‹ Les déportations du consulat & de l'empireChapitre 20 sur 20 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

de la marine, à Auvillers, sur les conditions du marché qui serait proposé pour leur logement et leur subsistance. Le total de ces deux articles s'élevait à Bayonne à une somme de 600 fr. par mois, et je présume qu'elle sera plus que suffisante à Agen. L'administration de la marine était et demeure chargée de pourvoir à l'habillement.. . — 4 brumaire an XII. A préf. Lotet-Garonne. Votre lettre du 1er du mois dernier, me transmet deux pétitions, l'une ,

l'autre dlsaac Louverture, tendante à connaître le séjour actuel de son cousin, le mulâtre Ghansy et à obtenir la faculté de correspondre avec lui. . . Quant à la demande. . ., il n'y aurait pas d'inconvénient à l'accorder, mais je ne sais où se trouve en ce moment le mulâtre Ghansy. — 9 frimaire an XII. Au min. justice. Vous verrez, citoyen grand juge, par l'extrait ci-joint d'une lettre que m'adresse le préfet de ■> Lot-et-Garonne, le désir que lui ont manifesté de s'unir par le mariage lsaac Louverture et la mulâtresse Ghansy, cousine de ce jeune noir, tous deux en surveillance à Agen. Sous le rapport politique, je ne mettrai assurément aucune difficulté à^ce mariage. Quelques obstacles paraissent s'y opposer sous le rapport civil, et c'est à vous quîl appartient de les lever si vous le croyez convenable. — 14 pluviôse an XII. A préf., à Agen. Le ministre me charge de vous accuser réception de la lettre que vous lui avez adressée le 30 du mois dernier, à laquelle était joint l'acte en forme du décès deJeanLouverture. — 4 thermidor an XII. Au préf. mar. de Rochefort. S. M. I. ayant accédé à la demande faite par là veuve Toussaint-Louverture, de la translation à Agen de son fils Placide, actuellement à Belle-Isle, en mer..... De votre côté, vous voudras bien

prescrire à l'officier d'administration, résidant à Àuvilliers, de pourvoir dorénavant à la subsistance et à l'entretien de Placide Louverture, suivant le mode déjà adopté pour le reste de la famille Toussaint. — 18 fructidor an XII. Au préf. de Lot-et-Garonne. Le ministre me charge de vous prévenir qu'Isaac Toussaint- Louverture est libre de se rendre aux eaux de Bagnières, dont l'usage a été jugé nécessaire à son rétablissement. S. E. vous invite, monsieur, à faire délivrer à ce nègre une feuille de route pour la destination dont il s'agit et à prendre les mesures crai vous paraîtront les plus convenables pour le soumettre pendant le voyage et le séjour à Bagnières. à la surveillance la plus suivie. — Autres lettres relatives à des voyages à Bagnières d'Isaac Louverture (an Xm et 4806).— 29 mai 1809. Au min. d'Etat, directeur

général des revues et de la conscription mitaire. J'aurais désiré pouvoir accueillir la demande de Victoire Thusac, que V. E. m'a fait l'honneur de me recommander jpar sa lettre particulière du 13 dé ce mois. Mais je dois lui observer que cette fille de couleur, en sollicitant le 11 vendémiaire an XII la permission qui lui a été accordée, de se rendre à Marseille, auprès d'une de ses tantes, a elle-même énoncé

Sour motif qu'elle n'était ni parente ni alliée e la famille Toussaint-Louverture, avec laquelle à cette époque elle se trouvait à Agen. Comme les secours accordés par le gouvernement à cette famille sont exclusivement réservés aux individus qui la composent, je ne puis les étendre à celle qui, de son aveu même, ainsi que dans la pétition que je viens de mentionner, ne lui est même pas alliée. .. — 3 janvier 1817. A pol. gén. J ai été informé que le sieu* Isaac Toussaint-Louverture, qui avait été

mis en surveillance àAgen en 1802, était arrivé à Bordeaux, avec sa femme et sa domestique, en vertu de passeports délivrés le 16 août dernier par le .maire d'Agen et visés par le commissaire de police de cette ville. (Le ministre permet cette résidence, mais ordonne au commissaire principal de les surveiller en se concertant avec la police locale. Il ajoute :) La famille Toussaint-Louverture était composée d'abord de six personnes et se trouve aujourd'hui réduite à quatre, en y comprenant Placide Toussaint, frère utérin d'Isaac, qui est resté à Agen. . • IL eut été à désirer que l'autorité municipale ne permit à aucune des personnes de cette famille de sortir d'Agen sans le concours de l'autorité maritime. . . — Note sur un mémoire auftn, dans lequel le sr Isaac Louverture se plaint de la surveillance exercée à son égard par M. Bergevin, commissaire principal cfe la marine à Bordeaux. — 24 avril 1817. Décision en ces termes : « Lever toute surveillance de la part du commissaire de la marine. »

