‹ Les déportations du consulat & de l'empireChapitre 19 sur 20 · MO · texte numérisé non relu

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~> i* pluviôse an IX, pol. à justice. J'ai reçu, mon char collègue, avec votre lettre du 3 courent le petit, du c. Bottot, tendent à obtenir la faculté de rester pendant trois décèdes dans le rommune de Coyolles, département de l'Aisne . . Ce département étant excepté de cet» désignés cour la surveillance, il n'est pas en mon pouvoir de donner au c. Botot l'autorisation qu'il demande* — 25 germin, an IX, justice a pol. Je vous envoie, mon cher collègue, une lettre du o. Bottot fui sans doute réclame son rappel à Paris. Il me charge d'être auprès de vous son interprète et de vous garantir son attachement .pour le gouvernement et particulièrement pour la personne du premier consul» Je puis à cet égard rendre témoignage de ses sentiments, ils me sont connus. Bottot est incapable de rentrer dans aucune espèce de complot ou de mouvement. Il a besoin lui" même et dn gouvernement et d'une existence tranquille. Je, vous invite donc, mon cher collègue! à faire pour son rappel tout ce qui dépendra de vous, salut et attachement : Abrial. — Préf. pol. à pol., 4 floréal, an IX. J'ai l'honneur de vous adresser la pétition du c. Bottot renvoyé de Paris et résidant actuellement à Coyolles, département de l'Aisne. Je vous prie de me faire connaître la décision. — ' Pétition des demoiselles Botot au min. pol. Depuis longtemps Botot est sujet à une incommodité, elle est tellement aggravée que ce n'est qu'à Paris qu'il trouvera du soulagement ou qu'il pourra subir une opération tou« jours douloureuse et souvent dangereuse. (En marge, me faire npte). — Pol* sûreté gén., S6 therm. an XII, note pour S. Ë. Les demoiselles Bottot sollicitent auprès de vous le retour à Paris de leur frère, compris dans Par-

tété du. 17 nivôse an* IX, qui renvoje en surveillance dans l'intérieur plusieurs individus. On n'a point eu dans le temps connaissance des motifs de cette mesure, on ignore en conséquence s'ils subsistent encore; on doit seulement faire remarquer à V. E. qu'il paraît que la D° de Montpezat aurait prétendu renouer l'ancienne négociation avec le prétendant qu'on a dit avoir été suivie par le sieur Bottot au nom de Barras, auquel il était alors attaché. En marge : ajourné. — An XIII : à l'empereur : Botot éloigné de sa famille languit depuis plus de 3 ans dans un exil trop pénible pour son cœur, que V. M, daigne le rendre à une fille, à une sœur qui osent solliciter de votre justice son rappel. A. Sophie Botot, Houdouard née Botot. — Paris, 6 pluviôse an XIII. A préf. pol. Ayant été prévenu que le sieur Bolto, secrétaire de l'ex-directeur Barras, et oui avait été envoyé en surveillance dans le département de l'Yonne, se trouvait en ce moment à Genève sans que j'eusse reçu aucune communication à cet égard, j'en ai référé à S. E, qui m'a fait connaître , que le sieur Botto était autorisé à rentrer à Paris.

Boum (Mathurin), de la division des marchés, ancien juge de paix, fabricant de bas, né à Angers (Maine-et-Loire). Pp. 16, 52, 102, 304. V. les Biographes. — Extrait le 20 nivôse an IX de Bicétre et conduit à Nantes, mort à Anjouan le 14 floréal an X.

bouwt-Pàty, député, p. 3, — V. les Biographes.

Bousquet (Antoine), p. 175, personnage que le gouvernement avait résolu de déporter, à raison de ses liaisons avec Metge, Chevalier, etc., ne fut pas embarqué. — 13 nivôse an IX. Corn, gén. police de Bordeaux à min. pél,..

Il dénonce les Jacobins. « ...Partarrieu est toujours leur point de ralliement, ils font son éloge, ainsi que celui du général Du four, sur lequel *ls comptent (souligné), disent-ils, au besoin (ce propos m'a été confirmé par le maire du Sud). Ils prennent le plus vif intérêt à Guéraud et à Bousquet qui devaient être leurs correspondants à Pans. Ces deux hommes, qui ont joué ici, sous le trop fameux Lacombe, un rôle dont les habitants de Bordeaux se souviennent avec effroi, comptent des amis parmi les vils suppôts de la contre-police dirigée par Partarrieu. Bousquet est doué de talents qui le rendent d'autant plus dangereux <ju'il y réunit l'audace et l'art de parler : serrurier de profession, il est bon mécanicien, bon armurier, excellent artiste, il peut avoir beaucoup contribué a la confection de la machine infernale... » •

Bousquet (femme), p. 14. « A disparu et n'a pu être arrêtée. » (Note de police, germinal an IX.) — V. Femmes détevues.

Bouvery dit Flecrv (Benoist), négociant, né à Lyon, pp. 208, 245. 11 est à l'île de Ré en Tan XL Une note dit : « Cond. à la dép. par le tribunal criminel de î'Ain en l'an VI, pour faux. Homme très dangereux. Les motifs de sa condamnation doivent déterminer l'opinion qu'on doit avo r de sa moralité. » Ce cond. existait encore à la Guyane en l'an XIV (20 brumaire), mais ne figure pas sur la liste de ceux qui sont rentrés en France après la capitulation de Cayenne.

Bouvier, p. 5.

Boyer, p. 4.

Bréban ou Brabant ou Braban (Jacques), pp. 46, 57, 402. « Jacques Brabant, 34 ans, né h Paris, demeurant rue de la Mortellerie, 438,

secrétaire du commissariat de police de la division de laCité depuis environ 5 mois. » (Procès- erbal de police du 26 nivôse an IX). Un autre document le qualifie de : cordonnier. — 20 nivôse an IX, figure sur la liste des individus arrêtés.— 26 nivôse an IX, extrait de Pélagie et conduit à Nantes.— 27 pluviôse an IX, rapport du préf. de pol. : Bréban (Jacques), ex-inspecteur de police, réclame contre sa déportation. La réclamation de Bréban est appuyée des certificats du juge de paix Wisnick, des ce. Planchet, Valcourt,Poulletier,des commissaires de police Arnoult et Violette, qui attestent gue Bréban s'est bien comporté dans ses fonctions d'inspecteur de police, ils ne disent rien de sa conduite antérieure. Bréban a figuré à différentes époques de la Révolution, dans le sens exagéré, le gouvernement est prié de statuer. — Mort à Aujouan, le 13 floréal an X.

Breton (Pierre-Denis), p. \ 3. — Compagnon . menuisier, 2, rue Jean pain -Mollet, porté sur la liste. Sa femme réclame, le 23 mv. an IX, la dispense pour son mari de se rendre à Blois. Elle dit que son mari, incommodé d'une hernie et autres infirmités, courrait les plus grands dangers. (Note de police) :— 24 nivôse an IX, il lui est délivré un passeport pour se rendre à Blois, en surveillance ; il est, à cette époque, âgé de 38 ans. Par une note sans date, le préfet de police propose de rapporter cette mesure. Breton « a été renvové ae Paris pour ses liaisons aveclfs exclusifs les plus prononcés; il expose qu'il est infirme...» — 46 vendémiaire an X. Le min. de la pol. autorise son rappel.

Briot, député, p. 5. V. les Biographe*.

Brissbvin. V. Érisvm.

Brisvin (Jean-Michel), 49 ans en Tan XII, né à Château-Thierry (Aisne), tourneur en bois,

faitourg Saint-Antoine, pp. 46, 478, 4M, 419, 200, 2»5, 256, 259, 963, 26*.— 4 4 brumaire an MI, la préfet du Douta a reçu du grand juge et transmet au général commandant la division une pétition de la femme Brissevin, concernant son mari, détenu au fort de Jouk. — 24 juillet 4809. Brisvin vient de débarquer àPaimhcmif, sur un vaisseau portugais, qui ramenait la garnison de Gayenne. n a été déposé dans les prisons de cette ville. La dame Brisvin sollicite la liberté de son mari, et l'autorisation pour lui de revenir à Paris. Dans le cas où 8. E. croirait devoir le faire mettre en liberté, on estime que cet individu ne doit point être autorisé à revenir à Paris. Par le min. : Refusé. — 48 octobre 4809. Brisvin...', rendu h la liberté, à la condition de demeurer en surveillance éloigné de Paris et des côtes, expose qu'il avait choisi Château-Thierry..., mais que ne croyant pas trouver à s'y occuper de son état de tourneur en bois, et ne pouvant avoir d'ouvrage qu'à Paris, il demande la permission d'y rester. Par le ministre : Tolérer provisoirement et le surveiller. — il août 1843. Pol. à préf.pol. Rechercher Brisvin, qui, devant se rendre en surveillance à Orléans, n'y était pas le 7 de oe mois. Le diriger sur Pierre-ChâteL-r-Paris,26 août 4643. PoJ. à préf. du Loiret... Brisvin a quitté Paris à l'époque où il en a reçu Tordre ; au mois de juin dernier, sa malle lui a été expédiée par une maison de roulage,— Paris, 8 septembre 4843. « Monsieur, la confiance que vous m'avez inspirée dans mon séjour à Orléans me fait adresser à voui pour voijs prier d'aller en mon nom à l'auberge où j'étais logé, chez M. Pourmy, au Cheval Rouge, place du Vieux-Marché, pour y retirer la malle que Vf ai laissée et la renvoyer à Paris à mon épouse, M** Brisvin, rue

Traversiez, n* 10, fg SainfcAntaiae. J'ai été frappé d'une maladie dans mes courtes qui m'empôche de retournera Orléans, »t-19 septembre 4813. Préfet Orléans à pol.., a recherché Brisvin, « J'ai su peu après que la malle dont il est question lui était en effet arrivée, lui avait été remise, et qu'il l'avait laissée chefs un aubergiste au Cheval-Rouge, place du Marçhéaux-Veeux, à Orléans, nomme Michel Fourmy. Un commissaire de police se rendit chea? lui.,», que l'aubergiste annonça être en voyage pour son commerce de colporteur, et devoir revenir sous peu de jour§ pour reprendre sa malle..,, n> point reparu... M. le maire prit le parti 4e la faire transporter à la mairie, et aujourd'hui il me communique la lettre ci-jointe, écrite le 8 de ce mois par Brisvin, de Paris, où il est, rue Traversière, n* iO, fg Saint-Antoine; le cordonnier h qui elle était adressée ne l'a reçue qu'hier.

BaocHET (Jean-Etienne), né à Nogent-sur- Seine (Aube), 5{ ans, en l'an Xïl, marchand épicier, membre des Cordelicrs, pp. 16, 175, i9Ç, i§9, 200, 244, 245, 304. — V. les Biographes.— 25 pluviôse %n X1H, le chef de la division delà liberté individuelle demande des renseignements sur ce dép. à la division de sûreté générale. On répond qu'il n'a à son dossier que hss deux pétitions suivantes. — Au grand- juge, ta nommée Dieudonnée Pelé, femme Brochet, marchande épicière, demeurant rue du Vieux- Colombier, 444. « Ayant donné la preuve que son mari n'est pour rien dans l'attentat. . . Jray tenbe mon mary caché pendant 18 mois sans que l'on se soit présenté pour l'arrêter, mais le 22 messidor an X, on est venu à trois heures du matin l'arrêter. Mop malheureux époux a été tttnsféré à Olépoq depuis fc 9 gierm.

an X. . . Seule dans ma boutique, ne pouvant raquer au dehors sans que ma maison en souffre. . .» Prière de prendre des renseignements sur son mari, ils seront à son avantage. En marge : Nous, maire du XI* arrondissement de Paris, recommandons à la bienveillance et à l'humanité du c. grand-juge, le c. Brochet et son épouse, dont la triste ei malheureuse position est faite pour intéresser toutes les âmes sensibles. 25 ve, tôse an XI, Boulard maire. — La femme Brochet à Fouché. «Ayant éprouvé beaucoup de pertes au commencement de la Révolution, des débrits de notre fortune nous avons entrepris, il y a cinq ans, un petit commerce qui nous mettait à même a*» pouvoir donner à mon fils unique une éducation convenable; mais élevé dans les principes de la liberté, le désir d'acquérir de )a gloire sous les drapeaux du vainqueur de l'Italie, il s'est empressé, avant l'âge prescrit par la loi, d'aller partager les lauriers de ses compagnons d'armes. . .». Comment a-t-on pu prendre son mari, «homme paisible, qui ne s'tst jamais compromis dans aucune affaire politique, n'a jamais fréquenté 'd'endroits suspects ni aucun rassemblement. . .». Le fil» est à la 24e demibrigade d'infanterie. — Attestations des propriétaires et marchands du voisinage en faveur de Brochet. « Nous soussigné juge de paix de la division du Luxembourg. . . certifie que le c. Brochet était un de mes assesseurs avant l'arrêté qui le met en surveillance... et qu'il n'a jamais manifesté, en ma présence, d'opinion contraire au bon ordre. . . 15 pluviôse an IX de la République, une et indivisible. Guérin, juge de paix.»— Le dossier contient en outre une note de police ainsi conçue : « La lettre du 21 frimaire auquel celle-ci répond est au dossier

des révélations de Brochet, n° 7629, ainsi que la réponse du préfet de l'Aisne, du 4 nivôse et autres». — Pendant son internement à Oléron, il est noté comme « tranquille » . — 20 brumaire an XIV. V. Hugues, annonce que Brochet s'est évadé de Ctfy?nne.

Brunot ou plutôt Damiàn (Bruno). V. ce dernier nom, pp. 221, 223.

Buonarotti, cond. dans l'affaire Babeuf, p. 459. V. les Biographes On trouve au dossier une pétition signée de lui et d'autres dép. relégués à Oléron, contre le régime que Ton fait subir aux dép.

bcrdet (Hugues), p. 294 supérieur, sous le nom d • François de Sales, des trappiste» de la Cervara, né à Anse (Rhône), domicilié dans le département des Appennins, 42 ans en 1811, cond. à Gênes, le 47 août 1811, par la commission militaire extraordinaire, à 40 ans de bannissement, comme convaincu du crime de provocation à la rébellion. Emb. le 26 septembre 1844, sur le brick le Faune, déb. à Bastia le 24 octobre 4844.

Gamin, place Sorbonne, 445.— P. 43.

Cantegris dit Magnot (Jean), boucher, et Guy (Pierre), garçon serrurier, p. 209 . — Une noie dit : Arrêtés à Toulouse et conduits de cette ville à Oléron, avaient troublé différentes fois la tranquillité publique, menacé et maitraité des citoyens, tenu des propos violents et fait des menaces contre le Gouvernement et la

Sersonne des premiers magistrats. Tapageurs angereux(ce dernier mot eîTacé).-»- Ces deux dép. existaient encore à La Guyane en Tan X1Y (20 brumaire) mais ils ne figurent pas sur la liste de ceux qui sont rentrés en France après la capitulation de Cayenne.

Capf Y (Antoine -François -Joseph), p. 13.—

• Gappy, ex«inspectaur de police, homme irt* morfli connu 90m les plus mauvais rapports. Il a trahi la police.» (Note de police sans date.) — Le 21 nivôse an IX, est extrait de la maison de Pélagie et envoyé en surveillance à Lyon, en exécution de l'arrêté du 17 nivôse.— Cappy, au min. pol. gén. « Après avoir satisfait a la loi, je vous adresse mes.,, réclamations. Domicilié à Paris depuis le 5 mars 1784, je fus arrêté chez moi le 13 nivôse dernier, conduit à la préfecture de police le 80, à 6 h. du soir, en vertu de vos ordres. On me fit signer de partir pour Lyon dans 24 h.; il me fut délivré un passeport. L'on me dit que le 20 ne comptait pas* Je quittai Paris le 21 au soir et passai la nuit à écrire à la pointe de Bercy. A la pointe du Jour, je me rendis à Gharenton, distant de Paris de 2 lieues, où je me couchai pour attendre quelques effets, A 9 h. du matin, 22 nivôse, Je fus arrêté par la gendarmerie et reconduit à, la préfecture de police, où j'ai encore resté jusqu'au 28, que Ton m'a conduit ici de brigade en brigade, de prison en prison, à raison d'une livre et demie de pain par jour, à pied, à l'eau et couché sur la paille. En vain j'ai représenté mon innocence, que n'ayant pas le sol, étant dans l'indigence, qu'il me soit accordé une feuille de route et 3 s. par lieue. Pour augmenter mes tourments, l'on m'a fait rester en cet état 41 jours en route, dont 22 jour* de séjour, étant arrivé à Lyon que le 7 ventôse, et mis en liberté par le commissaire général de police, le lendemain 8, sans ressources ici, je suis obligé de mendier mon pain. La mort me serait préférable... Fils de feu M. le major de Belfort, mort en 4782, j'ai servi l'Etat, officier au régiment du Dauphins, j'ai 39 ans de services tant militaires que ci-

fils. À la révolution, J'ai perdu toute ma fortune*, tous la terreur, j'ai été trois foie sous le glaive de la loi. J'ai perdu ma famille sur récnafftmd. Un parent de mon nom, qui était commandant d'une division des gardes constitutionnelles, fut la cause de ma proscription... La commune de 1791, à la création, me nomma l'un des 24 officiers de paix du département. Je l'ai exercé avec honneur jusqu'au 12 août 1792 que Je fus incarcéré, où j'échappai par miracle au massacre des prisons, avant eu une agonie de près de huit jours. J'ai été vérificateur aux transports militaires, depuis le 1" juin 1793 jusqu'au 1" brumaire an V, époque de la suppression de ma place. Ma femme a été, pendant 4 ans 1/2, attaquée d'une maladie des plus aiguës...; elle est décédée le 15 vendémiaire an V; elle m!avait trois fois sauvé la vie. Cetto maladie m'a fait contracter des dettes et m'a réduit à la plus affreuse indigence. Dans cet état, je fus obligé, pour exister, d'accepter, en vendémiaire an VI, une place de 1.200 fr. par an au bureau central; en frimaire an VIII, je fus maltraité et invectivé par le c. Bertrand, chef du bureau de surveillance, lequel me fit tort. J'en portai ma Slainte par écrit et signée aux administrateurs u bureau central. Ils me promirent justice et qu'ils me feraient changer de division. Voilà la source de mes maux actuels. La préfecture de

Sblioe arriva ; le c. Bertrand gagna la-confiance U préfet, il obtint ma destitution qu'il fit rétrograder d'un mois... Je ne suis pas encore payé de ce qu'il m'est dû... Depuis un an, j'éfals sans place et manquant de tout. Le 15 vendémiaire an IX, j'obtins par le canal du chef d'escadron d'Aiguillon une place de 40 s. par jour, en qualité d'ordonnance fixe à l'état-major

de la 17* dindon militaire. Bertrand rapprit Furieux de voir que je mangeais du pain, il profila de l'événement affreux du 3 nivôse pour me rendre sa victime et m'immoler à sa rage... Domicilié à Paris depuis 18 ans, sans interruption ; tenant à la ci- devant caste nobiliaire, avoir échappé aux massacres des prisons du l*r septembre 1792, avoir été trois fois incarcéré, subi un jugement le 28 thermidor an 2e, n'avoir cessé d'être sous la terreur persécuté comme modéré, comment, en ce moment de justice, puis-je être traité comme terroriste?... Quel supplice pour un homme honnête, âgé de 50 ans, ayant été quarante ans dans l'opulence, d'être réduit à mourir lentement de faim, de mendier son pain, nud, couvert d'haillons, mangé par la vermine, m'avoir fait partir sans avoir 3e quoi me rechanger, et me faire perdre une modique place de 40 s. par jour qui me faisait exister... Cappy, demeurant chez le c. Morel, aubergiste, cour des ci-devant Carmes, n°79bis, proche les Terraux.

Cardinaux (Pierre-Maurice), 49 ans en 1809. Né à Neufchâtel (Suisse), domicilié à Paris depuis 1774, pp. 16, 20, 52, 150. L'un des fondateurs de la Société du Panthéon. Accusé dans l'affaire Babeuf. — « Cardinaux (Pierre-Maurice)^ marchand de vin, tenant un théâtre à l'Estrapade. Cardinaux réclame; il convient qu'il a été très prononcé, qu'il a eu chez lui des réunions, mais il y a longtemps. Il invoque le témoignage des ce. Champagne, directeur du Prytanée, et Legois, commissaire de police. La réclamation de Cardinaux n'est appuyée par personne. On estime qu'il n'y a lieu à faire droit. (Rapport du préf. de pol. à pol. gén.)~ L'infortunée femme Card»naux,recommandable par ses malheurs et par ses be-

gitizfed by

soins, demeurant au théâtre de l'Estrapade, division du Panthéon, vous expose que Maurice Cardinaux, son mari.. . séparé de ce qu'il a de plus cher, de sa patrie, de son épouse et de ses deux enfants, dont il était Tunique soutien. . ., que lors de ce fatal départ il ne lui restait pour tout moyen d'existence que le jsèle , des artistes qui, par leurs efforts, pouvoient suffire à ses besoins les plus urgents, mais l'opinion publique ne s'est pas contentée d'une victime, son théâtre est abandonné, et la recette ne couvre pas les dépenses, de manière qu'elle (la femme Cardinaux) ne doit son existence. . . qu'au faible produit de la vente de ses effets. Cette ressource est épuisée...» Elle demande la liberté de son jnari. — Sous la signature, le juge de pair de la division de l'Observatoire, qui a pris connaissance ou lecture de la supplique, requête ou demande adressée au mm. par la f. E. Cardinaux, atteste que ladite femme est en effet bien malheureuse . . , atteste qu'il n'est rien venu à sa connaissance sur le compte de cette personne, ni depuis, ni avant le départ de son mari... Le 7 ventôse an IX. Laffitte, juge de paix. — « Cardinaux, cuisinier, âgé de 45 ans, taille élevée, caractère ordinaire, exerçant son état chez le c. Loiseau, où il reste. » (Noie de l'administration des Seychelles.) — En 1809, Cardinaux est encore à Mahé (îles Seychelles), où il exerce la profession d'aubergiste. — Paris, 2 septembre 181t. Justice à pol. M. le duc, j ai l'honneur de vous transmettre comme objet relatif à vos attributions, un mémoire par lequel la nommée Eglé, femme de Pierre Cardinaux, déporté, demande à être autorisée à toucher une modique somme qui lui est échue dans une succession. — En marge : Lui rêpon-

dre qiiela police ne connaît point l'endroit a* cet homme peut être, . . — Dans un mémoire, le juge de paix de Nanterre dit que la pièce demandée est. . . « pour une famille de la commune de Puteaux... Marie-Jeanoe-Françoise Sjy, femme de Pierre Cardinaux, Tune des ritières, n'est point autorisée par lui, parée qu'il a été déporté...»—- Plusieurs travaux ont été publiés sur Cardinaux» Consulter entre autres Walschinger, Théâtre dé la Révolution.

Caret dit Robkrtin, p. 408.

Carktté (Jean-Pierre), 53 ans en Tan IX, né h Paris, pp. 16, 163, 175, 209, 255, 256, 260, 263, 269, 271, 272, 273, 274, 276. — Carretté (Pierre), perruquier, rue Dominique-Germain, n° 1.252 (réclamé par sa femme). A l'appui de sa réclamation, le corn. pol. ae sa division atteste que d'après les informations, il n'a rien appris qui fut à la charge dud. Carretté. Le juge de paix de la division des Invalides et plusieurs cit. en disent autant et déposent de sa moralité, il est père de famille. On estime qu'il y a lieu de rapporter la mesure à son égard* Mais, comme il a toujours professé des principes exagérés, on pense qu'il doit être éloigné de Paris. (Rapport du préf. de pol.):— Envoyée, ûléron le 10 ventôse an IX, noté comme « assez tranquille » pendant sa détention,*» Dép. à Cayenne, revient en France après la capitulation de cette ville.— A min. pol. Pierre Carretté, ancien militaire, sexagénaire, accablé d'infirmités,., revient de Cayènne, la colonie ayant été rendue aux Portugais : il en rapporte d'honorables certificats dont est ci-joint copie. Dai» gnez jetter les yeux sur ce titre manifeste de sa bonne conduite et le retirer des prisons de Nantes, où il gémit avec résignation, espérant vos ordres pour le rendre k aa famille et k ses

tnfeaU.-- Nous, commandant et capitaine 4* la garda bourgeoise de la colonie de Cayenne, certifions. • . que le n. Pierre Carretté... a, par aa bonne conduite, toujours mérité l'estime des habitante d'icelle, et que lors du siège de eette place, icelui a pris les armes pour sa dé» fense et s'est, par continuation de bonne conduite, doublement acquis l'estime, tant des habitants que de nous, commandant et capitaine soussignés. A Gayenne, le 16 janvier 1800. *~ A

SoL gôn. L'épouse du n. Carretté, cirdevant épovté à Gayenne, a l'honneur de représenter à V. E. que son mary, ayant reçul'ordre à Nantes de se rendre à If eaux, où il serait encore si les autorités constituées de cette ville ne lui eussent ordonné de passer à Châlons-aur-Marne. Arrivé dans cette nouvelle ville, il se présenta aux officiers municipaux, qui lui assurèrent n'avoir reçu aucun ordre pour lui accorder des secours, ni pour le recevoir, que cependant ils en écriraient aux autorités supérieures à Paris. Mais n'ayant reçu aucune réponse au bout de onze jours, ils lui conseillèrent de retourner au sein ae sa famille, avec laquelle il vivait depuis

riu de temps, lorsqu'on vint l'en arracher le de ce mois, pour le conduire à la préfecture, où il subit un interrogatoire auquel, malgré les raisons ci-dessus qu'il objecta,' il fut transféré à la Force, où il est encore. » Femme Carretté, rue Saint-Lazare, 14, proohe celle des Martyrs,

Ssansdate).— >24 novembre 1309. Par suite d'une lécision du 28 décembre dernier, qui rendit la liberté au* déportés de Cayenne, à la condition de leur éloignement de Paris et des côtes, le s* Csretté a été renvoyé à Châlons»sur*Marne ; il est venu sans autorisation à Paris, où sa femme est blanchisseuse, et a été déposé à la Forée. Caretté a donné pour excuse de l'infrac-

tioq de son ban l'impossibilité de trouver à Châions aucun moyen d'existence. On invite S. E. à décider s'il doit y être reconduit. Par le ministre : autorisé le retour à Ghâlons. — 2 mars 1810. n est autorisé à habiter Paris provisoirement, à la condition de justifier des moyens d'existence suffisants et de fournir caution de sa conduite, sauf à prendre à son égard tel parti ultérieur. — 6 août 1813. Pol.àpréf. de Seine-et-Marne. Ordre d'arrêter Jean-Pierre Caretté... S'est rendu à Meaux, où il doit être actuellement.— 21 août 1 8 1 3 . Préfet de Seine-et- Marne à pol... Jean-Pierre Caretté a été arrêté à Meaux et dirigé de suite sur la prison de Pierre Chfttel. Il est parti pour cette destin, le 15 courant

Castel, marchand d'argent au perron, p. 13. Càzin (Jean-Baptiste), pp. 159, 208. — Il est à File dOléron en Tan XL Certaines pièces le

Qualifient d'ouvrier, d'autres d'inspecteur de 1 arsenal de Paris. Mort à Cayenne le il janvier 1807 à 52 ans. (D'après l'acte de décès, né à Paris, fils de Gazin et de J. Perrard).

Ceybat (Joachim), pp. 16, 19, 304. —1er Germinal, an IX. Les membres du corps législatif et du tribunal pour le département du Puy-de- Dôme à pol. écrivent en faveur de Joachim Ceyrat, notre compatriote, pour qu'il soit retiré de la liste des déportés de nivôse où il a été placé sous la qualification odieuse de président des septembriseurs. Ce titre infâme ne lui appartient pas, il peut avoir eu des torts dans les temps orageux de la révolution, il n'a jamais eu celui de présider à des massacres, ni de commander des crimes. Les pièces jointes à sa pétition le justifient. — 25 floréal an IV. Extrait des minutes du greffe du tribunal criminel du département de la Seine, séant au

palais de justice à Paris. Nous Louis-Jérôme Gohier, président du tribunal criminel du département de la Seine... Vu la déclaration du jury spécial de jugement sur les accusations

Sortées contre Joachim Ceyrat, ladite déclaraon... portant: « Qu'il est constant que des Sersonnes ont été homicidées dans la maison es Carme**. Que Joachim Ceyrat n'est point convaincu d'avoir aidé et assisté les coupables dans les faits oui ont facilité l'exécution de ces homicides... Prononçons que Joachim Ceyrat, âgé de 44 ans, natif de Ciermont-Ferrand, département du Puy de-Dôme , ancien juge de paix de la section du Luxembourg, employé à la commission des >ecours, demeurant à Paris, rue Férou, n° 990, susdite section, est acquitté de l'accusation... Fait et prononcé à l'audience publique du tribunal, le 23 floréal an IV... ÏO heures du soir... » — Pluviôse an XUI. Le c. Ceyrat rue des Cannettes n° 468, II9 arr. à min. pol. Le c. Ceyrat est inscrit sur une liste... et depuis ce temps privé de son état, errant, fugitif, éloigné de sa femme et de ses enfants, livré à des craintes et des agitations continuelles causées par sa position, espère

Su'il obtiendra de votre justice une liberté dénitive, quoique depuis 30 ans il ait toujours résidé à Paris,, il ne demande pas à v fixer son séjour, mais qu'il lui soit permis d établir en liberté sa résidence dans le départemeut du Puy-de-Dôme... — La citoyenne Ceyrat, 468 rue des Cannettes à pol. gén... vous a déjà exposé que son mari n'a jamais été accusé, dénoncé m soupçonné d'avoir mis les pieds dans aucune des prisons de Paris, ni d'avoir été témoin d'aucun des massacres commis dans les journées de septembre ; il a été dénoncé longtemps après son arrestation en prairial an III,

pour de prétendus arrêtés prit pendant qui)

S résidait rassemblée générale de sa sectiop, et ont la falsification a été démontrée lors de l'instruction publique du procès, il' a été ac* quitté de toutes les inculpations.* Depuis un an... livré exclusivement à son état de professeur de mathématiques, ses écoliers et moi voilà son unique occupation depuis notre union*. . Rendez donc à une fille un père, à une mère éplorée, un époux... — Cejrat (Joaehim), d'après le rapport de M. Havas du 41 prairial an XIII, cet individu est autorisé à se rendre à Glermont (Puy-de-Dôme), pour y demeurer sous la surveillance des autorités. — Préfet du Puy-de-Dôme à M. le conseiller d'Etat Pelet, chargé du 3# arr. de la pol... Le s. Ceyrat était avocat avant la révolution, en 1790 il fut commissaire de police de la ville de Glermont, jusqu'en 1792, au mois d'août 4792 il fut juge de paix jusqu'au mois de pluviôse an III. Au mois de ventôse an III il fut employé dans la commission de secours, et ensuite dans les bureaux de la guerre...— La pièce qui précède commet une erreur ; c'est à Paris et non à Glermont que Ceyrat exerça les diverses fonctions dont il est parlé dans ce documentai prairial an XIII. Préf. Puy-de-Dôme à cons. d'Etat chargé du 3* arr. de nol... Je viens de placer sous la surveillance de la mairie de Glermont, le n. Joaehim Ceyrat. — Une note sans date,ihais postérieure à juin 4 809, l'indique encore comme « ayant été envoyé en surveillance à Clermont-Ferrand en prairial an XIII », ce qui permet de penser qu'à fa date de 1809 il était encore vivant.

Cbalandon (Claude), membre du comité révolutionnaire de la section de l'Homme armé* pp. 46, 308, 309, 328. (Y. les Biographie.)— Attelé

le 6 nivôse an XII, détenu à Pélagie,— écrit, 14 nivôse an XIII, à pol. : « Le pauvre diable de Chalandon, cordonnier de son métier, a, comme tant d'autres , donné à plein collier dans le tourbillon révolutionnaire, mais jamais son tré-

Eied, sa manchette crépine, ni encore moins son laleine, n'ont été criminels en manière quelconque. Babillard comme le sont tous les cordonniers, il a prêché l'avantage de la liberté et de l'égalité sans en connaître ni la réalité ni les résultats. Il défie^qu'on lui reproche le plus léger crime et demande à être envoyé à Rouen ou Auxerre si on le trouve suspect. » — Nous inclinons à penser que la lettre qui précède n'est pas de Chalandon, mais qu'elle a été écrite par lui sous la dictée de quelque prisonnier plus lettré : l'inexpérience de l'écriture jure avec le style général de la pièce. Un passage du livre de Charles Nodier, sur les Prisons de Paris sous le Consulat, s'exprime sur Chalandon en termes très chaleureux; l'auteur de la lettre copiée par Chalandon ne serait-il pas Nodier lui-même?— Par un rapport du 1" pluviôse an XIII, Chalandon est envoyé à, Dijon. — 5 thermidor an XIII, Chalandon sur sa demande est autorisé à se retirer t Auxerre. En 1809, il est ou mort ou définitivement en liberté, car il ne figure plus sur la liste des cond. tenus en surveillance.

Château (Joseph), marchand oiseleur,d'après une note, ébéniste, d'après une autre. 56 ans en l'anXII, d'après une note,5i ans, d'après une autre, né à Paris, pp. 16, 178, 184, 489, 209, 252, 255,256,257, 260.— F* Château à Bonaparte* 1" consul. Lettre datée de germinal en X (en marge): Renvoyée au "ministère de la police générale le 5 floréal an IX (sic). Lac. Château, demeurant rue des Postes, n* 16. . . est dans la

situation la plus déplorable... son mari qui a fui une rigueur non méritée, mène loin d'elle une vie errante, livrée aux craintes, à la misère et au désespoir, ce quia détruit son commerce; se rendra-t-il à, une mort anticipée, en emportant sur une plage étrangère le regret... de laisser loin de lui une femme et six enfants, dont quatre dans le plus bas âge?. . . Lhateau est-il un septembriseur? Non, il n'a possédé et ne possède encore actuellement que sa maison de la rue des Postes, laquelle n est pas en ce moment en valeur et qui est la seule propriété que lui ont laissé ses pères. A-t-il participé. . . au 3 nivôse? Non, tout le monde peut attester que Château, occupé sans relâche aans son jardin, y travaillait depuis un an pour le disposer au printemps à 1 or mer une maison champêtre pour y vendre du vin... — - Revenu de Gayenne en juin 1809 et envoyé en surveillance" à Com.riègae , il sollicite l'autorisation d'habiter Paris. Sa demande est admise provisoirement le 2 mars 1810, « à la condition de justifier des moyens . d'existence suffisants et de fournir caution de sa conduite, sauf à prendre à son égard tel parti ultérieur. »

CHATEAUNEUFpère (Joseph Hugot, dit), 40 ans en Fan XII, né à Dijon, chanteur à l'Opéra, beau-père de Philippe-Valéry Hugot, dit Chateauneuf, pp. 16, 20, 52. — « Hugot, Chateauneuf, ci-devant acteur et chanteur à l'Opéra de Paris, — âgé de 5«» ans, d'un assez beau physique, quoique ainaipri par l'âge, demeurant chez le c. Boulay, habitant. Peu de noies sur son compte. » (Note de l'administration des Seychelles).— Une autre note des îles Seychelles dit que Chateauneuf père s'est évadé « à bord d'un portugais, suivant procès-rverbal du 28

vendémiaire an XIV». — Pourtant son intention n'était pas de quitter les lies françaises, puisqu'il vint habiter l'Ile-de-France, où il était encore en 4 8* >9, et où son beau-fils avait de son côté obtenu la permission de se rendre. Soit qu'il fut mort, soit à raison de toute autre circonstance, Chateauneuf père ne parait pas être rentré dans la mère-patrie après la capitulation de rile-de-France. Son beau-fils seul revint. —Arles, 29 juin 1811. Mgr, j'ai lu dans les journaux que les Anglais devoit rendre tous les Français à sa patrie. Mon mari Chàteauneuf- Hugot et mon malheureux fils furent déportés le 3 nivôse l'an IX pour avoir prêté cent mille francs. Voilà dix ans qu'ils sont à l'Isie-de- France, si, par vos bontés, vous pouvez me donner quelques renseignements pour les ravoir, mon fils ayant perdu la vue, j'employerai tous les moyens que votre cœur me dictera. . . i$ic). Je suis avec respect et considération. Ha! si vous m'accordiez votre protection. Je ne cesse de prier le solleil, notre Dieu, qu'il vous rende le prince le plus heureux. Fe Hugot, ditte Chateauneuf, département des Bouches-du- Rhône. (V. Chateauneuf fils.)

Chateauneuf fils (Philippe-Valéry Hugot, dit), parfumeur, né à Paris, le 1" septembre 1767, beau-fils du précédent, pp. 16, 20, 52, 260, 263, 265, 267, 269, 271, 272, 273, 274, 276. — « Chateauneuf fils, âgé de 30 ans, physique assez faible, reste à la Digue, où il est instituteur. »(Note de l'administration des Seych elles.) — Au général Bonaparte la femme Hugot réclame son fils aveugle, déporté... Femme Chateauneuf, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 25. — Chateauneuf fils qui, en effet, était ou devint aveufie, obtint en 1867 la permission de se retirer l'Ile-de-France, à l'hôpital, où il était encore

à l'époque de la capitulation de cette colonie.

