PROTESTATIONS DU GOT VERNE M ENT BELGE
Les Forges et Toleries de Jupille;
La Societe de Saint-Leonard (outils);
La Societe La Meuse;
La Societe d’Electricite du pays de Liege, a Sclessin;
Les Laminoirs Dumonceau, a Mery pres de Tilff;
La Soierie Orban a Liege;
La Soierie Colette, a Sclessin;
La Societe des Ateliers du Thiriau;
La Societe de Baume et Marpent;
La Societe des Forges et Fonderies de Haine-Saint-Pierre (Etablissements Goldschmidt);
La Societe L’Energie;
La Societe Franco-Beige, a La Croyere;
La Societe La Biesme, a Bouffioulx;
La Societe du Hainaut, a Couillet;
Les Trefileries de Dampremy;
La Societe L’Outil, a Manage.
Dans la region de Charleroi, les Allemands demontent les machines qu’ils ne peuvent pas utiliser et les vendent au poids du fer.
Partout ils inventorient les articles pouvant servir a Pindustrie, meme les courroies de transmission, evidemment en vue de nouvelles requisitions.
Dans le Limbourg, le Charbonnage Andre Dumont, qui occupait plusieurs centaines d’ouvriers au fongage des puits en vue d’une prochaine raise en exploitation, a ete place sous sequestre. L’autorite alleraande arreta aussitot apres les travaux, reduisant au chomage toute une population ouvriere qui devint disponible pour la deportation.
La Societe des Chemins de fer vicinaux avait 1’intention de construire, depuis T occupation, plusieurs lignes nouvelles et aurait fourni ainsi du travail k bien du monde, mais Pennemi, en requisitionnant le stock de rails et de traverses, Pa empechee de donner suite a son projet.
D’autre part, Pindustrie du ciment, jadis si florissante chez nous, chome parce que Poccupant a enleve le platre, necessaire a la fabrication, ainsi que les sacs et barils indispensables au transport.
D’autres industries ont ete empechees d’exporter en Hollande ou soumises k des droits d’exportation si eleves que le marche neerlandais leur a ete ferme en fait.
Mais Pennemi ne s’est pas borne a enlever aux ouvriers leur travail en reduisant au chomage les fabriques ou ils trouvent leur gagne-pain.
II les a souvent arraches aux occupations qu’ils avaient trouv6es ailleurs, afin d’avoir un pretexte pour les mettre sur les listes de deportation.
Ainsi, dans la province du Luxembourg, les municipalites avaient entrepris, Pete dernier, d’accord avec Pinstitution du « Secours-travail » des travaux communaux qui fournirent de l’ouvrage a tous les ouvriers de la region oh il n’y avait plus un chomeur en aout.
LES DEPORTATIONS B EDGES
Mais en septembre, Fautorite allemande donna Fordre de suspendre ces entreprises, faites pourtant avec F approbation reguliere des pouvoirs competents.
Les ouvriers ayant trou\ e alors de Fouvrage dans certaines industries privees subsistant encore, Fennemi prit de nouvelles mesures : il leur interdit de s’employer en dehors de la commune de leur residence. C’etait leur donner le coup de grace, car dans le Luxembourg, les ouvriers doivent souvent faire de longs trajets poor se rendre a pied d’ oeuvre.
Cette fagon de proceder est un dementi complet a la Kolnische Volkszeitung, qui essaie de justifier les deportations en disantqu’«il ne faut pas laisser les populations beiges degenerer dans l’oisivete ».
Si tel est le motif de ces traitements barbares, pourquoi arracher 4 leur ■avail ceux qui ont trouve a s’employer, pourquoi les expedier en esclavage en Allemagne quand il y a en Belgique des travaux publics necessaires que les muaicipalites beiges voudraient achever?
La presse allemande a ete jusqu’d pretendre que la population restant inactive, la recolte avait du etre faite, en beaucoup d’endroits, par les troupes d’occupation.
Il s’agit la d’une nouvelle calomnie. La population agricole, si laborieuse en Belgique, y a fait seule la moisson.
Les troupes allomandes ne s’en sont occupees que pour s’en emparer.
De meme que Fautorite allemande veut ruiner l’industrie beige en lui enlevant ses machines et ses approvisionnements, elle menace aussi F agriculture en lui prenant ses chevaux qui ont dejh ete r6quisitionn£s dans certaines regions dans la proportion de 70 %.
La tactique allemande a ete d’abord de provoquer le clidmage de nos ouvriers afin d’ avoir un pretexte pour se procurer des hommes. Mais, k present, elle se passe meme de ce pretexte. Tout Beige valide est menace d’etre expedie en Allemagne pour y prendre, dans une fabrique ou sur un chantier, la place d’un homme qui ira combler un vide au front.
Que restera-t-il de la Belgique pressuree, videe de cette maniere par un ennemi qui semble s’appliquer h y tarir toutes les sources de richesse et a y detruire le produit de sieeles de labour?
D — Telegramme envoye le 23 novembre 1916 par le baron
Beyens, ministre des Affaires etrangeres de Belgique, aux
MINISTRES DE BELGIQUE AUPRES DU SAINT-SlEGE ET AUPRES DU