Toussaint-Louverture (officiers de l'armée de). Voici la liste des dép. de Saint-Domingue à Cayenne, dont il est parlé (pp. 279, 280, 281) dans la pétition de Franconie et dans la lettre de Victor Hugues. Note des prisonniers embarqués sur la Nathalie : En. , ., Félix Bl. . . , canonniers de marine, assassins; G...., voleur, escroc; Ferragus, couvert de crimes. Affidés de Toussaint et couverts de crimes : Fontaine, ex-adj. gén. de Toussaint ; Gingembre, ex-commandant de sa garde; Morisset, chef d'escadron de sa garde; Monpoint, chef d'escadron de sa garde; César, aide-de-camp de Toussaint; Michel, sous-lieutenant, des gardes de Toussaint; J.-B. Dupuy, géreur de Toussaint : J.-B, Dekao, géreur de Toussaint. Sicaires

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aux ordres de Toussaint : Diak, Antoine, Jean- Louis, Bernard, Jacques, Aucun de ces scélérats ne mérite le moindre ménagement Signé, le général en chef, Leclerc— V. Ferragtu.

Tréhant (Jean-Nicolas-Paul), pp. 18, 52. - Agé de 30 ans. Attaché, dit-on, à la police. Ayant servi dans l'infanterie, , physique ordinaire, âgé de 36 ans (sic), marié et père de famille à Paris. Caractère assez doux, reste à rétablissement du gouverneur. (Note de l'administration des Seychelles.) — ... Epouse de l'infortuné Tréant, victime... déportée à l'isle de Mahé... Il m'a laissée malheureuse, dénuée de tout et affligée de la vue... (Elle demande les moyens d'aller le rejoindre)... Jeanne Mourier, époupe de Jean-Paul Tréant, imprimeur en lettres, carrefour dit de la Vannerie, n* 57, section des Arcis... — Tréhant s'évade des lies Seychelles à une date non indiquée, entre l'an X et l'an XII.

Tronc, ex-employé au min. de la pol.»

p. 44. V.Letronne.

Truc, député, p. 4. V. les Biographes.

Vacray, v. Vacrbt.

Vacrbt (Jean-Martin), bonnetier, 35 ans en l'an IX, né à Paris, demeurant rue Marguerite, n° 41, pp. 18, 20, 57, 130, 261, 263, 264, 268, 269, 271, 272, 273, 274, 276. — Maître bonnetier à Paris, père de famille, mauvais physique, valétudinaire, âgé de 40 ans, caractère très doux, retiré et pauvre. Reste à l'établissement du gouverneur. (Note de l'administration des Seychelles.) — Mar. à Hi>e Vacret, rue d'Aligre, n° 42, lw messidor an XI. Réponse à une demande de renseignements sur le sort de son mari. — Février 1808, M*9 Vtcret demande une audience « les papiers qu'elle désirerait remettre à S. Ex. (ait une

note de pol.) consistent dans une pétition de son mari et de ses compagnons aux Seychelles, tendant à obtenir leur rappel en France. » — 26 novembre 1842, rapport au min. : Le sieur Vacret réclame quelques secours pour se rendre à Dijon où u dojt résider d'après Tordre

Su'il a reçu ea débarquant à Morlaix, de se xer à quarante lieues de la capitale. V. E. lui a déjà permis de séjourner à Paris auprès de sa femme qui y est domiciliée, pour arranger ses affaires et soigner sa santé délabrée. M. Tissot, professeur au collège de France, intercède pour que ce malheureux puisse achever à Paris ce qui lui. reste de tems à vivre. Il se rend sa caution sous tous les rapports. J'ai vu le s. , Vacret, il porte au plus haut degré l'empreinte des souffrances et de l'infortune; perdu de santé, ruiné dans ses moyenfe d'existence, s'il avait l'intention de nuire, il n'en pourra jamais recouvrer les moyens. J'ai l'honneur de proposer à V. E. d'autoriser le sieur Vacret à rester à Paris sous la caution de M. Tissot, je la prie de vouloir bien me faire connaître ses intentions. (En marge : cela n'est pas possible, à cinquante lieues, classer, il y a eu .une décision postérieure.) — 29 juillet 1813. On propose à S. E. d'autoriser cet individu en surveillance à Dijon, à son retour de l'Isle de France, à fixer sa résidence à Rouen, où il trouvera plus dé moyens d'exercer son industrie. Par le ministre : approuvé. — Le chef de la !*• div.prie M. Pages d'ajourner la décision de S. E. Elle vient de donner des ordres qui s'opposent à ce oue les individus qui se trouvent dans le cas de Vacret, ne puissent venir soit à Paris, soit à Rouen. — Préf. C6te-d'0r à pol., 27 août 1813, a fait arrêter pour être conduit sans éclat, dans la prison de Pierre Ghatel, le n. Vacret*.