— Arles , 45 juin 1813. Philipe-Valeri Hugot, au duc de Rovigo... ci De retour dans ma patrie, je n'ai trouvé qu'une femme et deux enfants dans la misère ; ne pouvant porter aucun secours, vu mon malheur1, le gouvernement m'a permis de choisir un pays à Arles en Provence. Je vis de quelques secours de bonnes femmes. Le gouvernement a toujours eu soin de moy tout le temps de ma déportation. » Il demande une pension ou l'entrée aux Quinte- Vingts, ou à Arles.. . (Signé : FemmeHugot, sans doute à cause de la cécité de son mari.)— Préf • Bouches-du-Rhône àpol. , 22 août 4813... « Conformément à votre lettre du 6 de ce mois, j'ai fait arrêter Valéry Hugaut, qui était en surveillance à Arles, et j ai chargé le capitaine de gendarmerie de le faire transférer à Pierre-Chatel. Il partira par la première correspondance de gendarmerie de la prison de Tarascon, où il est détenu. » (V. Chatêauneuf père.)

Chauhette (femme). — Marie-Claude Duflocq, femme divorcée du c. Guillaume-René Chaumette, âgée de 49 ans, rentière, native de Paris, y demeurant rue Bordet, n° 44, pp. 14, 45. — 22 vendémiaire an VIII. Le c. concierge de la maison de détention de Pélagie laissera communiquer, en se conformant aux lois, la citoyenne Duflocq, demeurant rue de la Licorne, n* 31, division de la Cité, âgée de 48 ans, avec le nommé Moutardon, qui y est détenu, et s'il n'est pas au secret. Les administrateurs municipaux. — 22 germinal an IX.. « Arrêtée depuis le 5 nivôse, » elle demande sa mise en liberté.' — Pétition sans date. Elle demande à être jugée et à connaître son sort.

— Autrepétition demandant sa liberté, appuyée par ses sœur*. . . « Ma famille ayant besoin de

mol pour un partage de bien! duquel il me Allait un acte de notoriété. . . moi et ma famille auraient à risquer que cet acte fût datte d'un lieu destiné à renfermer le crime, et néanmoins où je suis confondue. . . » — 9 messidor an IX. Préf. à min. (sur une pétition de la femme Gbaumette).... Tous tes rapports sur ta conduite et ses liaisons avec les ennemis du

gouvernement n'ont jamais varié. — Des Madennettes, le 18f. (sic.) Femme Duriê*Qvervelle? à pol. générale. « Ce pour vous assure de mon profon respet a même tan poure vous dire que la citoyen Chômé a dite devan moi et dame que si eue ete sure d'avoier 12 famé corne elle pari cere bien tos sans desous et de plus que les premie consuls ne cere plus care eue ceux qui on étante à sa vie ete de malaaroi care si cetes elle quelle ne laura pas maqué. » — 24 fructidor an IX. Préf. à min. pol. Je crois devoir vous adresser le procès-verbal ci-joint où vous trouverez consignées les déclarations faites par deux détenues aux Madelonnettes, relativement à des discours aussi dangereux que méchans, tenus par la femme Gbaumette, renfermée dans cette maison. — L'an X de la république française une et indivisible, le 24 vendémiaire, 3 heures moins 1/4 de relevée. Procès-verbal de perquisition dans la cellule de la prisonnière et à son domicile, 42, rue Bordet, division des Plantes. Saisie de papiers. — Je soussigné, chirurgien des prisons du département de la Seine, etc. . ., certifie que la nommée Duflocque, femme divorcée Gbaumette, détenue à la maison d'arrêt des M agdelonnettes, est arrivée malade dans cette maison,

Su'elle a été mise à cette époque k l'infirmerie e ladktê maison h raison drune afection de

poitrine, et qu'elle y est restée environ deux mois, et qu'elle en est sortie guérie. À Paris, ce 26 vendémiaire an X. Didier. — Elle écrit au grand-juge, 5 frimaire an XI: «Je jouis d'une mauvaise santé, .je ne puis me procurer aucune douceur, ni môme du feu, nous n'avons que du pain bis et de l'eau ...» — .26 frimaire an XI. Elle écrit encore au grand-juge : « Les vexations que nous avons éprouvé et confondues parmi le crime, les horreurs qui se commette dans cette maison, enfin mon cœur qui ne connu jamais le crime étant révolté de tant d'horreur, l'on a hourdi contre moi ce qu'il y avait de plus affreux, Ton m'a réduit dans un cachot 22 jours et le c. Horien et Brothier sont témoins des horreurs que Ton m'a fait soufrir, me trouvant baignante dans mon sang, d'une perte qui a duré 26 jours, ou j'étais sur la

Saille sans drap. M. Houeur (?), inspecteur, me t donner un matelats et des draps, enfin j'ai été si mal que l'on fut obligé de faire passer la nuit à une prisonnière auprès de moi. . . » — 24 nivôse an XI. Police secrète. Dubois a grand -juge. ... La première (Chaumette)... a subi plusieurs . arrestations qui n'ont fait qu'aigrir son caractère, et avant sa dernière arrestation sa conduite et ses liaisons avec les ennemis du gouvernement n'ont jamais varié... Jeanne-Françoise Colombe est une fille, etc.. J'estime, c. grand-juge, que ces deux femmes ne peuvent être mises en liberté qu'à la condition de quitter Paris.' — 11 thermidor an XII. Lenoir Laroche, président de la commission sénatoriale de la liberté individuelle, à pol. Il a été adressé à la commission une réclamation de Marie-Claudine Dufloq/, femme Cbaumet. Elle expose qu'elle est détenue depuis 3 ans et 7 mois, sans connaître les motifs de

sa détention et sans avoir subi aucun interrogatoire. Elle réclame sa liberté ou sa mise en jugement. — Elle écrit au min. pol. 22 thermidor an XII : « J'ai demandé en vain à paraître devant mes délateurs, pour les confondre, étant la honte de mon sexe, et ne cherchant à (s'extraire ?) d'une peine infamante par leurs fausses dénonciations,».. Je ne puis être entendue... » — 23 therm. an XII. Dubois à min. pol. Dès les premiers troubles de la révolution, la femme Chau mette a été signalée comme un des agens les plus actifs des ennemis de Tordre et de la faction anarchique. 11 n'est pas de femme plus dangereuse. Je pense donc qu'il n'y a pas lieu à rapporter l'arrêté précité. — Madelonnettes, 7 fructidor (an XII)... « En captivité depuis 44 mois..., je réclame ce qu'on accorde aux gens détenus d'ordre du gouvernement... » — Dubois à min. pol., 7 fructidor an XII. La femme Chaumette demande à se rendre à Château-Thierri, Marné (sic), où elle possède un petit bien qui doit kii procurer des moyens d'existence. J'estime qu'il y a lieu de la mettre en liberté, à charge de se rendre de suite à cette destination sous la surveillance de l'autorité locale. (Adopté.) — 24 fructidor an XII. Préf. pol. « Je fais surveiller son départ. La femme Chaumette mérite l'attention particu-% lière de la police, à cause de l'exagération de ses principes révolutionnaires. » — Femme Lafont, rue Galande, n° 53. Sa sœur, la femme Chaumette, ne vit que de la vente de ses effets, elle ne peut subsister à Château-Thierry. Il lui faut la permission de se rendre à Paris dans sa famille. (Lettre sans date.) — V. Femmes détenues»

Chausseblanche, pp. 196, 199.

Cheval (Charles-Auguste), né à. Evreux

(Bore), bonnetier, ex-inspecteur fo police, to ans en 1808, pp. 16, 20,1», 480.— 8 floréal an*. « Des ennemis secrets mirent tout en usage pour le perdre. . . Il a, dit-on, été question dim dîner fait le 4 frimaire aq IX, lans lequel on prétend avoir vu figurer Augustin Cheval ; ce fait est démenti par le cher de la 3* division dç la préfecture dé la Seine (le cit. Lechat), qui atteste que le c. Cheval se trouve perte sur l'état de présence des auxiliaires pour le travail du soir à la date de ce jour 4 frimaire. Sur l'exécrable affaire du 3 nivôse, eh bien, citoyen ministre, ce môme jour (3 nivôse), A14gustin Cheval remplissait gratuitement des devoirs sociaux envers ses voisins. Il aidait à ùp arrangement de meubles, le c. Béranger, chàpellier, rue des Francs-Bourgeois, dont il ne sortit qu'à 8 £. du soir. . . Vous rendrez à une femme. . .* et Jt deux enfants abandonnés, un père tendre, nécessaire à' leur existarice. . . Si-

fné : (femme Cheval). — « Cheval', marchand onnetter de Paris, âgé de 50 ans, d'un physique assez robuste, n'ayant point marqué dans la Révolution, aimé dans la maison où il reste (Elène Âloche), assez mal noté, sans aucune plainte formelle contre lui . » (Note de l'administration des Seychelles.) — 11 germinal .an XIII, grand juge à min. pol., lui transmet pétition : Adélaïde-Geneviève Talon, femme Cheval, rue du Marché-Palus (?), 42, son époux employé à la jftréfecture du département, elle demande le retour dp son mari. — Une note de l'administration des Seychelles (1808) qualifie Cheval 4é marchand mercier-bonnetier, employé dans les bureaux du département de }a îeine. Cette note ajoute que Cheval a servi dans les troupes de ligne, Infanterie et cavalerie, pendant 5 ans, et quHl a quitté le service

Si

aveo le grade de maréchal-dea-logis en chef , — En 4809 il est h l'Ile-de-France,; et y exerce la profession de marchand.

Chevalier (Claude-Louis), teinturier, né à Nantes, 37 ans en l'an IX, demeurant à Paris, rue Thibautodé, n° 4 4 , pp. 46, 20, 87.— « Artificier de son état, frère de celui compromis dans l'événement dû 9 nivôse, ayant eu quelque temps l'esprit aliéné, physique ordinaire, âgé de 40 ans, reste chez le c. Mence, ance aux pins. » (Note de l'administration des Seychelles). — Le dossier contient deux extraits certifiés indiquant que Claude Chevalier a été extrait de Pélagie, conduit ayantes et embarqué. — Afarie- Françoise-Nicolle Forgemolle, femme de Louis- * Claude Chevalier, teinturier, demeurant à Paris, r. St-Honoré, 4419, annonce au g. juge qu'elle a pour ses affaires un besoin indispensable de l'arrêté qui déporte son mari. H n'y a point eu de Chevalier déporté au 3 nivôse. Il nV a eu qu'un seul Chevalier, artificier, qui, dans ses interrogatoires, prenait aussi cependant la qualification de teinturier, <rai a été fusillé- . . (Note de poljee.) — La note ignore, comme on voit, l'existence du dép. Claude Chevalier, lequel était en réalité le nrère du Chevalier condamné à mort pour avoir construit une soi-disant machine infernale. — Marie-Françoise-Nicole Forgemolle, âgée de 27 ans (rue St-Honoré, maison Déeailler, lïngère, 4.449), femme de Claude Chevalier, âgé de 40 ans, arrêté le 5 nivôse an IX, et déporté depuis ce temps à Fisle de Chessel fSeychelles), a l'honneur de vous exposer qu'elle se vpit privée de son mary depuis 4 ans, sans espoir "de se vol? réunir à lui. En conséquence, plie supplie humblement Mgr de jjetter un regard... r n'étant que journalière, manquant souvent d'ouvrage, obligée cepen-

dant de soutenir sa petite famille. . . , ûfi vouloir bien accorder la permission de divorcer, sans qu'il lui en coûte aucuns irais. . ., ce qui lui faciliterait... à ses enfants uu second soutien dans un second mari. . . Depuis son malheur, ils (les enfants) sont à la charge de leur grandpère, qui n'est pas fortuné. . . La nécessité où Îe suis réduite semble justifier la demande. . . 1 en a bien coûté à mon cœur. . . Mais enfin, il faut briser des liens. . . — En 1809 (15 juin), Chevalier était encore aux Seyehelles (île Praslin).

GHOUDIEU, député, pp. 16, 156, 157. — V. les Biographes. — 22 nivôse an IX, ordre de le conduire à Saintes pour être interné à l'Ile de Rhé ou à l'Ile d'Oléron. — 23 nivôse an IX.Préf. pol. à min... «A l'égard de Choudieu, il n'a lu être arrêté jusqu'à présent; si je parviens à e découvrir, je vous en instruirai de suite. »

Chrétien (Pierre-Nicolas), membre des Jacobins, juré révolutionnaire, cafetier, pp. 16, 52, 102, 126, 130, 131. — V. h s Biographes . — Le dossier ne contient rien sur le sort de Chrétien, mais des rapports de police sur la surveillance dont son café est l'objet. Le café Chrétien avait été pendant la Révolution * très fréquenté par les patriotes. « Le c. Barbie, rédacteur du journal d'indication rue d'Àrgenteuil, a entendu des individus sur le boulevard, dire, après l'explosion : « enfin le B... a sauté» puis après : « c'est sa faute pourquoi ne va-t-il plus à Malmaison ?» Une note dit que c'est le nls Chrétien qui a dit : « il a donc sauté ? » Deux individus qui buvaient chez Chrétien avaient auparavant manifesté leur impatience de ce qu'ils n'entendaient aucun bruit, après l'explosion ils sortirent du café, disant « que c'était la fusillade de Jtiniêusfri qu on donnait au

Théâtre Favart.» Autre note donnant le signalement de plusieurs personnes , sans doute d'habitués du café Chrétien.

Glaire, pp. 223, 224.

Clémence, p. 4.

Cochet, p. 13.

Colette (Claude). — V. Colette (Nicolas).

Colette (Nicolas-J.-B.) , adjudant-général, pp. 16, 163, 466, 209,— figure sur la liste des individus dont le Moniteur annoùce l'arresta-

tion le 20 iyvôse an IX. — « Claude Colette a dit qu'il y avait erreur à son égard, que son prénom était Nicolas et non Claude, qu'il était exadjudant et non général, jouissant du traitement de réforme, 39 ans, né à Meudon (Seineet-Oise) , .demeurant à Paris , aux écuries d'Orléans, qu'il existe à la vérité, sur la liste des déportés, un n. Claude Colette, mais que cet individu a demeuré faub. Antoine, que c'est un ancien gendarme à pied qui se dit vainqueur de la Bastille et qui est actuellement

Sotier de terre. » (Procès-verbal d'extraction e la maison de Pélagie, 26 nivôse. an IX.) — Colette (Nicolas) réclame, il prétend n'avoir jamais demeuré faub. Antoine, mais aux écuries d'Orléans depuis. 3 ans qu'il est revenu de l'armée d'Italie; il demande du service dans les colonies. Un Claude Colette, faub. Antoine, inscrit sur la liste de déportation, a été recherché. On a arrêté Nicolas Colette, croyant arrêter Claude; le réclamant n'a point habité le faub. Antoine ; il n'y a pas d'identité de personne. On estime qu'il y a lieu de le mettre en liberté. Le gouvernement statuera sur sa demande tendant à obtenir du service dans les colonies. (Rapport du préfet de police.)—- Pourtant, on décide que Colette sera envoyé à Oleroi* (2 ventôse an IX), il part le 10 ventOse

pour cette destination.— Iile d'ffléron, 6 floréal an IX. Colette, ex-adjudant général, détenu dans ce fort, à Fouché : « Des gens de mauvaise foi. . . sur de faux rapports, m'ont fait porter sur la fatale liste. . . sous un prénom qui n'est pas le mien, et un lieu de domicile que je n'ai jamais habité. . . Je suis sous les verrous, sans aucun traitement, perdant le fruit de 2H années de service, sans interruption et sans reproches. . . Je ne sais si l'honorable corps dont j'ai fait partie (gardes françaises) et dont il en reste peu serait toujours victime des ennemis de la liberté et de la République. • . J'en appelle à vous. . . (il réclame son traitement et le régime de l'Isle de Rhé). Le général Lefebvre, membre du Sénat, vous attestera qui je suis, ainsi que le générai Parin, Rourrette et Tollède, tous me connaissant.» H joint un mémoire pour le 4» consul, où il dit : « Je suis âgé de 39 ans, sans fortune et sans état que celui militaire que j'ai embrassé depuis celle de 46 années. J'ai servi la cause de fa liberté et de la République avec honneur,

Srobité et courage. Je suis adjudant général epuis le 5 juillet 4793, v. st. Je jouissais du traitement de réforme. . . Je rappelle à votre souvenir Tordre que vous donnâtes le 28 ni* vôse an VIII de me faire payer une somme <|e 4.445 fr. que j'ai déboursé pour le transport d'objets d'art pour le Muséum national de France et cent exemplaires des relations des révolutions de Gênes par le c. Girardin, libraire du tribunal; le tout envoyé de votre part. Ces objets m'ont été confiés par le c. Faypoult, ambassadeur de la République française près celle de Gènes et maintenant préfet du département de l'Escaut. Les pièces nécessaires pour certifier la vérité sont sur la lettre et le

passeport qu'il m'a délivré lui* même. Le*

Îûèces sont entre les mains du ministre de 'intérieur, bureau du c. Amaury Duval, chef de la section des beaux-arts. » — Il envoie de Cayenne un paquet qu'il adresse au maréchal Lefebvre et intercepté par la poL, il renferme des pièces dont voici des extraits : — Colette à commissaire général de pol. de Bordeaux. Il lui demande le service d'adresser au maréchal Lefebre le paquet ci-joint, il demeure rue Joubert, Chaussée d'Antm, n° 523. . . parce qu'il est trop loin pour que la lettre lui arrive franche de port, ce qui serait nécessaire. Le prie aussi de lui faire rendre la réponse, « c'est le plus grand service que vous puissiez rendre à un ancien militaire patriote républicain, dont 6 années d'exil sont la récompense de cette ancienne vertu, » Cayenne, 30 octobre 4806. — A maréchal Lefebvre : «Vous n'ignorez pas, mon général, que depuis six années je suis privé de ma liberté personnelle, et pourquoi, pour causent de mes opinions politiques, six années écoulées sans avoir pu obtenir la plus moindre justice contre cette acte, dont l'autorité première (le i" consul avait ordonné par son arrêté du 44 ventos que nous resterions à l'Isled'Oléron) en avait adoucie la rigueur, comment s'est-il pu faire, général, qu'au bout de trois années, 1-on m'est envoyer en surveillance dans cette colonie, où j'ai éprouvé les plus terribles accidents par des causes imprévues et par la rigueur du climat. . . Aussi estce à vous que le m'adresse... oui, à vous seul, général. J'ai besoin de faire usage des eaux thermales, au printemps prochain. • . ou je suis privé de deux membres pour le reste de mes jours. » Cayenne , 30 décembre 180Q, tripUcatat. — Suit k pétition. « Nicolas-Jeafi-

Baptiste Colette, né à Meudon, Tan 1762, au service depuis rage de 16 ans, adjudant général le 43 mars 1793, a l'honneur d'exposer à Votre Majesté impériale et royale que depuis le 16 nivôse an IX il est prisonnier d'Etat... que depuis deux ans qu'il est dans cette colonie, deux maladies très dangereuses causées par l'extrême chaleur du climat l'ont presque mis au tombeau, qu'à peine convalescent il fut terrassé par un mulet effrayé par des chiens, de laquelle chute il eut le bras gauche fracturé à la hauteur de la clavicule* Cet accident n'est pas le seul : blessé (à la vérité, dans un combat singulier) au genouil droit, il résulte de ces divers malheurs qu'il demeure estropié de deux membres. . . » — Autre lettre du même à Lefebvre : «Mon général, c'est trou longtemps souffrir que six années d'exil. J'ai servi comme vous la liberté dès son berceau, et depuis cette époque j'ai occupé différents emplois. . . J'ai tout fait par zel ce que la loi m'a prescrite, pour le bonheur et la prospérité de la liberté et de la patrie. Qu'ai-je donc fait, sénéral, pour mériter une si longue privation du païs qui m'a vu naître ? est-ce 27 années de service sans interruption comme sans reproches (j'ose le dire) et 8 années de guerre, y compris les trois campagnes (dites les trois premières années de la Kévolution), qui me font mériter cette acte de privation pour la vie?. . . ». — Meurt à Cayenne à une date non indiquée par le dossier, en 1807 ou 1808.

Collin-Lacombe OU GOLLIIf DE Lacomble, p. 13. — Collin de Lacombe... arrêté à la pré^ lecture... prétend n'avoir point eu connaissance de l'arrêté qui le condamne à la surveillance hors Paris. (Note de police sans date.) — Çttoyen grand juge. J'ai l'honneur de vous

exposer que le c. Collin, mon mari, désire revenir à Paris d'où il a été éloigné il y a quatre mois, sans en connaître le motif. On lui donna ordre de se rendre à la préfecture de police, on ] m demanda ses nom et prénoms, ce qu'il avait fait avant et depuis la révolution, et ce qu'il faisait à Paris, ensuite on le conduisit a La Force où il est rcsié 1 5 jours. Il sortit de La Force et on lui signifia qu'il ne pouvait restera Paris, il est depuis ce temps dans le déparlement de l'Allier. Ses affaires le demandent ici pour faire vivre par son travail sa femme et ses enfants. Signé : F. Collin. — Gann t, 24 germinal. Citoyen premier consul. Je jure sur votre épéé, que je ne suis nullement coupable, que j'ai constamment été l'ami de l'< rdre et de la tranquillité, ce qui, à divers époques, m'a fait proscrire, et cependant voilà onze mois que j'ay reç i l'nrdre de m 'éloigner à tr *nt • lieues de Paris, je suis à qua revingt ; j'ay une femme et deux enfants à. nour r, qui sans moi ne peuvent se soutenir. Collin, ancien commissaire du Directoire près la 2* municipalité. — Police secrète au c. Grand juge. Dans le tems de la terreur, je me suis exposé plus de cinquante fois à me faire tram ner la tête, mais j ay été bien dédommagé de mes dangers, j'ay * u la satisfaction d'avoir sauvé la vie à vingtdeux pères de famille qui sans mon secours auraient été infailliblement guillotinés. Le c. Collin Lacombe, homme de loi, demeurant dans la mais n de Salm, rue de Lille à Paris, fut arrêté le 3 floréal an X, et exilé à Ganat, département de l'Allier, lieu de sa naissance; s'il eût été possible de le convaincre, d'avoir commis un crime, sans doute il eut été puni ; sa f-tute ne consiste quVn quelques proies indiscrètes, échappées au hazard, encore ne peùi-

on les luy prouver. Ministre paternel, vous êtes notre grand juge, la balance est entre v«»s vertueuses mains, daignés mettre d'un côté le péché de ce père infortuné, et de l'autre tous les maux qu'il souffre depuis le jour q.u'il a été exillé. En voyant la désolation de sa famille et la perte de sa fortune jetez un œil de commisération sur sa femme , cette malheureuse mère, avec ses deux enfants sur ses genoux, un âgé de quatre ans et l'autre de deux mourant de froid, et l'autre lui demandant du pain qu'elle ne peut lui donner. Pendant 35 années, i ay été dans les cachots de la Bastille, avec les fers aux pieds et aux mains, couché sur de la paille sans couverture. Là, dans ces lieux affreux,, j'ay étudié à fond tout ce que le cœur de l'homme peut souffrir; voisin et par conséguent témoin oculaire de la désolation de la ïamilie du cit. Collin, j 'oser implorer votre justice. Rendez par un seul mot, un époux à sa femme et un père à ses enfants. Sûr de votre humanité et de votre justice, j'espère qu'en peu de jours je conduirai moi-môme cette famille désolée à notre paroisse, pour supplier l'être suprême de vous combler, vous grand juge et notre premier consul, de ses plus précieuses bénédictions. Daignez m'honorer d'une réponse, salut et respect, Latude, ingéni» ur à la maison de Salm, rue de Bellechasse, n 567, à Paris, le 2 floréal an XI. — \2 prairial an XI (note de Riouffe tribun, en faveur de Collin). Citoyen grand juge... Le c. Collin me paraît avoir autani de droits à la clémence.. . Ce pauvre Col in s'était mis à la suite d'une opposition plus étourdie encore que malveillante, mais il l'avait fait par l'habitude de marcher depuis longtemps avec certains hQmmes. Je crains bien que des ennemis particuliers qu'il

avait dans la police n'aient exagéré ses torts. J'ai d'assez fortes raisons pour le croire. Collin a été employé à différentes époques de la révolution, il a rendu de grands services par son activité, il a dans la section dt* la Butte-des- Moulins conservé pendant longtemps une grande influence, dont il a toujours usé pour la bonne cause. Il est pur de toute espèce de crime, il a été placé quelque temps à la police, et je suis convaincu qu'il pourrait y être très utile, il connaît tout Paris, a une énorme clientèle de patriotes de toutes classes. Il est susceptible ae reconnaissance. — Note de police du 21 mars 1806. Collin Lacombe, compris dans l'arrêté du gouvernement du 17 nivôse an IX, et maintenant en surveillance à Gannat. Allier, sollicite depuis longtemps la permission de revenir à Pans. On ne peut que reproduira la nouvelle sollicitation du sr Collin Lacomfee (en marge: insérer au Bulletin.)

COLOMBte (Jeanne-Françoise, fille).— Pp. 44, 35*2.-24 avril i 809. Extrait d'un état de détenus par mesure de haute police dans le 4 arrondissement1 qui ont été examinés par la commission du contentieux et dont les pièces ont été renvoyées à S. E. le grand-juge. . . La fille Colombe est comprise dans l'arrêté des consuls du 16 nivôfee an IX . . C'est une fille publique, sans moyens d'exislencp, et qui aété longtemps liée avec Metge dont elle a eu un enfant. — Cette pièce semblerait indiquer qu'à cette date elle n'est pas encore mise en liberté. — V, Femmes déitnues.

Copin (Pierre), 28 ans. —P. 43.— 24 nivôse an IX, en exécution de l'arrêté du 47 nivôse est envoyé en surveillance à Mayenne. — Copin à min. justicd(qui renvoie à police). Pierre Copin, ♦r-agent da pol. en surveillance, à Mayenne,

par erreur, depuis le 22 nivôse dernier enmap son d'arrêt le 3 messidor an IX. J'ai obéi aux ordres du gouvernement qui nar erreur, m'a forcé, sauf à réclamer, de sortir de Paris sous vingt-quatre heures et de me rendre dans celte ville. Depuis mon arrivée j'ai été assujetti de me rendre deux fois par jour à la mairie, ce qui a été fait. Jusqu'à ce jour.. . les motifs qui ont occasionné le ministre de la police de me mettre en surveillance me sont absolument inconnus, ce qui a donné lieu aux membres composant le tribunal de cette ville à dire que j'étais un espion envoyé du premier consul, et que l'on ait à ^e défier de moi, ce qui m'occasionne plusieurs invectives injurieuses. — Le S ère, la mère, le frère, la femme et les amis e P. Copin à pol. gén. « Pierre Gopin, ci-devant inspecteur de police, supprimé en l'an VIII, par mesure d'économie, marié, propriétaire du chef dé sa femme, domicilié à Pajris depuis plus de 20 ans, blessé au service de la patrie. . . après plusieurs jours de détention on l'a mis en liberté, en lui retirant sa carte de sûreté. . . a obtemoéré. . . en se rendant à Versailles ou, à cause de maladie, on lui a permis dé séjourner une décade. . . Il a un père, une mère dans la vieillesse, un frère, deux enfants en bas âge, enfin sa femme enceinte d'un troisième . . un procès pendant au tribunal de la Seine qui nécessite ici sa présence... — Police secrète. Pierre Copin, agent de la préfecture de police, destitué pour sa mauvaise conduite et l'inexactitude de ses rapports a été expulsé . . Il parait que la division administrative gui ignorait cette disposition a, depuis,, authorisé Copin à aller à Alençon, et ce département est un de ceux dans lesquels Gopin ne peut résider, d'après les dispositions du môme arrêté des con-

suis du 47 nivôse an IX. Le préfet de l'Orne auquel il avait été écrit pour savoir pourquoi Copin n'était pas dans ïe lieu fixé pour sa résidence a répondu que le changement avait été authorisé par une lettre du grand-juge du 29 vendémiaire. — Lettre du commissaire du gouvernement près les tribunaux criminel et spécial de la Sarthe au c. Copin, 27 thermidor an

XI, qui l'invite à lui envoyer des renseignements : « Indiquoz-moi avec détails. . . Je profiterai avec reconnaissance de? notes confidentielles que vous me donnerez à cet égard. Salut et considération. » — Àlençon, 13 frimaire an

XII, Copin à Régnier, grand-juge. Je viens de recevoir, citoyen ministre, un accusé de réception relatif à un rapport que je vous ai fait contre les nommés Lemoine et Botte, huissiers de cette ville, en outre de ceci, ils vienne de m 'arriver un événement singulier. Pour récom-

Senser les bons services que j'ai rendus à la Lépubliqùe, le préfet de rOrne vient d'exercer un acte arbitraire envert moi. . soi-disant par vos ordres. Je vous ai adressé à ce sujet un paquet charge à la poste d'Alençon, le 10 de ce mois. .. depuis trois ans de surveillance, j'ai fait arrêté considérablement de voleurs à mes frais, et ici on m'en fait un crime. Je suis un ami du gouvernement qui déteste les friponts, ce même préfet m'a arrêté treize certificats de grands services rendus à la République à moi délivrés par le préfet de la Mayenne, de la Sarthe, et ces certificats je les ai fait colatîonner par le maire de cette ville, et c'est en les voulant faire légaliser qu'ils m'ont été arrêté, crainte que je vous les envoyé. Je ne crois pas qu'on puisse me faire un crime de poursuivre les brigands et conspirateurs contre l'Etat. Au moins seize cents ont été par moi détruits et

bit juger conformément aux Ion. — » Copin est au dépôt de Bicôtre, lei6 frimaire an XII; il écrit au grand-juge pour se piaindre. — 30 frimaire an XII, Alençoo. P. Copin à Régnier, grand-juge. « Pour le bien d«* la Patrie et de votre personne, faites-moi traduire devant le commissaire du gouvernement près le tribunal criminel spécial de l'Eure sous 24 heures. Que je soit conduit de brigade en brigade, par la gendarmerie nationale pour ne donner aucun soupçon. Vous. recevrez des témoignages de reconnaissance, en vertu d'une lettre reçue de vous le 9 frimaire dernier, signée : Régnier, et sur d'autres objets que vous avez fait exécuter d'après mes rapports. . . — Il résulte de l'ensemble du dossier de Copin que cet individu est un agent particuliar du grand-juge. Nombreuses et curieuses pièces. Le préfet de police et même Fouché paraissent ignorer cette situation. — 6 nivôse an XII, préf. Orne à grandjuge: en exécution des ordres du 2 de ce mois... tes ordres pour la translation de Copin à Dijon ont été donnés. — i ventôse an XII, le préf. Côte-d'Or, prévient que le nommé Pierre Co-

Sin, en surveillance dans ce département est écédé le 3 » pluviôse à l'hôpital de Dijon. Coqubaelle, rue du Crucifix. — P. 16. — Une note transmise le 17 nivôse an XIII, à la division de la liberté individuelle annonce qu'il n'a pas été arrêté.

Corchand ou Corchant (André), fondeur, pompier, fontainier, président de la Commission militaire de Lyon, après la prise de cette ville par la Convention, 35 ans en l'an IX, né à Rhodei, demeurant à Paris, rue Aumaire, 75.— Pp.4,46,57, 4<>2t 108, 414, 4 17, H9, 425, 304.377. — V. ie$ biographes. — Mar. à Mm6 Corchand, rue Aumaire, n° 75, 17 prairial an XI. Vous 4e*

mandez, madame, des renseignements gur l'existence de votre mari, déporté à Tisle d'Aujouan. Le min. me charge de vous annoncer que le c. Gorchant a quitté l'isle d'Aujouan le 2 prairial an X, pour se rendre à la côte de Zanzibar.— On sait (p. 125) que Gorchant mou* rut à Zanzibar.

Cordas (Jacques), dit Bourgeois, demeurant à Paris, rue des Ecrivains, né à Saint-LÔ (Manche), brodeur ; un état de détenus lui donne aussi la profession de « maître de déclamation ».- Pp. 1Ç, 163, 175,209 — V. les biogra-

Ï>hes.— 3 ventôse an IX. Préf. pol. à min. pol... 'ai fait arrêter, ce matin, le n. Jacques Cordas, inscrit sur la liste des individus a mettre en surveillance spéciale hors du territoire européen de la République. Je vais le faire transférer à Pélagie. — Interné à l'île d'Oléron le 10 ventôse an IX, noté comme « assez tranquille » pendant sa, détention* — Décédé à Cavenne. L'acte de décès dit qu'il est veuf avec une fille de son mariage, que Paris est son dernier domicile et ou il est âgé de 50 ans. Pourtant l'état d!embarquement lui donnait 55 ans en l'an XII. — Mar. à M»e Cordas. Paris, 10 janvier 1809. Vous avez demandé, mademoiselle, par votre pétition du 25 avril dernier, adressée au ministre de la marine et des colonies, l'extrait mortuaire et le bref état de la succession du sr Jacques Cordas, votre père, décédé à Gayenne le 14 avril 1807. S. Ë. me charge de vous transmettre ici la première de ces deux pièces. A l'égard delà succession dont il s'agit, elle est portée dans l'état de situation des successions vacantes dans la Guyane fran* çaise, à la somme de 953 fr. 75 c*

CORSAINT.— P. 13.

Cotten ou Cottih (Claude),' adjudant gé«

lierai de l'armée des Antilles. Dép. de la Guadeloupe en France sur la Cornélie.— Pp. 22i» 223, 231, 237, 238.

Coltrasou Coutra (Phi ippe-Marîe).— P. 13. — Citoyen ministre, sachant que depuis longtems Goutras est sous le coup de la loi et que, non content de tout le mal qu'il a déjà fait, il a eu l'au iace et la scélératesse de vous dénoncer vous-même au 4*r consul, je crois devoir vous dire l'endroit où il est bien facile de l'arrêté, puisqu'il y couche toutes les nuits, etc. . . Votre servante, PLagrange. Paris, 49 pluviôse 9e année, 68, rue Thionviile, près le carrefour de Bwsy. (En marge : Honné note au préfet de police 11 couche chez le c. Daspierre, chef des évolutions militaires de l'Opéra, rue Montorgueil, passage du Saumon.)— 8 ventôse an IX. Préf. à min. pol. . . Il n a point été trouvé au domicile de Daspierre - Préf. de pol. Paris, 47 germinal, an IX. Je prie le c. Coutra de venir me parler demain 48, à 9 heures, pour l'affaire • ont est question. (Paraphe). (Le papier de ce billet est coupé net en carré d'un coup de ciseau, comme si on voulait cacher un postscriptum). — Pol. gén. Patrice souhaite le !«on- Jour à l'ami Bertrand 11 le prie de lui marquer s'il est vrai qu'i employé Coutra. Ré, onse sur le môme papier : Coutra a proposé deux affaires qui n'ont p«s réussi. Ou ne l'employé point. On ne le trouve même point. C'est un tien mauvais sujet B. (Paraphe . — 9 prairial an IX. . . Pardevant nous, / ierre Fard l, substitut magistrat de sûreté 'u 4*r arrondissement, a été amené par ordre du minisîre de la police le c. Coutras... Je m'appelle Philippe-Marie Coutras, âgé de 26 ans, sans état, namde Toulouse, demeurant à Paris, rue de Thionviile, n6 68. . ., ma mère me nourrit. Je cherche à

rentrer à la police. D. Pourquoi vous êtes-vous soustrait à l'arrêté des consuls du 47 niv. dernier? R. Je ne m'y suis point soustrait. Le c. Bertrand, de la préfecture, m'envoya chercher un soir et me dit que si je voulais être utile à la police je ne serais point in quiet té. Voilà pourquoi j'ai resté tranquille. D. Avez-vousla lettre. Sue le c. Bertrand vous écrivît à cet égard ? R. lui, la voilà. D. D'où vient qu'elle est déchirée et qu'il ne reste que trois lignes et les deux bouts. R. Je vous garantis que la vérité est dans ce que je vous dis.— Citoyen chef du bureau particulier, de faux rapports m'accusent de faire la contre-police. J'ai bien des choses à répondre: 1* Personne plus que moi n'est intéressé à ne pas attirer les regards de la police, vu les tracasseries que j'éprouve depuis longtems. Je donne le défi à mes délateurs de prouver leur imposture ; 2° Un homme qui faii ta contre-police ou des affaires pour son compte doit être à son aize, et moi et ma malheureuse femme couchons sur une paillasse avec un seul drap, mon dernier matelat ayant été vendu il y a peu de jours pour vivre. Je vous prie de faire vérifier le fait. Je loge rue de Thionville, n' 68, vis-à-vis celle Contrescarpe, chez Baty, marchand frangier, au 4 . J'ai des moyens de servir la police que mes ennemis n'ont pu m'otter, mais il me manque des moyens pécuniaires. L'émigré Dastorgue, qui est sous mandat et dont le complice Rougier est détenu au Temple, est à la tête des nouveaux assassins qui méditent la perte du lr consul. Je peux le faire arrêter, mais, ce qui est encore plus utile, je peux le découvrir et déjouer leurs projets, qui ont pour but de venger St-Régent, etc. Le faux timbre de la préfecture de police circule dans Paris qt sert de passe aux gens plus que

suspects. Je |>eux aussi le fttiw saisir. Sy je suis assez malheureux pour ne pas obtenir ma de* mande, daignes, citoyen, mé faire transférer à la grande Force, prison qui est la seule où ma mère pourra me secourir, attendu que son âge et ses infirmités lui interdiroient une course

S lus grande. P.-M. Goutra, ex-aide de camp e l'armée de l'intérieur, membre de la Société des Arts, à' Paris depuis vingt-un ans. Le tt prairial an IX.— Voicy 18 jours que je suis détenu, mon arrestation n'a d'autre cause que mon exil, j'ai cependant offert d'obéir. . . Le c. ministre, quoique trompé sur mon compte par de faux rapports, neserapointinjusteàmonégard. D'ailleurs, comme vétéran de la Révolution et républicain malheureux, j'ai droit à sa bienveillance. Lyon est un vaste champ pour un observateur zélé et intelligent. . . P.-M. Goutra, à l'infirmerie de Pélagie, 27 prairial an IX. . .— Prairial an IX. Min. à préf. transmet une pétition de Goutra. . . Vous le ferez mettre en liberté, et vous lui délivrerez un passeport pour se rendre à Lyon dans le délai de 3 décades. — î 5 fructidor an IX. Gom. gén. pol. de LVon à min. pol La gendarmerie a traduit hier pardevant moi, en vertu d'un ordre du préfet de po* lice, le n. Phili pe-Marie Goutra, que vous ni 'aviez annoncé, par votre lettre du 6 messld» »r dernier, devoir se rendre à Lyon dans quinze jours. J'aurai soin que la plus exacte surveillance, etc...

