui n’avaient jamais cesse de travailler, et cela afin d’avoir un pretexte pour s’approprier leur travail

D’apres les journaux allemands eux-memes, on leur offre l’appat d’un salaire assez eleve, s’ils consentent a se transformer en ouvriers volontaires, et dans ce cas, toute espece d’ouvrage peut leur etre imposee. On veut done amener ces malheureux, par 1’espoir d’une amelioration de leur sort, k executer des travaux pouvant aider directement a la guerre. Le deport6 beige a le choix entre la famine et la trahison.

Le Gouvernement du Roi denonce a toutes les nations civilisees ces procSdes indignes qui font litiere des lois d’humanite aussi bien que des regies conventionnelles de la guerre dans leurs dispositions relatives au pouvoir de 1’occupant.

II proteste avec la derniere energie contre 1’ application d’un systeme que lea vaines explications de l’ennemi n’empecheront pas de designer et de flStrir comme la traite des blancs, une lionte qui acheve de deshonorer Foccupation allemande si soucieuse, 6 ce qu’elle pretend, de veiller en Flandre sur les droits legitimes de la population !

G bis — Renseignements officiels sur la situation

FAITE PAR l’oCCUPANT A L’lNDUSTRIE EN BELGIQUE (Annexe de la piece precedente.)

. Pour justifier leurs mesures arbitrages et contraires au droit international, les Allemands invoquent la necessite de soustraire le peuple a i’oisivete et osent meme soutenir que le regime du travail force est conforme aux interets economiques du pays.

En realite, si le nombre des chomeurs a ete grand, e’est parce que les exactions et les requisitions des autorites allemandes ont reduit la plupart des usines au chomage. Non seulement l’envahisseur s’est empare des matieres premieres, mais, en nombre d’endroits, il a saisi les machines et les a expedites en Allemagne.

Ainsi, par exemple, le celebre etablissement metallurgique Cockerill, pr6s de Liege, a du livrer une partie de son materiel. Environ trois cents de ses machines ont ete marquees pour la requisition. Aux ateliers Boel de La Louviere, les machines et les outils ont ete enleves. Les etablissements rnetallurgiques suivants, dont la plupart comptent parmi les plus importants du pays, ont ete mis sous sequestre apres que de grandes requisitions de machines y avaient ete elfectuees :

La Division des fours Martin et Laminoirs de Renory (pres d’Ougree) de la Soci6te des Acieries d’Angleur;

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