11 est parti le 18 du courant sous l'escorte de la gendarmerie, pour sa destination. — Paris, 18 juillet 1814, Vacret à M. Sonnier, secrétaire général de la direction de pol. du royaume de France. Vacret raconte sa déportation, puis... « en 1811, je suis revenu en France, et suis débarqué à Morlaix le 24 novembre, même année. Arrivé à Paris, lieu de ma naissance, le 2 mars 1812, je suis resté jusqu'à l'affaire du général Malet; où peu après par ordre du ministre de la police, je fus envoyé en surveillance à Dijon. Le 13 août 1813, par ordre du môme ministre, je fus arrêté et conduit par la gendarmerie à la prison d'Etat de Pierre- Ghatel ; enfin le 13 janvier 1814 l'approche des puissances alliées nous fit transférer de nouveau à Riom en Auvergne, et pour éviter leur rencontre on nous fit faire plus de 140 lieues dans cette saison rigoureuse, tant par le Rhône que par des montagnes de neige, nous laissant des trois à quatre jours sans pain, où plusieurs périrent de froid et de misère.. • J'adressai une pétition au gouvernement provisoire et au ministre de la police... J'obtins alors la liberté. »

Vanheck (Jean- Baptiste), propriétaire, 43 ans en l'an IX, né à Paris, demeurant rue Meslée, n° 20, division des Gravilliers, pp. 4, 18, 57, 91, 102, 114, 117, 119, 124, 304, 377, 515. — Y. les Biographes.

Vanneck, v. Vanheck.

Vatak et non Vatard (René-François- Charles), né à Rennes, 41 ans en l'an XII, pp. 18, 175, 209,244, 247,345,440, 523.-^- V. tes Biographes. — • 4 frimaire an IX, préf. pol. à Fouché. Le n. Vatar, imprimeur, 913, rue Cassette, est sorti de Paris pour se rendre à Nemours, conformément à la soumission qu'il en avait faite devant moi. Signé: Dubois. —

Louise Boucaut, femme Vatar, 913, rue Cassette, à Fouché. « R. Vatar que vous nommiez jadis votre ami, vient d'être arrêté. » (Lettre sans date.) — 21 floréal an IX. Vatar au premier consul. La pétition est renvoyée à Fouché le 7 prairial... « Dans toute la république je suis le seul et unique individu qui, depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 6 frimaire an Vin, ai chaque jour et sans interruption constaté publiquement et par écrit sa pensée... Je dois espérer obtenir justice^ ou au moins un honorable ostracisme... Monarchie, l'Etat doit rigoureusement me punir, République, j'ai fait mon devoir. » Il réclame sa radiation, il a fait de nombreux sacrifices, sa situation est pénible pour sa famille et son commerce. « Républicain depuis le 6 frimaire an VIII, comme je l'étais auparavant, je m'étais néanmoins prescrit le devoir de ne m'occuper que de mes affaires personnelles, de renoncer même aux liaisons que j'avais par conformité d'opinions dans la révolution... Justice, et rendez un républicain à sa famille et à ses travaux. » — 16 messidor an IX, préf. à min. pol. Vatar- Dubignon, détenu à Pélagie, demande la permission d'en sortir quelques jours, ne fut-ce qu'une décade pour vacquer aux affaires délabrées de son commerce... — 25 floréal an X. Vatar à Sainte-Pélagie, à Fouché. « C'est donc à vous que je dois demander mon expatriement d'un Etat qui me devrait récompenser. . . à vous auquel j'étais et Je suis encore peut-être plus qu'attaché... Eh bien !... je vous le demande, mon expatriement... Ainsi, justice et liberté, ou ostracisme et liberté de me rendre où je voudrai : point d'Isles Sechelles ni d'Oléron, plus de prisons d'Etat, et soulagement à mes Malheurs affreux, suites d'espérances

trompées,.., etc. » (En marge: écrire au préf. de lui donner un passeport pour sortir de France et se rendre en pays étranger. F.) — Prairial an X, pol. gén. à préf. pol. Délivrez à René Vatar, détenu & Pélagie, un passeport pour sortir de France (en marge : « inutile. Renvoyé par le c. Desmarets comme inutile. »)