Gozzbttb (Pierre).— P. 16.— Une note transmise le 47 nivôse«n XIII à la division de la liberté individuelle, annonce qu'il n'a pas été arrêté.

Chêpin ou Crespih (Jacques) , compagnon tabletier, né à Paris, 47 ans en l'an XII, d'après une note, 49 ans, d'après une autre. — Pp. i6.

175, 209/— Figure sur la liste des individus arrêté» publiée par le Moniteur (20 nivôse an IX). — Pétition de thermidor an IX : Jacques Crespin est un ouvrier père de famille et ses deux enfants sont en bas âge. Par mesure de sûreté il s'est vu ravir sa liberté; en différentes fois le juge de paix de la division de la Fidélité a demandé qu'il fut libre sous sa responsabilité et jusqu'à présent point de réponse du ministre de la police générale, . . — JL pol. générale. Marguerite-Ursule Gagenreaux, femme Crespin fait une pétition pour son mari. — Grépm est mort à Cayçnne le 6 vendémiaire an XIV.

Grossier (Pierre), rue des Postes. — * Inscrit sur la liste de déportation du 14 nivôse an IX. Le dossier ne dit rien de lui, si ce n'est qu'il a été arrêté et reconnu le 27 ventôse an IX, détenu à Pélagie, puis envoyé à ûléron. — V. Crosnier (Jean-i-ouis).

Crosme* ou plutôt Cronieh (Jean-Louis), 48 ans en l'an XII, né à Villiers-Adâm, déçraisseur (un autre document le qualifie de jardinier). — Pp. 16, 463, 164, 209. — Figure sur la liste, publiée par le Moniteur, d*»s individus arrêtés & la date du 20 nivôse an IX. — Crosnier (Jean-Louis), rue Bailleul, jardinier (réclamé par son épouse et par son frère, capitaine adjudant déplace). Un Crosnier, rue des Postes, est inscrit sur la liste Par suite de recherches, on a arrêté Jean- Louis de la rue Bailleul, comme étant le Crosnier de la rue des Postes, d'où celui-ci était disparu. Jean-Louis est réclamé par son épouse et par 29 citoyens jouissant d'une bonne réputation, et tous déposant de sa moralité, il n'est point le Crosnier porté sur la liste, celui-ci n'a aucune io$rmité et le réclamant est privé d'un «il, il n y a point

identité de personne, on observe <fue Jean- Louis, mnintmant "étenu, a éié indiqué dans les papiers de Babœuf comme pro re a un coup de main. Le gouvernement est prié de statuer. (Rapport du préf. de pol. 27 pluviôse an IX). — La décision fut que Jean-Louis Crosnier serait mis et* surveillance à Oléron (décision du 1er consul (2 ventôse an IX), parti pour cette destination le 40 ventôse, à 7 heures du matin, il y arrive le 2 germinal, il est indiqué sur les

Pièces relatives à ce voy ge comme habitant aris, 344, rue de Bethisy, au moment de son arrestation. — Sev»*«tre , mes. (messager?) d'Etat, palais du Corps législatif à min. pol., 42 germinal an ÏX. Je me suis présenté le 9 à votre bureau . le véritable prévenu est Pierre Crosnier, arrêté le 27 ventôse dernier, demeurant rue des Postes et actuellement détenu à la prison de Pélagie et non pas Jean-Louis Crosnier, déporté à Oléron, sans avoir d'autre reproche à se faire crue celui de porter un nom

groscrit . . — 24 nWeal an 9, préf. de la harente-Inferieure envoie à min. pol. une lettre de Jean- Louis Crosnier. « Ma famille à fait des démarches : il lui fut répondu dans les bureaux de la préfecture de police que l'arrestation du véritable Crosnier déterminerait seule ma «ortie. Le dernier convoi de déportés arrivés ici le 23 du courant a produit 'l'autre Crosnier , et sans rien préjuger contre ce citoyen que je ne connais pas, je m adresse à vous. . . Le Crosnier porté sur la liste dressée à la suite du sénatus-consulte 'a un S pour quatrième lettre de son nom, et moi j'écris le mien sans S. Salut et respect, Cronier.» — 28 messidor an IX. Rapport aux consuls. En recherchant le n. Crosnier, demeurant rue nés Postes... inscrit, etc., on arrêta Jean-Louis

Crosnier, demeurant rue Bailleul, comme étant le Crosnier de la 'rue des Postes. Celui-ci s'était soustrait ... Le préfet de police avait observé qu'il n'y avait pas identité. Cependant, comme le Crosnier inscrit sur la liste n'était pas arrêté, que Jean-Louis Crosnier était désigné dans les papiers de Baboeuf comme propre à un coup de main, vous décidâtes le 4 ventôse dernier qu'il serait envoyé à l'isle d'Oléron. Jean-Louis Crosnier est arrivé à sa destin., sa femme réclame, et le préfet de police m'informe que le Crosnier de la rue des Postes est arrêté et reconnu, il pense qu'il y a lieu de rapporter la mesure en ce qui concerne Jean-Louis Crosnier, réclamé par 29 citoyens déposant de sa moralité. Le min. propose d'adopter l'avis du préf. de pol. — Malgré les documents qui précèdent, Jean -Louis Crosnier fut dép. à Cayenne, et en regard de son nom, la mention suivante Tut placée sur l'état d'embarquement: « le préfet de la< harente-Infeiieure le désigne comme très suspect, dangereux. » — Mort à l'hospice de Cayenne le 27 floréal an XII.

Daloyau Pierre -Jean -Baptiste) o\ Dalloyau,— Pp. 13.- Daloyau, ex-inspecteur. 11 a toujours tenu la plus mauvajsc conduite (note de police). — Une autre note le qualifie d'ancien gendarme. — 2f nivôse an IX, il est extrait de la maison de Pélagie et envoyé en surveillance à Vendôme (Loir-et-Cher), en exécution de l'arrêté du 47 nivôse. — Madeleine Girard, femme Daloyau, au préf. pol..., a l'honneur de vous exposer que pour «les causes trop puissantes, elle s'est vue forcée de poursuivre son divorce contre son mari; que sou mari, par l'effet de la prudence que vous commande le poste que vous occupez, est obligé de quitter Paris et de s'en éloigner de 40 lieues,

que cet ordre de tous est déjà exécuté et qu* le c. Dalloyau est maintenant en ro. te peur sa rendre au lieu de sa destination. Cependant, Tei posante se voit frustrer du bénéfice de la loi du divorce qu'elle invoquait, par l'absence de son mari, avec lequel il devait être pro«? nonce contradictoirement le 1er pluviôse prochain. La mesure de sûreté que vous avez prise vous-même, citoyen préfet, contre le c, Dalloyau, doit vous prouver combien était nécessaire et combien serait plus urgent le divorça gui doit la séparer d'un homme gue vous avez jugé à propos d'éloigner. Pourquoi et dans bette circonstance, l'exposante vous prie, citoyen préfet, de permettre au c. Dalloyau 1* rentrée k Paris le 1er pluviôse prochain pour que le divorce puisse être prononcé.

D ami an (Bruno) et non Bbunotiu Dandusu, v. ces derniers noms, dép. de la Guadeloupe en France sur la Cornélie, Dp. 221,223.

Dandusu ou plutôt Damian (Bruno), v. ce dernier nom, pp. 221, 223.

Daubkbmesnil, député, pp. 4, S. — V. les Biographes .

David (François ou Pierre-Laurent , mar* chand de vin, rue.du Théâtre-Français, pp. J6, 175. — Figure sur la liste des individus arrêtés à la date du 20 nivôse an IX. — 25 messidor an IX... Femme David au l*r consul: Mon mari es) détenu depuis quatre mois k la Force, quoique âgé de 52 ans, il est déjà infirme comme s'il était dans l'âge le plus avancé, . . on a reproché à mon mari ses opinions... le gouvernement fort. . s'inquiète peu des opinions, U ne s'occupe que des faits, et â cet égard je ne crois pas qu on puisse en impute? à mou mari. . .— 20 prairial an X. Femme David, demeurant maison du c Dutrône, rue 4u TbàÂtre»

Franç&i», û« 42... écrit en faveur de ion mari détenu à la Force depuis 48 mois. . . - ' Autre pétition... 8 nivôse: A cette époque, le c. David, mon mari, était malade- et gardait le lit deris longtemps.».— Fendant son internement Oléron, David est noté comme « très tranquille. » Un état dit de lui : « Compris dans le sénatus-consulte du 15 nivôse, ses opinions exagérées et ses manœuvres séditieuses, donnèrent lieu à cette mesure. » — David ne fut pas embarqué.

, Declercq, député. — - Pp. 5. — V. tes Biographes.

Defontaine ou Fontaine (Pierre), né à Gurgy~le-Chftteau (Aube), 52 ans en Tan XII, orfèvre.— Pp. 17,209.— Defontaine (Marie-Adélaïde Verneuil, femme de). 2 vend, an X. Supplique au 1er consul. Son mari s'est équippé à ses frais, a combattu aux frontières, il a été vaillant et il est devenu lieutenant, maintenant il est orfèvre, quai Pelletier. . .— Le maire de Toulouse écrit qu'il a arrêté Defontaine le 44 fructidor an X. Defontaine était sans passeport. On lui demande pourquoi ; il dit qu'il a des raisons pour n'en pas avoir. Gomment? Parce qu'il aurait été arrêté s'il en avait demandé, à cause de l'acte de déportation sur lequel il est inscrit. Il venait, dit-u, régler à Toulouse des affaires de son commerce, et se proposait ensuite d'aller spontanément se rendre. Il demande à être envoyé à sa déportation. Demeure à Paris, rue Perpignan. — * Le 21 fructidor an X,' le préfet de Saintes est avisé qu'on le lui envoie de Toulouse pour être interné à Oléron. — Défont âne écrit au min. police pour réclamer son prompt départ, ou la ville de Toulouse pour prison. .— Le général Savmry s'intéresse vivement à ce dép. et le recommande,

sur la prière de Jean-Baptiste Pretot, neveu de Oefontaine, br gadier-tambour dans la gendarmerie d'élite ; cette demande de son rappel de Cayeune est repoussée, ainsi qu'une autre semblable faite par sa femme (refus le 5 floréal an XIII).— Defontaine figure encore sur l'état des dép. existant à Cayenne à la date du 20 brumaire an XIV.

Delabarre ( Robert - Guillaume - Antoine ) , 54 ans en l'an XII, né à Pont-Audemer (Eure), serrurier.— Pp. 16,20, 52, 150.— Pierre-Antoine Delabarre fil», au nom de sa mère et de ses frères et sœurs, 96 i, rue de Sève, fg Germain (sans date), r clame à min. pol. « un père vertueux, propriétaire, compris sans doute par erreur dans l'arrêté du 14 nivôse*. . . Que 1 on ouvre les registres de Babeuf, on le verra .présenté comme indigne de servir le parti pour raison de sagesse. Dans destems malheureux, il fut envoyé en mission dans le Calvados, il ne versa que du baume dans les plaies. 11 dénonça en plein comité de sûreté générale la conduite altroce de Fouquier-Th «inville, et d'après son propre dire, de suite le comité prit un arrêté qui retirait à ce monstre le droit donné par le comité de salut public de lancer des mandats de son gré et sans visa. De plus, il fut nommé membre de la Commune et commissaire pour empêcher les massacres de prisons. . .— Delabarre. forgeron de son état, père de famille, âgé de 45 ans, caractère dur et iifflcile, reste à l'établissement du gouverneur, où il ne peut exercer son état, ni même dans la colonie, y ayant quatre forges d'établies . (Note de l'administration des Seychelles).— Delabarre était encore à Mahé (lies Seychelles) le 15 juin 1809. Delaporte (Antoine-Jean-Baptiste), écrivain public, ci-devant sellier, 49 ans en l'an IX, n é

à Montdidier (Somme), demeurant à Paris, rue du Vieux-Colombier, n° 724, «u séminaire Sulpice.— Pp. 17, 57, 102, 12*. Parti de 111e d'Aujouan le 2 prairial an X, avec les dép. Vanheck et Gorchand.

Delbrei., député.— Pp. 5. V. les Biographes.

Melrub 'Jean-Baptiste-Edouard ou Jean- Baptiste- Edouard-Joseph), imprimeur.— Pp. 17, 52, 60. — Le 19 nivôse an IX. 7 heures du soir, est extrait de la prison du Temple et conduit à Bicêtre. — Pendnnt la traversée de France aux Seyche les, le capitaine Bonamy écrit le 20 brumaire an X, de 1 Ile de France .»u min. marine. <• Je perdis pendant ma relâche (à Bourbon) un des <frten s le c. Delrue » — Un certificat du chirurgien de La Flèche une déclaration de l'agent général d'administration de 111e de la Réu ion constatent «le décès et l'inhumation à Saint- Denis du nommé Delrue. »

Dkruissfau.— Pp. 290, 291 .

Derval (Nicolas-Joseph). — V. Duval.

Derville (Georges-Laurent). — V. Laurent dit Derville.

DhRvn le. — « A été arrêté à Toulouse et envoyé de suite à Oléron.» (Extrait d'un état des individus envoyés en surveillance par le sen. con«. du 14 nivôse an IX) Ce document sans date paraît être de Tan X ou de Tan XI. Nous ne savons ce qu'est devenu ce Derville, arrêté à cause de la similitude de son nom avec celui de Laurent Derville qui à ce moment était pourtant déjà dép. aux Seyche. les. — V. Laurent dit Derville.

Desfokgbs (Thomas-Aviss ), né à Versailles, employé du Directoire. — Pp. 2o9.— Il est à File d'Oléron en Tan XL 52 ans en Tan XII, d'après une pièce, 53 ans d'après une autre. — « Son exagération, sa haine prononcée contre le gou-

vernement, ses liaisons avec Metge et Obéra* lier ont motivé son arrestation. Tranquille depuis sa détention. » (Note de police.) «Instruit mais intriguant, il peut être employé dans les administrations civiles, en le faisant surveiller. » (Note sur l'état d'envoi à Cayenne). — Mort à La Guyane, le 15 vendémiaire an XIII.

Desforges (Marguerite-Antoinette Delaunay, femme), p. 14.— Aétéarrêtéepar suite de l'incarcération de son mari et pour ses liaisons aveo les hommes connus pour leurs opinions exagérées, (Note de police, germinal an IX.) — 22 germinal an IX, elle écrit au miu. pol. « Mon mari détenu à Pélagie et moi, depuis le 4 nivôse, mes enfants à l'abandon ou à la merci de ceux que l'humanité intéresse. . confondue avec le crime ...» . — V. Femmes détenue* .

Dbsmazières, ou Desmarières (Antoine- Jean-Baptiste), juge au tribunal de Cayenne, dép. de La Guadeloupe en France sur la Oornélie, pp. 221, 223.

Dessaix, député, p. 4. — V. les Biographes.

Destrem (Hugues), négociant, député, né à Fangeaux(Aude) en 1754. -Pp. 3, 4, 17, 47, 136, 157, 158, 159, 166, 173,209, 244. V. le* Bwgraphes. — « L'an VIII... le 21 brumaire; 2 heures 10 minutes décimales (5 heures du matin). Nous Louis-Auguste Laffitte, commissaire de police... en vertu de sept mandats d'amener décernés par Je bureau central le jour d'hier... contre les dénommés ci-après... rue de Bourgogne, n* 1465, parlant au portier de la maison, lui avons demandé à voir le citoyen Destrem. Il nous a répondu que* depuis dix jours, le citoyen Destrem ne demeurait plus en cette maison, et qu'il ne connaissait pas son domicile actuel... » — « Destrem en s échappant à l'arrestation s'est, dit-on, cassé une

jambe. On a pris son domestique. » (Journal de Paru) Gazette de France, Observateur, etc., 25 brumaire an VIII). — « 14 nivôse an IX, le concierge de la maison d'arrêt du Temple recevra du c. Boachon, officier de paix, Hugues Destrem, venant du dépôt établi près la préfecture de police... domicilié à Toulouse... logé à Paris rue Saint-Denis, n° 55... (registre d'écrou). » — 23 nivôse an IX. Michel-Louis Talot , Félix Lepelletier , Charles Hesse et Hugues Destrem sont extraits du Temple pour être conduits devant le préfet de la Cnarente- Inférieure à Saintes. — . « Le c. Gaudriot, lieutenant de gendarmerie à la résidence de Paris, a remis, le 13 pluviôse au commandant d'armes à Saint-Martin lie de Rhé, Charles Hesse, Lepelletier, Talot et Destrem, tous les quatre condamnés à la déportation et que cet officier était chargé de conduire à Saintes devant le préfet de la Charente* Inférieure, qui a requis de poursuivre la conduite jusqu'au dit Saint-Martin. » (Rapport de Rade! au min. de la pol.) — Saint-Martin, île de Rhé, le 9 floréal an IX, Destrem père à min. pol. Le citoyen Félix Lepelletier m'a communiqué une lettre par laquelle on lui marque que le gouvernement nous a mis à votre disposition et que vous nous auriez déjà donne la faculté de quitter Tlsle de Rhé, s'il n'était qu'il y avait quelque difficulté que l'un de nous alat a Toulouse ; mes compagnons d'infortune pensent que c'est moy dont il est question, et que je suis la cause innocente du retard de vos ordres pour leur liberté. Il a suffi que le c. Pelletier maye communiqué cette lettre pour que je vous écrive, et vous réitère ce que j'ay dit au premier consul dans la lettre que je luy écri» vite le 20 nivôse dernier de la maison d'arrêt

du Temple. Je nay jamais commis ni crime n* délit, pas même d'intention; Terreur seule (dont les gouvernements les plus justes n'ont

Iamais été exempts) a pu me faire perdre la liberté. Je la réclame et la réclamerai toujours avec force et confiance; mais comme quelque point du globe que j'habite volontairement ou non, je serai toujours' honnête, loyal, et sur-' tout soumis aux ibis, je ne doits pas plus inquiéter le gouvernement dans mon département que dans l'autre. Si cependant, il ne veut pas me rendre la faculté d'habiter mes propriétés et de vivre libre au sein de ma famille, et qu'il veuille me tenir sous votre surveillance spéciale, je vous déclare que ne sachant qu'obéir à l'autorité je me rendrai dans tels lieux que vous me fairés connaître avoir fixés. Salut et respect. Destrem. —Toulouse, 9 thermidoivan IX. Etienne Destrem, négociant de Toulouse au c. Fouché, min. de la pol. Vous avez honoré de votre estime un homme gui n'a pas cessé de la mériter, et je juge trop bien de votre grandeur d'âme pour penser qun vous lui refusiés vos généreux services parce qu'il est dans le malheur. Mon père fut compris dans une mesure de sûreté générale dans le mois de nivôse dernier ; sa famille est pour toujours malheureuse et sans ressources, si le gouvernement ne le rend à son épouse, et à onze enfants . Le tableau de ses affaires est déchirant, ce n'est plus rette maison de commerce honorée d'un grand crédit ; elle n'est plus te le que dans le temps où nous eûmes l'honneur de vous voir au milieu de nous ; l'exil de mon père, soti désintéressement dans les fonctions qu'on lui a confiées, sont Ips malheureuses causes du dérangement total de sa fortuite. Si le gouvernement croit devoir le retenir encore

éloigné de nous, qu'il lui accorde au moins un délai pour mettre ordre à ses affaires ; et si, durant cette époque, Ton exige une caution, je me rendrai à sa place dans telle prison que Ton indiquera. . . — 43 thermidor an IX, lettre du même au môme. Envoie la pièce suivante: Nous , soussignés , négociants de la commune de Toulouse, connaissant le délabrement de* affaires de la maison Destrem et fils, déclarons et attestons que l'absence ou l'éloignement du c. Destrem père, met sa famille dans l'impossibilité de faire honneur à ses engagements ; que cette famille nombreuse est pour toujours malheureuse et sans ressources, si le c. Destrem père ne vient pas régler ses affaires. L'intérêt qu'inspire cette famille désolée est d'autant plus vif qu'il n'y a pour elle aucun espoir de voir renaître son créait primitif, sans fa présence de son chef. Toulouse, le 13 thermidor an IX. (Suivent cinquante signatures de négociants parmi lesquelles celles du S résident, des juges et du greffier du tribunal e commerce.) — 2 brumaire an X. Etienne

Destrem à Fouché « Je suis persuadé que

vous vous intéresserez à mon pèr*. . . à raison de l'estime dont vous l'avez honoré. Les hommes de votre caractère et de vos principes, loin de retirer leur amitié aux malheureux, redoublent de soin et de zèle pour leur être utile... » Il insiste sur ses pétitions précédentes. — - Pétition (sans date) de ia famillr Destrem au ier consul. « Rendez à sa famille un homme qui n'a jamais cessé de mériter votre estime. Si les événements politiques ont pu le faire passer aux yeux du gouvernement pour dangereux, croyez, général consul, qull fut toujours entraîné par le désir de voir la Republique à son plus haut degré de prospérité par

une sage et prudente administration. Que

S eut-il désirer actuellement? » Signé : Albarel estrem, épouse du c. Destrem. Destrem fils aîné, Etienne Destrem, Mariette Destrem,- Julie Destrem. « Pour mes trois jeunes frères qui sont au collège de Sorèze, et mes trois soeurs mariées ou absentes, et mon frère qui est depuis deux ans et demie dans le premier régiment de chasseurs, Etienne Destrem. » — 3 floréal an XI. Grand juge à préf . de4a Charente-Inférieure. Je vous autorise, citoyen préfet, à délivrer à Hugues Destrem, détenu à Tlsle de Rhé, un .passeport pour se rendre en surveillance à Fangeaux, département de l'Aude; vous lui imposerez l'obligation de se présenter à son Arrivée devant le maire de cette commune. . . — 3 floréal an XL Le môme à préf. de l'Aude. Lui annonce la décision précédente: « Yous prendrez les mesures nécessaires pour que sa conduite soit observée, et pour qull ne puisse obtenir de passeport pour un autre lieu sans mon autorisation, et vous me rendrez compte des résultats de votre surveillance. » — 24 floréal an XL Préf. de la Charente-Inférieure à Grand juge... « Le c. Hugues Destrem est parti le 16, de ï'Isle de Ré pour le lieu de sa destination. — 4 messidor an XL Grand juge à général vtoncey Je vous invite, citoyen général, à donner les ordres nécessaires pour faire conduire à Ï'Isle de Rhé, Hugues Destrem, envoyé* en surveillance dans la commune de Fangeaux. . . - 26 messidor an XL Général Moncey à Grand juge. Le capitaine de gendarmerie de l'Aude m annonce, en date du 14 de ce mois, que Hugues Destrem a été arrêté le môme jour dans la commune de Fangeaux. H devait partir le lendemain, sous l'escorte d'un sous-officier et d'un gendarme pour être con-

duit, conformément à vos intentions à liste de Rhé. — Nous soussignés, habitants de Fangeaux, chef-lieu de canton, département de l'Aude, déclarons à qui il appartiendra que le c. Hugues Destrem, durant son séjour en celte commune, depuis son retour de flsle de Rhé, a observé la conduite la plus tranquille et la plus modérée. Déclarons en outre que nous n'avons pas eu connaissance qu'il aye tenu le . moindre propos, et que ses procédés ont été à l'abri de tout reproche fondé. Fangeaux, le 7 thermidor an XI. (Suivent 60 signatures.) — Nous maire et adjoints de la commune de Fangeaux. . . attestons. . que durant le séjour du c, Destrem dans cette commune, depuis son retour de l'Isle de Rhé nous avons exercé sur lui notre surveillance, et nous n'avons eu aucun motif de plainte, ni à raison de ses propos ni à cause de ses procédés . . Fangeaux le 7 thermidor an XI. Lieussou, maire, Valette (Charles), adjoint. — Le sous-préfet du premier arrondissement communal de l'Aude certifie. . . qu'il n'est nullement parvenu à sa connaissance, que le c. Hugues Destrem aye

produit aucune notion désagréable par une conduite contraire à l'ordre et à la tranquillité de ses concitoyens... Castelnaudary, 10 thermidor an XI. Robert. — Paris 30 thermidor an XI de la République une et indivisible. Le c. Berlier, conseiller d'Etat, président du conseil des prises au c. Régnier, grand juge... J'ai l'honneur de vous transmettre la déclaration du sous-préfét de Castelnaudary en faveur dii c. Destrem, cette pièce est le complément de celles que mon collègue Français (de Nantes) et moi, nous vous avons adressées il y a quelques jours. Je souhiite que ces attestations contribuent à la justification du malheureux

Destrem, et au retour de sa liberté. Je serai en mon particulier, très sensible à l'intérêt dont vous voudrez bien 1 honorer, si, comme je me le persuade, son innocence vous est démontrée par les certificats qu'il n produits et qui sont entre vos mains. . . F. Berner. — Hugues Dest em revenu à l'isle de Rhé puis embarqué sur la Cybèle, était arrivé a Cayenne, lorsque l'un de ses plus Jeunes fils, Antoine Destrem, ' alors élève de l'Ecole polytechnique, demanda verbalement sa «race à l'empereur, pendant la célébration de la fête du 14 juillet. Il obtint cette grâce. — A M. Destrem, élève de l'Ecole polytechnique! C'est au ministre de la police, monsieur, qu'il faut vous adresser pour avoir l'exécution de la promesse de l'empereur. Ainsi, il faut lui écrire, comme il a été témoin de la scène d'hier, je suis persuadé qu'il y mettra de la célérité. Monge. — Mar à V. Hugues. Ostende, 26 thcmidor an XII. Je vous préviens, monsieur, que Sj. M. l'empereur a bien voulu autoriser la mise en liberté et le retour en France du sieur Hugues Destrem, l'un des déportés partis1 de l'isle d'Aix au mois de ventôse dernier, sur la frégate la Cybèle, et que le commandant de cette frégate a dû mettr** à voire disposition. Vous voudrez bien en conséquence, donner les ordres nécessaires pour que le sieur Destrem puisse profiter de la faveur que S. M. vient de lui accorder et m'annoncer la réception de cette lettre . — Victor Hugues, com. du gouvernement à Cayenne, au min. de la mar. "ai l'honneur de vous informer de l'évasion de trois déportés : Michel, Destrem et Lamberté; les deux premiers sur un américain, qui, à ce que j'ai appris, a facilité leur évasion pour de l'argent. . . — Min. de la mar. au commissaire de l'empereur à Cayenne

22 frimaire an XIII. L'empereur a appris avec déplaisir l'évasion que vous m'avez annoncée de trois des déportés que le capitaine Senez a mis, dans le temps, à votre disposition. Au surplus, je vous ai déjà mandé que l'un de ces évadés nommé Destrem, avait obtenu le terme de son exil de la clémence de S. M. Mais la facilité qu'ont eu les trois individus dont il s'agit de se soustraire à la surveillance que vous avez du ordonner, ne prouve pas moins un relâchement, dont je ne puis trop vous recommander de prévenir les suites. - Apr s son évasion Hugues Destrem put aborder à Gustavia (ile Saint-Barthélémy) ; atteint dans cette ville de la fièvre jaune, il y mourut le 20 juillet 1804.

Didier, p. 4.

Drap (Jean-Pierre), 24 ans, p. 13. — 24 nivôse an IX. En exécution de l'arrêté du 17 nivôse, est envoyé en surveillance à Garcassonne (Aude).

Drouet fils (Théodcre-Toussaint), p 13. — Drouet, graveur, exclusif très prononcé et remuant. (Note de pol.). — i /épouse de «Théodore-Toussaint Drouet, rue des Postes au cidevant couvent de la Présentation, 19, ne sait pourquoi son mari a reçu l'ordre de quitter Paris dans 24 heures, il ne pourra vivre. 11 est graveur en taille douce. 11 peut montrer des certificats de bonne conduite à lui délivrés par différent- directeurs du Dépôt général de la guerre où il a été employé comme graveur à la carte de France de Gassini, dont le travail est suspendu pour le moment, mais il est toujours du nombre des douze qui doivent être rappelés. — 1 6 vendémiaire an X. Le min. de la pol. ne consent pas fi son rappel a Paris.

DUBREUIL, p. 4.

Ducatbl (Pierre), p. 17. — 20 nivôse an H, au i«r consul. Jean-Charles Ducatel, parent dû fameux Monneuse, est l'un des assassins de septembre. Les pièces qui en sont la preuve furent dans son temps, mises sous les yeux du 3e consul. Pierre Ducatel, son frère* bon époux, bon père et bon citoyen, très connu dans la section des Quinze- Vingt, est mis sur la liste des déportés. Dénoncer ce fait au 4" consul, c'est lui rendre service. Tel est le devoir que je me suis imposé. Je vous salue, Dessingly, — Ducatel (Pierre), gardien à la maison de la Force. . . (réclame- et prétend qu'il y a erreur de personnes). Un Pierre Ducatel est inscrit sur la liste et a été précédemment à la formation de cette liste, indiqué comme septembriseur. Un Pierre Ducatel est arrêté, il est constant que malgré l'identité de noms, il y a erreur de personne, que Pierre Ducatel, maintenant détenu, jouit d'une bonne réputation. — Rapport du 6 ventôse an IX. Pierre Ducatel était, avant la Révolution, imprimeur en papier peint, et a toujours travaillé dans le faubourg Antoine; il s est marié au commencement de la Révolution et est aujourd'hui père de quatre enfants ; Q a fait différents états dans la Révolution pour

Srocurer du pain à sa femme et à ses enfants ; a été tour a tour peintre en papier, sieur de long, gardien de gens suspects, à 40 s. par jour, et enfin gardien de la maison d« la Force Cette homme n'a jamais fait de mal à personne; il n'a pas eu de caractère marquant dans la Révolution ; cependant, il s'est montré dans le faubourg, comme les ouvriers de ce temps, partisan de la Révolution ; il n'a jamais été membre d'aucun commité ; il n'a fait de mal à personne. Une dame publie à la louange de Pierre Ducatel ce qui suit : M. Vatrain, maître de pension rue

Picpus, faubourg Antoine, fut soupçonné dan» le plus fort de la terreur d'être un royaliste ; le commité révolutionnaire de la division des Quinte- Vingt le fit gardé à vue par un malheureux de la section. Pierre Ducatel (le même qui aujourd'hui est condamné à la déportation) fut choisi pour être le gardien dépositaire dudit Vatrain ; il Ta gardé quatre mois, et enfin jusqu'au moment où ce malheureux condamné par le tribunal de Robespierre fut porté sa tête sur un échafaud. . . Ducatel, pendant les quatre mois ou il fut le gardien de cet homme n'a eessé de lui procurer les aisances et secour nécessaire ; il a fait plu?, il s'est présenté plus de vingt fois au comité de sa section pour demander la liberté de ce détenu, disant qu'il était innocent, mais il ne put rien obtenir. Enfin, Ducatel eut tant de soins et d'égards pour ce vieillard, que quelques jours avant sa mort, il recommandât à son épouse d'avoir grand soin que Ducatel ne manquât de rien après sa mort. Tels sont les renseignements vrai et exact que je me suis procuré sur Pierre Dùcatelt détenu en ce moment à la Force ; on est tellement, dans cette maison, persuadé de son innocence qu'on le laisse en pleine liberté, et qu'il fait son métier de gardien comme cydevant. — Le 48 ventôse an IX, une décision le remet en liberté.

Dufour (François), pp. 47, 33. — Mécanicien et tourneur, a une boutique montée àl'établissement du gouverneur où il demeure et travaille ; beau physique ; âgé de 45 ans ; père d'une nombreuse famille ; n'ayant point marqué dans la Révolution ; asses mal noté par les habitants, sans cependant qu'ils lui reprochent aucun fait.

Ïiote de l'administration des Seyehelles). — ort aux Seyehelles, le 8 fructidor an X.

Dotàty, p. 205.

Duplantier, de la Gironde, député, p. 4. — V. les Biographes.

Dupont (Guillaume-Jean), propriétaire, 49 ans en Fan IX, né à Briquebec (Manche), pp. 17, 57, 102. — Propriétaire, rue de Vaugirard, n° 938, ancien domestique (réclamé par son épouse et plusieurs citoyens qui certifient de sa moralité et par le c. Reguis, législateur). Le gouvernement est prié de statuer. (Rapport du préf. pfcl. 27 pluviôse an IX.) — «Marguerite Picot, femme Dupont, rue de Vaugirard, n« 938 (au min). Il se trouve inscrit sur la liste des ennemis du gouvernement. Gomment serait-il son ennemi ? lui, acquéreur de biens nationaux, lui qui ne se mêle aucunement d'affaires politiques, lui qui fut un des premiers signataires pour le gouvernement consulaire. — Dupont a l'honneur de vous exposer (au c. Bonaparte) qu'il a éfé arrêté le 12 nivôse dernier, conduit à la préfecture de police, sans savoir pourquoi, et à Pélagie, et enfin compris dans la liste des déportés et conduite Nantes »... Il demande justice, liberté. Sa pétition est signée par dçs avocats, des professeurs, etc. — Dupont meurt à l'île d'Anjouan le 10 floréal an X.

Duroure (Scypion), p 4.

Dusocssv (Joseph - Fainéant), gantier - foureur, 35 ans en l'an IX, né à.L'Âpuis 'Vienne), demeurant à Paris, rue des Marais, faubourg Saint-Germain, n° 1312, pp. 47, 20, 57, 150. « Marchand gantier, père de famille, physique ordinaire, âgé de 36 ans, reste à l'établissement du gouverneur. Pauvre, ne pouvant exercer son métier à Mahé. » (Note de l'administration desSeychelles). — En 1809, il est infirme, à l'hôpital de 1 île Bonaparte (île Bourbon). — 17 juillet 1817. Mar. à Mme Dusoussy, veuve

Gugnet. Madame, vous avez adressé au ro une pétition tendant à ce que le sr Joseph- Faynéaut Dusoussy, votre frère, l'un des individus déportés s,ux Seychelles en 1801, par suite de l'événement du 3 nivôse an IX, obtienne un passage gratuitpour revenir de Saint- Paul, Ue de Bourbon, en France, et une indemnité pour se rendre à Paris. Il n'y a, en ce qui concerne le ministère de la marine, aucun empêchement à ce que le s* Dusoussy revienne en France, mais je ne puis lui accorder ni le passage gratuit, ni l'indemnité que vous demandez en sa faveur

Duval, dit Emmery. pp. 196, 199.

Duval (Nicolas-Joseph)* né à la Gapelle (Aisne), 48 ans en Fan XII d'après un état, 45 ans d'après un autre. Pp. 17, 163, 175, 209. — 27 pluviôse an IX. Duval (Nicolas-Joseph), cordonnier, rue ci-devant Blancs-Manteaux (il réclame). Un Nicolas-Joseph Derval est inscrit sur la liste; Nicolas-Joseph Duval a paru être celui indiqué comme Derval (Nicolas-Joseph). Il était lié avec Metge et, à l'époque de l'arrestation de ce dernier, il était détenu à là Force. Il n'v a pas d'identité de noms, et l'on pense que la mesure ne peut lui être appliquée. Mais cet individu, qui s e*t fait remarquer dans tous les mouvements révolutionnaires, doit être éloigné de Paris. (Note de'poi.). — Duval est envoyé à Oléron (21 ventôse an IX).— Bien que la police ait dit que « la mesure ne lui est pas applicable », il est déporté à Gayenne, comme « compris au senatus consulte du 14 nivôse an IX ». Il est noté comme « tranquille » depuis son arrestation. — À la date du 20 brumaire an XIV, il est porté par V. Hugues sur l'état des dép. « existants à Gayenne ». — Le 13 novembre 1806, il se marie à Gayenne avec Marie-

Antoinette Chemband. Le 0 tente* 4609, on le treuve rnort dans son lit à l'hôpital dé Sinrtamary, où il est resté sans secours, par suite de l'invasion du pays par les Portugais, Son acte de décès lui donne 45 ans, et dit qu'il est fils de Jean Duvaî et de Marie-Barbe Paris.

Son (Paul - Marie - Bonaventure-Dominique), 45 ans en iS07, avocat et homme de lettres, collaborateur de Vatar, dont il était le parent, au Journal des hommes Hbret, né à Rennes, pp. \ 7, ÎO. M, i 50, 304. V. U$ Biographes . —Envoyé aux Seycnelles, Eon y était encore eu 1807.— « Habitant de Rennes, se disant parent du général Moreau, bonne éducation, âgé de 35 ans, physique ordinaire, demeure Ance-aui-Ptns, chez le c. Péan ». (Note de l'administration des Seychelles). L'âge indiqué doit être erroné. — Son parait avoir quitté les Seychelles en 1808. En 1800, il est à rïle-de-Franee, où il exerce la profession d'instituteur.

Femmes déteuces.— Voici quelques pièces relatives aux femmes détenues en vertu de l'arrêté que nous avons fait connaître. — Pol. gén. Rapport aux consuls, 16 germinal an IX. Vous avez ordonné, par votre arrêté du 16 nivôse dernier, l'arrestation et la détention a Bicétre des ff. Bousquet, Chaumette, Colombe, Desforges, Lavendée, Pignan et Sijas. Le pr fét de police, chargé par moi de l'exécution de cette mesure, vient de m'en rendre compte. H résulte de son rapport : que les (T. Bousquet, Lavendée et Pignan se sont cachées et n'ont pu être arrêtées; que les autres ont été mises aux Magdelonnettes, où elles sont encore. La fr Chaumette est dangereuse. Les diverses arrestations qu'elle a subies, loin de la corriger, n'ont fait qu'aigrir son caractère et la rendre . plus méchante, Cohmbe est une fille de niau*

valse vie : elle à été longtemps liée avec Metge, de qui elle a eu un enfant. Elle est sans moyens d'existence, et la rendre à la liberté était de nouveau l'exposer au crime ou au malheur. La f» Desforges a des enfants qui périssent de misère depuis au'elle est arrêtée. La détention au'elle a subie est une leçon qui influera sans doute sur sa manière d'être. La ▼• Sijas, actuellement femme Préville, a pour mari un homme tranquille qui la réclame et promet de la surveiller. Le préfet conclut, en conséquence, à maintenir la détention des deux premières et à rendre la liberté aux deux autres. Je vous

Propose, c. consuls, d'adopter ces conclusions, ouché. Adopté (paraphe).— Note du min.

Dans les premiers moments de l'explosion de la rueNicaise, lorsque l'opinion semblait flotter encore incertaine sur les auteurs de cet attentat, le gouvernement crut devoir s'assurer de quelques femmes signalées par leur exagération dans le cours de la Révolution. . .— 26 germinal an IX. Préf. à min. Conformément à la lettre que vous m'avez adressée le 23, j'ai fait mettre en liberté la f Desforges et la v« Sijas, f* Préville (elles seront surveillées). — Bureau particulier : femmes détenues aux Magdelonnettes : Bouquet, Chaumette, Duflaque, Colombe, Desforges, Fumey, Lavendée, Pignan, Sijas, la v« Marat, la f" Chevallier. — Cette dernière est la femme du dép. Chevalier (Claude-Louis), dont on a lu plus haut la notice.

Fernando, pp. 89, 117.

Fbrhagus, p. 295.

Fidias ou Phidias, peintre, dép. de laGua* deioupe en France sur la Cornêlie, pp. 221, 223.

Fiqubt (Claude-Antoine), pp. 4, 17. 304. V. Us Biographes. — Une note de pol. indique qu'il a été arrêté a Melun et que son dossier a été

« renvoyé à la division administrative le 9 pluviôse an IX ». Une note adressée le 17 nivôse an XIII à la division de la libe* té individuelle, dit : « Il est mort à Paris. »

Flamand (Claude), charron, né à Sainte- Bodil, 40 ans en Tan XII, pp. 17, 20, 52, 150.— Louise Huard femme de Claude Flamand, charron, rue et faubourg Poissonnière, n° 39. Envoie de nombreuses pétitions. Réclame soii mari « victime de la déportation par une erreur de nom, celui qui devait l'être jouit de sa liberté; ils sont, il est vrai, tous deux du même canton et du même nom, sans être ni ami et alliés; l'un était commandant de bataillon, et le mari de l'exposante, charon, n'ayant jamais occupé de place quelconque... Etant à bord, il eût une explication très vive avec les déportés, et reconnu innocent et victime de l'erreur, le capitaine Bonamy témoin de cette explication porte à cette victime l'intérêt le plus vif et engage la suppliante à vous demander à grands cris cet infortuné... » « Le dennoncé, Flamand est marchand de vin au Cheval blanc, à la Nouvelle France, qui a figuré dans tous les clubs, et celui qui est déporté est charon rue Papillon, qui ne s'est jamais mêlé d'affaire politique. . . 1 autre jouit de l'impunité..., erreur qui a plongé sa famille dans la plus profonde misère et la désolation, puis qu'on lui a donné le prénom de Jean qu'il n'a pas, constaté par son extrait de naissance. » « Extrait des registres 'des actes de naissance de la cy-devant paroisse de Sainte- Baudille , actuellement Mont-Solide : L'an 1764, le 26 janvier, est né Claude fils de Claude Flamand et de Marguerite Thollon, son épouse.. . (collationné et certifié par moi officier public du 2e arrondissement de Paris. Gonchon, 16 vendémiaire an IV). — Homme un

peu mieux éducrué que ne l'est la classe du peuple de laquelle il faisait partie, demeurant chez le c. Péan, à l'Ance aux Pins, où il est occupé à des travaux grossiers d 'habitation. Peu de notes sur son compt». (Note rie l'administration des Seychelles). — Flamand était encore aux Seychelles en 1808 — 15 juin 1809, il est à Vile de France, il réside «au génie» ou il travaille de son état de charron.

Fougeon (François) (le nom est ainsi orthographié par le dép. lui-même dans ses interrogatoires), portier, 64 ans en Tan IX, né à Sarry près Grenoble, demeurant à Paris, rue Cadet, n° 19, pp 17, 57. — Mort aux îles Seychelles, à une époque non indiquée, mais antérieure à l'an XII.

Fournier, p. 4. Je ne puis dire si ce Fournier est l'un aes personnages du même nom qui vont suivre.

Fournier (Claude) dit Y Américain, 60 ans en Tan XII, né à Auzon en Auvergne, domicilié à Saint-Domingue, d'après sa déclaration, pp. 17, 178, 179, 180, 184, 189, 209, 243, 244, 245, 246. 251, 252, 255, 256, 260. V. les Biographes. — « Signalé sous les rapports les plus défavorables ; on l'accuse d'avoir eu une grande part à l'assassinat des prisonniers d'Orléans à Versailles-. 11 doit être l'objet d'une surveillance particulière. » (Note de police), — Fournier l'Américain envoie du canton de Triel, département de Seine-et-Oise, le 24 brumaire an IX, un long mémoire au premier consul, en voici le résumé : les préposés de l'ancien régime à Saint-Domingue l'ont accablé de vexations, obligé par ces injustices d- passer en France pour réclamer ses droits... toujours persécuté... sous la Convention, détenu trois ans, dont quatorze mois du vivant de Robespierre,

« pave» $tie je n'avais pas fait «saissioer les pri». S&nniers ifm devaierttêtre jugés parla prertnèrc cour nationale d'Orléans, qu'au contraire j'ai fait» à être asseséiné moi-môme pour les avait santé des assassins qu'on avait envoyés à Versatiles pottrèonsom mer cette belle csuvte «... après thermidor, « il plut à Barras et à Bourdon de l'Oiie de garder pendant trois mois encore Tordre de mtin élargissement » il n'en à pas joui longtemps « 49 jours après j'ai été incarcéré de nouveau pouf avoir reproché à Barras qu'il était Fauteur de mes persécutions, et lui avoir dit que j'allais mettre au grand jour l'affairé d'Griêan » arrêté avec sa femme, remis en liberté à l'amnistie générale. Persécutions depuis le consulat, condamné à la déportation par loi du 26 brumaire an VIII, on est venu cfoq fois en son domicile pour l'arrêter : I* 29 nivôse an VIII, on ne la pas trouvé, rien de suspect. On l'accusait d'embaucher pour Lonis aVIII. Il se rendit deux jours après ches Pouché. On ne put s'empêcher de rire de cette accusation, on l'a renvoyé; 2° 16 floréal an VIII, perquisition chez lui, rien trouvé ; 3* 22 floréal, mandé chez le préfet de police, on lui notifie l'ordre de s'éloigner de quarante lieues de Paris. « Le préfet a fait expédier la lettre de cachet. l'ai resté cinq mois dans cet état de bannissement. » Pendant ce temps, pas moyen de venir à Paris pour son jugement dvil contre ses spoliateurs, condamné malgré les réclamations de son avocat, ruiné donc ? 4« le 30 fructidor an VIII, perquisition chealui. « Le 18 vendémiaire, j'ai porté une pétition au ministre delà police, avec du sept reconnaissances du Mont de piété pour lui prouvermes moyens d'existence avec lesquels Von nie fait conspirer. Le 2 du ôourant, j'ai reçu par un agent

mes dix-sept reconnaissance, et le conseil de rester tranquille; » 5° fatigué de ne pouvoir avoir explication claire et franche, « je retourne en mon exil; le 27 vendémiaire, le préfet de police m'invite à passer chez lui, je lui écris qu'aussitôt rétabli, j'irai à sou invitation, c'est ee qui me détermine à vous écrire, citoyen consul, le détail de mes persécutions... » — La femme de Fournier écrit le 15 nivôse an IX, à min. police, elle demande la permission de voir son mari, détenu au Temple depuis six mois. « Mes secours lui sont d'autant plus né* cessaires qu'il est estropié du bras droit par suite d'une blessure qu'il a reçu à l'armée d'Italie en combattant pour sa patrie. » — Plu* viôse an XI, pol., à général Moncey. On l'invite à donner des ordres pour faire conduire de brigade en brigade, Fournier l'Américain; prendre des précautions pour empêcher son évasion en route. « Je dois vous prévenir qu'il cherchera probablementà gagner la confiance... de sa garde afin... de s'évader. » Le concierge de Pélagie est prévenu de le mettre à la disposition du général. — Pluviôse an IX, pol. à préf. de la Charente-Inférieure. Les ordres nécessaires ont été donnés pour conduire à Oléron Fournier l'Américain, le faire détenir dans le fort. — 4 1 brumaire an XII, le préfet du Doubs envoie au général commandant la division, une pétition de la femme Fournier en faveur de son mari détenu au fort de Joux* — 43 pluviôse an XII, la femme de Fournier l' 4 mérican, écrit au grand-juge que forcée de vendre ses meubles et effets, dans la misère la plus profonde, sans pain ni vêtement, elle «sollicite le se- ours que vous accordez aux femmes des déportés » aie demeure rue deTurenne.au Marais, n* 347.

— Fournier revient en France en 1809, est autorisé à demeurer à Paris.

Fournies (Pierre), officier réformé, né à Nîmes, 40 ans en Tan XII d'après une pièce, 34 ans d'après une pièce de la même époque, p. 209.— « Son exagération, sa haine prononcée contre le gouvernement, ses liaisons avec Metge et Chevalier, condamnés à mort pour conspiration contre le premier consul, ont motivé son arrestation. Tapageur, depuis sa détention. » (Note de police). — Détenu d'abord au f>»rt de Joux (d après une pièce), puis transféré (en Tan XI) à l'île d'Oléron.— 30 brumaire an XIII ; la marine a reçu extrait mortuaire de Fournier, décédé à la Guyane.— 27 pluviôse an XIII, Envoi de cet acfe mortuaire à Mmè v* Fournier.

Fouryon. V. Fougeon.

FfiENiÈRE (Barthélémy), garçon de chantier, 42 ans en Fan IX, né à Paris, demeurant rue des Lyons-Saint-Paul, n° 19, pp. 17, 57, 102.— Mort à l'île d'Anjouan le 20 floréal an X. — 13 thermidor an XI. Le min. mar. envoie son acte de décès à sa veuve.

Frizon, député, pp. 4, 5.— V. les Biographes.

Fronti* ou Frontain (Pierre), chef lie bataillon, dép. de la Guadeloupe en France sur la Cornue, pp. 221, 223.

Fumey (Femme;, p. 14. — « Acquittée dans l'affaire de Demervilte et autres, a été mise en liberté par ordre du ministre de la police. » (Note de police, germinal an IX ) — V. Femmes détenues.

Fyon (Jean-Joseph), pp. 17, 304. V. les Btographes. — Une note le 17 nivôse an XIII) annonce qu'il n'a pas été arrêté . « On croit qu'il a obtenu un passeport pour sortir de France, cependant il n'y a rien d'officiel à cet égard. »

Gabriel (Charles-Théodore), pp. 4, 17, 19, 235. V. les Biographes. — Au moment où il était inscrit sur la liste des proscrits du 14 nivôse an IX, Gabriel était à Cayenne, où. il avait été envoyé en Fan VIII, en qualité d'agent civil (parti pour cette colonie sur la Bergère, 28 brumaire an VIII). Une note (17 nivôse an XIII) annonce, sans autre explication, qu'il n'a pas été arrêté. Gabriel, comme agent dans la Guyane, et plus tard, comme vice-président de la Cour d'appel de Cayenne, se trouvait placé sous les ordres du min. de la mar. C'est dans les archives de ce ministère que nous trouvons * les renseignements qui suivent : — Gabriel, vice-président, homme honnête et instruit, âgé de 33 ans, ayant fait de très bonnes études ae droit, professant les belles-lettres et la botanique, mais sans propriétés dans la colonie. Il remplit depuis trois ans les fonctions de juge et s'est concilié l'estime et la confiance de tous les habitants. Il se livre à l'étude de la botani-

Sie et je me propose de le substituer au c. artin, quand il partira pour France. (Lettre de Victor Hugues.) — Victor Hugues à mar. 27 floréal an XI. Permettez-moi de recommander à votre bienveillance particulière, le c. Gabriel, vice-président au tribunal d'appel de cette colonie, et qui passe en France avec un congé limité pour cause de maladie ; ce magistrat jouit ici de la considération générale, et j'en , fais particulièrement le plus grand cas. — Le congé qu'il a obtenu est d'un an. Un rapport du min. (1 nivôse an Xn) énonce qu'il a été capturé pendant la traversée de Cayenne en France ; il a été emmené à Londres. Il réclame ses frais de route de Londres à Paris, en passant par Flessingue. Il a obtenu de venir sur parole de Londres à Paris pour se faire échan-

mi HL Rapport ra min.

i demande à rejoindre son poste % Cayenne et «a acompte sur ses appointements. — Pana, 22 frimaire an XII. Gabriel, vice-président du tribunal d'appel de Cayenne, prisonnier de gneife sur parole, en convalescence * flarts, au c. ministre de la marine et des colonies. J'appaends que S. Kminence le cardinal Gaprasa s'est plaint à vous, par l'organe du c. Portabs, que je m'étais permis des propos indécents et même des menaces contre lui, le dois à ma conscience et à mon caractère de fonctionnai»* public de repousser cette étonpamte inculpation. Quoique vague et non précisée, elle me rappelle cependant une circonstance, qui, mal interprétée, a pu lui donner naissance. Voici le lait : Quelque temps après k publication du concorda, t à la Guyane, M. Ho-, efcard, ministre du culte dans cette colonie, vécut de M. le cardinal Gaprara des pouvoirs qu'il crut devoir communiquer au c. Victor, Hugues. Ce dernier voulant en instruire Ip gouvernement, me pria de faire une copie de ces pouvoirs écrits en latin, et de lui en traduire quelques articles. Je fis cette copie, at je lui en traduisis verMkmmt les passages les plus saillants. Tout cela s'est passé au gouvernement, dans le secrétariat du commissaire et n'a nullement été rendu public. Gomment M. Hochard en a-t-il été instruit ? Je 1'ignose. J'ignore encore bien plus comment il a pu en conclure que j'avais tenu des propos intfécents contre M. )e cardinal Gaprara. Car il est bien facile de voir que je n'ai été dans cette occasion qu'un instrument purement passif et contre lequel il serait impossible d'exercer aucune récrimination. Si le fait que je vous soumets, c. ministre, n'est pas la cause de l'inculpation

qui m'est fait* par M. le cardinal légat, je. vous déclare que je n'eu connais pea d'autre. Gabriel, rue du Bouloy, hôtel de tfoimandie.*-* Le 18 brumaire an XIII les membres delà Cour d'appel de Cayenne ayant été appelés à prêter serment à l'empire, le registre de l'inspecteur porte cette menton : « Gabriel, vice-président, absent de la colonie par congés 9 *—> Le 20 bmmaire an XIV, une lettre de V. Hugues constate qu'à cette date Gabriel est encore « on France pour cause de santé * .

Gagny, p. 4. 1.

Gargay, ou plutftt'GAUOftY {Pierre}, ex-commissaire de Marie*f>4l*nte, dép,< de la Guadeloupe en France sur la Oçrném, m.rf2i, Siaa*

Gaspard (Gilles)'*n peuWtre finut tGas*-1 pard), né à Yendpme ÎLoir+et^Gher), maçon, pp. 47, 20, 52, ISO»—» Mafpn * Parts, restant au Gros-Caillou, père 4e troisieniantsj âgé do 47 ans, exerce encore son étaftchet&ae; Quinssr; de l'habitation duoiel il ne 'sort pari. (Note de l'administration des SeyeheHes.) — . Gaspard était encore aux Seychetiss en 1808 j.— 45 juin 1809 ; il est à 111e de France, où il exerce son métier.

Gastaing, p. 5.

Gaugry (Pierre). V. Qargay.

Gauthier ou Gactie* (François), enseigne de vaisseau, dép. de la Guadeloupe en France sur la CornéUe, pp. «21 , 223.

Geobger ou Georgere (Jean-Baptiste-François), pp. 17, 57, 402, 108.— Le sénatus consulte du 44 nivôse an IX ordonnait la déportation de Qeorget (Jean-Baptiste). La pol. arrêta: 4* Georger (Jean-Baptiste-François), et 2° Geôrget(Guillaume"Martin). Malgré leurs réclamations, elle exécuta contre tous les deux les prescriptions du sénatus consulte. Voici les pièces

relatives à Georger: « Jean-Baptiste Georget (son non, dit-il, se termine par an r et non par un t; il a pour deuxième prénom Fr<«çow), menuisier, né a Paris, demeurant rue Mazarine, n# 1690 ; 35 ans. » (Note de pol). — J.-Baptiste Georger, parti pour sa destination, avait réclamé contre l'identité ; mais l'identité de personne ayant été reconnue, la décision a été maintenue. Depuis, le préfet de police a fait arrêter un Martin Qmrget, maintenant à Oléron. (Note de poL) — Jeanne-Pierre Letendu, femme Georgère (rie), épouse de Jean-Baptiste- François Ueorgère. menuisier en carrosse, rue Mazarine, 1690, division de l'unité, dit que c'est par la plu* grande erreur et méprisé que J.-B.-François Georgère, son mari, se trouve compris dans l'arrêté ; ce malheureux est proscrit, en butte à la haine la plus rajuste ; il se trouve déporté sous le nom 4e Jeaif~Bapu*te Georget, demeurant à Paris, 39, rue ée la Calandre, division de la Cité, au lieu qu'A se nomme Jean-Baptiste- François Georgère, menuisier en carrosse, rue Maiarine, n« 1090. Grand Dieu ! quelle méprise]..., etc. (Pétition renvoyée par grandjuge à Fouché le 7 germinal an IX.)— -Le ministre... certifie que, d'après un état joint à la lettre du général Magaflon. . ., le nommé Jean- Baptiste Georger, menuisier, déporté aux îles

Seychelles, en vertu , est décédé à 111e

d'Anjouan, le 13 floréal an X. . . Paris, 10 avril

Georget (Guillaume-Martin), pp. 47, 497, 209. -— A Oléron, une note de police dit que depuis son arrestation il est « tranquille ». — Pétitions de sa famille. Georget (Guillaume- Martin), demeurant rue de la Calandre, n° 39, division de la Cité, arrêté le 9 nivôse. H a une maladie de foie depuis deux ans ; il était alité

depuis le*J0 frimaire, vingt-trois jours avant .le 3. nivôse, jusqu'au 3 nivôse même (comme l'attestèrent, les personnes qui sont venues l'arrêter). Il est bon époux, bon père de famille, etc. GBRBAUX, GERHARD, GES*Altt,T ou Gebbbau (Jean-Louis), journalier, 45 ans en Tan IX, né à Paris, demeurant rue des Fossés-Bernard, n<> 26, pp. 17, 57, 102. — Sa femme adresse cinq pétitions à des dates diverses ; elle est mère de quatre enfants, dont deux à l'armée.

— Gerbeau écrit à sa femme, de Nantes, à bord de Y Amiral, le 6 germinal an IX. « Tu me demande» des nouvelles de mes camarades, tu diras à mes comme»» que nous ne savons pas où ils sont, nous n'en avons aucune nouvelle. Tu remercieras mes frères et sœurs, parents et amis, tu leur dire* bien des choses honnêtes de ma part, et tu les embrasseras bien pour moi, ainsi que mes compères et commères. »

— Mort à llle d Anjou**, le 0 floréal an X.— Le 28 août. 1817, le min. mar. délivre son extrait mortuaire à sa veuve,

GERB4IN, p. ii7.

Germain (Ghaiiea-Antoine- Guillaume), 32 ans en Tan XIL d'après une pièce, 36 ans. d'après une autre, pp. 159, 1*4, 170, 474, 173, 208, 243, 244. V. le$ Biographes.— Son dossier porte cette mention (en 1810) : Germain, natu de Narbonne, ex-officûff de hussards, déporté à Cayenne, actuellement en Angleterre. — Une autre note dit : très exalté, querelleur. — Le 3 décembre 4840, Delaballe, à bord du vaisseau le Glory, prison de guerre à Chatham, à min. pol. : Croyant qu'il est du devoir. . • de signaler à la police un être qui, par son infernal génie... le n. Charles Qermaimt qui sa dit de Narbonne, déporté depuis plusieurs années à Cayenne, échappé de la surveillance du gén. Hugues,

ptikenbcméforlemniinlolViideirt^ armé au dernier Heu, enfin fait prisonnier et détenu au dépôt de Chatham, en Angleterre. . . S'occupant à déchirer le gouvernement de son pays..-, la parwmneatigoite de notre soure- Tain, décourageant se* compagnon* d'infortune en leur insinuant que la prolongation de leur détention n'est dne qu'à 1 abandon et à la cruauté..'. J'ai- cru devoir joindre une lettre interceptée de 4e mftséralle, qui moitre assez clairement ce dont il est capable ».— » La lettre «interceptée » ri 'est pas- au dossier; au reste le délateur se- trempe sur la situation de Germain* que Victor Huguesne signale nulle part datis sa correspondance comme s'étfcnt évadé, niais qui s'était sans doute eagagé sur un corsaire atCc la J>ermid*ion du gouverneur de la Qmii.^ H rentra en France sous la Restauratiam

GXBÊMAàKm. H oni évidemment estropié sur les pièces du dossier deedép.deltréuadeloupe; il est illisible. P. 223. -• i •• * •> »

Giraud, p. 4. Je ne sais si ée parstiuilfcge est le nténofe que celui dtMriêifcattdnl <fuï v«4uivre.

Giiàtjb, riié du Vert-Bois, rédacteur du Jouïnat'des tomate* libres, p.' n. Une note (17 nivftie ah Mil) annonce qtf'i! n'a pas été

GOMtAîiT-LACiraiSE (Jean-Jfaeques), né à Bordeaux, e*-«fflpïoj& aux bureau* de la guerre» «3 ans en Tan XII d'après tttfe pièce, 67 ans d'après une (M**, Chè adtrê jHècé de la môme époque le qualifié de ^hnmire<irétéran » et M donne *8 aittiftk rt5-f 9é\ «99, *09.*- A 111e d'Oléran en l'an IT. — ««MM' exagération; sa haitt»tironoàcé# contre 10 ifowrèlrnement, ses liaflvon* dvéc Nëlgé' et Ctawlftt, otttfflotivé son arrestation* Depuis *a flétemton, tranquille et

laborieux, » (Noté de police). -* « firtMUgê&t et instruit, ou était satisfait de ton travail dan» les bureaux du ministère de la guerre, il parait tranquille; il est âgé et laborieux ». (Note de police sur l'état d'embarquement pour Cayenne). — Il figure sur l'état des dép. existant à Gayenne, d'après la correspondance de Yictor Hugues à la date du 20 brumaire an XIV * liais on ne trouve pas son nom sur la liste de ceux qui revinrent de Gayenne eu Franee, aprêë la capitulation de la colonie»

gosset (Jean-Marie)* ouvrier sur le port» V. Gosset (tes frères).

. Gosset (Louis-Jacques), gagne-denier. V. Gosset {les frères).

Gosset [les frètes), pp. 17, Bfc, 402, 125*— Pétition de la femme de Jeta-Marie Gosset» 24, rue des Boullangets, division du Jardin des Plantes. Depuis cinq ans qu'il est ïevenu des armées, il ne s'est jamais occupé d'affaires de révolution, n'a paru ehe* aucun juge de paix ou commissaire de policé, ne songeant tfu'à travailler et faire honneur à ses affaires. H a deux enfants en bas âge. -* Pétition de la femme de Gosset (Lotois«Jacquôs), rue des Boulangers, 28, section du Jardin des Plantes. Il a été arrêté par vengeance, sur de faux rapports de camarades mal intentionnés. -*■ Loufe-Jacques Gosset meurt à l'Ile d'AnJouan, le 0 floréal an X.— Le min. mar. écrit trois lettrée à la veuve de Jean -Marie Gosset (an X; an XII, 5 avril 4816) ; il en résulté que le min» ignore le sort de ce dép. qui mourut à l'hôpital, aux Indes, ainsi que nous le disons p. 128. (V. FeœverHn.)

GouLahd (Jean-Baptiate), imprimeur, né à Paris, 50 ans en l'an XII, pp. 47, 175,209.-*-ÀTrété le 44 prairial an IX. — « Goulard est ré-

clamé par son épouse ». (Rapport de préf. de pol. i pluviôse an XIII.)— Pendant son internement à l'île d'Oléron, noté comme « tranquille » .

— Mort à Cayenne le 4 thermidor an XIV. Gozeau, p. 13.

Grandmaison, député, p. 5. V. les Biographes.

Gribauvàl, p. 198.

Grisier (Edme- Antoine), p. 13. — 21 nivôse an IX : en exécution de l'arrêté du 17 nivôse, extrait de la prison de Pélagie et envoyé en surveillance à Beaulieu-les-Loges, près Loches (Indre-et-Loire). — Dans une lettre où il réclame son rappel, il dit qu'il a été arrêté le 3 nivôse comme prévenu d'avoir vendu de la poudre. — Le 9 floréal an IX, il écrit « à mon cher papa et à ma chère maman », pour qu'on demande qu'il puisse aller dans une grande ville, afiji de pouvoir travailler. Il a, dit-fl, une lettre de son rrère. — La cit° Grisier adresse une pétition à Dubois, préfet de police : son mari, marchand fournisseur au Palais-Égalité, est innocent, père d'une nombreuse famille, ses enfants, dont plusieurs en bas âge, réclament des secours dont ils sont privés. (En marge : porté sur la liste.) — La Grand'Çour, rue J. -J.- Rousseau, hôtel Bouisson. Pétition pour le même, le c.Gressier, en surveillance à Tours (Indre-et-Loire). . . C'est un père de 3 enfants.

— 5 fructidor an IX. La femme Grisier dit : « Le c, Vallet, déporté de Cayenne, s'étant procuré l'entrée de notre maison, et ayant conçu des projets d'adultère, chercha à s'associer au commerce du c. Grisier, et il eût infailliblement réussi, si je n'eusse prévenu mon mari de ses intentions à mon égard ; il fut évincé de la maison et l'événement du 3 nivôse se présentant, sa vengeance lui suggéra de perdre mon mari, et s associa pour sa vindicte un

agent secret du ministère de la police générale classé tout récemment et c'est ce même agent oui se rendit le dénonciateur du c. Grisier.— Note au min. pol. : « Le préf. propose de rapporter la mesure à l'égard de... Grisier fils, fourbisseur. . . était prévenu d'avoir vendu de la poudre à tous ceux gui se présentaient ». — Note du 16 vendémiaire an X, autorisant son rappel à Paris.

Groscassànd-Dorimont, député, p. 5. V. les Biographes.

Gubicon, p. 13 •

GUESDON, p. 5.

Gueyraud (Jean-Baptiste), né à Sarlat (Dor-

dogne), négociant rentier, 44 ans en l'an XII, fils de Gueyraud, procureur àSarlat,pn. 175 , 209, 332. — « Son exagération et ses liaisons avec Metge et Chevalier ont motivé son arrestation. Tranquille, depuis sa détention. » (Note de police.) — Il est à l'Ile d'Oléron en Tan XL — Le ministre de la marine et des colonies certifie qu'il résulte d'un état extrait des registres mortuaires tenus à l'hospice militaire de Gayenne, pendant le 3e trimestre an XIII, visé par le chef d'administration ordonnateur, sous la date du 3 thermidor de la même année, que le déporté Jean-Baptiste Gueyraud, ci-devant procureur à Sarlat, département de la Dordogne, âgé de 45 ans est décédé audit hospice militaire de Cayenne, le 25 prairial an XIII. (Paris, 4 juin 4810.)

GntHÉMAT (Bertrand), imprimeur à Paris, né à Montpellier, 48 ans en l'an IX, pp. 17, 20, 57. — Guulemat (Bertrand), rue des Maçons- Sorbonne, réclame à cause de la différence de nom, le prénom est exactement le même et rien n'annonce qu'il y ait non identité. On estime qu'il n'y a lieu à faire droit. (Rapport

Wéf. dé pôl. îû 2Ï felûvlôSè an ft.) -« ïtttlrimeu* â Parts, pferè de fcimilié, d'un caractère assez difficile. Redte à la fligtie (shëi le c. Florent Payèsè* » (Noté de l'administration des Sejchelleâ). — Etait encore à la Aigrie tflea Sëychellésjlè 15 jùitt 1800.

GtlLLBllJttAtN OU GuiLt^RUtlN, OU GutLLËMIN

(Gèorges-Hênty),icomimssair,e substitut du gouvernement près le tribunal civil et criminel du département de le. èuadélbupë. Ûêp. de Cette colonie en France sur la Cornélie, détt. â Cayenne sur le brick l'Impatient, f>p. 2âi, 3fi&3, 239, 240, 242, 320.

GtiY Où (Îayë (Piôrtô, Bt)té dit), garçon àërrufier, p. 209, 537.

ÏÎEfrRtOf , p. 4.

HÉSSE-ttflËl?fFÈtO-RotTÊMÉOtift& (Charles, prince (le), général, membre des jacobins, connu sôuâ le nom de Gharleâ flëèëe, pp. 4, 17, 72.156,157, l8é,lS9, 166, 3794VJeS Biographes. — ISmessidorànlX.Ch.Hëfeëe au midistr'ë delà gtierré fieïthiër. «... J'ai été exilé pai? lé directoire exécutif • à" 30 Ueuës de Paris pendant

6 mois pdur avoir osé écrire en faveur dé Boj naparte, les papier pilbllds éri, font, foi y ugëè donc si je puis être fënnèniï dtl mémo. Bonaparte, moi qui serais prêt à sftcriôèr mi vie pour défendre la âiettiië. *.. Donc thon rappel. Charles de flesse, gén. div„ P. S. : ma sœur* Mm* de Ëotiiildn-îtirénnë vient dé^décédëf ë, Paris, il y a un mois. »— 10 brumaire aii X. Charles Hesée âti mirt. pbî. : « ta paix générale vient d'Être digdée. . ., ï'oubH des erreurs et des5 fautes doit en étfe inséparable. . ., Retour à Paris, où mon frappi?dchemérit à iOÏiôûes de cette capitale... . Mes infirmités, méè malheur s ôt mes bieiiâ abandonnés â Paris dé£tiis 10 niais d'éxit îcy sertmt mes titres. . . » ■ — 24 vêntèsë

an X. Au mià. pôl. : « ObtétiêÉ dé là justice et de la générosité de notre Ie* consul la permission de revenir à Paris ; je vous donne ma parole d'honneur de ne pas sortir de ma maison sans votre aveu, et de ne recevoir chez moi que des gens d'affaires... » — 10 messidor an X. Il se plaint d'être atteint du scorbut. — 5 thermidor an X. Certificats délivrés par deux médecins, Pouran et Piramith, l'un ci-devant médecin des hôpitaux militaires, l'autre officier de santé, « qu'il est urgent qu'il soit éloigné

Sour conserver ses jours, qui sont en très grand anger s'il continue son sejou* à Saint-Martin, île de Ré ». Cette pièce est transmise le 24 thermidor an X par Sutat, ex-juge du tribunal civil, rue de l'Orangerie, né 44, a Versailles, fondé de pouvoirs de Charles flesse.— 18 thermidor an X. .. « Ma fortune est absolument à l'abandon, à Paris, et j'ai dû emprunter une forte somme à fort intérêt pour subvenir à l'entretien de mon loyer à Paris, de mes gens d'affaires, de mes domestiques et de mes impositions foncières et mobilières, non compris mes dettes et la surséance de mes créances arriérées. . . » — 26 thermidor an X. . . « 17 mois de prison sous Robespierre, 10 mois d'exil sous te feu directoire, 2 mois de prison au 18 brumaire, et 2i mois d'exil. . . Je me vois privé, tout & la fois de mon honneur, de mon grade militaire, de mes biens, de ma liberté et même de ma santé... Mes cousins de Hesse-Cassel et de Hesse-Darmstadt, qui ont eu le malheur de faire la guerre aux Français en 1792, sont comblés d'honneurs et de marques d'estime et vont obtenir par l'influence de la France des biens et indemnités Immenses, qu'ils n'eussent jamais obtenus sans l'événement de notre Révolution, et mol, infortuné, qui seh la France avec Me-

lité et désintéressement depuis 36 ans, je suis voué à l'opprobre, à la misère et à l'abandon. . . » — V thermidor an X. . . « Hémoragies fréquentes, maux de gorge journaliers, je souffre prodigieusement de mon scorbut... En outre j'ai 51 ans... Le cit. Talot, exilé avec moi, a obtenu sa liberté il y a 4 mois, le cit. La Harpe a obtenu son rappel complet. Certes, je suis à cent lieues de son talent, mais mes' malheurs surpassent les siens, car je suis dans le 50e mois d exil ou de prison depuis 1793... »

— 2 fructidor an X. . . Ministre des relations extérieures à Fouché... Je vous ai adressé l'extrait d'une lettre que j'avais reçue de Ch. deHesse... Auiourdiiui une nouvelle lettre de lui. S'il y a lieu d'apporter quelques adoucissements au sort de Cn. de Hesse, je serai charmé de vous en avoir l'obligation ; en conséquence, vous me ferez un véritable plaisir de me faire connaître sur cela votre résolution, et de me mettre dans le cas de la transmettre à Ch. de Hesse si elle lui est favorable. (Ch. M. de Talleyrand.) — 22 pluviôse an XI. Je ne signais mon nom sur le registre de la municipalité que tous les 10 jours; on m\ ordonné aujourd'huy de venir signer tous les jours impairs, et me voilà privé des adoucissements accordés à l'infortune. . . J'ai les cuisses bleue-, lès jambes enflées et un ulcère à la gorge depuis 6 mois...