— Pendant son internement à Oléron, Vatar est noté comme « très tranquille. » Au moment de son embarquement pour Cayenne, le min. pol. écrit à son sujet : « A Vatar, il faut également rapporter ce qu'on a dit dans un des états sur l'esprit de son journal, afin que l'on sache au moins que c'est de lui qu'il est question. On ajoutera qu'il a tenu une conduite tranquille depuis son arrestation, si les notes données sur les détenus le portent. » — Une note placée en marge de son nom sur l'état des dép. ' pour Cayenne est ainsi conçue : « Ancien propriétaire du Journal des hommes libres. Ecrit souvent avec plus d'esprit que de sagesse. » — A Cayenne, vatar demeure chez Mn* Allairé, négociant tenant bazar, n fait campagne sur un corsaire, contre les Anglais, et est blessé. — Après la capitulation de Cayenne, en 4809, Yatar continue à demeurer dans la colonie ; il envoie de là, des rapports au gouvernement, soit sur l'état de la colonie pendant la domination de l'ennemi, soit sur les circonstances qui ont amené la capitulation.

— Rapport de Vatar : Excellence, j'ai eu l'honneur de vous écrire le 3 mars, relativement à la livraison de cette colonie. L'arrivée du premier parlementaire vous aura donné toutes les indications nécessaires, elles deviennent de plus en plus importantes de jour en jour. (Le mémoire contient des renseignements sur les forces étrangères dans la colonie, les Brési-

liens recevaient de nouveaux hommes, leur total armé était hier 14 avril, de 1.612, ils doivent s'élever & 2.400, etc.). « Le commandant,1 lieutenant-colonel Marquez, homme bon, mai» de la dernière faiblesse, a, en outre, le défaut de boire beaucoup... Un homme connu à Paris par ses dettes, «es intrigues et je crois, par son neu de probité, s'est totalement emparé de lui. Cet homme nommé Vidal s'est adjoint un méchant imbécile, aussi lâche qu'impudent, jadis son ennemi, et qu'il avait acheté pendant les trois dernières années de commissariat français 4.000 fr. par an, pour le servir dans toutes les affaires, discussions et procès sans nombre, que, par ce moyen, il suscitait de tous côtés dans la colonie. Ce dernier se nomme André, il est passé par tous les échelons qui peuvent être imaginés, depuis l'état de procureur, et membre du comité révolutionnaire de Rochefort, jusqu'à être procureur impérial, et ensuite procureur royal de S. M. brésilienne. Au moyen de ces deux hommes la colonie est exploitée de la plus effrayante manière... » (Renseignements sur les canons, les fortifications, etc.) « Malgré cela, un bataillon qui aurait vu le feu se rirait de ces 2.400 hommes et même du double. Ils chargent passablement le fusil, mais Os ne savent m marcher, ni manoeuvrer. En revanche, ils volent, pillent la nuit, le jour, à main armée, donnent des coups de couteau et vont à la messe. » (Détails sur le commerce, le change des valeurs, sur l'état général de l'Amérique et ce qu'on devrait faire des colonies portugaises en cas de conquête.) « Vous devez croire, et vous me connaissez assez bien, Excellence, pour être certain que je ne négligerai de m'instruire de rien de ce que je croirai être utile au gouver-

— jr. -é.--.

nement de France qui ne cessa jamais d'être le mien. Je vous ai dit, par ma dernière que si le gouvernement jetait les yeux sur moi, lors de la remise de la colonie entre ses mains, j'emploierais tout ce que j'ai de moyens pour acquitter la confiance quil voudrait bien me témoigner. J'ose assurer que j'en serai digne, zélé, dévoué, et quelques talens acquis, voilà ce que je lui offre. Sans doute il faudrait renvoyer, le plus possible, les documents qu'a rapportés en France le commissaire français, et remplacer ceux qui ont été et seront détruits. Étant sur les lieux je pourrais peut-être être utile, et quoique estropié pour la vie, en combattant contre les Anglais, je n'ai point perdu toute mon activité ancienne, toute entière elle est à la disposition» du gouvernement s'il veut mlionorer de toute ou partie de sa confiance dans cette colonie (colonie d'avenir à condition de ne plus être gouvernée par un homme qui ne songe qu'à sa fortune comme cela est arrivé jusqu'à présent). Or Excellence, avec ou sans orgueil, je suis cet homme là. Je promets, et vous savez, quand je promets, si je tiens ma promesse! »...Gayenne, 19 avrill809. — Yatar devint juge auditeur au tribunal de