— 25 ventôse an XI. «Je succomberai infailliblement si Je dois passer l'hiver encore icy. . . J'ai les vessigatoires au dos depuis 20 jours, les sangsues à la gorge, le corps couvert de taches bleues, rouges et jaunes, et par suite de mon scorbut, de mon mal de gorge, privé de sommeil. . . Quant à ma grande liquidation et indemnités, j'ai pleine confiance dans la justice du gouvernement français et dans les lumières

de son ministre des relations extérieures... » — 12 germinal an XI, au G. juge. « J'ai été arrêté et conduit icy, dans la môme voiture il y a 29 mois, avec MM. Talot et Lepeletier. Le premier a obtenu sa liberté il y a un an, et ]e second, parti subitement, vit cependant paisiblement à Paris, s'y promène librement, et a môme été admis à l'audience du consul Cambacérès. . . Suis-je donc plus coupable qu'eux, le scorbut dont je suis rongé me fait éprouver des douleurs inouïes. Je ne puis boire et manger qu'avec une peine extrême, et je n'ai pas le moindre espoir de guérison en cette isle, vu l'air de la mer, source et aliment de cette affreuse maladie... M. le grand-juge, si je ne pouvais obtenir encore la même faveur que MM. Talot et Lepeletier, mes deux camarades d'infortune, je aemande au moins avec instance (en attendant la décision de mon sort»politique) la permission de me retirer, sur ma parole d'honneur, dans une ville de l'intérieur pour v rétablir ma déplorable santé...» — 15 germinal an XI. Min. pol. à Moncey. Je vous invite à faire les dispositions pour conduire jusqu'à la frontière d'Allemagne Charles Hesse... Il lui est fait défense de rentrer en France, sous peine d'être déporté aux colonies. — 5 floréal an XI. Général Moncey à grand-juge. . . « Il a montré beaucoup d'humeur au moment où les intentions du gouvernement 4ui ont été signifiées ; il s'est plaint amèrement de ce qu'on récompensait ainsi 36 années passées au service de la France ; il s'écriait <ju il aimait mieux être fusillé ou noyé, que remis à la disposition de son frère, le langrave de Hesse- Gassel, qu'il suppose disposé à le faire écorcher vif. Son espoir parait être dans son oncle, l'électeur de Bavière, auprès duquel il compte se rendre... »

— Idem â idem (i tiraîriaï att XK. « Je ifotte annonçais le il floréal que CH. Hëâse était parti oe La Rochelle le 3, potir être coudait aux environs de Mayehce : il est arrivé h sa destination. ..., déposé de 1 autre côté dufthin, Avant de quitter la France, il a montré beaucoup d'humeur, a éclaté en injures contre son escorte, et l'a menacée de rêsistence, si on persévérait à vouloir lui faire passer le Rhin... »

— Bâle. 26 mars 1812. Au duc de Rovigo. Hesse demande la permission de se retirer à Nancy, Chalon ou Rneims (souligné), en attendant qu'il puisse rentrer à Paris. « Voici mes titres. . . J'ai 60 ans, je suis moitié aveugle, j'ai servi la France pendant 36 ans avec une fidélité et un courage à toute épreuve. J'ai fait plus encore. J'avais utt traité avec l'électeur de Hesse en 1804, çui m'assurait une fortune très considérable, je l'aï déchiré dans un accès de colère pour ne pas faire la guerre à la France à Gêna (aussi souligné) et j'ai préféré une pauvreté honorable à une richesse coupable dans mon opinion. Ma fille adoptive vous remettra elle-même, pour preuve parlante, ledit traité, en original (souligné), déchiré par moi... Charles, prince de Rhinrels. » — Huningue, 28 mars 18iâ. Le maire de cette ville au duc de Rovigo : Charles de liesse réside à Bâle, auberge de la Cigogne, depuis environ un mois ; il a été hier en cette ville, où il s*est entretenu très favorablement du gouvernement, duquel il espère obtenir une pension de è. 000 fr. par an. Il a la vue très basse. . . — 9 avril 1812. Au duc de Rovigo... Demande un passeport pour son père, lé prince Charles de Rheinfels, ancien général français, ett ayant grand besoin de consulter pour ses yeu*, et celui de Conférer avec les célèbres avocats de la capitale pûux

réglé* sê« «boita k k èucéessluti Aè étm frère* décédé à Francfort le 21 mats dernier . . . Jênaf ttekttftefs, fille du prince Ch. de Rheinfels.— ttltl. ptA. à préf. de Colmar, 26 avril 1812. Ordre de renvoyer hors de la frontière Charles de Hêfese s'il revient en France. — Au duc de ROvlgô. 9 fiiai 1812. Je stiis arrivé àmidi, avec toute la donfianee et lé respect dus au gouvernement français ; j'allai mourir dfe faim en Suisse, car dépuis la mort de mon frère aîné, dotit je suis ïliêritier présomptif, ma famille a osé se permettre de me retirer ma pension alimentaire de famille, et puisqu'il fallait mourir, j'ai préféré de mourir eu France, ayant eu l'honneur de la servir pendant 38 ans avec une fidélité à toute .épreuve. Prince de Rhintels, ancien général. français, rue Caillou, hôtel de Pierre-le-Grànd. En marge: « Charles Hessé... Par Une dispos, particulière, S. M. a ordonné dahâ le téffls (an XI) sofa expulsion de France, depuis 11 avait réclamé et sollicité la permission de revenir, sa demande n'avait pas été accueillie. Le ministre a ordonné de le renvoyer au delà du tthinj esprit remuant et intrigant, opinions exagérées.»— 14 mai 1812. Hesse (Ch.), prliiôe de fthinfels. Conformément aux intentions de S. E., il lui a été délivré un passeport pour retourner au delà du Rhin, il a quitté Paris lé 12 dé ce ttiois pour se rendre à Bâle, par la route et là diligence de Strasbourg.— Strasbourg, 21 mai 1812. Çom. gétt. de pol. à ♦min. . . Le 16 de ce mois, le prince Charles de Rhinfels, connu sous le nom de Charles Hesse est arrive eh cette ville porteur d'un passeport du préfet de police du 12 de ce mois. . . Visé ce passeport le 1*7 pour Kehl, en Allemagne. Mafs comme M. defthinfels, qui était descendu dans tue petite auberge, ne se disposait p*& à

Sortir, j'ai ordonné au commissaire de police e l'arrondissement de le faire suivre de près. Le 18 il changea d'auberge et alla se loger à l'hôtel de la Maison-Rouge, où il ne fut reçu que sur l'invitation de M. de Lezay, préfet du département, qui s'engagea à payer sa dépense. Le 19 au matin, je lui ai envoyé le commissaire de police et je lui ai fait dire qu'il ne pouvait davantage rester à Strasbourg, et qu'A devait se disposer à obéir dans le jour à vos ordres, monseigneur ; il répondit qu'il était prêt à obtempérer, mais qu'il était totalement dépourvu d'argent, qu'il ne savait où aller, ayant été également expulsé àe l'Allemagne et que le climat de la Suisse lui était contraire, qu'il était d'ailleurs aveugle et malade et cju'à la fia de la semaine il attendait sa fille qui devait lui porter de l'argent. J'allais rendre compte à V. E. de ces circonstances, lorsque j'ai appris que le 19, dans l'après midi, M. de Rhinfels est allé chez le général dé la division pour y demander des secours, et je lui ai fait intimer le même soir qu'il ait à partir, parce que pouvant sortir, il pouvait aussi se mettre en voyage. Le 20 au matin, il s'adressa de nouveau à M. de Lezay et lui demanda à être autorisé à louer une maison à Strasbourg et à y rester provisoirement. M. de Lezay me fit communiquer sa demande et je lui répondis que si M. de Rhinfels n'obéissait promptement aux ordres de V. E., je me verrais forcé de le faire expulser d'autorité du territoire français ; il reçut hier de la part de M. de Lezay des secours en argent pour pouvoir continuer sa route et il est Parti "aujourd'hui pour se rendre à Rastadt, rancfort, ou partout où il trouvera un azile. — 31 mai 1812. Préfet du Haut-Rhin à min. de la pol. : Le prince Charles de Hess a quitté Basle,

{tour aller fixer sa résidence à Berne. J'ignore e motif qui a déterminé le prince à changer le lieu de son domicile.— i5 avril 1813. Le maire de la ville d'Huningue à min. de la pol. : J'ai été informé que M. Charles de Hesse, ancien officier au service de la France, se trouvait au caffé de la place en cette ville ; j'ai de suite cherché à le voir pour l'inviter, conformément à vos ordres, à ne point enfreindre le territoire de la France à l'avenir. Arrivé au caffé, j'appris qu'il venait d'en sortir, et qu'il se rendait par a porte du Rhin vers Bâle ; je fus le joindre et lui fis part des ordres de V. £. : il me dit qu'il était arrivé depuis peu de jours de Francfort et de ses environs, qu à Francfort il avait trouvé beaucoup de ses parens, que les uns paraissaient épouser le parti des Français, que les autres, principalement le prince de Hesse, levait deux légions noires pour le service de la Russie, qu'il a été étonné du mauvais esprit qui régnait à Francfort, relativement à la guerre actuelle, que là on lui avait notifié de quitter la ville, d'où" il a été à Offenbach, où il a passé 7 semaines, et où M. le maréchal Augereau et le général Albert se trouvaient, que ne pouvant rester plus longtemps dans ces contrées, il est revenu à Bâle, où il est logé à la Cigogne, qu'étant pensionné de la France, il n'avait pas pu s'imaginer que le territoire lui serait interdit, avec d'autant plus de raison qu'il y a servi pendant 40 ans, et qu'il s'y croit naturel du pays, qu'eji tout tems et encore à présent il a pris les intérêts de la France à cœur, qu'il y a six mois qu'il a prévu les trahisons que nous avons éprouvées et qu'avant six semaines nous verrions de grands désastres. Je lui ai demandé en quoi et pourquoi ? 11 me dit : « Vous n'avez que des conscrits et vous êtes sans cavalerie,

tândi* qaèl'énnéfrii a titiê CatafcHè fbrmidàWe et une armée faite pour vaincre» ail a ajouté qu'on lui avait offert tout récemment le commandement d'un corps d'armée et un grand duché, offres qu'il a reietées, ne voulant pas, à l'Age de 62 an* et demi, changé* d'opinions et de caractère.— 30 avril 4843* Min. à maire d'Huningue. . . Reçu les 'détails transmis stirle passage dans votre ville du s* Gh. deHesse. J'ai peine à croire que ce qu'il vous a dit dos offres brillantes qui lui ont été faites soit exact. Sa conduite antérieure et ses opinions ne sont pas propres à lui avoir mérité de semblables témoignages de Confiance, de bienveillance. » . Je vous invite à continuer de me communiquer. . .

Hugues (Victor), commissaire dtt gouvernement à Gajenne, puis mis en SttfVèQlancë, p. 247. — V. lès Biographes.

Hu«blet, pp. 47, 328. — « .. , J'ai fait déposer au ministère de la police générale le témoignage de plus de 450 citoyens du quartier que rhabitafti alors... Attesté que travaillant seul de Fé* tat de cordonnier j'étais parvenu à procurer une honnête existence a une femme Valétudinaire et a deui enfants en bas âtfè. . . que je ne fréquentais aucun endroit public... Signé: Humblet, cy-devant dans le faubourg Antoine. Donner avis de la décision à M. Tissot, petite rue de Reuilly, 8» — Rapport du préf. pol., 4 pluviôèe an "XÎII. . . Humblet, cordonnier. . s'est Soustrait à l'arrestation. Cet homme obligé dé se cacher depuis quatre ans, est réduit à la misère la plus affreuse et dans Ffmpoésîbilité 4e soulager une femme et detix enfants. — Rapport de Dubois, cons. d'Ëtat, 48 prairial an XIÎI, S. Ê. le ministre de là pttlibô m'a fait tf ansmettre deux pétitions dtt n. HUffiHét, cor*

dôtiniêf, inscrit IU fténatfastttmstfltéf dû 44 nivôse an lit et mi) depuis cette époque, M'est tenu caché. Il implore la éléihetidê du gouvernement et il présente à l'âpjnil de Ma demande le cautionnement de* sieurs Ffroftientift, chef de bureau à ht préfecture de te Seine et Tissot, manufacturier de coton, demeurant petite rue de Reuiily. Attendu la mesure adoptée déjà par S. E.à l'égard des nommés André, Bescher, Michel et atitréfs, fous portés au môme sénatus consulte, et qui ont obtenu leur liberté à la condition tféf de'1 retirer en surveillance dans différents dêpafttirnents, J'estime qu'il y a lieu d'enjoindre éfaletaent au nommé Humblet de quitter Paris1 et de Se rendre a 40 lieues de cette ville, dés fcfttëé;1 et' dés Heu* où la tour pourrait séfottmef pour y demeurer sous la surveillance ■ des- autorités locales. (Approuvé). — Une note sans date postérieure à juin 1809, dit : «A Pailr en' flNiCttcRrt à&XHl.»

Jacquot- Villeneuve (JacquèS-ChrySoStÔme) ancien officier de paix, orfetré dans la Cité, 56 ans en^Fârt iy, ftô ft Paris, d&meuj'ant rue Haute-dêS-Urstttfc, p°» * et Vpp. 47, 20, 57, 180, 260; 2Wv-20*. «t>tfèvre dans la cité de Palis, âgé1 de «8 atiS,'d*trii physique faîbte, père d'une nôn1b*eu0è famine, homme tranquille, désirant acUêtëPtles terresf,' reste fche* la veuve Dutems, Atrtè-àU^Pins.» fNdte de radtnTttistration des SayéheHes.) h- En 4808, JaèqttOt Villeneuve est eftcoreeut Seychelles. En 1809 (18 juin) il e* ë l'Ile1 Bonaparte (Ile Bourbon), ic dans sa famille . » Il revient en Franée après la capitulation de 4tt colonie:-* 3t octobre 4814, marchand 'érftVfè, 6? ans, natif de Paris, Vè-. nant de nie de Ftomofc, porteur d'un passeport délivré*» Morfai*; cet individu SoUifcite... résider dans te1 capitale.1 On estime qu*fl y a lieu

de faire droit*, en le soumettait à une surveillance convenable. Approuvé. (Note de police). — 17 août 1813, préf. pol. à pol. P'après votre note de ce mois, j'ai donné des ordres pour que le s. Jacquot Villeneuve, l'un des déportés, aui avait été envoyé au dépôt de mendicité de Yillers-Cotterets, fût transféré dans la prison de Pierre Chatel, ie viens d'apprendre que cet individu est mort le 7 juin dernier.

Jalabert (Etienne) , coiffeur de femmes , né à Montpellier, 44 ans en l'an XII, pp. 17, 20, 52. — 19 nivôse an IX, est extrait de la maison du Temple et transféré à Bicêtre. — Maître perruquier au Palais-Royal à Paris, âgé de 50 ans, physique ordinaire, reste à l'établissement du gouverneur où il exerce son état Assez doux de caractère, peu de notes sur son compte. (Note de l'administration des Seychelles.) — Jalabert est encore à Mahé (Iles Seycbelles) à la date du 15 juin 1809.

Jeunot, p. 13.

Jolicceur, p. 117*

JoLiar ou Joly (René), officier réformé, pp. 17, 52, 102, 126, 130, 131. — Mar. à M- Joly, rue de Versailles, n° 992, division du Jardin des Plantes. Paris, 2 ventôse an XII. Le ministre de la marine me charge, madame, de vous adresser un certificat, constatant la mort de votre mari. Vous le trouvères ci-joint.

Jorry, p. 4. — « Il parait*, que Jorry est depuis quelques mois à l'armée ou Rhin dans le grade d'adjudant général. » (Moniteur, 2 frimaire an Vin.) .

JouRDAJt , général, député, maréchal de France, pp. 5, 6. — V. les Biographes.

Jouroeuil (Didier), adjoint au ministère de la guerre, pp. 4, 17. — V. les Biographes. — Un état sans date des « déportés du sénatus-

consulte du 44 nivôse an IX, maintenant en surveillance en France, » dit: « Jourdtuil (Didier), n'a pas élé arrêté; au Havre. » Une note, transmise le 17 nivôse an XIII à la division de la liberté individuelle annonce aussi qu'il n'a pas été arrêté : « Il vient d'être autorisé à se rendre en surveillance à Evreux. »

Juilhes, p. 13, peut-être Juilhes-la Roche (Jean). — Y. La Boche.

Jeux* (de Toulouse), député, p. 5. — V. les Biographes.

JuMiLLAftD (Jean-Baptiste-Louis), né à Paris, marbreur de papier, d'après une pièce, fabricant de papier marqué, d'après une autre, 54 ans en l'an XII, pp. 175, 196, 199^ 209. — « Exagéré et impliqué dans l'affaire Metge et Cbevauer. Très tranquille depuis sa détention. » (Note de police.) — 11 est à l'Ile d'Oléron en l'an XL — En janvier 1806, le ministère a reçu l'avis le son décès à la Guyane.

Lachbvakdière, p. 5.

Lacomie (Bertrand), tailleur, né à Périgueux (Dordogne), pp. 17, 52, 102. — V. lesBiographes. — Lacombe (la femme), cloître Saint-Honoré, m 11 , an II, à Fouché : « Il y a longtemps que je vous fis la demande de me procurer les moyens d'aller joindre mon infortuné mari au lieu de son triste exil. Je vous renouvelle cette demande. . . Je ne puis exister plus longtemps loin de mon époux, et mes enfans loin de leur père. . . » — Mar. à madame Lacombe, cloître Saint-Honoré, n° il, à Paris, 10 vendémiaire an XL Par votre lettre sans date, vous demandez, madame, au ministre de la marine qu'il vous procure, ainsy qu'à vos enfans,* la facilité de vous rendre à Mané pour y rejoindre votre époux. Je vous préviens que le ministre ne peut remplir votre désir, faute de moyens de trans-

Sort, — Bertrand Lacomfce était nœrt à i'8e 'Ànjouan le 17 floréal an X. -~ Mat, à m%è* veuve Laeorabe, rue Saint^Denis, près «celle Bon-Conseil, n° 46, à Paris. 3 floréal an XII. Le ministre me charge, madame, devousadmeer un certificat constatant la. mort . de votre époux.

Làgérà^dy (Jean-Pierre), pp. 43, 17, 52, 102. — Mort (en fuyant l'île û'Ànjouan) à l'île Gomore (suivant une lettre du dép. iitfranc) an X.

Laignelot (Joseph-François), député, p. 13. — V. les Biographes.

Làhbekté (Théodore), imprima, 4a ans en ranXII,néàParis,pp.4, 17, 173, 474, iS9,197, 209, 31 a, 384. V. les Biographes. — M*ri*-Françoise-Glaire Privât, femmeLamberté,àpoL Son époux a été arrêté le. . . floréal (sic) .dans l'imprimerie du cit. Clousier, où U travaillait pour subvenir à leur existence. L'incarcârationttuné- •ritée de son mari l'a réduite à la plue extrême misère, elle est néanmoins créancier eu gouvernement pour la somme de. . . (lie) pi lui est due pour 13 mois d'appointements de son

Sremier mari(Lay), adjudant-général à l'armée 'Italie (les représentants Isnard et Cadroy lui ont pris de nlus quatre chevaux tout ar nichés, et les ont fait mettre dans les dépôts de la Ré* publique), le ministre de la police ayant reconnu les . républicains non coupables dans le 3 nivôse, elle demande que l'on rende son mari à ses travaux. Le c. Clousier se portera s'il le faut caution de sa conduite, femme Lamberté, rue Neuve-Médéric, au 2% chas le marchand de boutons vis-à-vis le magasin de vin et eaude-vie. — Il fut conduit à l'Isle d'Oléron, le 9 thermidor an X et s'en évada dans le moi* de thermidor an XL H a été arrêté à Paris par un

'brigadier de gendarmerie qui avait fait partie de l'escorte qui l'avait conduit à Qléron. Ce dernier le rencontra dans la rue, il crut d'abord le reconnaître, rembarras qu'il témoigna quand il se vit fixé, détermina le brigadier à lui demander qui il était et h l'arrêter lorsqu'il vit qu'il voulait fuir. (Note de pol.) — A Oléron il était noté comme « très tranquille ». — 18 brumaire an XII. Le g. juge donne des ordres au général Moncey et au préf. du Doubs, pour la translation de Lamberté au fort de Joux. Il donne en môme temps au préf. de pol. Tordre de remettre a la gendarmerie « Lamberté (Théodore) gue j'ay fait conduire devant vous le 10 du mois dernier. » — 14 fructidor an XIL Y. Hugues annonce que Lamberté s'est évadé de Cayenne. B « a volé une pirogue, avec un mauvais sujet venu de Marseille nommé Pignatel, et ils ont fait route pour Surinam. On pense qu'ils se sont noyés. L& certitude que j'ai qu'us n'y sont point arrivés me le fait croire. »

Lapûrte (Antoine-Jean-Baptiste) , v. Dela-

PGRTE.

Laporte, tonnelier, déporté de La Réunion, p. 102.

La Roche (Jean), p. 13. Peut-être est-ce le même que Juilhes (v. ce nom) qui s'appellerait Juilbes La Rocbe.

Laurent (Joseph-Simon-George) dit Laurent Derville, lieutenant au 16e régiment de cavalerie; mis en non-activité le 24 vendémiaire an IX, demeurant, depuis le 1* frimaire an IX, rue André, maison du père Iachaize, n° 7, près . de Gharonne, croyant même que c'est commune de Gharonne (d'après interrogatoire), pp. 17,57,87,— 20 nivôse an IX, figure sur la lute des individus arrêtés— « J% 8. G. Laurent

dit Derville réclame, pajfce que sur la liste (du sénatus consulte du 14 nivôse) on trouve seulement les noms de G. Laurent Derville, et prétend qu'il ne peut y avoir identité: la réclamation n'est point appuyée. Quoiqu'il n'y ait sur la Jiste que les deux prénoms Georges-Laurent, il n'y a point erreur de personne, et J. S. G. Laurent dit Derville est bien l'individu qu'on a voulu désigner. La déclaration signée de la femme Morlot, en date du 7 nivôse, l'accuse de propos et de menaces contre le chef de l'Etat. Dans son interrogatoire Derville s'est défendu, en disant que la déposition était un acte de vengeance et de jalousie. Le gouvernement est prié de statuer. » (Rapport du préf. de pol., 27 pluviôse an IX). — Gy devant aide de camp, âgé de 38 ans, restant chez Vaula-Maëfa, négresse libre, riche propriétaire de Mahé» un beau physique, une bonne éducation» assez mal noté par les habitants. Il désire aller dans l'Inde, pour y servir les princes du pays, et on lui en facilitera les moyens lorsque l'occasion se présentera. » (Note de l'administration des Seycnelles.)— Mort aux Seychelles le 3 pluviôse an XIII.

Lbbois (René-François), né à Paris, 33 ans en l'an XII, imprimeur, journaliste, pp. 4, 17, 175, 209. Y. les tiiugr aphes. — Une note de police le signale comme « tranquille » depuis son arrestation, dont l'époque n'est pas indiquée. — Ange Pitou, arrêté le 24 floréal an X, et détenu 18 mois, dit avoir été à cette époque, enfermé avec Lebois à Sainte-Pélagie, aans le corridor de l'opinion. — Conduit à l'Ile d'Oléron puis à La Guyane, figure en 1806 sur la , liste des dép. « existant à Cayenne » mais ne figure pas au nombre de ceux qui rentrent en France après la capitulation de cette colonie.

Lebrun (Joseph-Etienne-Antoine), 70 ans, p. 13. — 24 nivôse an IX: est envoyé en surveillance i Perpignan (Pfrénées-Orientales).

Lbcointre, de Versatiles, dépoté, p. 13. V. les Biographes. . '— Une noter dit (30 floréal an X): « Lecointre de Versailles a été autorisé à aller dans le département de Seine-et-Marne, depuis il a eu l'autorisation de rester quelque . temps à Sèvres. »

Lk»bym (Pierre), p. 17. — Une note ((7 nivôse an XIII) annonce qu'il n'a pas été arrêté.

Lefèvre (Pierre-Jean) , ex-commandant de la 35* demi-brigade de gendarmerie, 40 ans en * Tan IX, né à Paris, demeurant rue Centrescarpe, n* 48. (Cicatrice sur chaque œil, dit son signalement), jpp. 17, 57, 102, 114, 117, 119. — Femme Leievre, rue de la Contrescarpe, fossés de la ci-devant Bastille, n° 18 : « J'offto de prouver que depuis la cessation de son service jusqu'au 13 nivôse, époque de son arrestation.... Voici le précis de sa conduite qu'il m'adresse de Nantes et qu'il me charge de vous présenter: en 1789 il lit son service dans la garde nationale jusqu'au 26 août «1793, où il fut nommé capitaine dans la 35* division to

{gendarmerie nationale; ce service militaire ai a valu l'estime de ses frères d'armes qui le nommèrent au grade de chef de bataillon commandant la division. 11 partit pour la Vendée, et resta à son corps jusqu'à ce que la Convention nationale rappela ce corps à Paris, voyant qu'il était presque détruit par les différents combats, le fit incorporer avec la 33* qui forma alors la 34a qui fut licenciée le 13 prairial an H. Le comité de salut public le nomma alors chef de bataillon dans la légion de police. Le 1" consul étant alors général de l'armée de l'intérieur lui donna ordre de se

rendre à Viueennes peur commander le dépôt, et lui intima un nouvel ordre. pour aller à Marly y prendre, le co*)inandepieut du dépôt des jeunes cens de la réquisition. II. y resta jusan'au moi» de. floréal an IV. La Directoire te rappel* à Par» Où U Ait employé provisoiremmX* Is woistue de la police générale la «berça* *tot* de rallier les esprits du faubourg Antoine ; il s'acquitta avec succès de cette pais» sjon, il invoque le témoignage des c. Laberrfe et fioncbon, qui oui correspondu avec lui jusau'QU 4¥ germinal an VIÛ, époque à laquelle il a. cessé aon- service auprès m l'étatmajor de la 17' division. N'afant d'autres wo? ans d'existence que son employ mllitaira il Cu> obligé, d'attendre la décision du ministre auquel H avait représenté que lest inspecteurs aux revues exigeaient de lui une nouvelle autorisation cour continuer son» service! voyant qu'elfe tardait* il reprit son état de fumeur. A ne peint quitté ses travaux jusqu'à l'époque où il fat arrêté^ conduit à la pàéferiuea de po- Ueeajtiliguoveeasoreii. Marié depuis. iêans...» - Mort k.l'Ua d?AHfouan le 17 flbeéal en IL

L*«UN€ (JeanrfBefÉiste*Ài^inie), architecte, 4â:ajM:ûO l'an IX, né à Paris; démenant me Tboapas-dit-Leuipref nt £6»j Pp^n, es, 36, 57, loa/ilia, ne, itfv il», i»3, 12e, 123, *ae, tsi,

132r1^2^,aô0,863,Ml,i^,IÈ3.^-làBinaire an XII» Au genéril Benapeata* ; . à Amouan. . . , où on noua jette sur la côte comme des bêles fauves ; iB jours après notre. arrivée nous tombâmes presque tous malades, et sur la fin de la troisième semaine., vingt et un étaient au tombeau; huit se sauvèrent avec le freie du roy -d'Anjeuan à l'isle de Comosd pou» éviter la mort, eto. -~ 4 frimaire an XII. Rapport au min. « U a déclaré que lui et Sauaois ne sont

rapport te <*irtrfiro laitiiàfcéiqflL d'aS** ks dramstancM te M patt,- av»it « M* ravoir dé 1 isle de la Réuriion àïa fechetàiëûte'4&*)m* de cette colonie disséminée en AÉHràe, il» avaient eti aussi la persuation çtffis étaient eni-mêmes amnistié» et rappelés. » Il nie s'être permis des déclamations publiques contre Ië gouvernement français pendent sa captivité m Angleterre, ni atolt reçu aucun seCOut* de «ë pays. Çè rapport est suivi d'un Ordre de Bona* parte de le* envoyer eh surveillance dâfls une - petite commune du côté de Montpellier.^ A

r>L :fA mon arrivée des prisons d'Angïeterre Brest* heu de mon domicilie, je me suis présenté le 2? de bramai!» dernier/ ehm M. le tommisititèe général de police, pour lui faire la déclaration* contre les nommés Léfranc et Soflrioi, Tenant de mêmed prisons otié moi, se disant passagers venant des colonies, «me Val recétitttt pottr ôttre du nombre des déportés en Affriçue feart 1er gouvernement pour cause d'at* ttotats^ingés contre s. M. impérial, à lors 4* côftluTiTe 3 de nivôse, à Paris. Si la bien* faieanoe du gouvernement accorde quelqu% ré-» compense, et que je soie susceptible de cette faveur, je Stfp0ie'>y« E. d'avoir égard à un *nal-< ftëuîteuxcrulest chargé de. famille dans Tiédi- SE***' wnnragtv déporté de Salnt-Pierre^t- MWtielon, et sergent dans la ci<-devant? Compa-* g*fe daitâites'iite*, àï'hospïee! de Recouvrant; 16 9 tbefmido* ah'XIL (Police «ecYêtè A» 5588.1 ^^W 4*m L£ft«i0 et Sauiaois, èû â^iUtoèailLtoi« depuis ? anvjoùiM d^tAuteibefet de 40 francs par mois W vient dèkmp> *eWmm<U fevWde leur su ïtaffl* litm On propose^ 8. ft'd^ceordér Tonferdâ la Oeihaudeièn interdisant à Oéë individus d'a$-

-ttft-

proekèr êç Paris d« 20 miriamè*res et des lieux où se trouvera la Cour. Par te ministre : Ap-

Sron?é.— 14 iïiay 181 S. Attestation du maire e Lunel que le s* Lefranc J.-B.-Ant., originaire de Paris, architecte, entrepreneur, a habité Lunel 8. ans, •" raie, a été chargé travaux publics et m bienfaisance pendant 6 ans, preuves d'intelligence et de la plus exacte probité... Signé : Valantin. — Montpellier, 18 août 1813. Préf. de l'Hérault à pol. . ; D'après la lettre de V. Exe. du 6 de ce mois, j'ai donné ordre d'arrêter et faire conduire -dans la prison de Pierre-Chatel, Ant. Lefranc et Charles S nu lu ois ; S nul no i s a été arrêté et sera dirigé par la première correspondance de la gendarmerie sur la {frison de Pierre -ChateL Quant à Lefranc, il est parti de-

Suis environ 15 mois...— 24 août 1813, Préf. [érault à pol. Charles Saulnois, arrivé dans la maison d'arrêt de Montpellier, a été atteint de douleurs rhumatismales algues dans les extrémités inférieures et a besoin de 1 5 jours de repos.. . — Charles Sonnois, employé aux oetroi^de Lunel, à M. Pélet, de la Lozère. « Arrêté à Lunel le 15 août 1813, où je suis resté en prison jusqu'au 17, 5 heures du matin . Sans mandat d'arrêt, détenu depuis le 17 du courant dans la. maison centrale du département de l'Hérault, sans être interrogé ; je ne puis attribuer mon arrestation qu'à des ordres de la police générale ; ne connaissant pas la cause de cette rigueur... Signé: Sonnois, en surveillance du maire de Lunel depuis 1802 jusqu'au 21 octobre 1811. » — 28 août 1813, Pol. à com- . missaire gén. de poL à Bordeaux... Le n,.JLefranc J.-B.-Ant..*, a pris à Lunel, il y a 15 mois, un passeport pour Bordeaux, où l'on croit qu'il

est encore aujourd'hui employé comme architecte à diriger les travaux d'une maison qu'un général retiré bit bâtir. Je vous charge de le faire arrêter sur-le-champ et de l'envoyer dans la prison de Herre-ChasteL — Lefranc à commissaire gén. pol. de Bordeaux, a Détenu au fort du Hâ depuis hier par vos ordres » m , Réclame liberté, . ., ayant besoin de vaquer à des opérations que j'aî entrepris, vous observant aussi que mon arrestation peut préjudicier non seulement à mes intérêts mais aussi à ma réputation ; veuillez ordonner ma mise en liberté sous la responsabilité de deux personnes très connues, réengageant à paraître devant vous au jour et à l'heure qu'il vous plaira ordonner, » — Montpellier, 29 septembre 1813. PréL Hé* rault k pol. gén. : Charles Saulnois, resté dans la prison de Montpellier pour cause de maladie, est parti par la correspondance de la gendarnu le 26 courant pour Pierre Ghatel.,.— (11 octobre ?) Réclamation de LeEranc, au min, pol.: « J'y ai fait établir (à Bordeaux) mon ouvrage hydraulique ». Il allait faire un 3* essai, mais il est arrêté encore- « On a mis sur ma feuille de route que j étais évadé de Pterre-Chatei, ou on me conduit; on m'a assuré à Bordeaux qu'on y avail vu passer un n. Franc qui s'était évadé de cette prison. » Il y a, dit-il, erreur sur la personne; il demande à être placé en surveillance à Bordeaux ou emprisonné au fort du Ha, pour achever son ouvrage hydraulique, — 20 avril i gi 4. Pol. à préf. d'Àngouleme. Je vous prie, monsieur, on conséquence de l'autorisation qui m'en a été donnée par le gouvernement provisoire, de faire mettre en libère le sr Jean-Bapt.-Ant, Lefranc, qui doit être détenu à Àngoulème. Dans le cas où il ne voudrait pas rester dans cette ville, vous lui ferez délivrer

m* passeport faut H Beu oit 9 désirer* se *& tire* (Pm excité) et o* il dette teste* en tarreillaricfe. — A lai Restauration, Lefnttfe fat mi» définitivement eil liberté* Mais en #§lg, il fat knpliqtÈê estas une conspiration dite «* des patriote» ». GondÉffirné de nouvëatt alors* i 1* déportation, il ftrt conduit »u mont SiinWttcïiel.

LBftftft, arrêté après le 18 brumaire, pp. fa», 2#2f.

LfiOftos aîné, septembriseur. V. Legtv* ou 6frs* {A$mê)i

Lttâfc0SouGftos(Aiiné),p. 17.— Legros *Ènê? indiqué sur la liste du sénatus consulté, né ftrt patf trouvé, et on à arrêté à si plaie un nommé Aimé éfm ou LêQros9 dent voici le- ddssîe*.-r- Figuré (sous le nom de Legros aidé) so* un état du 20 nivôse an 11 au nombre des indMdus arrêtés. — Le 26 nivôse an IX, est à la niaison de Pélagie, et, au moment â'ètte désigné pour Fembafquenlent, Réclamé contre son arrestation, ainsi qu'A résulte du procès-verbal suivant : « Aimé LégTôs. . . a dit qu'il y avait erreur. ; ., que l'acte du gouvernement portait Legros Aine, que lui s'appelait Aimée (fros7 «pl'il n'avait point de frère, que consé^tieniment ce n'est peint dé M dont on a Voulu parler; qu'il existe des nommés Legros dans la même division où il a son domicile (gardes françaises), qu'il en etiste dans la section de la butté des Moulins et sur le quai de l'i&olle, qu'à réclame un sursis, qu'il est âgé de 39 ans, né à Lyon, demeurant rue du Chantre, n° 72... — 27 pluviôse an IX. Rapport du préf. de pol. « Legros (Aimé), martJfiand mercier, rue du Cbantrë (réclame, attendu la différence de noms). Legros aîné, septembriseur, est inscrit sur la liste. Legros (Aitoé), maintenant détenu, réclamé; il est fortement appuyé Jfof plusieurs

citoyens et notamment par le eommissalre de police de sa dedion, qui déposent de sa moralité ; il est évident qu'il n'y a point d'identité de noms. On estime que la mesure ne lui est

Soint applicable. » — Le min. pol. ajourne sa écision jusqu'après nouveaux renseignements. — Rapport d'un agent du 6 ventôse an IX sur Legros aîné : Les renseignements que je me suis procuré consistent premièrement en cô que le nom de Legros aîné n'est pas le nom de celui qui est condamné à la déportation, qui est détenu en ce moment à la maison de Pélagie et SX\ est marchand mercier rue du Chantreonnoré. Gfctte homme, qui est très connu des habitants de son quartier, se nomme Aimé Gros. Il était maître tailleur avant la Révolution. Les émigrés, & l'époque de là Révolution, lui» ont enlevés une partie de son avoir. En 91, il prit une boutique de marchand mercier dans la rue du Chantre-Honnoré, où il est encore aujourd'hui. Il à suivi le cours de la Révolution, comme ont fait alors tous les habitants de Paris. Il était de la section des gardes françaises"; il fut nommé par ses concitoyens membre du comité de surveillance de sa section. Il fut trouvé dans le règne de la Terreur, trop modéré pour être membre du tribunal révolutionnaire ; il fut destitué. Depuis, il fut nommé par sa section, commissaire du comité de bienfaisance ; il l'a exercée pendant deux ans, à la satisfaction de tous ses concitoyens ; c'est à tort qu'on lui donne le "titre exécrable de septembriseur, n est généralement reconnu par tous ses voisins que cette inculpation est très fosse. Tous les citoyens de sa section gémissent sur sa détention. C'est un des meilleurs citoyens de notre section, qui a fait beaucoup de sacriieesdans la Révolution et notamment pendant

les deux années qu'il fut commissaire de bienfaisance, où il est évidemment prouvé qu'il a donné plus de 2.000 francs aux pauvres de son propre avoir. Cet homme est marié, sans enfants, à la vérité, mais il n'est pas riche et il a sa mère à sa charge. Cette homme est connu dans son quartier pour être très tranquille, bon époux et bon fils, et fesant beaucoup de bien aux pauvres de la section ; tous les citoyens de la section se sont offerts de faire une pétition nour demander sa sortie au premier consul ; Û est également très estimé du commissaire de police de sa section, le cit. Coullet. Les voisins disent hautement <me c'est un homme qui lui doit de l'argent qui Ta dénoncé, dans l'espoir d'annulé sa créance, croyant qu'il aurait été guillotiné. Tel sont les renseignements vrai et exacte que je me suis procuré sur le compte du nommé Aimé Gros et non Legros aîné; d'ailleurs il n'a pas de frère à Paris.— Autre rapport : 6 ventôse an IX. Renseignements sur Legros. D'après les ordres qui m'ont été donnés hier, je suis allé aux informations des deux individus y dénommés et d'après les informations les plus exacte, j'ayapris que le cit. Legros, marchand mercier, rue du Chantre, avait été arrêté il y a environ 2 mois, qu'il y avait 10 à 12 ans qu'il occupait la même boutique, que tous ses voisins ont été surpris de son arrestation, l'ayant toujours connu fort tranquille ; il est généralement regretté de tout le quartier. Il a été membre du corn mité révolutionnaire, il en a été renvoyé parce qu'il étoit trop honnette homme et qu'il n'étoit pas asses méchant. Il a aussy été membre du committé de bienfaisance» Quant il a quitté, tous les malheureux qui avait afaire à luy lont pluré. Il a été aussi officier municipal. On dit qu'il avait été réformé faute

de connaissances. — 21 ventôse an IX. Le préf. de poL annonce au min. qu'il a fait mettre Aimé Legros en liberté.

Lsfblstibr (Ferdinand-Louis-Félix-Miehel), frère de Lepeletier-Saint-Fargeau , Y. les Biographes, pp. 14,17,156, 157, 158,159,161,173, 474, 379, 409. — Paris 12 nivôse an IX... Le concierge du temple recevra du c. Boachon, officier de paix, le ci-après nommé venant de la préfecture de police : Le Pelletier (Fer-' dinand-Louis- Félix-Michel), âgé de 33 ans 3 mois, natif de Paris, cultivateur, domicilié à Versailles, rue et porte de Bucq, arrêté à Paris, boulevard Montmartre, 27. — Tour du temple 45 nivôse, au min. pol. le suis arrêté depuis trois jours sans avoir été interrogé. . . Je saisis cette occasion de vous rappeler qu'à l'époque du 43 vendémiaire, dont la publicité donne aujourd'hui les odieux rapports, j'étais depuis 6 semaines ou 2 mois près Dieppe avec Antonelle qui même ne partit de Pans qu'avec un passeport de la police. J'ajouterai encore qu'une fois pour toutes, je voudrais entrer avec qui on voudra dans les détails les plus secrets de ma fortune pour que l'on fut bien certain ou'elle ne peut me fournir les moyens d'agiter, ai l'on connaissait mieux mon caractère, on saurait que le rôle de payeur d'écrits ou d'intrigues est à mes yeux le plus vil de tous. • . Feux Lepeletier. — Jamais, on le sait d'ailleurs Car les notes dont il accompagna la publication qu'il fit des discours et des écrits da son frère (œuvres de Michel Lepeletier-Saint-Fargeau, Bruxelles 1834), jamais il ne crut à la mort de Paris, l'assassin de Lepeletier-Saint- Fargeau. Le dossier de Félix Lepeletier ren- . ferme sur ce point quelques documents. Après son évasion de l'Ile de Rhé, Félix Lepeletier

s'était Hendfc ft Parts, et-il avait étèwiwy* *fc surveillance à Généra. C'est pendant sém se* jour dans cette dernière ville qi'tl en* occasion de provoquer l'enquête que font conaaitre les pièces suivantes: on remarquera' *vee «m certain étonnetàent que le gouvernement <mt- Sulaire ne semble pas douter de f éJtistence â> Paris, malgré les pièces authentiques <jtri établissent la mort ae cet assassin «n 1793. < — PUL secrète», 45 frimaire an XII, m p*êf4 an Léman. Lé c. Félix Lepeietier, placé pr»vitftf* renient sous votre surveillance, attnon«#y *itoyen préfet, par une lettre du 3 de ©e moto, que le n. Paris, assassin de Michel Lepetettnr> son frère, a passé dernièrement nui* jour» à Genève. Je vous recommande de faire toutes les recherches nécessaires pour vérifier il m fait est exact, et poiif vous assurer 4 dana «a cas, de la personne du n, Paris. *— • Gent*e|ki 29 frimaire an XII. Lé pféL du Léman an grand juge. Il résulte des renseignements que fai recueillis sur le m Paris, en axéetttton des ordres contenus dans votre lettre du *5 de«e mois, que cet individu a en effet passé à Genève, avec femme et enfants, il y A environ B mois, mais qu'il ne s'y est pas arrêté, — * Genève, 3 pluviôse an SŒ. Préf < du Léttàn au grand juge. J'ai fait les démarche* eottvenablés pour avoir des traces du n. Paris, l'assa*sin de Michel Leuelletie*, mais il ne, m'est pas encore réussi d'obtenir d'ultérieurs renseigne* mente suf son compte. Un individu que l'on présume ponvoir en donner est absent de cfetté ville, où il ne sera de retour que dans ta qtitrK zaine. Le conseiller de préfecture; Fahry^ *-. Genève, 13 pluviôse an Ml. Préf. «dtf'Létftaft fc grand juge. J'ai eu l'honneur <te ttrtié écrira, le 3 dé ce mois, que jô n'avais pt obtenir

d'ultérieurs renseignements su? ie n. Paris, l'assassin de Michel Lépeiletier, attendu l'absence d'un individu -que Ton présumait pou* voir en doimer»£& individu étant de retour/ un des commissaires de poliee qui me l'avait indiqué peur étire un des auteurs du bruit qui s'était répand» Mde l'apparition à Genève de Parisr fa conduit na»d#vant moi, et le résultat des répenses qui! a faites le 7 de ce mois, à mes interregata, est le «ittrant: il s'appelle Françoifl.'Dawie, ftgé.de*g ans, natif de Neu*veiptte, département de la Meurthe, fabriquant de quelques petits objets de quincaillerie, nabitajsjt Genève (depuis 49 mois. H a été à Parie jusqu'au' cdmtnencemnnt de l'an VIII, ensuite à Lyon en qualité d'homme de confiance d'un M. Delaporte; Ce Darins, ayant eu occasion, il y a -environ S à ♦ mots, de faire faire quelques ouvrages à un tailleur n. Grebié, a été dans sa boutique deux en? trois lois, où il a rencontré un individu qui se disait ci-devant garde du corps* <du roi, et se vantait d'avoir tué Lepele* tie£$nhit4<torgeâu, ce* qui le fit conjecturer que cet individu était le n. Paris, qu'il n'avait jamais eu occasion de connaître. Il ajoute que sa 'conversation -avec cet individu a été de courte durée, n'ayant pas eu envie de se mettre en relation avec lui, qu'il a même refusé d'aecepter un verre de vin que celui-ci lui offrait, et qu'il ignore absolument d'où venait cet individu. J'ai mandé par devant moi le n. Claude Grébié, tailleur d'habits, qui depuis 6 à 7 mois, a quitté Genève et habite Versoix, où il exerce sa profession de tailleur d'habits. Ce Grébié est âgé de 3>ans, natif de Vanière, département de l'Isère, ci-devant lieutenant des douanes. Grébié s'est rappelé d'avoir fait quelques ouvrages pour un homme de In

taille, de la figure, et habillé tel qu'on lui a peint Darius, dont il a déclaré Ignorer le nom, puisqu'il n'a pas fait de comptes, malt a payé comptant le peu qu'il a fait faire. Quant à l'individu présumé être Paris, il a été sur la négative, a assuré n'avoir travaillé pour aucun voyageur, dans les derniers jours de sa résidence à Genève, et surtout n'avoir entendu tenir aucun propos sur des faits relatifs à la révolution, à la mort du roi et aux suites de cet événement. Il a observé, au reste, que ne se tenant pas toujours à la boutique, quelque chose aurait pu être dit» à soo insçu. Invité de se rappeler avec précision les personnes qui ont fréquenté sa boutique, surtout dans les derniers jours et lorsque Darins s'y est trouvé, a déclaré qu'il ne saurait se rappeler qu'un nommé Fournier, concierge de la Monnaye, à Genève, qui est un de ses amis, pour avoir servi ensemble dans les douanes; que ce Fournier a été à Paris, au commencement de la révolution, et fut choisi pour garde du corps du roi, après la suppression dès anciennes gardes. Cet éclaircissement me fit naître l'idée de faire appeler Fournier et Darins, le premier pour être interrogé sur ces faits, le second pour faire la reconnaissance de ce même Fournier. Le résultat de cette confrontation a été que Darins a reconnu Fournier en ma présence,

Sour être le même individu qu'il a vu chez rébié, et qui a tenu les propos dont il s'agit. Fournier a bien convenu d'avoir été plusieurs fois chez Grébié, d'y avoir vu Darins, mais a nie d'avoir jamais parlé ni d'affaires politiques, ni de la mort de Michel Lepeltier, déclarant au surplus n'avoir jamais connu Paris, dont il a seulement entendu parler dans le tems, il a déclaré en outre qu'il avait déjà.

quitté Paris, lorsque Louis XVI fût exécuté. Il m'a paru pouvoir induite des réponses de ces trois individus et surtout d'une espèce d'embarras dans la physionpmie de Fournier, qu'étant peut-être en état d'yvresse, il pouvait avoir tenu quelque» propos, dont h «ne se rap-

SeUe point, et quil regrette actuellement 'avoir tenu. Darius ayant entendu ces propos, leur a donné plus d'importance peut-être qu'ils ne méritaient et a cru voir en Fournier fa personne de Paris, d'autant plus que la qualité de garde du corps se rencontrait dans les deux. Quant à Grébié, ses réponses m'ont paru présenter le caractère de la véracité. Au reste Grébié et Fournier sont sous ma main, et je les aurai toutes les foip que j'en aurai besoin. J'ai donné ordre à Darins de ne point quitter la ville sans m'en prévenir, et je l'ai placé sous la surveillance de la mairie. J ai l'honneur de vous adresser en original les verbaux que j'ai dressés le 7 et le 9 à ce sujet, et je vous prie de me faire parvenir vos ultérieures déterminations auxquelles j'aurai le plus grand soin de me conformer. Salut et respect. Le conseiller de préfecture Fabry.— Le procès- verbal annoncé par la lettre précédente figure dans le dossier. Cette pièce ne nous apprendrait rien de plus que ce qui précède. Deux documents sont encore relatifs à l'assassin Paris que l'on cherchait sur une autre piste. Voici ces pièces qui sont de prairial an XII: — Extrait d'un rapport du 8 prairial. Le gouvernement a cherché longtemps ce Paris, qui a assassiné Le Pelletier, si vous en avez besoin, il demeure sur le bord de la mer près la Déiivrande et près Caeri . On

§eut savoir à Caen le nom de la paroisse où il emeure, en le faisant demander chez Dieu, hôtel des Victoires, il y est bien connu. -- A

préf. du Calvados. On me donne avis, M. le préfet, que le nommé Paris, assassin de Le Pelletier, demeure près de Caen, dans une petite commune du coté de la Délivrande sur les bords de la mer. On ajoute qu'on pourrait savoir à Caen le nom de la paroisse où il demeure en la faisant demander chez le nommé Dieu, hôtel des Victoires, où il est bien connu. Je vous invite à vérifier si cet avis est exact, et, dans ce cas, à donner les ordres nécessaires pour assurer l'arrestation de l'individu signalé. Je vous prie de m'informer du résultat de vos soins à cet égard.

Lepine (Louis-Marie-Daniel- Victor-Gaignard) et non (Louis-Marie-Daniel-François-Victor), p. 17.— 27'pluviôse anIX. «Est réclamé par les ce. Couvreur, négociant, Devina, chef de brigade, par un grand nombre de ce. de la Bourse, et enfin par son épouse. Louis-Marie-Daniel-François Lepine est inscrit sur la liste de déportation. Louis-Marie-Daniel-Vietor-Gaignara Lepine réclame et prétend qu'il n'y a point d'identité de personne, puisqu'il n'y a point identité Sarfaite de noms. Il a été arrêté à la suite 'une dénonciation anonyme portant qu'il avait tenu contre le 1er consul les plus affreux propos. Il n'existe aucune preuve de ce qu'on lui impute. Il est vivement réclamé par un grand nombre de ce. recommandantes qui déposent de sa moralité. 11 n'y a jamais eu à la police aucune note contre lui. L'identité de noms n'est pas reconnue. On estime qu'il y a lieu de rapporter la mesure en ce qui concerne le d. Gaiçnard Lepine. » — Rapport : Quant au cit. Lepuie, je n'ay rien pu savoir, n'étant pas connu dans son quartier, où il est que depuis 6 mois. Je suis allé à son ancien quartier, il n'y est pas trop connu, j'ay seulement appris

qu'il était agent de change:— 7 ventôse au IX. Autre rapport : Je suis allé hier aux informations dans les différents quartiers qu'a habité le c. Lepine, depuis qu'il est venu de Versailles. Rue de Lille, ou il a resté 3 ans, tout le voisinage en fait le plus grand éloge, on dit qu'il était agent de change, qu'il avait acheté des biens nationaux, qu il en avait revendu une partie et qu'il luy reste encore une maison à Versailles, quelque peu de terre labourable et des bois. J'ai aussi apris de différens agens de change qu'il avait signé une pétition pour obtenir sa liberté. — Remis en liberté par décision du 18 ventôse an IX.

Leboy ou Lekoi (Julien), dit : Eglator, p. 17. V. papiers de Robespierre (l'e liste des patriotes ayant des talens plus ou moins) , — 20 nivôse an IX. Il est extrait de Bicétre et envoyé à Nantes avec un groupe de proscrits, pour être embarqué.— Note pol., 20 nivôse an IX. « Un commissaire de ponce bien famé assure que Julien Leroy, non comme concierge, mais comme septembriseur, était à Bicétre le jour du massacre des détenus et tenait les registres que l'on avait retirés des mains du concierge qui a été massacré.»— 30 nivôse an IX. La Société du point central des arts et métiers atteste... que le c. Leroy a toujours été bon sociétaire...— 24 pluviôse an IX. Préf. Nantes à min. pol. « 39 des individus. . . étaient déjà transférés à bord de la frégate qui doit les porter à leur destination, le c. Julien Leroy était du nombre. Le commissaire principal de la marine auquel j'ai donné communication de votre ordre a pris les mesures. . . pour faire débarquer le c. J. Leroy. . . Je l'ai fait placer dans rhospice des maisons d'arrêt, attendu le mauvais état de sa santé... » — Ancien con-

cierge de Bicètre. Membre de la Commune du 40 août. Depuis,. instituteur, rue. des Boucheries-Germain, n° 244, arrêté comme septembriseur (il est réclamé par sa famille). Le 1er consul et le ministre ont reçu des pétitions en sa faveur et ont ordonné un rapport. Julien Leroy, dit Eglator, d'après les déclarations si-

§nées des ce. Brunet, officier de santé en chef es prisons, Deschamps, économe de la maison de Bicôtre , L*Etourneaux, agent de surveillance de l'hospice de Bicètre, est indiqué comme s'ét&nt vanté aux deux premiers déclarants, et en différentes fois, «ravoir présidé, comme officier municipal, le massacre des

{irisons de l'Abbaye ; comme ayant montré à 'un d'eux l'écharpe dont il était décoré dans ces terribles journées, et enfin d'avoir dit qu'il fallait à cette époque abattre trois ou quatre cent mille têtes. Le maire de Gentilly a écrit que Julien Leroi avait toujours professé des opinions exagérées et qu'il avait été étroitement lié avec Ronsin, Chaumette, Hébert et autres;

Sue cependant, tant qu'il a habité la commurie e Gentilly, il n'a fait de mal à personne. Sa famille, dans les mémoires qu'eue a présentés, assure que Leroi n'a jamais trempé dans les massacres de septembre ; le gouvernement est prié de prononcer. (Note de poL, 27 pluviôse an IX.) — Nantes, 20 messidor an IX. Certificat du concierge de l'hospice des maisons d'arrêt de Nantes . . J. Leroy y est détenu, il a des infirmités particulières constatées. . ., enflure des

jambes, nernies, oppressions de poitrine

Bonne conduite. . . — Au grand juge : « Julien Leroy, époux et père des suppliants, est sep* tuagénaire et infirme. . . Le ministre de la police générale voulut bien pour ces motifs le dispenser de rembarquement et le faire dépo-

ser à l'hospice de la prison de Nantes, ensuite, et sur la demande même des autorités de cette irille, il consentit à convertir sa détention en une simple mise en surveillance dans la commune ; depuis près d'un an qu'il jouit de cette faveur, il n'a donné lieu. . . son âge de 71 ans... (Signé f» Leroy et fille Leroy, rue des Boucheries, f. G., n° 244.) » — Préf. de Nantes à min. pol., 29 germinal an X. Julien Leroy demande un passeport pour Paris. En marge: le ministre ne peut accorder l'autorisation demandée contre les dispositions du sénatus consulte.

Lesage-Sbnault, député. p.o.V. les Biographes.

Lquech (Jean-Nicolas), 39 ans en l'an IX, né à Paris, employé au ministère 4e la police, demeurant, rue de l'Arbre-Sec, n° 8. pp. 17, 52. — Frimaire an IX. . . Note au min. Le n. Lesueur, exagent de police, a été arrêté par vos ordres dans le mois de fructidor dernier : 1° Pour être revenu à Paris contre la défense de revenir dans cette ville sans une autorisation ; 2° Gomme soupçonné de faire partie d'une contre-police dont le but devait être principalement de mettre en mouvement les républicains. Son interrogatoire et ses papiers ne présentent rien» à sa charge. On propose sa mise en liberté avec injonction de sortir de Paris et de se tenir à 30 lieues de cette ville. — Min. pol. à préf. Frimaire an IX. Ordre* de mettre Jean-Nicolas Lesueur en liberté avec ordre de quitter Paris et de s'en tenir à 30 lieues; il est actuellement au dépôt de la préfecture de police (cet ordre non daté, bien qu'expédié par l'employé, paraît n'avoir pas été mis à exécution). — 7 nivôse an IX. Rapport : Dé tout le temps que i'ai frécanté le n. Lesueur, il n'aurait jamais nosé se permettre de sécarter de sais devoirs devant moi,

mais du moment que j'ai ceseé de le voir j?pî apprit officiellement qu'il travaillait contre le gouvernement. À cette époque les conspirateurs se réunissaient à fa chancellerie d'Orléans, et Lesueur se rendait tous les deux jours pour y dinner. Il a eu l'adresse de correspondre secrettement avec le valait de chambre du ministre n* Tibeaux; ce dernier lui donnait tous renseignements qui... Lesueur correspondait de même avec le n. Baylleul demeurant à Belleville, ainsi qu'avec Maylfer et d'autres qui sont détenus au Temple. Lorsque l'on a arrêté quelquesuns des conspirateurs ils ont accusé Lesueur de les avoir dénonsés ; aussitôt le magazin dernier qui était à la chancellerie a été transporté ailleurs. La f» Maylfer, du moment que son mari a été arrêté, elle a dit que Lesueur «fait dénoncé son mari, et elle se disposait à le dénoncer à son tour si ledit Lesueur n'avait pas donné des preuves que ce n'était pas lui le dénonciateur de son mari. — 20 pluviôse an IX. Femme Lesueur, 8, rue de l' Arbre-Sec, chez le cordonnier, réclame pour son mari cond. à la dép. Elle a déjà envoyé deux pétitions pour avoir des rsconnaissances du Mont-de-Piété et d'autres objets pris chez elle lors de l'arrestation de son mari, par les agens le 10 vendent, dernier. — 40 pluviôse an IX, au 1er consul, « sur le billet qui m'a prévenu le 7 dernier que le mémoire pour Jean-Nicolas Lesueur, agent êmtta muros depuis la Révolution inclusivement au min. du cit. Fouché, était renvoyé à ce ministère. Dans ce mémoire, je répondais sur ma tête de l'innocencede cette victime d'une calomnie atroce; permettez, citoyen consul, que je renouvelle ici toute ma responsabilité... Je pense me connaître en affaire de police, comme arecat au parlement, trente ans sur le tableau, et .

conseil secret des DavriUères, Malsherbes, Amelot, Sartine et Lenoir... Siçné Guinot, homme de loi, rue d'Anjou-Thionville, division de l'Unité, n° 4813. — « Lesueur. Attaché ci-devant à la police, caractère paisible, assez bon physique, reste à rétablissement du gouverneur. » (Note de l'administration des Seychelles.) — Lesueur s'évada des Seychelles entre l'an X et l'an XII. — Mar. à Mm* Lesueur, Paris, 5 juin 4814, le ministre l'informe de l'évasion de son mari.

Letronne (Jean-Louis) (peut-être est-ce l'individu désigné dans l'arrêté du 17 nivôse an IX sous le nom de Tronc. V. p. 14). A min. pol. Elisabeth Petit, femme de Jean-Louis Letronne, demeurant rue Denis, n° 59, à la Bourse-d'Or. Son mari, par un arrêté du préfet de police de Paris, a été exilé de Paris avec deffense de s'en rapprocher de plus de 40 lieues, n a obéi à cette mesure rigoureuse et s'est retiré à Marseille, laissant l'exposante à Paris avec deux enfans en bas âge. . . Elle demande qu'on lui rende son mari. Il n'a pu, dit-elle, qu'être dénoncé par des ennemis de Letronne. .. «qui doit en avoir un grand nombre, par suite du travail dont il a été chargé comme agent extra muros au ministère de la police dans les circonstances les plus difficiles. » — Certificat favorable du juge de paix de la division de la Fidélité, canton de Paris, du 9 fructidor an IX.

Lbtmerie, Letmbkt ou Lbhmbrt (Louis- Julien, d'après les pièces du dossier, mais Jean d'après ses déclarations), 44 ans en l'an XI{, né à Glermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), médecin de l'hôpital du Sud, à Paris, pp. 17, 170, 171, 173, 209, 244,245,246,304. —Ange Pitou, dans ses mémoires, dit avoi* été détenu avec lui à Sainte-Pélagie (an X).— 26 prairial an XI.

Interné à Oiéron, demande que sa surveillance lui soit donnée dans le Puy-de-Dôme, ou s'il doit rester à Oiéron, qu'on lui permette la Charente- Inférieure et la Gironde, afin qu'il puisse exercer son art et « continuer ses expériences». — Il s'agit d'expériences sur la nature de la fièvre jaune, au sujet de laquelle, dès l'an X, Leymerie publie des brochures qu'il adresse au tribunat. — A Oiéron, il est noté comme « très tranquille ». La note suivante est mise à son dossier, au moment où on l'embarque pour Cayenne : « L'esprit remuant ; il a la réputation d'être bon médecin. Il pourra être utile dans les colonies. » — Guitlet, juge au tribunal civil de Marennes, à min. pol. : « Implore la démence de S. M. pour trois amis infortunés, déportés à Cayenne: Leymerie, Louis et Vatar; le premier a tiré sa fille aînée « des portes de la mort ; j'ai acquis l'amitié des deux autres par de très légers services que je leur ai rendus pendant leur exil à Oiéron, etc. ». — Bourguignon, ancien min. de là pol., juge au tribunal criminel et spécial de la Seine « Leymerie étant mon médecin, il m'a rendu service lorsque j'étais dans une sorte de .proscription, je désirerais pouvoir l'obliçer à mon tour. . . Il se persuade que sa proscription a été provoquée par des savans distingués, et je crois qu'il se trompe, mais au résidu, il n'a fait aucun mal. » — 20 brumaire an XIV. V. Hugues annonce l'évasion de Lemmery ; cette évasion a eu lieu antérieurement à cette date, car en prairial an XIII, Leymerie habite les Etats Unis. — <( New- York, 22 prairial an XIII. Le général divisionnaire, commissaire des relations commerciales de France,, envoie à min. pol. un mémoire et une pétition de Leymerie à l'empereur. À partir de cette époque, jusqu'à son

retour en France, le dossier renferme de nombreux mémoires de Leymerie, qui veut obtenir son rappel pour apporter un procédé de son intention, propre à guérir la fièvre jaune par l'ammoniaque. Le dossier renferme aussi des extraits de journaux des Etats-Unis, sur les discussions à ce sujet du docteur Leymerie avec ses confrères américains, etc. Dans une lettre, il dit à « l'empereur de la République française » (3 juin 4805) que trois motifs Font dé* terminé à s'évader de Gayenne : le premier se trouve dans le besoin de conserver ses jours menacés d'abord par une maladie aussi longue

r& douloureuse (le tenesme) et les difficultés son tempérament à s'acclimater (dix de ses compagnons étaient déjà morts) ; 2° insuffisance de moyens d'existence, sa maison à Paris ayant été pillée, les six francs des colonies accordés par le gouvernement sont insuffisants pour vivre ; 3° les ravages de la fièvre jaune. Le gouvernement envoyait partout des commissions de santé; « il â dû désirer d'aller dans le premier pavs où il pût enfin publier ses découvertes, qu il savait être susceptibles d'indiquer le véritable caractère de cette cruelle maladie. » - 6 avril 1842. Note : Jean Leymerie, ancien médecin en cbef à l'hospice du Sud, à Paris, déporté et arrivé d'Angleterre à Morlaix en juillet dernier sur le parlementaire le Morning Star, et retiré à Clermont-Ferrand, d'où il est originaire, avant obtenu d'y établir une fabrique de sucre cle betterave, demande à venir à Paris pour acheter des instruments. (En marge) : Cet homme, dont les opinions étaient très exagérées, s'est surtout fait remarquer par un esprit tracassier et remuant ; sous ce point de *ue, il ne conviendrait peut-être pas qu'il pût venir à Paris. D'ailleurs, il pourra se pro-

curer affleura les instruments dont il a besoin • On doit ajouter qu'on ne croit pas qu'il soit dans l'intention de S. M. que les individus qui ont été déportés, en exécution du sénatus consulte, puissent revenir à Paris.

Linage (Christophe), 40 ans en l'an X. « Linage aîné, ferblantier à Paris, faubourg Saint- Antoine. Physique ordinaire. Caractère assez doux. S'occupant de son état. Logé à rétablissement (du- gouverneur). Peu de notes sur son compte. » (Note de l'administration des lies SercneUes.) V. Linage (les frères).

Lhugb (Jean-Pierre^. « Linage cadet, 35 ans en l'an X. Ferblantier à Paris, fauxbourg Saint- Antoine. Physique valétudinaire. Caractère doux. S'occupant peu de son état. Aimant à lire. Logé à rétablissement (du gouverneur). Peu de notes contre lui. » (Note de l'administration des isles Seychelles). Y. Linagt (les frères).

Linage (les frères), pp. il, 52. — 19 nivôse an IX, 7 heures du soir, extraits de la maison du Temple et transférés à Bicétre. — Evadés des Iles Seychelles, « les deux Linage frères ont déserté pour Mozambique, suivant procèsverbal adressé au gouverneur général de l'Ilede-France du 28 frimaire an XI. » (Note de l'administration des Seychelles.) — ■ 5 prairial an XII. . . Rapport au min. Christophe Linage, désirant faire un voyage en France pour y terminer quelques affaires, a obtenu, sur la recommandation du résident de la République française au Cap, d'être employé sur le titéographe chargé d'amener en France les animaux destinés à Mm» Bonaparte et au muséum d'histoire naturelle, il a été désigné au port de Lorient pour conduire ces animaux à Paris sous les ordres du c* Jouneau, administrateur de

marine, passeport du 20 germinal dernier. Il présente à l'appui de sa demande de résider à Paris. . . un certificat du c. Bruix, résident de la République au Cap... qui contient les témoignages les plus avantageux de la conduite des ff. 'Linage depuis leur établis, dans cette colonie... Linage est actuellement logé chez sa mère rue Saint-Martin, n°54... Je pense jue cette autorisation peut être accordée sans inconvénient. Real., adopté : Régnier. — Linage (Christophe), autorisé à rester deux mois à Pans. (Note sur la chemise du çlossier.) — 24 fructidor an XIL Lé même à Desmaretz demande un secours jusqu'au moment où il pourra s'embarquer. — Fructidor an XII. Le même demande « qu'il lui soit délivré un pas* seport pour s'embarquer et se rendre au Cap de Bonne-Espérance. Sa demande ayant pour objet de retourner dans l'endroit où il est placé en surveillance, elle ne peut faire de difficulté. » —Veuve Linage, 21 juin 1814, 20, rue du Pontaux-Choux. Je suis plus que septuagénaire*.. . — Veuve Linage (sous la Restauration), mère de Jean-Pierre et Christophe Linage, déportés à l'Isle des Seychelles, sous le gouvernement de Buonaparte, demande qu'il lui soit permis d'écrire à ses fils pour qu ils reviennent dans leur patrie. — 6 juillet 1814. Rapport au min. pol. « Ces deux frères, l'un armurier et l'autre ferblantier. . . ils ont formé au Cap de Bonne- Espérance un établissement de produits de leur état. Christophe vint de ce pays en France au mois de floréal an XII, obtint la permission de passer deux mois à Paris, puis un passeport pour Bordeaux, où il s'embarqua pour retourner au Cap. • . Pas d'autres charges que celle du crime politique dont ils étaient prévenus.

riser le retour des frères Linage. . . On a l'honneur de proposer à V. E. de prendre une décision en ce sens. (Approuvé, 7 juillet 1844.)

L*»CHARD ou LaUCHARD (François), p. 43. — 21 nivôse an IX. Extrait de Pélagie et envoyé en surveillance à Port-sur-Saône (Haute-Saône).

Louis (Pierre-Jacques) , dit Brutus , né à Paris, 26 ans en l'an XII, d'après une note, 36 ans, d'après une autre, commissaire des guerres, commissaire de marine, garde-magasin des hôpitaux militaires, surveillant de la dépense de» bureaux du Directoire, secrétaire de Barras, membre du club duPanthéon, pp. 17, 475, 209, 330, 440.— A min. pol. «Compris dans le sénatus-consulte du 14 nivôse an IX, seraitil possible que j'obtinsse du gouvernement ou de vous un passeport nécessaire pour me rendre à l'étranger. Je choisirais en ce cas pour retraite la ville de Madrid ou l'Espagne... Louis. » — Mar. à M. Louis, invalide à l'hôtel impérial des Invalides, le 29 avril 4806. Le ministre, monsieur, me charge de répondre à la lettre que vous lui avez adressée le 22 de ce mois, pour savoir si le s. Pierre-Jacques Louis, votre ils, déporté à Gayenne, est encore existant. Suivant la dernière dépêche écrite à S. E. par le com. de l'empereur dans cette colonie, en date du 20 brumaire an XIV, et par laquelle il lui transmet les extraits mortuaires de ceux des déportés qui sont décédés, celui de Pierre- Jacques Louis, votre fils, n'y étant point com- S ris, on doit présumer qu il était vivant. — iar. jt M»e veuve Bonnet, Paris, le 9 septembre 1812. Le ministre de la marine me charge de vous prévenir qu'il résulté des documents contenus dans une lettre gue lui a adressée, le 14 août 4811, M. Victor Hugues, ci-devant com-" missaire de l'empereur, commandant en chef

dans la Guyane française, que le sieur Pierre- Jacques Louis, déporté par un sénatus-consuite, embarqué comme capitaine d'armes sur le cor- / saire le Prudent, armateur M. Dupevron, est mort sur ce bâtiment à la Côte d'Afrique. M. Victor Hugues ajoute n'avoir su le décès dudit Louis que par quelques hommes qui étaient avec lui, entr'autres le nommé Vatar, son camarade de déportation et de bord.

MâDiOT (Maurice), p. 44.

Magendie, p. 44.

Maignan (de Marseille), p. 4. — • Je ne sais si ce Maignan a quelque rapport avec le personnage du même nom qui va suivre.

Maignan (Joseph) ou Magnan, pp. 47, 52, 87, 402, 408. — 3 nivôse an IX, à Bicêtre, en est extrait le 22 et envoyé à Nantes, où il arriva le 44 pluviôse, s'embarque le 49 floréal an X pour fuir File d'Anjouan et se rendre à File Gomore. Meurt h nie Gomore an X.

Maignet (Brutus),p. 4. — V. les Biographes.

— « Il parait. . . que Brut us Maignet avait été envoyé dans la même colonie (Gayenne) par l'ancien Directoire qui lui avait donné une place de capitaine. » (Moniteur du 2 frimaire an VIII.) Y. aussi Glaretie : Les derniers Montagnards.

Mahin (Jean-Gratien- Alexandre-Petit), membre des Gordeliers, né à Bordeaux (Gironde), pp. 4, 47, 52, 402,304.— V. les Biographes.— Mort à l'Ile d'Aniouati le 45 floréal an X.

Mabat (veuve), p. 44. — V. femmes détenues.

— 6 germinal an IX. Bureau particulier. Min. pol. à préf. pol. Je vous ai déjà transmis, citoyen préfet, diverses réclamations en faveur de la veuve Marat, détenue. Veuillez bien m'adresser le plutôt possible le rapport que je vous ai dematndé à ce sujet.

Mamcelmn ou plutôt M AmcaqjN (Jean-François-Julien), ancien officier de paix, pp. 17, 308, 309. — «Porté au sénatus-consulteetnon arrêté.» (Note de police sans date.)-* Marcelin, 27 brumaire an XI, au 1er consul: « En évitant par la fuite la proscription . . . j'avais pensé que le temps dissiperait d'injustes préventions... » Ses opinions sont, dit-il, indépendantes, invariables. . . , mais il sait qu'il doit obéissance aux lois quel qu'elles soient. . . le peuple souverain peut seul les cbanger. . . qu9 on lui donne une place aux colonies. . . sinon qu'on lui désigne un lieu de déportation, il s'y rendra directement avec une feuille de .route (il se tient caché). — 7 nivôse an XI; Marcelin, rue de Sèvres, n°1039, au grand-juge: « Ne pouvant résister aux cris de deux enfants et aux larmes de leur mère,

S rivés de moyens d'existence depuis ma conamnation, j écrivis il y a un mois au 1er consul pour concilier l'arrêt oui me condamne avec la. . . charité. . . emploi dans celle des colonies qui lui paraîtra convenable. . . en parlant l'austère langage d'un homme libre, je voulus me montrer à ses yeux tel que je suis, irréprochable dans mes actions. . . mais indépendant dans mes opinions, puisqu'elles m'appartiennent et qu'elles n'ont jamais variées. . . Je demande clémence au 1er consul, justice au grandjuge. . . » — Il est arrêté le 7 nivôse an XII. — Marcelin, à min. pol., Sainte-Pélagie, 30 messidor an XII : Celui que vous aimiez à compter au nombre des hommes qu'on n'oublie jamais, est encore digne et de votre souvenir et de votre intérêt. . . Si, contre toute attente, je suis destiné à être irrévocablement sacrifie, je réclame de votre humanité d'être mis dans un lieu où je ne sois plus confondu avec le crime. — 5 nivôse an XIII, Mafcripn, ancien juge im

s, « et qui depuis un an était détenu à Ste- Magie, est mis en liberté. Il doit se rendre à Bordeaux sous la surveillance du commissaire général de police. » (Note de pol.) — La surveillance de Marcelin à Bordeaux est levée en 1806.

Mabchahd, membre des oordeliers et du manège, employé au ministère de la guerre, pp. 4, 17. V. les Biographes.

Marchandet (Claude-Nicolas-Joseph), menuisier, rue du Vieux-Colombier, n* 449, p. 14.

— 21 nivôse an IX. Est extrait de la maison de Pélagie et envoyé en surveillance à Gharleville (Ardennes). — Marie-Louise Poirié, femme Marchande!, dit dans une pétition qtte son mari a été arrêté le 4 nivôse an IX. — il pluviôse an IX : Note de la préfecture. « Marchandet est à Gharleville, ayant un passeport pour s'y retirer, attendu qui! était sur la liste des bannis. »

— Le dossier renferme plus de dix pétitions du général Kellermann en faveur de Marchandet.

— Ghappon, médecin, membre du tribunal de paix du 10e arrondissement: «Ayant été appelle à présider les 5 ou 6 époques les plus orageuses de la Révolution, il était de ma section alors; autant de fois que je pouvais mettre la main sur lui, sans nuire à ses travaux, je l'entraînais et j'en faisais un censeur, qui, au compte qu'il me rendait, me prouvait qu'il convenait mieux que tout autre à un président ennemi juré de toute faction. Il est bon père, bon époux, bon ouvrier. .. » — Le retour de Marchandet à Paris est autorisé le 26 floréal an IX.

MARCONifET(Ambroise), né à Poitiers (Vienne), pp. 17, 52, 102. — Mort à l'île d'Anjouan le 15 floréal an X. Sa veuve, 20, rue de la Harpe, vis-à-vis la rue Serpente, signe : Marcojpiay.

Marlbt (Michel), 51 ans en 1808, né à la Ville-aux-Bois (Loiret), domicilié à Paris, cordonnier. Pp. 17, 20, 52, 150. — . M*r. à M"" Marlet, rue d'Enfer, n* 7, 9 messidor an XI : Vous demandez, madame, des renseignements sur l'existence et le sort de votre mari, déporté aux isles Seychelles. Je vous préviens que, d'après une lettre du commandant de l'isle de France, en date du 12 prairial an X, le cit. Marlet était à cette époque existant aux isles Seychelles. — « Cordonnier, de Paris, père de famille, âgé de 40 ans. Reste à l'établissement du gouverneur. Il exerce son état. » (Note de l'administration des Seychelles.) — En 1808, une note de l'administration des Seychelles annonce que Marlet est parti, malade, sur la prise la Cirés, pour rentrer à l'hôpital à l'Ile-de- France. — 45 juin 1809. Le nom de Marlet figure dans l'état dès dép. dressé par l'administration de l'Ile-de-France.

Marné, p. 4.

Maequézy, député, pp. 4, 17. V. les Biographes. — Une note (17. nivôse an XIII) annonce qu'il n'a pas été arrêté.

Mabs, p. 14.

Marsault (Réné-François), receveur à la trésorerie nationale, agent d'affaires, pp. 17, 163, 166. — Figure (20 nivôse an IX) sur la liste des individus arrêtés. Détenu à Pélagie. — Rapports du préf. pol. (27 pluviôse an IX). Marsault, réclame par le c. Rert, avoué au tribunal d'appel, rue Pavée-Saint-André-des-Arts, et recommandé par le c. Tbibaudeau, conseiller d'Etat. Marsault, inscrit sur la liste de déportation, a été arrêté à la suite de propos très coupables contre le 1er consul, propos ou il a tenus dans un caffé ; deux déclarations bien précises et bien signées sont venues à l'appui de Taccu-

sation • D'après les déclarations, Marsault a dit : que le l*r consul était un intrigant, que son règne ne durerait pas longtemps, que sous peu de jours on verrait. L*»s déclarants ont observé à Marsault qu'il n'y avait que de mauvais citoyens qui pussent en vouloir au 1" consul. Marsault répond : que les jacobins, les royalistes ne faisaient qu'un pour sa destruction . C'était le 28 ou le 29 frimaire, c'est-à-dire peu de jours avant le 3 nivôse, que Marsault, dit-on, a tenu ces propos. Marsault, interpellé, s'est renfermé dans des dénégations si faibles, qu'elles ne semblent point détruire les déclarations. Il nie avoir tenu les propos cités, mais il convient avoir dit : « que savez-vous s'il ne se trame pas quelque chose, et si, sous peu de jours, il ne sera pas culbuté ? » C'est dans un caffé que Marsault convient s'être ainsi exprimé. Les déclarons précisent les faits et Marsault ne se souvient pas d'avoir dit telle ou telle chose, et ce- Î tendant il se rappelle un propos qui, loin d'éoigner le soupçon, vient au contraire corroborer les dépositions des déclarants. Le gouvernement est prié de statuer. — % ventôse an IX. Le premier consul décide que Marsault sera envoyé à 111e de Ré. — Piorry, sous-chef du bureau d'instruction, 23 germinal an IX : « Je recommande très particulièitement au c. Desmarets le c. Réné-F. Marsault, mon parent et mon ancien cam. de collège. . .— François- René Marsault, inscrit sur la liste des notabilités du département de la Yienneet membre du conseil municipal de Poitiers, au grand juge, expose qu'il est père de François-Réné Marsault, cy-devant chanoine de Saint-Hillaire, de la même ville, détenu à l'Ile de Ré. . . Si les

Sropos sont vrais, une détention de plus de eux ans doit les absoudre. . ., l'exposant plut

que septuagénaire... — 21 floréal an XL J'ai l'honneur de prévenir les membres de la députation de la Vienne; que sur les témoignages qu'ils ont rendus en faveur de Réné-Franç. Marsault, en détention à l'île de Rhé, le gouvernement vient d'ordonner son envoi en surv. à Poitiers. Signé : le chef delà division de police secrète.