Î première instance de Gayenne. n occupait cette onction lorsqu'il mourutle 24 juin 1837. (Fils de Yatar et de Julie Eon, dit l'acte mortuaire), il habitait au moment de son décès rue Franklin, maison des héritiers Favard, à Gayenne. Vàuversin (Pierre), pp. 14, 18, 52, 102, 108, 125, 127, 131^254, 308,309,324. — 7 ventôse an X, femme Vàuversin, rue Tlreboudin, chez le serrurier, au cinquième. Expose* au min. pol. qu'elle est dans la misère depuis le départ de son mari, elle a trois enfants en bas âge, elle ne sait où loger, forcée de sortir

faute de paiement. — 16 pluviôse au XII, le magistrat de sûreté du 6° arrondissement au c. Real: « un n. Vauversin... a été vu rue de Richelieu-Sorbonne. On ne sait dans mon bureau s'il a été rappelé, on veut savoir s'il était bon à arrêter... Signé: Saussay, rue de Vaugirard, iliO. — Travail avec S. E. le ministre; Dubois rapporteur, 9 thermidor an XII. J'ai fait arrêter... le 17 germinal Pierre Vauversin. — Vauversin, à La Force, 4 thermidor an XII, à Desmarets: cy joint, monsieur, est un court abrégé des événemens qui sont arrivés aux déportés... moi cinquième, quittâmes cette lsle (d Anjouan)' empoisonnée pour les Européens, et gagnâmes Tlsle de Gomore... Comme tout jusqu'à Teau nous manquait, nous résolûmes de la quitter pour gagner Zanzibar... Mais... le 21 prairial an X, nous naufragions à la suite d'une tempête qui brisa notre petit bâtiment... nous nous trouvions éloignés de deux milles de terre. Quelle terre... la Gafrerie occidentale ! uniquement habitée par des sauvages où jamais Européens ne sont allés. Nous trouvâmes fort heureusement des Arabes en traite qui nous prirent sous leur protection (nous en avions besoin, car les Cafres nous eussent tués), nous restâmes cinquante-deux jours avec les Arabes à errer de déserts en déserts sur les sables brûlants de l'Afrique... ne vivant que de mays, et obligés d'attendre l'eau du ciel pour nous désaltérer... G'est chez ce peuple anthropophage qu'est décédé Vanheck. (A la pétition est annexée une masse de pièces réunies)... J'ai l'honneur de vous observer que je suis le seul des déportés qui ait rassemblé ses notes... Après cinquante-deux jours de séjour dans des pays affreux nous en parti* pries pour venir à Zanzibar. Là y moururent

Corchant et Laporte. Je ne restais qu'arec Gosset jeune (son frère était mort à Anjouan), qui depuis longtemps avait les fièvres. Après un mois de résidence à Zanzibar, nous partîmes pour gagner Marcati, en Arabie. Gosset passait alors pour mon domestique (c'est un homme de sur le port) le sultan nous accueillit avec enthousiasme, nous combla de bontés. Nous quittâmes Mascate après vingt-cinq jours de résidence. C'est un capitaine anglais qui venait de la côte de Perse qui nous donna passage pour les Grandes Indes. En ma qualité de ca-

Sitaine naufragé, j'eus la compagnie et la table 'un évoque Arménien. Quant à mon compagnon, il me servait à table, et mangea avec l'équipage. Nous arrivâmes- à Bombay en frimaire de l'an XI. Vérification faite de notre naufrage, le gouverneur m'accorda de. quoi subsister avec aisance, quant à Gosset, mon prétendu domestique, il obtint un billet d'hôpital, ayant toujours les fièvres, suite de la maladie d'Amoian... à Bombay j'apprens qu'un bâtiment Hftiois allait appareiller pour l'Europe , je me présente chez le capitaine comme capitaine moi-môme... Touché, et après avoir examiné le procès- verbal- de mon naufrage, il m'accorda fe passage et sa table de Bombay au cap de Bonne-Espérance. Je laissai Gosset à l'hôpital. Je restai près d'un mois au cap, sans savoir comment gagner l'Europe... fin ae février 4803 arrive un brick anglais, apportant l'ordre de remettre la place aux Hollandais, ce qui eut lieu. La flotte anglaise devant mettre à la voile dans les premiers jours de mars... j'eus le bonheur d'obtenir passage en Europe avec table des officiers (nous étions alors en paix), nous mouillâmes devant Porstmouthle 27 mai, époque à laquelle MM. les Anglais me consti-