Marsbau (René-François). — V. Marsautt.

Mabtin (Joseph), ouvrier chapelier, p. 209. — Il est à l'Ile d'Oléron en l'an XI. — • Les notes de police disent en l'an XII : né à Mont-Lyon (Hautes-Alpes), exagéré et impliqué dans l'affaire Metge et Chevalier, 40 ans. — Une autre note dit : 44 ans. — Une troisième le qualifie de : chapelier de Montdauphin (Hautes-Alpes) et lui donne 46 ans. — L'acte mortuaire dit: décédé à Cayenne, 8 novembre 1807, 42 ans, né à Deygliers (Hautes-Alpes), fils de Joseph et de Madeleine Brun.

Massabd (GuillaumerGilles-Anne), 51 ans en 1808, né à Monthault (Ille-et-Vilaine), pp. 4, 17, 20, 52, 450,304.— Y. les Biographes. —Officier de terre de 4770 à 1777, entré volontaire dans la marine en 4778, comme auxiliaire breveté, jusqu'en 4789, où il donna sa démission. A repris de suite le service de terre. A rempli aux armées les fonctions d'adjudant. (Note.) — 49 nivôse an IX, extrait de la maison du Temple et transféré à Bicétre. — Pétition de Reine-Marie Dulaurens, femme Massard; Marie-Hiacinte Massard fille ; Guillaume Massard fils, à Landevennec, près le Faon, département du Finistère, 25 vendémiaire an X, au 1" consul, renvoyée à police lç 44 brumaire ; demandent la F race de leur mari et père, « déporté, et où ?je ignore. . . » dit la pétition. — 30 frimaire (?), La f, Massard à min, « Le c. Massard, mon

nury, fut arretté le 10 fructidor pour aToir le 6 du même mois an VUI, tenu soi disait-on quelques propos indiscrets du gouvernement, dans une maison et à des personnes qu'il n'avait vue et où il n'avait été depuis plus de trois mois, ce qu'il m'a marqué avoir prouvé lors de son interrogatoire; il c'est trouves compris au mois de nivôse an IX au nombre des déportés qui, je crois, • était de 132. Permettez, citoyen ministre, que j'ay l'honneur de vous observer qu'à cette époque du mois de nivôse an IX, mon marri était détenue depuis cinq mois. » — Ci-devant lieutenant des vaisseaux de l'Etat, né à Pontcarneau, en Bretagne, âgé de 50 ans, ayant fait le commerce à Paris, père de famille, caractère ordinaire, taille assez élevée, mais un peu cassé; demeure à Praslin, chez le c. Gosmer. (Note de l'administration des Seychelles.) — Massard était encore aux Seychelles en 1808. — Le 15 juin. 1809, il est à l'Ile-de-France, où il exerce la profession d'instituteur.

BIégy ou Mégis (Antoine-François), pp. 221, 222, 225, 226. — Mar. à capitaine-général de la Guadeloupe, 16 frimaire an X. Le c. Mégy, négociant, un des déportés de la Guadeloupe, a obtenu, citoyen, du 1" consul, sa liberté et un passeport pour se rendre à Saint-Domingue avec défense de retourner à la Guadeloupe jusqu'à nouvel ordre.

Mèhée (Jean-Glaude-Hippolyte), pp. 14, 173, 174, 176. — V. les Biographes. — Le ... nivôse an IX, il est mis en liberté et envoyé en surveillance à Dijon. Il ne dut pas y rester longtemps, puisque des pièces publiées plus haut (pp. 174, 176) indiquent qu'il a été envoyé en surveillance aux lies de Rhé et d'Oléron et qu'il s'en est évadé. — 4. messidor an XI. Min.

à préf. pol. Je suis informé que len. Méhéeest de retour de Londres où il est allé intriguer auprès de l'administration contre notre gouvernement et contre la personne du 1* consul. 11 doit être présentement à Paris. Je tous prie de le foire rechercher et d'employer tous les ^ moyens. . . pour tous assurer de sa personne et de ses papiers.

MÉNflgsivi ou plutôt Mennessivr (Claude), pp. 47. 304.— V. tes Biographes.— Sous-préf. de Sentis à min. pol., 22 nivôse an IX. « Depuis deux décades, le n. Menessier, condamné contumace dans l'affaire Babeuf, qui était venu se fixer dans la commune d'Augy, arrondissement de Glermont (Oise), pour mieux intriguer dans les environs où il a tenu des conciliabules dans lesquels on avait arrêté la désorganisation des autorités constitué* et assassinat de tous ceux qui les composent a transporté son domicile dans la' commune de Verneuil- de mon arrondissement. Cet homme y a paru quelques jours, mais depuis le i*r nivôse, il a laissé sa lemme et ses enfants et ne parait plus. . . on ne connaît à ce particulier aucun moyen d'existence, et cependant il a fait delà dépense; reçu de Gênes 2.000 fr., il est connu dans mon arrondissement, où il est né, comme un chef de toutes les factions... En prairial, il tint une réunion à Senlis, souper, on avait organisé des départements nouveaux. Cet - individu me paraît le môme que celui déporté par le sénatus-consulte du 14 nivôse. . . » — Le min. invite ce sous-préf. à tacher d'arrêter Mennessier. — Mennessier à duc de Rovigo : Paris, M septembre 4 81 0. En marge f À-t-on des renseignements sur cet homme ? Non, cet homme n'a point été arrêté. Faire le rapport à S/ M.) : «< Mgr, plusieurs actes qui caractérisent la

T «sa —

justice de votre administration me déterminent a présenter & votre équité une réclamation que ma position me commandait depuis longtemps, étant l'un des individus confondus dans le nombre de ceux qui ont été frappés par le sénatus-consulte du mois de nivôse an IX, i'ai rempli- la tache que l'homme se doit à luimême en me soustraiant à l'exécution d'une mesure qui me séparait de ma patrie et de mes affections. ' Je me suis isolé de la société, au milieu d'elle, en me vouant à l'exercice pénible du jardinage. Déjà à cette époque fatale, je vivais à la campagne depuis Plusieurs années dans un isolement absolu; plein de confiance dans la magnanimité de V. E. si développée à l'égard de quelques-uns, je viens m'adresser à elle pour sortir de la position dans laquelle je végète depuis 40 ans ; en utilisant la capacité que la nature et l'étude m'ont procurée. Mennessier, ex-administrateur de la police de Paris et ex-agent de la République française en pays étranger, présentement jardinier fleuriste grande rue au Faubourg-Saint-Antoine, n* 307. » — Duc de Rovigo à l'empereur: « Le sieur Mennessier était compris dans le sénatus-consulte du i4 nivôse an IX.*. . il s'est soustrait aux recherches de la police. Il vient de m'adresser une pétition. .-. Le s, Mennessier a été l'un des administrateurs du bureau de police qui avait été formé à Paris avant rétablissement du bureau central. Il a manifesté pendant la Révolution des opinions exagérées, mais il ne paraît pas qu'il ait pris part à de grands désordres. La vie tranquille et retirée qu'il mène depuis 10 ans, annonce qu'il a entièrement renoncé à ses anciennes»uaisons. . . Duc de Rovigo. • • (Accordé, Fontainebleau, le £ novembre 1810- N.) — 22 novembre 4810.

Mennessier est appelé à la police pour recevoir le permis de séjour qu'il demande.

MBTGE, pp. 4, 12,363, 378, 389,391, 396,402, 405,417,450.

Metivier (Louis). Plusieurs Metivier furent arrêtés à la place du Metivier (Pierre) dont il est parlé plus loin ; voici une note relative à un Metivier (Louis). ■— Préfecture de police. Bureau des passeports du .13 avril 1807. Permis de séjour par renouvellement. Metivier (Louis). — Peut-être est-ce ce même Metivier dont Charles Nodier, dans son livre sur les prisons du Consulat, a dit : « . . . J'ai vu un papetier nommé Metivier, qui ne^fut interrogé qu au bout de huit mois. Ce jour-là, on s'aperçut qu'il y avait eu erreur sur la personne, il fut mis en liberté Quand il arriva chez lui, sa marchandise était séquestrée, et sa mère était morte ...»

Metivier (Pierre), 55 ans en i 805, né à La Rochelle, marchand gazier, pp. 17,20,29, 52.— Pétition imorimée adressée aux consuls par la citoyenne Deherlin, épouse du c. Metivier, rue du Coq-St-Jean, n° 122, compris dans l'acte du 14 nivôse. Voici résumée, d'après 1* pétition, la vie politique de Metivier: électeur en 1791, 17 août 17 y 2, élu membre du tribunal extraordinaire, eût pour collègue Mathieu, aujourd'hui tribun, et Real. J'en appelle à leur témoignage, humain et sensible, u ne condamna jamais qu'à regret et acquitta avec transport. Lors de la suppression de ce tribunal il fut nommé juge du tribunal civil du cinquième arrondissement de Paris , de la fin de 1792 au 9 thermidor an II. Les c. Roulloy, Michel, Launoy et Petit, commissaire actuel auprès du tribunal de première instance de Paris, section de police correctionnelle, lui ont donné dans le temps les attesta?

lions les plus honorables... Membre de la Commune dans les temps les plus orageux, il fit tout le bien possible, sa justice et son impartialité étaient tellement connues dans la section de Bondy qu'il habita longtemps, qu'il fut compris dans les citoyens qu elle chargea quelque temps avant le 9 thermidor, d aller réclamer au comité de salut public et de sûreté générale, et à la commission des Cinq, la liberté de quelques habitants de cette section détenus injustement comme suspects. Le citoyen Sanguin, ci-devant marquis de Livry, et plusieurs autres habitants de cette section, ci-devant qualifiés, doivent leur salut et leur liberté à ses démarches particulières. Ces citoyens s'empresseront de rendre hommage à la vérité, ainsi que le c. Guillou, ex-juge au tribunal civil de la Seine, et Dumas, administrateur du même département, pacificateur de la Vendée, chargés avec Métivier de réclamer les détenus. Ils vous diront les dangers courus par lui pour avoir lutté contre le comité révolutionnaire de leur section... Après le 9 thermidor, Métivier fut juré au tribunal révolutionnaire. . . Il assista au jugement des malheureux Nantais et concourut à leur acquittement. Au commencement de Tan VI il fut officier de paix près, le bureau central de Paris, et pendant les vingt-six mois de son exercice il n'encourut pas un reproche. Des ennemis osèrent l'inculper d'être partisan de Babeuf et d'avoir gardé chez lui l'étendard de cet ultra révolutionnaire, mais il démasqua leur calomnie. Il n'avait jamais connu Babeuf et ne quitta ses fonctions que par suite du remaniement des administrations en Tan VIII. La pétition demande la liberté de Métivier, il est d'un tempérament maladif, la traversée le tuerait... une femme

et un fils inconsolables. . . — Ganer et marchand rue Saint-Denis à Paris, père de famille âgé de 45 ans, physique faible et valétudinaire, ou croit qu'il a été espion de police, reste à l'Ance-aux-Pins chez la veuve Dutems, il désire se rendre propriétaire, il attend sa famille, son caractère est assez doux, peu de notes sur son compte. (Note de l'administration des Seychelles.) — Mort à Mahé (Iles Seychelles) en

Michel, p. 4. Je ne sais si ce Michel a quelque rapport avec l'un des personnages de ce nom qui vont suivre.

Michel fils, pp. 221, 222, 225. — Est en fuite à la date du 26 frimaire an X. — F, Michel père.

Michel père, pp. 221, 222, 225. — Est en fuite à la date du 26 frimaire an X,

Michel (Etienne-Louis), parfumeur et fabricant de rouge végétal, demeurant rue Meslée, à Paris, né à Mâcon, 29 ans en Fan XII d'après une note, 40 ans d'après une autre, pp. 17, 478, 179,184, 186,189, 209, 244,260, 261,263, 384, 415.| V. les Biographes. — A été arrêté le 22 thermidor an X et est maintenant en dépôt

à (sic). (Note de police.) — A Grand-Juge:

— L'horrible attentat contre les jours du premier consul... ma liberté fut troublée, mais d'après l'intime conviction que la préfecture de police obtint de mon innocence, je rentrai chez moi, ie repris le cours de mon commerce, et c'est d après dix-huit mois que Ton vient m'arrôter en\ertu d'un mandat d arrêt décerné par la gendarmerie d'élite ainsi conçu : Michel du 6e arrondissement, même désignation est portée sur l'arrêté du sénatus consulte. Signé ; Michel, détenu à l'infirmerie de la Force. - 10 germinal, an XL Note au Grand Juge. —

Michel a été dans lep premiers moments de la Révolution, administrateur de police de Paris, et depuis il s'est établi fabricant de rouge, rue Meslée, n° 7. Il était parvenu plusieurs fois à éviter les poursuites en se sauvant par une

Eorte de son logement qui communiquait au oulevard, et ce n'est que depuis quelques mois qu'il a été arrêté dans la rue par la gendarmerie d'élite. Il est détenu depuis ce moment à l'infirmerie delà Force. Il demande à passer dans les Etats-Unis d'Amérique pu en tel autre lieu qui lui sera désigné, et offre de donner caution de son exactitude à s'y rendre. Le

Sréfet de police, par rapport à la demande de lichel, estime qu'au heu de l'envoyer aux Etats-Unis, il serait préférable de l'envoyer dans nos colonies où il pourrait établir son commerce de rouge, et où il se retirerait avec sa nombreuse famille. — 30 thermidor an X). Femme Michel à Grand-Juge. — Son mari est parti depuis trois semaines pour le fort de Joux. Elle n'en a aucune nouvelle depuis : « Au nom de l'humanité, citoyen Grand-Juge, donnez des ordres pour que mon mari puisse correspondre avec moi. » — Note au Grand Juge. Michel (à Joux) fait demander par son épouse la permission : 1° de se promener dans le fort ou l'une des cours; 2° d acheter sur ses fonds ce qui est nécessaire à ses besoins; 3° avoir sa montre. Le commandant du fort peut seul décider sur la première demande. Le Grand Juge a fait droit déjà aux deux autres. Le 23 fructidor dernier il a annoncé que ces prisonniers pouvaient user de leur argent et effets. . — 3a vendémiaire an XIL Michel (au fort de Joux) au Grand -Juge. U demande la liberté d'habiter Milan ou toute autre ville. Le 14 son épouse avait reçu la promesse d'à-

doucissement du Grand-Juge, mais il ne voit rien venir; il réclame la liberté de se promener dans les cours, de recevoir des livres, un nécessaire pour toilette, etc. — Dimanche, 5irimaire an XII. Femme Michel, à Grand-Juge. Prière de suspendre le départ de son mari pour Oleron. « Détenu au château de Joux, ou u a essuyé les mauvais traitements les plus affreux, comme vous le verrez par la lettre cijointe, il est arrivé hier an temple avec trois de ses compagnons d'infortune. . . Il a éprouvé dans la nuit et encore une fièvre horrible^ Un départ compromettrait sa santé, prière de le faire visiter aujourd'hui par un médecin et de le laisser au temple jusqu'à son rétablissement et que le gouvernement ait prononcé sur ma demande de le déporter à Milan ou toute autre ville d'Italie jugée convenable. » — Femme Michel à Grand-Juge.... « Etienne Michel après avoir été pendant trois ans officier de haute police s'était retiré depuis le 18 brumaire et ne s'occupait plus que de son commerce et de l'entretien de sa nombreuse famille. » Le 3 nivôse, on vient de suite pour arrêter Michel qui s'échappe, sa femme présente alors des mémoires justificatifs « 18 mois se passent,

quand à cette époque de thermidor an X, il est dénoncé par son beau-frère Dunoyer Duroquet coeffeur à l'Opéra. Celui-ci qui voit le peu d'effet de sa dénonciation s'agite de nouveau, et parvient à faire arrêter Michel. . . On le conduit sans jugement, sans même l'interroger à l'Isle d Au d'où il a été embarqué, il y a quatre mois sur la Cybele, pour une destination ignorée... — 14 fructidor an XII. V. Hugues, gouverneur de Gayenne, annonce qu'Etienne Michel s'est, avec Hugues Destrem, évadé de la Guyane sur un navire américain.

— Michel revint presque immédiatement en France, ainsi qu'a résulte de la suite du dossier. — Femme Michel à l'empereur. . . Son mari s'est sauvé de Cayenne pour échapper à la mort. . . Il n'est plus exposé à ce danger puis qu'il est en fuite, mais il ne suffit pas. . . « Mon mari a eu des opinions exagérées, mais aucun crime ne l'a déshonoré; il est susceptible des sentiments lès plus nobles, les plus généreux.... »— 13 pluviôse an XIII. Il résulte des renseignements que la dame Michel est mère de quatre enfants, connue dans le quartier, oecune 6 à 7 ouvriers; ses opinions sont en contradictions avec celles que son mari a manifestées dans le temps, sa fabrique souffre de l'absence de son mari,.. On propose l'autorisation pour Michel de séjourner un mois à Paris ; accordé. — 18 ventôse an XIII. Michel (Etienne), en surveillance à 40 lieues de Paris par décision de S. E. du 28 nivôse dernier, a obtenu par une nouvelle décision du 13 pluviôse une prolongation d'un mois de séjour à Paris

Sour vaquer au rétablissement de sa fabrique e rouge, rue Meslé, il sollicite sa surveillance à Paris même. Approuvé — 25 octobre 1810. Michel réfugié à Troves, et autorisé à résider à Paris, demande à se rendre à Lyon pour affaires d'intérêt, pareilleautorisation lui a été accordée le 17 mars 1809. Il n'existe rien qui s'oppose à sa demande. Par le ministre : approuve. » — 23 avril 1812. Michel demande à aller à Lyon et Marseille pour son commerce approuvé.

— Lyon, 10 août 1813. -Gom. gén. de pol. de Lyon à pol. gen. le n. Michel n'est pas connu à Lyon. . . Le 14 août 1812. . . par décision du 16 juillet précédent, il a été délivré un passeport au 8T Etienne Michel, marchand parfumeur pour Lyon et Marseille. . . Le n. Michel ne s'est

pas. présenté dans nos bureaux, sans doute il a été directement à Marseille . .— 43 août 4-843. Co m. gén. pol. de Marseille. Michel n'est jamais venu à Marseille, sans doute il est resté à Lyon. — Ces deux dernières lettres du com. de police de Lyon et de Marseille sont relatives aux recherches prescrites à cette époque par la pol. gén. pour arrêter et faire conduire à la prison de Pierre-Chatel les dép. rentrés en rrance.

Michel (Julien-Marie). C'est le personnage que la police jugea être le Michel (Sulpice) dé-

signé par le sénatus consulte du 14 nivôse an IX. V. Michel (Sulpice), p. 47. r-20 ventôse an IX, min. pol. à pref. de l'Aube : « Il résulte

d'un rapport de la préfecture de police, que le b. Michel, marchand de vin, l'un de ceux qui ont été mis en surveillance hors du territoire européen de la République, s'est réfugié dans une maison de campagne des environs de Troyes à lui appartenant... faire arrêter Micnel... » — Troyes, 29 germinal an IX -, préf. de l'Aube à min. pol. « J'ai fait prendre des renseignements sur le n. Michel, marchand de vin, toutes les recherches ont été inutiles. — 40 floréal an XIII. Il avait été signalé comme entretenant une correspondance intime avec un nommé Revol, imprimeur, exilé de Paris en therm. an XI pour ses opinions exagérées et comme auteur d'un manuscrit contre le gouvernement. Michel était porté au sénatus consulte sous le çrénom de Sulpice. Il est détenu à la Force jusqu'à décision ultérieure. — 40 floréal an XIII. Michel (Julien-Marie), natif de Lyon, 41 ans, rue Saint-Denis, vis-à-vis celle Greneta, et le même qui avait été porté au sénatus consulte, sous le nom de Michel (Sulpice), marchand de vin rue Beaubourg, a été arrêté

— édile 2 de ce mois. — 24 floréal an XIII. Michel (Sulpice) sollicite sa liberté. On estime qu'il y a lieu de lé renvoyer à 60 lieues de Paris et des côtes, et de tous les lieux où la cour pourrait résider, sous la caution de deux citoyens bien connus et pour y demeurer en surveillance. Adopté.

MicheC (Sulpice). — Réclamé par le citoyen Aunet, menuisier, rue de là Monaie, n° 8. — Un Sulpice Michel est inscrit sur la liste de déportation. Par suite de recherches on a arrêté Sulpice Michel, compagnon imprimeur. Le Sulpice Michel porté sur la liste ne peut être que le* Michel, marchand de vin, rue Beaubourg, ami intime de Chevalier, auteur de la Î première mach. infernale et disparu de chez ui depuis le 3 nivôse. Sulpice Michel détenu maintenant jouit d'une bonne réputation, il est inconnu dans les archives de la police. Malgré l'identité de noms il n'y a pas identité de personne. On estime qu'il y a lieu de le mettre en liberté. (Rapport du préf. de pol. 27 pluviôse an IX). — Le Michel (Sulpice) objet du rapport qui précède fut, en effet mis en liberté. C'est Michel (Julien-Marie) (V. ce nom), que la police estime être le Michel (Sulpice) designé par le sénatus consulte du 14 nivôse.

Millières (François), né à Vesoul, pp. 17, 52, 402, 519. V. les Biographes. — Mort à l'Ile d'Ànjouan, le 20 floréal an X.

Mollard ou Molard, pp. 221, 222, 225. — Est en fuite à la date du 26 frimaire an X.

Moneuse ou Monneuse (Louis), 60 ans en 1805, cordonnier, officier municipal de Paris, pp. 17, 20, 52, 150, 386.— Maître cordonnier à Paris, âgé de 52 ans, grande taille, estropié d'une jambe, père d'une nombreuse famille, exerce son état à l'établissement du gouver-

neur, où il reste: Peu de notes sur son compte. (Note de l'administration des Seychelfes>. — En 4807, Monneuse est encore aux Seychelles. — En 1809, 15 juin, il esta l'Ile de France, infirme, à l'hôpital.

Moreaux (Louis), ébéniste, 42 ans en l'an IX, né à Lille (Nord), demeurant à Paris, rue Saint-Sébastieny n° 3, pp. 47, 57, 402, 408. — Mort à l'Ile d'Ànjouan le 43 floréal an X.-— Mar. à Mnt Moreau, ' Grande rue du faubourg Saint-Antoine, n° 44, 13 thermidor an XI. Envoi d'un certificat constatant la mort de son mari.

Morice (Jean), p. 44.

Morichon (Pierre, et non : Jean-Basilic), p. 44.— Morichon, sculpteur, 54 ans, rue ae Bièvre, 9, division du Panthéon français, écrit à min. poL : un ordre l'enveloppa dans une mesure de déportation, il lui faut quitter Paris dans les 24 heures et abandonner une épouse infirme et malade depuis cinq ans, il est entouré de créanciers qui comptaient sur son travail, il cherche inutilement les motifs de cet ordre notifié hier, 22 nivôse, il n'a rien fait de mal, il a la confiance de ses concitoyens, puisqu'il est toujours dans les grades de sa compagnie, et a encore l'honneur d'en être le chef. Il ne peut partir faute de ressource et d'argent, il est malade depuis six mois d'une maladie du sang. Il demande à rester à Paris sous la surveillance de la police. . . Il se plaint en outre d'être désigné sous les prénoms de Jean-Basilique, au lieu de Pierre, et comme lieutenant de garde nationale, alors qu'il est capitaine de sa compagnie. — Morichon... a constamment été l'agitateur perpétuel de la division du Panthéon français, surtout à l'époque des assemblées primaires et de l'assemblée

électorale du département de la Seine en l'an VI. 11 était intimement lié avec Cardinaux, Decreps, Hue, Desforges, Degouy et autres, qui se réunissaient chez Jumilliard, rue Jean-de-Beauyais, et banni de Paris. J'estime qu'il y a lieu de maintenir la mesure. {Préf. pol. à min., 23 prairial an IX.)

Moroy ouMonroy (Juste), 51 ans en l'an XII, ouvrier metteur en œuvre. Quelques pièces l'appellent : Sire Monroy. Pp. 159, 175, 208, 252, 255, 256, 260. — Etait à l'île d'Oléron en l'an XI. Les notes de police disent qu'il est « tranquille » depuis sa détention . — Revenu de Cayenne en France en 1809. Est envoyé en surveillance à Mont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Mouhat. pp. 295, 305, 306. V. AU.

MOURGOUING, p. 4.

Mouton (Charles- Simon), p. 14. — « La femme de seigneray, celle de Jalabert, sont étonnées de ne pas voir sur la liste de déportation les nommés Mouton, Gocorus (?), ny Barbier, qui étaient liés avec Humbert, et qui se flattoient journellement de porter le coup au premierconsul, notammentàraffaireàu27 fructidor au théâtre de la République. (Note de police.) — 20 nivôse an IX. Citoyen, le bienfaiteur de la France vient de nous être conservé parla divinité, mais il reste encore des assassins qui vous sont inconnus : le n. Mouton, menuisier, restant rue de Rohan, qui sous le règne de la Terreur fut celui qui recevait chez lui tous les chefs des assassins du camp de Grenelle dont il était le premier. Il fut un de ceux qui prêtât la main aux septembriseurs. Homme de sang le plus outré, ne vivant que de tous les partis, il a des relations avec les mêmes hommes que lui à Saint-Germain-en-Laîs, et même à Nantes, vu que toute sa famille y reste et qu'il en est

natife. Je vous prie de faire prendre des renseignements sure lui (section des Tuileries toute entière' vous reconnaîtra la vérité de ce que j'avance, etc.) (dénonciation anonyme).

MouvftftiffiT, ou plutôt Montvsrnet (Jean- Baptiste),^ ans, pp. 14, 477. — 24nivôse anIX: Est envoyé en surveillance à Bordeaux (Gironde).

Mulot, faubourg Saint-Martin, p. 17. — Une note (17 nivôse an XIII) annonce qu'il n'a pas été arrêté.

Nervi (Nicolas), p. 294, prêtre, procureur général de Tordre des théatins, fils de feu Eugène, 59 ans en 1811, né et domicilié à Gênes, emb. à Gênes par ordre supérieur, le 6 octobre 4811, sur la goélette le GtoèUm, déb. le 11 octobre 1811, à Bastia.

Niquillb (Jean-Joseph-Nicolas), 59 ans en , 1808, né à Fnbourg en Suisse. A Paris depuis 1759, rentier, agent de la commune de Paris, inspecteur de police. « A servi dans le régiment de la garde française jusqu'en 1777, qu il/s'en est retiré étant sergent.» (Note.) Pp. 18,20,52, 150,257, 260, 263, 270, 271, 272,304.V. UsBiographes . — Inspecteur de police à Paris, propriétaire d'une fortune honnête, âgé de 55 ans, physique assez beau pour son âge, caractère qui se montre doux, vivant très retiré chez la veuve Dutems. Peu de notes sur son compte. » (Note de l'administration des Seychelles.) — Niquille reste aux Seychelles jusqu'en 1808, à cette époque il se rend à l'Ile de France car « le courrier des Seychelles » .— 1809, 15 juin, il est à l'Ile de France où il exerce l'état d'instituteur. — 3 avril 1813, pol. à préf. Seineet-Oise. Mettez en liberté Jean-Joseph Niquille, qui doit être détenu à Gorbeil, et lui faites délivrer passeport pour Paris, en le faisant pré-

venir qu'aussitôt son arrivée il devra se présenter devant le préfet de police que j'ai prévenu de cette disposition et qui fera surveiller sa conduite. — 6 août 1813, pol. à préf. Seineet-Oise. Ordre d'arrêter Niquille, revenu en France vers la fin de 1811 après la capitulation de risle de France ; aujourdliui en surveillance à Corbeil. — Préf. Seine-et-Oise à pol. « Le 19 août dernier j'ai eu l'honneur ae rendre compte à Y. E. que le s. Niguille avait été arrêté et déposé dans la maison d'arrêt de Corbeil pour être conduit dans la prison de Pierre-Cbatel. Ce prisonnier est encore à Corbeil, sa maladie et son grand âge ne permettant pas encore de le faire conduire à sa destination. — 14 septembre 1813. La femme Niquille, 19, rue des Gravilliers, à duc deRovigo: parle de la triste situation de son mari, demande, lorsqu'il sera rétabli, à changer sa dé* tention de Pierre-Chastelen exil en Suisse, « sa patrie, pour y finir ses vieux jours languissants où il est demandé par sa famille, » elle le conduira elle-même lorsque sa santé lui permettra la voiture, afin de lui donner les soins nécessaires. « Hélas! mon mari n'est repassé en Europe que parce qu'il n'a pas voulu prêter serment de fidélité et soumission au roi Georges; dépouillé à son retour par les Anglais du fruit de 12 ans de travaux et de peines. . . » — 13 avril 1814. A LL. Ex. les président et membres du gouvernement provisoire. 11 y a un an jue Niquille tenant un petit café, rue des Gravilliers 19, à Paris, fut sans motifs ni interrogatoire exilé à Corbeil (Seine-et-Oise), son grand âge (il a 71 ans) et ses infirmités n'ayant pas permis de l'exiler plus loin; il espérait que ta conduite discrète et prudente qiril menait dans cette retraite le sauverait d'autres tour-

mentes, mais il se trompa, puisqu'un ordre du ministre de la police enjoignit au sous-çréfet de le faire renfermer *ans les prisons où il est encore, ce qui eût lieu le 12 août 1813 dernier. Je ne puis chercher à le justifier puisqu'aucuns motifs apparents ne légitiment l'acte arbitraire qui le fait gémir dans les fers? ['ai seulement su qu'environ trois mille pères de famille paisibles et tranquilles furent enveloppés dans la même proscription et que les agens de pol ce appelaient cela: mesures de haute police. Mon devoir d'épouse m'a fait sacrifier jusqu'à mes effets d'habillement pour empêcher ce débile vieillard d'être réduit à la triste pitence des prisonniers criminels. S'il n'obtient sa grâce tout de suite il mourra... — Paris, 20 avril 1814, pol. à p>éf. pol. Ordre de mettre en liberté Niquille. « Gomme le sieur Niquille, qui est presque septuagénaire, avait un établissement à Paris, et que sa femme y demeure, je l'ai autorisé à y venir faire sa résidence, mais j'ai invité M. le préfet de Seine-et-Oise à le prévenir qu'aussitôt son arrivée, il devra se présenter devant vous et rester sous votre surveillance. »

Olékon (He d'). V. Bé (ne de).

Obnàno (Jean-Baptiste), p. 292.

Pachon (Charles), marchand fripier, 49 ans en Tan IX, né à Lyon, demeurant a Paris, rue delà Juiverie, n° 10, pp. 18, 57, 102. — Parti de l'Ile d'Anjouan le 19 floréal an X, pour se rendre à Comore et à Zanzibar. Mort à lUe Comore.

Paris (Nicolas), 40 ans en l'an IX, né à Nancy, demeurant à Paris, rue Neuve-GuiUemain,n° 393, cordonnier, pp. 18, 57. 102, 108. — Mort à l'Ile d'Anjouan, le 8 floréal an X.

PASQUBZj p. 14.

Paterne (Louis), marchand, dép. de la Gua* deloupe en France sur la Cornéke, pp. 221.

Pépin-Dbsgrouettes ou De Grouhbttb (Pierre-Athaaase-Nicolas), 55 ans en l'an XII, né à Paris et y demeurant, pp. 18, 52. V. les Biographes. — « Homme de loix, cy-devant membre du tribunal criminel du 10 août, âgé de 60 ans, physique fort chétif, restant chez la v* Nageon. Père de 6 enfants, ayant formé le projet de leveràMahé une maison d'éducation. Ne communiquant Jamais avec les déportés qui restent à l'établissement. Assez mal noté par les habitants oui craignent ses écrits, mais ne lui en reprochent cependant aucun abus. »

Ïîote de l'administration des Seychelles.)-ort aux Seychelles le 27 germinal an XM.

Perrault (François), maçon, né à Saint- Sulpice-les-Feuiiles (Haute- Vienne), 41 ans en l'an XII, pp. 18, 198, 209. Y. les Biographes.— Figure sur la liste des individus arrêtés (20 nivôse an IX). — 15 vendémiaire an X, s'évade de l'île d'Oléron. Il figure cependant en l'an XII sur la liste de ceux <mi doivent être embarqués pour Cayenne, mais u ne partit pas ; sans doute parce que la police avait perdu ses traces.

Phidias, y. Fidias.

Pignan (Femme), p. 14.— Très liée avec les anarchistes, s'est cachée et n'a pu être arrêtée. (Note de police, germinal an IX.) Y. Femmes détenues.

Poullain-Grandprey, député, p. 5. Y. les Biographes.

Pradbl (Jean-Baptiste), 43 ans en l'an IX, né à Vie (Cantal), domicilié à Aurillac, marchand épicier-étapier ; à Paris depuis le i vendémiaire an IX, rue du Montceau-Gervais, hôtel de Bourgogne, pp. 18, 57, 150.— 25 février an H (sic).

femme Pradel, rue Geoffroy, ancien hôtel du Saint-Esprit, à min. pol. « Jem'adresse àV.E., d'après les recherches inutiles faites à la préfecture pour la supplier de vouloir bien faire vériffier dans les registres de son ministère si Jean-Baptiste Pradel, mon époux, n'avait pas un portefeuii lors de son arrestation. Il fut arrêté le 45 nivôse an IX, et ce portefeuii contenait les papiers de ce qui m'était dû par le gouvernement. J'ai cinq enfants à ma charge et ne suis pas fortunée. » — Aurillac, le 48 nivôse an 1a. Le secrétaire général, en l'absence du préfet, au min. de la pol. gén. ... « Le bruit court icy qu'un individu n. Pradel, petit marchand domicilié à Aurillac, a été arrêté à Paris comme complice de l'horrible attentat commis le 3 de ce mois. . . Le cit. Pradel est père de cinq enfants, qu'il est reconnu icy pour un républicain honnête, qu'il a fait une avance de toute sa fortune pour le soutien du service des convois militaires dont il était entrepreneur général, qu'il a été à Paris pour tâcher d'obtenir son remboursement, qu il est possible que cet homme, à qui on a offert des effets perdant deux tiers, a tenu quelques propos qui l'auront rendu suspect dans un moment aussi critique, mais au fait c'est un honnête homme, ami ae la République: » — Ancien étapier, réclamé par le sénateur Gornudet et le cit. Rion, préfet du Cantal, qui le peignent comme un imbécile, etc. A été désigné comme tenant les propos les plus indiscrets. Mais les pièces fournies en sa faveur paraissent, par leur précision, devoir déterminer un rapport de la mesure en ce qui le concerne. On pense cependant qu'à raison de ses opinions exagérées, il doit être tenu de quitter Paris et de demeurer à Aurillac, lieu de sa naissance, sous la surveillance des

autorités constituées. (Rapport du préf. pol. 27 pluviôse an IX.) — Ce rapport n'eut pas la vertu d'empêcher rembarquement de Pradel

Eour les lies Seychelles. — « Père d'une nomreuse famille. Assez mauvais physique. Agé de 45 ans. Reste chez le cit. Charlotte, habitation Ramelinga. » (Note de l'administration des Seychelles). — Paris, 10 novembre 1808. Min. loi. à min. mar. « La de Jeanne Poulet, épouse le J.-B. Pradel. . , vient de m'adresser une pétition par laquelle elle demande que son mari, iui est à Mané, soit autorisé à résider à l'isle te France, où il pourra se livrer avec plus de facilitas à quelque genre d'industrie. Je ne pense pas qu'il puisse y avoir d'inconvénients au changement de résidence. » — Le nommé Pradel, qui fut le sujet de la dépêche de V. Exe. du 5 décembre 1808, n° 8, est un de ceux qui ont profilé de l'autorisation que j'ai donnée pour venir à l'isle de France. Decaen, capitaine général de l'Ile de France, 15 juin 1809.

Préville (veuve Sijas, femme), p. 14. — Le 10 germinal an IX, « détenue aux Magdelonnettes depuis le 4 nivôse, et n'ayant rien à se reprocher », elle réclame sa liberté. — « A été arrêtée par suite de ses opinions exagérées et de ses liaisons avec les "hommes les plus marquans de ce parti. » Note de police de germinal an IX. — V. Femmes détenues.