tuèrent prisonnier de guerre... Je passai cinq mois dans cet état, dans cette petite ville, sous parole d'honneur, et on me renvoya avec cent treize autres prisonniers, avec promesse de ne pas servir ; nous débarquâmes a Morlaix le 5 brumaire dernier. J'avais un passeport, comme les autres pour Calais. Passant par Paris en frimaire, je me présentai de suite à M. Bertrand, lui remis'les pièces. .% Nous eûmes des entrevues... il m'accorda secours pécuniaires et, tacitement, ma liberté... Mon arrestation a eu lieu le 22 ventôse... — On doit observer à S. E. le ministre de la police que par décision de S. M. du 26 frimaire (an Xu), Lefranc et Saulnois, déportés rentrés avec Vauversin, ont été envoyés en surveillance dans l'Hérault, avec 40 fr. par mois jusqu'à ce qu'ils aient formé un établissement. Ces décisions motivées sur l'exposé des maux et dangers éprouvés pendant la déportation. Yauversin est revenu avec eux et a couru les mêmes dangers. — 4 thermidor an XII, à pol. g£n., il demande sa liberté comme Lefranc et Saunois, avec secours. « J'ai eu, Mgr, la douleur de voir mourir la grande majorité de mes compagnons d'infortune, j'ai, pour me soustraire à une mort certaine, erré de déserts en déserts dans l'Afrique, et bravé mille dangers pour revoir ma patrie heureuse et triomphante, mon épouse chérie et trois enfants que j'adore. Ma rentrée en France n'a point été clandestine, en frimaire dernier j'arrivais à Paris, de suite, et d'après le désir du chef de la première division de la préfecture de police, M. Bertrand, je me rendis près de lui, lui ai remis mes passeports, la relation historique de mon voyage, avec pièces à l'appui, dont quelques-unes en langue arabe ont été traduites par M. de Sacy... M.

Bertrand m'accorda tacitement ma ' liberté jusqu'au moment de mon arrestation le 22 ventôse... N'ayant point été interrogé depuis bientôt cinq mois... je désirerais être entendu... je voudrais que la relation historique de notre voyage... aventures plus' que romanesques, etc., qui sont entre les mains de M. Bertrand, fussent à votre ministère. — 30 thermidor an XII, M. le préfet de police propose de le renvoyer à Lyon, où il pourra travailler de sa profession de bijoutier. Adopté. — 3 fructid. an XII, à min. pol. Grâce à votre bonté je suis libre, je reçois un passeport pour Lyon. 11 demande aes secours, n'a m linge, ni vêtement, ni chaussure, il demande un délai de dix jours au lieu de trois pour partir. « Lorsque les nommés Lefranc et Saunois furent exilés, ils reçurent les secours que je sollicite. » — A Desmarets... Je demande à servir le gouvernement soit à l'armée d'Angleterre (je parle un peu anglais), à Paris, dans les dé-

Ctements ou à l'étranger, fut-ce enfin au it de la terre... que je sache enfin si, plus malheureux que Lefranc et Saunois, je doive périr de misère et proscrit... mes trois enfants et mon épouse manquent jusqu'aux premiers aliments.. . des larmes coulent le long de ma plume en vous peignant ma triste situation.

La Vendée (femme), p. 14. — « Très liée avec les anarchistes, s'est cachée et n'a pu être arrêtée. » (Note de police, germinal an Ia.) — V. femmes détenues.

Verpaux (Barthélémy-Augustin), p. 14. — 21 nivôse an IX, extrait de la maison de Pélagie et envoyé en surveillance à Beaune (Côte-d'Or).

Verrier, ex-employé au ministère de la police, p. 14T r

ized-by

Vilain-»' Aubigny ou Daubigïcy (Jean-Louis- Marie), né à Nesle (Somme), homme de loi, adjoint au ministère de la guerre, 51 ans en Fan XII. Pp. 4, 16, 175, 196, 199, 209. — V. les Biographes. — 14 nivôse an IX, envoie un mémoire discutant le rapport de l'agent qui dit l'avoir entendu le soir du 3 nivôse, vers six heures, se promenant rue Notre-Dame-des- Ghamps avec Pijot, Minières, Roux et Labarre, dire « qu'ils attendaient une grande nouvelle. » Daubigny déclare qu'au contraire il était allé entendre Yomtorio, qu'il vit arriver le 1er consul, qu'à dix heures il rencontra Bernadotte, le salua et rentra chez lui. Tel est l'emploi de son temps. Il ne connaît aucun de ses co-accusés, si ce n'est le c. Lacombe, inspecteur de l'habillement, auquel il n'a parlé que trois mois avant maison Joseph, pour objet d'administration. Jamais pendant la Révolution il n'a fait verser une seule larme, fait répandre une goutte de sang. « Si vous jugez, citoyen ministre... que mes mains innocentes doivent porter de nouveaux fers (elles en ont porté déjà 25 mois dans la Révolution), indiqués-moi la maison do détention que vous jugerez à propos, et je m'y rends sur-le-champ.» Sur le 1er consul : « Ils savent que si on ne me voit pas au nombre de ceux qui le flagornent, on me trouvera encore moins parmi * ceux qui voudraient le trahir ou le tromper. » — La femme Daubigny, 821, faubourg Honoré, rue de la Pépinière, écrit au 1" consul une lettre renvoyée au min. poL.le 26 thermidor an X. Son mari arrêté le 8 de ce mois, conduit à Sainte-Pélagie et envoyé le lendemain à l'île d'Oléron, « il est resté tranquille sans sortir un seul jour, sous la surveillance de la police, et bénissant un gouvernement qui ne respire

?ue la paix et le bonheur det citoyens. » anny Compan, femme ttaubigny, même mois, môme année, envoie « les gémissements d'une mère et d'une épouse, » demande pour son mari « un passeport qui lui permette dé* se rendre librement en Hollande et d'être à même de secourir sa femme, ses enfants, son père, sa mère, etc., qui ne subsistent que par les services de l'amitié. » Après la déportation de son mari, elle demande au 1er consul « les moyens d'exister et de pourvoir à l'éducation de ses enfants. » Avant la Révolution, son mari jurisconsulte avait un cabinet qui le mettait à même de pourvoir à l'existence de sa famille. — Au moment de son embarquement pour la Guyane, cette note est à son dossier : « La place qu'il a occupée, et le genre d'affaires qu'il suivait précédemment et depuis, doivent le rendre propre à êtreiemployé utilement. » — 44 fructidor an XII, Victor Hugues annonce le décès k Gayenne de Vilain-Daubi-

Cy. — Mar. à M»e Daubigny, 10 janvier «809. ministre me charge de vous transmettre ici le bref état de la succession de votre mari, que M. le commissaire de l'empereur dans la Guyane française viejit de faire parvenir à S. É., vous pourrez charger une personne de confiance de votre procuration, à r effet de retirer le reliqua de cette succession qui se monte à mille quarante-un francs quinze centimes.

Vilner (André), p. 14.

Vingtergnier (Jean-Baptiste) , 42 ans en Tan XII, né à Rheims, adjudant général réformé, pp. 209, 243, 247, 248, 257, 260, 323. Les notes de police disent : « Son exagération et ses déclamations contre le gouvernement ont motivé son arrestation. Immoral, sans instruction. Arrêté & Rheims et conduit de cette

ville à Oléron. Propos injurieux contre le premier consul, clameurs séditieuses au spectacle. » --Est à File de Ré en l'an XL — Rentré en France, après la capitulation de Cayenne, Vingterçnier adresse a Desmarets une supplique, il lui transmet des notes pour sa justification, etc. — Une note dit : « On peut lui permettre de venir à Paris. » — Paris, 13 octobre 1809 : A min. d'Etat, comte de Gessac. Convaincu que je suis de votre équité, et de cette candeur militaire qui vous caractérise particulièrement, je sollicite de V. E , monseigneur, d'être entendu dans l'affaire de la reddition de Cayenne. Je croirais mon silence coupable si je me taisais en ce moment, car, monseigneur, les exemples de grandeur d'âme et de générosité que vous nous donnez chaque jour seraient in quelque sorte dépréciés si nous oublions le précepte : quid <piid principes faciunt prœcipere videntui. J'ai pensé que mon témoignage serait d'autant plus utile, qu'ayant concouru à la défense de cette place sous les ordres de M. Y. Hugues, y étant interné, par mon affection envers le gouvernement et pour l'honneur national, on ne peut regarder mes déclarations comme dictées par la passion ou par l'intérêt. J'ai l'honneur, etc. L'ancien adjudant général : Vingtergnier, rue Saint-Eloy, ne 2, proche le Palais de Justice. — 14 octobre 1809, le min. d'Etat à M. Vingtergnier. J'ai l'honneur de vous prévenir, monsieur, que le conseil d'enquête, chargé de connaître les causes et circonstances de la reddition de Cayenne et que je préside, se réunira mercredi prochain à rhôtel de la Direction générale des revues et de la conscription militaire, à deux heures après midi. Le conseil recevra les renseignements que vous voulez

bien lui offrir dans votre lettre du 13 de ce mois. Vous voudrez bien vous présenter dans le lieu de ses séances, $. deux heures et demie, le jour indiqué. — On trouve au dossier un long mémoire apologétique de la conduite de V. Hugues, intitulé : Précis de ce qui a précédé la reddition de Gayenne et motifs qui Font déterminée, par Yingtergnier, ancien adjudant général, 17 octobre 1809. Ce mémoire figure parmi les pièces remises à la commission d'enquête le 18 octobre, en voici un passage : « Je n'ai pas l'immodestie de vouloir fixer l'opinion de la commission par ce précis ; je dirai seulement, et de bonne foi, c'est un témoignage libre de ma conscience que je dois au supérieur sous la discipline auquel j'étais, et quoique je n'aie eu que fort peu accès auprès de sa personne, excepté depuis l'attaque de la colonie, je me suis vu engagé envers lui comme envers un patron, un chef enfin... » —Je certifie que. . . Yingtergnier. . . bonne conduite, qu'au moment de l'attaque de cette colonie, il s'est réuni aux hommes du gouvernement et a concouru à sa défense, qu'il a préféré abandonner ses intérêts et sa propriété plutôt que de se soumettre au jouç ennemi. Qu'il est à ma connaissance qu'il lui a été fait des offres par les ennemis et les hahitans de Gavonne auxquelles il a résisté hautement et publiquement, ce qui me décida & le faire passer sur le môme parlementaire qui m'a ramené en France avec l'état-major... Fait à Gayenne, 40 février 1809. Y. Hugues. » — Ce qui suit parait être une dénonciation fournie à la police par un individu de Gayenne, la pièce est remise (à la commission d'enquôte?) « par M. le général Hullin, le 25 octobre» : M. Yingtergnier, adjudant général, fut déporté à

Gayenne par ordre de l'empereur alors premier consul; on croit que ce fut pour avoir trempé dans la conspiration de la machine infernale; il arriva dans la colonie avec Sabatier, Yatard, rédacteur du Journal des Hommes libres et Destrem. Vintergnier a été considéré à Gayenne comme un homme crapuleux, sans mœurs, sans principes,' intrigant et ivrogne; l'opinion générale était qu'il avait été chassé de France pour inconduite, et tous les honnêtes gens fuyaient sa société. On croit aussi que l'ancien gouvernement Ta quelquefois employé comme espion, il ne manque pas de talens et a assez de souplesse dans le caractère pour jouer ce rôle. Avec de l'argent on en fait tout ce qu'on veut, en un mot, c est un homme méprisable. Vers la dernière année de son séjour à Gayenne, il se livrait moins à la boisson, il avait même cherché à se rendre utile par ses talens ; il exerçait dans la colonie les métiers de tapissier, peintre décorateur, sans rétribution exigée; on lui faisait des cadeaux; il était toujours chez V. Hugues et il est revenu en France sur le même vaisseau que lui, lès motifs de sa déportation à Gayenne doivent se trouver dans les bureaux de la police générale de l'empire. — 25 octobre 1809. « Note envoyée à M. Veyrat. . . Le sieur Vingtergnier a été, en vertu d'un ordre de Sa Majesté addressé directement à M. le premier inspecteur général de la gendarmerie, arrêté à Rheims et conduit de cette ville à Oléroii dans le mois de thermidor an X. Les motifs de cette mesure sont «propos

' injurieux contre le premier consul, clameurs séditieuses au spectacle.»... « Revenu en France au mois de juin dernier, sur le parlementaire qui a ramené la garnison de Gayenne,

t il a été retenu d'abord en surveillance à îfor-

laix. De cet endroit il a demandé à reprendre du service dans Farinée. M, le général Victor Hugues ayant été consulté, a rendu un compte très favorable de la conduite de cet individu... M. le délégué de Morlaix a, en conséquence, été autorisé à lui délivrer le passeport qu'il demandait pour Paris à l'effet de solliciter sa réintégration, mais sa surveillance a été continuée et doit être suivie avec beaucoup de soin. » — 20 décembre 1809. Vingtergnier à

Sol. gén. « Le sacrifice que. j'ai fait à l'honneur u nom français me met dans la nécessité de servir, mon exil à Cayenne semble être dans les bureaux de la guerre un obstacle à ma réintégration parce qu'on en croit la cause déshonorante... vous pouvez... vaincre cet obstacle et faire le bonheur d'un officier dont tous les crimes ont été l'amour de son pays et un désintéressement sans bornes. . . Si j'ai servi avec fidélité pendant 27 ans et le roi et la patrie, à combien plus forte raison servirai-je honorablement celui qui fait la gloire du nom français.» Vitra. (Agricole-Louis), 36 ans en l*an IX, né à Avignon (Vaucluse), mercier pour les cordonniers, marchand de crépi ns, demeurant à Paris rue Neuve Guillemain, n° 416. Pp. 18, 20, 57, 150, 304. — « Cordonnier pour femmes, père de famille, faubourg Saint-Germain, âgé de, 48 ans, physique faible, mauvaise vue, caractère assez doux, reste chez le c. Gilles-Marcheà-terre. » (Note de l'administration des Seychelles.) — Etait encore aux Seychelles en 1808. — 1809, 15 iuin, est à l'Ile-de-Fwftice, où il exerce l'état ae cordonnier.

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