Prévost (Gabriel-Antoine), né à Paris, 55 ans en 1805. Pp. 18, 20, 52.— « Ci-devant huissier à Paris. Physique usé. Reste à la Digue, chez le c. Lacroix. » (Note de l'administration des Seychelles.)— Mar. àMme Félicité Lesage, femme Prévost. Envoi d'un certificat relatif au décès de son mari. — Prévost meurt aux Seychelles en Prudhon, député, p. 5. V. les Biographes.

Quinon (Joseph dit Lyonnais), 46 ans en l'an XII, né à Lyon, domicilié à Paris, ouvrier boulanger, pp. 18, 20, 52, 33. — Marianne Hubert, femme Quinon, rue des Deux-Ponts, Ole de la Fraternité, n° 14, à doI. gén. envoie plusieurs pétitions en faveur de son mari, étant sur le Port-au-Vin, tenant les registres, qui a été déporté très injustement « l'enlèvement de mon mary, occasionné par vengeance de ses camarades malintentionnés » elle est une mère malheureuse chargée de famille. — Quinon écrit à sa femme : Riva de Cella, 4 ventôse an IX : Va néantmoins trouver la commère Carbonnet et prie la de s'intéresser pour moi, auprès du citoyen Ménil (?) son t ompère, à l'effet de l'engager d'employer de tous ses moyens, ses connaissances, tant auprès du 1er consul que autres du gouvernement avec une pétition que tu feras mire, tendant à ma justification, et que tu feras signer par les citoyens les plus notables de notre quartier et... tu me marqueras en réponse à la présente, si tu as retiré un mémoire qui a été signé par différents citoyens d'entre les mains du c. Sandrin, marchand de vin, et de Dupont, qui justifie que jamais je ne me suis trouvé en aucun rassemblement, principalement à la turie de septembre, vu que j'étais à travailler à tirer du bois au chantier delà Croix-d'Argent, Port- Bernard, et le 3 nivôse, ou j'étais à travailler au Port-au-Vin... Réponds-moi de suite, au c. Quinon, à Riva de Cella, province des Asthuries, en Espagne, à bord sur la corvette la Flèche, commandée par le cap. Bonamy, par Bayonne. — Boulanger de son état, il travaillait sur le pont Saint-Bernard, pour les marchands de vin, physique robuste, laborieux, . âgé de 40 ans. Caractère assez doux, reste à

rétablissement du gouvernement. (Note de l'administration des $eychelles.) — À la date du 45 juin 4809, Quinon est encore à Praslin (Iles Seychelles), employé sur une habitation.

Quirot, député, p. 5. V. les Biographes.

RÉ (Iles d'Oléron et de). Voici un « état des déportés dans les Iles dé Rhé et d'Oléron au 30 messidor an XII », c'est-à-dire après le départ pour Gayenne des dép. de la (fibele. C'est un tableau en huit colonnes dont l'étroitesse de notre format ne nous permet pas de reproduire l'aspect, mais que l'on pourra facilement reconstituer, en prenant note de l'ordre des huit colonnes qui est le suivant: Noms et prénoms, âge, lieu de naissance, département au lieu de naissance, motifs de la déportation, époque où elle a été décidée, profession, observations. Nous avons cru devoir n'indiquer que par une initiale, les individus frappés pour un motif non politique, mais nous ne comprenons pas dans cette catégorie, les cond. pour « brigandage », « excitation au pillage », « pillage de malle », etc., et qui sont des chouans. — Ile deRhé: !• Bernard (Joseph- Marius), 36 ans, Aix (Bouches-du-Rhône), ordre du préfet de police, motif inconnu, 40 germinal an XI, ex-capitaine adjoint, a l'Ile pour prison, se comporte bien, ses occup. journalières ne sont pas connues ; 2* Gaillaud, 35 ans, Poitiers (Vienne), ordre du g. juge, comme émigré rentré, 2 fructidor an XI, propriétaire, id. (c'està-dire mêmes obs. que pour le précédent); 3° Messonnier (F.), 74 ans, Hiers (Var), jugement de commission militaire, accusé d émigration, 2 frimaire an VII, Cuisinier, id. ; 4° Léande (J.-B.), 62 ans, Noue (Jura), décision de l'administration centrale des Landes, comme banni rentré, 9 prairial an VII, lieutenant d'in-

valides, se conduit bien, employé comme infirmier major de l'hospice de cette ville ; 5* Anger (François), 38 ans, Tourouvre (Orne), par le tribunal criminel d'Eure-et-Loire, pour provocation à la dissolution du gouvernement,

28 nivôse an IX, officier de santé, ivrogne et bavard, déraisonne, peu dangereux; 6» Gaussin (Mau... Maurice?), 27 ans, Mazières(Ariège),. par le tribunal criminel de l'Ariège, pour provocation à la dissolution du gouvernement, 30 fructidor an VIII , tisserand , honnête homme, paraît repentant; 7° Berges (Thomas),

29 ans, ia., id., id., 10 fructidor an VIII, tailleur d'habits, id. ; 8° Rouzier (François), 66 ans, Nortable (Puy-de-Dôme), ia., id., scieur de long, ivrogne, travaille journellement de son état, peu dangereux; 9° Ouvrard (Jean^f

30 ans, Montsurgent (Vienne), tribunal criminel des Deux-Sèvres, provocation à la dissolution du gouvernement, 7 brumaire an VIII, tisserand, honnête homme, travaille journellement de son état ; 10° Salval (D.-Salvin-Jean), 37 ans, Fontenay (Vendée), id., pour provocation au pillage, 5 mess, an IX, scieur de long, se conduit bien, bon ouvrier, travaille de son état, mais susceptible de surveillance, ami des Treton etLegay (homme dangereux);. 11° Babhx (Jacques), 24 ans, Chauffert (Sarthe), tribunal criminel de Mayenne, pour rassemblement armé, 25 fructidor an IX, garçon meunier, bon ouvrier, travaille au port, mais susceptible de surveillance, ami des Treton et Legay ; 12° Despré (Jean), 34 ans, Neuvillet, id., tribunal criminel de la Mayenne, provocation au pillage, 26 germ. an IX, perruquier et tisserand, id.; 13° Rêmes (Mathieu), 37 ans, Anvers, Deux- Nêthes, tribunal des Deux-Nêthes, pour provocation à la royauté, 6 pluviôse an VIII, mili-

taire, se conduit bien, à éloigner à cause de son opinion; 14° C... (Etienne), 48 ans, Bordeaux (Gironde), conseil de guerre, 20e div. mil., pour vol, 30 therm. an X, propriétaire, se conduit bien, travaille, mais susceptible d'une surveillance particulière; 15° B..., dit B... de J... (Julien), 38 ans, Tosset (Sarthe), tribunal criminel de FOrne, pour vol, 29 fructidor an X, journalier, mauvais sujet sous tous les rapports (très dangereux de le laisser dans Tisle à l'approche de l'ennemi); 16° B... . (Pierre), 31 ans, Saint-Salby (Tarn), trib. spécial de l'Ain, pour vagabondage, 29 fructidor an X, id., ia.; 17° Diol (dit petit Jean- René), 23 ans, Saint-Fort (Mayenne), tribunal de la Mayenne, brigandage avec armes, 5 ventôse an XI, domestique, insolent et dangereux, à éloigner; 18° Legay (Pierre), 37 ans, Gastine, id., tribunal spécial, provocation au pillage, id., propriétaire, un des plus mauvais, urgent de Féloigner, capable de tout pour servir l'ennemi; 19° Richard (Jean), 25 ans, La Porte, id., tribunal spécial de Mayenne, pour brigandage et vagabondage, id., cultivateur, id. ; 20° Barcaud (Pierre), 24 ans, Montjean, id., tribunal spécial de la Mayenne, rassemblement armé, id., id., dangereux à l'approche de l'ennemi, quoique se conduisant bien ; 21° Trouillard (François), 45 ans, Saint-Bathevier? id., id., id., laboureur, id.; 22° Dupont (André), 35 ans, Housse (Manche), tribunal spécial de la Mayenne, pillage de malle, id., fabricant en toiles, à éloigner et renfermer; 23° Lepiney (Jacques) , 34 ans , Lebigon-Saint-Jean-sur- Herne (Mayenne) , tribunal spécial de la Mayenne, provocation au pillage, id., propriétaire, id.; 24° J... (enfant naturel), 41 ans, tribunal spécial du Tarn, pour vagabondage, 25 germinal

an XI, journalier , nullement dangereux; 25° Lachet (Pierre), 29 ans, Tarascon (Bouchesdu-Rhône), conseil de guerre de Perpignan, 24 germ. an XI, charron, dangereux, à éloigner ; 26° J... (Bernard), 41 ans, Gonselalx (Haute- Garonne), tribunal spécial du Tarn, pour vagabondage, 25 germinal an XI, journalier, non dangereux; 27» M... (François), 43 ans, id., id., id., id., mendiant, id.; 28# F... (J.-Pierre), 34 ans, Saint-Aubin (Tarn), id., id., id., à surv. dans Tile; 29° F... (Jean-Baptiste), 50 ans, Longpré (Aube), tribunal de 1" instance de l'Aube, pour vagabondage, id., roulier et cultivateur, id. ; 30° A... (Martin), Rixheim (Haut- Rhin), conseil de guerre du 4" régiment suisse, pour violation de domicile, 29 prairial an XI, militaire suisse, se conduit bien, a laisser dans Tile; 34 • P. . . (Louis), 29 ans, Wick, canton de Vaux (Suisse), même conseil de guerre, pour désertion, 2 ventôse an XII, id., id. ; 32° Sacles (Louis- Jules), 53 ans, Paris (Seine), par le grand juge* 26 messidor an XI, architecte entrepreneur, est employé à l'hospice de Saint-Martin, se conduit très bien ; 33° Tnomassin (Augustin- Nicolas), 37 ans, id., id., id., id., journalier maçon, se conduit très bien, on ignore le motif de sa déportation; 34° Treton ( Boismaime-, Joseph-Julien) , 39 ans, Mans (Sarthe), id., comme un homme dangereux, 24 frimaire an XIII imprimeur journaliste, fin, adroit, rusé, dangereux, cherche à corrompre tous les autres, urgent de l'extraire de l'Ile; 35° B.„. (Louis), 40 ans, Mèsint (Hautes-Alpes), ex-forçat de Toulon, 3 prairial an XII, cultivateur, très mauvais sujet, urgent de quitter l'Ile; 36° Mottav (Charles), 32 ans, Pontorson (Manche), conseil de guerre 12e div. mil., pour avoir distribué des pamphlets infâmes contre le gouverne-*

ment, 7 prairial an XII, lieutenant au 63* rég. d'infanterie, quoique se conduisant bien, prudent de l'extraire de l'Ile; 37° C. . . (se disant Julien dit P... Ustaçhe, sic), 27 ans, Châteauroux (Indre), par le général commandant la 12e division militaire, comme homme dangereux, 21 prairial an XII, ex-capitaine à 448 demi-brigade et ex-forçat libéré, très mauvais sujet, urgent de l'éloigner de la mer, à enfermer dans un fort; 38° B... (Jean), 43 ans, Thonard (Loire-Inférieure), par le général de la 12e division militaire, comme sujet chassé du corps, id., ex-militaire, môme cas que le précédent; Ile d'Oléron, 39° Lecoq (François), 44 ans, Labassé (Nord), par jugement d'une commission militaire, pour avoir crié vive le roi dans un moment d'ivresse, 16 niv. an VIII, cordonnier, aucune occupation, sujet à des accès de folie, qui l'a porté à se donner trois coups de son tranchet dont malheureusement il a guéri {sic); 40° Moreau (J.-H.): 36 ans, Versailles (Seine-et-Oise) , commission militaire, pour avoir crié vive le roi étant en état d'ivresse, id., militaire dans le régiment de Chamborand, ivrogne, débauché, nullement dangereux d'opinions; 41° Joly (Louis), 30 ans, Rouen (Seine- Inférieure), id., id., militaire de la 20e demibrigade et tailleur, id.; 42° D... (Jacques), 38 ans, Orléans (Loiret), tribunal criminel du Gard (ex-forçat), 21 prairial an XI, commerçant, mauvais sujet, haine incroyable au gouvernement, à renfermer ; 43f Fleury (Jacques-Pierre), Mamers (Sarthe), tribunal criminel de' la Sarthe, comme ubelliste, 23 brumaire an XII, ex-prêtre, se conduit bien, mais très dangereux, à éloigner; 44° L... (Marie-Françoise, femme TA..,), 35 ans, Agen (Lot-et-Garonne), par commission (sic), tribunal criminel, pour

complicité de vol, 3 prairial an XI, journalier, la femme L... se conduit bien, à placer mieux; 45* Duval (Antoine dit Lanerie Hipolite), 43 ans, Paris (Seine), ordre du grand juge, comme libelliste, dangereux, 16 prairial an XI, chef d'imprimerie à Paris, cet écrivain intarissable en pamphlets et libelles a des correspondants à Paris, à éloigner. — Le même état au 30 messidor an XIII est réduit aux noms suivants déjà cités dans le précédent tableau : Salval, Babin, Despré, Rèmes, C..., B... (dit B... de J...), B.., (Pierre), Diol, Legay, Richard, Barcaud, Trouillard, Dupont, Lepiney, Treton, Lachet, B... (Louis), Mottay, C..., B. . . (Jean). Oléron : Duval, Fleury, D.. . (Jacques). — 21 thermidor an XII, min. de la guerre à min. pol. Envoi d'états nominatifs d'individus déportés aux Iles de Rhé et d'Oléron, par suite de jugements ou décisions administratives. On fait remarquer au ministre qu'il ait à prononcer sur la nouv. destination de ces individus désignés comme dangereux « il est à craindre en cas d'une incursion que ces hommes ne se joignent aux Anglais », et sur l'amélioration du sort de ceux d'entre eux qui se conduisent bien. Le gén. Dumuy signale ceux qu'il est

a nécessaire dans un temps de guerre

maritime d'éloigner de ces isles. Je citerai entre autres les n. Triton et Duval. D'autres qui pourraient rentrer dans un corps, tels <jue Jean-Baptiste Moreau et Louis Joly, militaires condamnés il y a quatre ans, pour avoir crié: vive le roi ! dans un moment d'ivresse. »

Richard, contre-maître de la Chiffonne, p. 102.

Richardet (Claude-Marie), 31 ans en l'an IX, né à Lyon, pp. 18, 57. — Limonadier, rue du Bacq, près aes ci-devant Jacobins; réclamé

par sa femme et plusieurs citoyens. Plus, citoyens ont signé ta pétition. A été désigné par le n. Montverney, agent secret, chargé de suivre l'affaire de Chevalier, auteur de la première machine infernale comme ayant participé avec d'autres individus à la fabrication et construction de la machine du 3 nivôse. Les déclarations de Montvernet ont été tellement précisées qu'il a semblé qu'il ne restait plus le moindre , doute. Il est bien reconnu que Montvernet, qui avait servi fidèlement dans l'affaire du 28 fructidor an VIII, dans celle de Veycer et Chevalier, a menti évidemment à l'égard de Richardet. L'arrestation de Saint-Régent et du petit François en est la preuve. On estime qu'il y a lieu de rapporter la mesure en ce qui concerne le d. Richardet, quoique parti. Mais à raison de ses opinions exagérées, on pense qu'il doit être renvoyé dans la commune de Lyon (d'où il est natif), sous la surveillance des autorités constituées. (Rapport • préf. pol., 27 pluviôse an IX.) — Ce rapport n'eut point pour résultat de faire rappeler Richardet de son exil. — La citoyenne Mariette, fille de Richardet, 1.053, rue Dominique, 19 ventôse an IX, à pol. gén. : « Trois mois se sont déjà écoulés depuis qu'il fut arraché des bras de ma mère et de ses petits enfants... » — La citoyenne Richardet, à pol , rue de Sève, n° 1 .039. 3 messidor an X. Elle est dans la misère, ne peut nourrir sa fa- 'mille, « privé de ce que nous avons de plus cher dans la personne de mon mari, que Von a déporté sans motif connu. » — Richardet, manufacturier, de Lyon. Ruiné dans la Révolution. Limonadier à Paris. Reste chez le cit. Darquier, à l'établissement. Peu de notes sur son compte. Caractère assez doux. Physique délicat. Agé de 35 ans. .(Note de l'administra-

tion des Seychelles.) — « A déserté des îles Seychelles, suivant procès-verbal du il prairial an Xl passé dans l'Inde. » (Autre note des Seychelles.}

Richon (Jean-Pierre), 41 ans en Fan IX, né à Lyon, fabricant de soie, demeurant à Paris, rue Transnonain, n° 703. Pp. 18, 57. Mort en arrivant aux îles Seychelles.

Ricord (Jean-François), député, p. 14. Y. les Biographes.

Rivière, p. 18. — Le sénatus consulte du 14 nivôse cond. à la dép. un nommé Rivière, rue des Prétres-Saint-Paul. On arrête un Rivière (Etienne-Antoine). Interrogé, il répond être âgé de 46 ans, né à Paris, paroisse Saint- Paul, arpenteur forestier, rue Saint-Denis, 43. H a été arrêté le 1er frimaire an XII et détenu à la Force. — Note de police : fl y avait alors dans la section de l'Arsenal : 1° un n. Rivière, ' qui a travaillé sur les ports, et ensuite marchand de sel, il demeurait rue de la Gerizaye ; 2° un n. Rivière, juge de paix, demeurant rue Neuve-Saint-Paul, n° 22, entre en cette maison le 16 frimaire 1793, en est déménagé le 24 germinal an IV ; 3° un n. Rivière, rue des Nonendières, il a été dans les Charroi, coché déplace, ensuite tenant maison garnie rue des Vieilles- Etuves -Saint-Martin, division de la Réunion. Il a été désigné comme ayant pris part à l'assassinat du représentant Ferrault ; 4° un n. Rivière, rue des Figuiers, maison du cit.- Dunet, plâtrier, au coin de celle des Prêtres. Il était pompier. Celui-ci demeurait le plus près de la rue indiquée ; 5° un autre Rivière, frère de ce dernier, qui est ouvrier ébéniste. — C'est le Rivière, ancien juge de paix, que la police arrête et interroge — Rapport de police : Rivière a déclaré que dans Van H, il avait été nommé

juge de paix de la division de l'Arsenal, qu'il a exercé 3 ans ces fonctions, et a quitté la division depuis plus de 6 ans. On doit ajouter qu'Etienne- Antoine Rivière est attaché à l'administration forestière du département de la Seine, qu'il est réclamé par l'inspecteur de cette administration, sous les ordres duquel il travaille, et qui rend un témoignage avantageux de sa conduite* En marge du rapport : « Ce Rivière est-il celui qui est compris dans le sénatus consulte du 14 niv. an IX ? Il paraît que non. Mettre en liberté Rivière, qui n'est point prouvé être l'individu qu'on cherchait, mais, attendu le doute, le tenir en surveillance à Paris. 41 frimaire. » — 14 frimaire an XII. Rivière (Etienne-Antoine), conformément à l'ordre du grand juge, est mis en liberté, avec surveillance particulière.

Rossignol (Jean- Joseph), général, pp. 18, 36, 48, 57, 64, 9i, 100, iu2, 105, 106, 107, 108, 112, 113, 114, H5, 117, 119, 123.— V. les Biographes. — 21 nivôse an IX. Liard, propriétaire à Soisy-sous-Etiolles, surveillé puis interrogé par le maire de sa commune pour avoir logé trois individus, déclare : L'un s'appelait Nicolas, limonadier, demeurant à Paris, place des Italiens, et dont le véritable nom est Chrétien; le deuxième, nommé Peron, qui ne lui est connu que par Chrétien dont il était l'ami, et le troisième, Durand, qu'il déclare n'avoir connu cjue par Chrétien, qu il vient d'apprendre par la liste des déportés que son véritable nom est Rossignol, qui a loué une maison à Melun depuis environ deux mois, que les deux autres sont sortis de chez lui depuis environ quinze jours, qu'il ne connaît Chrétien que pour avoir

Ï>ris du café chez lui en différents temps, que edit Chrétien ayant appris que le déclarant avait une maison à Soisy, l'avait prié de le re-

cevoir chez lui pour quelques jours avec tleux amis, pour voir s'il ne trouverait pas une maison à leur convenance dans le pays.— Melun, 22 nivôse an IX. Le capitaine commandant la gendarmerie nationale de Seine-et-Marne, au général Radet : « Le lieutenant Manginot a été appelé ce matin par le préfet pour aviser aux moyens de rechercher, dans la commune du Mée, l'ex-général Rossignol.. L'ex-général Rossignol ayant été trouvé chez lui et n'ayant pas voulu se rendre à l'arrêté du préfet qui requérait la gendarmerie de le conduire devant le ministre de la police générale, sans un ordre particulier de ce dernier, le préfet a pris le parti de le laisser à la surveillance de trois gendarmes jusqu'à la réponse du ministre... Signé : Lavoiepierre». — Au min. pol. : «D'après vos ordres, aidé de vos conseils, je me suis éloigné de Paris, dans la ferme persuasion d'être tranquille, lec. Colin, préfet, vient de me faire arrêter. J'ai refusé d'obéir à cet ordre arbitraire et lui ai représenté qu'il lui fallait un ordre émané du gouvernement et auquel j'étais prêt d'obéir... Je demande crae vous vouliez t>ien me faire raigné de la liste des déportés. Rappelé-vous, citoyen ministre, que vous m'avez promis d'aitre mon défenseur auprès du premier consul tant que vous serez au ministère, j 'attend de vous cette justice. Rossignol, aux Fourneaux, près Melun». 22 nivôse an IX, en marge : le ministre a donné ordre de le conduire à la Préfecture de police. — Le général Rossignol meurt à l'Ile d'Anjouan, le 8 floréal an X. Le ministre de la mar. annonce cette mort, à Mme Rossignol, le il prairial an XI. —Mar. à MM. les héritiers Rossignol, à Toulon, 13 juillet 1809. Le ministre, Messieurs, en réponse à votre demande de renseignements sur la suc-

cession du sieur Jean-Baptiste Rossignol, me charge de vous transmettre et je joins ici, l'expédition qu'il vient de recevoir de l'Ile-de- France d'un extrait certifié du tableau d'ordre entre les créanciers du décédé.

. Rousselle (Robert), p. 18. — Figure le 20 nivôse an IX sur la liste des individus arrêtés . — Le 20 pluviôse à Bicôtre, au moment d'être envoyé à Nantes pour être embarqué, il obtient un sursis de départ « pour cause de maladie oui a été constatée par certificat des officiers de santé de ladite maison ». — Rousselle (Robert) (réclamé par son épouse et le c. Wisnich, juge de paix, qui dépose de sa moralité). Un Robert Rousselle est porté sur la liste du senatus-consulte. Un nommé Robert Rouocel, demeurant division de l'Arsenal, avait été précédemment, désigné comme septembriseur. On a arrêté Robert Rousselle, âgé de 61 ans et très infirme, demeurant division de la Fidélité depuis longtemps. Malgré l'identité de noms il y a erreur de personne et Robert Rousselle, maintenant détenu, a été confondu avec Robert Bouxel, septembriseur, qu'on a voulu indiquer et qui est disparu depuis le 3 nivôse. On estime qu'il y a lieu de mettre Robert Rousselle en liberté. (Note de pol., 27 pluviôse an IX.) — Rousselle est, à la suite de ce rapport, mis en liberté.

Sabathier (J.), p. 4. Je ne sais si ce Sabathier est le même que le général Sabathier qui va suivre.

Sabatier (Jean-Isaac, général réformé. \

Quelques pièces orthographient : Sabathier). Pp. 209, 251,252,255, 256,260,523.— Les notes de police s'expriment ainsi à son sujet : « Grand parieur, dangereux. Son exagération, sa haine contre le gouvernement et ses déclamations

ont motivé son arrestation. Immoral, sans instruction. » — Mar. à guerre. 18 décembre 1809. J'ai reçu, avec la lettre dont vous m'avez honoré sous la date du 7 novembre dernier, la Eétition que l'ancien général de brigade Saatier vous a adressé pour obtenir le rétablissement du traitement de réforme qui lui avait été alloué avant sa déportation à Gayenne. V. E. désire connaître la véritable position de cet officier général en France, et mon avis sur l'objet de sa réclamation... Le 2 mai dernier, informé qu'en vertu de la capitulation de Gayenne, les déportés, par ordre de S. M., allaient être renvoyés en France, je m'empressai d'en transmettre l'état nominatif à S. £. le ministre de la police générale, afin qu'il pût donner à leur égard les ordres convenables. Une partie de ces individus, et avec eux le général Sabatier, étant effectivement arrivés à Paimbœuf le 13 juin de cette année sur le parlementaire brésilien la Fleur de Mer, le préfet du département de la Loire-Inférieure donna l'ordre de s'assurer de leurs personnes et ils cessèrent dès lors d'être sous la main des agens de mon département. Ge sont là, M. le duc, les seuls renseignements que je puis vous fournir sur le compte du général Sabatier. — 44 juin 1840, de l'hospice des maisons d'arrêt à Nantes, au comte de Lobeau, général inspecteur, aide de camp de Tempère ur. Jean-Isaac Sabatier, général réforme, ose espérer que vous serez favorable à un ancien militaire couvert d'honorables blessures, dont les brevets et certificats attestent les bons services, et qui, constamment soumis au gouvernement, partage l'admiration universelle pour notre auguste empereur. Il explique alors qu'il a été « exilé à Gayenne (an XII) par arrêt du préfet dp son départe-

ment d'après des rapports clandestins et faux ». Son zèle et ses efforts pour la défense de la colonie de la Guyane n'ont pu empêcher Victor Hugues de la livrer lâchement aux Portugais. Depuis un an il s'est wi mis dans des prisons infectes, confondu avec des criminels. Il a dû vendre ses effets à vil prix, dépourvu, privé du traitement de réforme qui lui est accordé par arrêté du 11 nivôse an X. Signé: Berthier. Il avait en partant autorisé sa femme à toucher ce traitement, elle est morte depuis 15 mois. Tous ses fils sont au service, dont un prisonnier en Angleterre, un mort au champ d'honneur, une fille en bas âge. Il est dans la détresse ; il a adressé des requêtes à la guerre, à la police générale, pour obtenir son traitement et la liberté qu'il veut consacrer au service de S. M. Il a conservé vigueur et courage ; il brûle de verser le sang qui lui reste pour le souverain. En marge : J'adresse cette lettre à S. Ëxc. M. le duc de Rovigo, accompagnée d'une de mes lettres. Nantes, le 30 juin 1810. Le ctede Lobau. — Agathe Sabatier écrit au duc de Rovigo que son père, revenu de Gayenne, a été mis en arrestation, puis en liberté quand il était à Nantes. Il vient encore d'être arrêté à Tarbes ; elle demande sa liberté. — 13 décembre 1810. La pol. gén. fait demander le dossier de Sabattier, « actuellement détenu en prison à Tarbes. » — 2 mai 1814. Sous-préf. de Verceil au chevalier Angles, min. delà pol. Le chevalier d'Augerz vient de m'annoncer par lettre du 29 avril que tous les individus détenus pour politique dans l'étendue de l'ancien gouvernement général au delà des Alpes, doivent être libres ; il en demande la liste. . . M. le général Sabatier, qui a été relégué à Verceil, sous la surveillance delà police locale, par ordre de Napoléon du 10 jqil*

letl814, est le seul individu auquel s'appliquent ces dispositions. Je m'y suis conformé.

Saint- Amant, et non Saint-Amand (Jacques), dit Gallebois, tourneur en cuivre, 43 ans en l'an IX, né à Passy, prës Paris ; demeurant à Paris, rue de la Cossonnerie, n° 519. Pp. 48, 57, 402. — Mort à l'île d'Anjouan, le 47 floréal an X. — Il avait été entrepreneur duLjcée dramatique à la foire Germain, et il avait obtenu quinze cents livres à titre d'encouragement, le 26 novembre 4797, parce que , dit l'arrêté « son théâtre populaire est uniquement consacré à la représentation d'ouvrages républicains ».

Saulnois (Charles). V. SonnoU (Charles).

Saunier ou Saulnier (Jean), 56 ans en l'an XII ; né à Fontaine- Française (Côte-d'Or), instituteur, pp. 48, 463, 475, 209. — Rapport du préf. de pol. du 27 pluviôse an IX. Réclamé par sa femme, a été arrêté dans l'affaire du 22 fructidor dernier; ses déclarations ont jeté le plus grand jour dans l'affaire de Chapelle et autres, et ont beaucoup contribué à atteindre ces scélérats. Saulnier a toujours été lié avec les plus chauds exclusifs. C'est cependant un homme sans moyens ; il est père de famille. Le gouvernement est prié de statuer. — 2 ventôse an IX, min. pol. à préf. pol. Le premier consul a décidé que... Saulnier serait mis en surveillance à Oléron. — Est envoyé à Oléron le 40 ventôse ; il y arrive le 2 germinal. — 19 ventôse an IX. J. Saunier, 22, rue Guénégaud à Fouché : « Le chef de votre bureau particulier m'a employé, de votre aveu, durant trois mois, à dater du 1er brumaire, n'ayant reçu aucun salaire pendant tout ce tems, et me trouvant sans fortune, j'ai du cesser. Quelque ait été mon travail, j'y ai mis du zèle,

j'ai sacrifié une partie morale de mon temps, on m'a dit que le minimum des indemnités de cette espèce était de 150 fr. par mois... (demande un total de 450 fr.) enfants sans pain... Cet aveu est bien douloureux pour un homme qui a été utile à son pays depuis 1788, comme commissaire près les tribunaux, accusateur public, agent général, et de qui une assemblée a décrété qu'il a bien mérité de la patrie. Je n'ai pas cessé. » — Ventôse an IX, note au ministre. Le c. Saunier réclamé une somme de 450 fr. pour un service de trois mois, en qualité d'agent secret du ministère. Saunier a été effectivement essayé en cette qualité par le bureau particulier... (services insuffisants, qu'on lui donne 200 fr.). — La femme Saunier, faubourg Montmartre, rue du Champ-du-Repos, n° 740. Mon mari a été arrêté le 4*2 nivôse de l'an IX, par erreur de nom, et conduit à Pélagie où il resta 58 jours, déporté le 10 ventôse pour l'Isle d'Oléron, où il est encore... père malheureux... nombreuse famille. — Saunier meurt àCayenne, 24 vendémiaire an XIV.

Savigny, p. 222.

Sergent (Louis), né à Chartres en 1751. P. 14. Député.V. les Biographes.— Sergent avait épousé la sœur aînée de Marceau, et son dossier donne plusieurs renseignements sur la famille du général. — 23 nivôse an IX. Sergent écrit : « J'ai passé après la Convention deux années en Suisse, à Bâle. . . Revenu en France en l'an VI, occupé de la perte de mon glorieux frère, j'ai passé un an dans mon cabinet à graver son portrait et à recueillir des matériaux Eour son histoire. Un ministre de la guerre du irectoire m'a nommé commissaire du gouvernement près la régie des hôpitaux militaires. (Pendant 9 mois), ma conduite a eu l'appro-

bation du ministre Lacuée... Brisé parla tourmente révolutionnaire, il y a longtemps que mon esprit a renoncé aux idées politiques. — Ëmira Marceau-Sergent à Fouché, 14 pluviôse an IX... « Vous eûtes la bonté de me promettre que vous proposeriez la radiation d exil de mon époux. » (Rue Cisalpine, n° 294.) — La même (sans date). « Le c. Sergent a reçu hier matin Tordre de quitter Paris. » Elle demande à aller avec lui dans l'Eure-et-Loir . . . Il attend le passeport. — Sergent-Marceau (sans date). Votre commissaire du 1er arrondissement m'a notifié l'ordre de m'éloigner du dé- Sartement de la Seine... Le procès-verbal e ma mise en surveillance est la preuve que j'invoque. . . On me cherche à mon domicile due j'occupais il y a un an. Alors j'étais chargé de fonctions importantes car le gouvernement et je les ai remplies (7 mois sous le consulat) de telle manière que j'ai mérité, à la suppression de ma place, la promesse d'un autre emploi. Celui qui a dit que j'étais... soupçonné de n'être pas attaché au gouvernement, me connaît bien peu, il n'a du qu'être malveillant gratuitement, puisqu'il ignorait que j'étais alors commissaire du gouvernement. . . Je suis propriétaire de la maison que j'habite depuis nuit mois, dans le premier arrondissement, rue Cisalpine, 294... Mon domicile bien connu des consuls, des ministres... — Note sans date. Le préfet de police a fait un rapport sur les ré- * clamations de plusieurs individus qui ont reçu l'ordre de s'éloigner de Paris après le 3 nivôse. Il est d'avis de maintenir la mesure à l'égard de ceux dont les noms suivent. . . : Sergent, propriétaire exclusif, lié avec les personnes qui se sont prononcées le plus hautement contre le gouvernement consulaire. — Sergent-Mar-

ceau à pol. gén. ... « Je viens d'être conduit à ;•• la préfecture. On me prévient que c'est par ;;'.. ordre de votre ministère. . . » Il demande à être l** interrogé (15 floréal an X). — Le 3 septem- ;";;, bre 4811, le min. pol. écrit au préf. d'Eure-et- ;• : Loir pour lui demander « ce que sont devenus :t* les frères de M. le général Marceau, leur posi- ' - tion actuelle, leurs moyens d'existence, s'ils -*** sont mariés, s'ils ont des enfants et en crael :i nombre. Je vous recommande, ajoute le minis- ** tre, de prendre vos informations avec discré- ^ tion.»— 20 septembre, le préf. d'Eure-et- Loir, qui avait déjà été saisi d'une demande semblable, par « S. Exe. le ministre secrétaire d'Etat », répond à ce dernier : On envoie au ministère de la police, dans la note ci-jointe, les renseignements que je me suis procurés sur les frères et la sœur de feu le général Marceau, objet des lettres <rae vous m'avez adressées le 31 du mois dernier. — Voici une note qui parait avoir été dressée par la pol., d'après les renseignements fournis par le préf. d'Eureet-Loir : Les frères du général Marceau sont au nombre *de trois. L'aîné, François Marceau- Desgraviers, issu d'un premier lit, âgé d'environ 60 ans, vit retiré dans une commune rurale du département d'Eure-et-Loir. Il y jouit d'une honnête aisance. Il n'a qu'un fils qui est entré, en l'an III, dans la marine. On le croit mort aujourd'hui. De ses deux frères germains, l'un, Nicolas-Severin Marceau, exerce depuis treize ans, avec distinction, des fonctions administratives ; d'abord commissaire du gouvernement près la direction centrale du département de l'Eure, lors de l'organisation des préfectures, il a été nommé sous-préfet de l'arrondissement de Châteaudun. Dans ces deux places, il s'est distingué par son talent et son

exactitude. Sa famille se compose de deux enfants. Il jouit d'un revenu de 6.000 fr. en propriétés.- Le second, Louis-Augustin, âgé de trente ans, suit la carrière militaire depuis l'âge de quatorze ans. Attaché successivement en qualité d'aide de camp aux généraux Championne^ Kléber, à M. le prince d'Essling, il est aujourd'hui major du 10e de chasseurs à cheval et il commande les escadrons de guerre en Espagne. Il compte plusieurs blessures. Les grades de capitaine et de chef d'escadron lui ont été accordés sur le champ de bataille. Il a épousé depuis environ huit mois, la fille du sieur Vandenbrock, ci-devant grand pensionnaire de la ville de Bruxelles. Ses propriétés forment un revenu de 7 à 8.000 francs et Ton croit que sa fortune sera presque triplée lorsqu'il aura recueilli tous ses héritages. La demoiselle Marceau, femme Sergent, sœur aînée du général, est arrivée depuis un mois d'Italie, où elle a résidé plusieurs aimées. — Note de pol., non datée, mais qui est de la même époque que la précédente, c'est-à-dire de septembre 4841 : Mme Sergent, née Marceau, demeure effectivement rue du Bac, n° 9, dans une maison garnie. Il y a environ un mois qu'elle est à Paris. Elle arrive d'Italie où elle s'était retirée depuis plusieurs années avec son mari. Sergent avait contracté, depuis quelque temps, une soumission pour des fournitures d'hôpitaux. Il paraît que, depuis que sa soumission a été faite, les objets qu'il s'était chargé de fournir ont augmenté de valeur, et qu'en conséquence, son marché lui a été onéreux. Le voyage de Mme Sergent à Paris a deux motifs : le premier est de faire des réclamations auprès de S. Exe. le ministre directeur de la guerre pour tâcher d'obtenir d'abord le payement de ce qui reste

dû à son mari pour les fournitures qu'il a faites, et de plus, une indemnité relativement aux pertes qu'il a éprouvées . Le deuxième motif est de solliciter auprès de M. le conseiller d'Etat Français, un emploi pour son mari dans les droits réunis, désirant l'un et l'autre revenir se fixer à Paris, ou au moins en France s'il y avait un moyen d'existence. Mme Sergent ne parait pas heureuse, elle occupe un logement très exigu. Elle peut avoir environ cinquante ans, elle était l'aînée de feu M. le général Marceau . Serpollet ou Serpolet (Nicolas-François), dit Lyonnais, fabricant de bas. Pp. 18, 52, 87, 88, 89, 92, 102. — Au commandant des isles Se venelles, etc. Depuis l'arrestation du c. Serpolet, déporté d'Europe en cette colonie, nous avons \acquis et sçu par la déclaration dud. c. Serpolet, nonobstant toutes autres informations et convictions, que le soir du souper sur l'habitation de la cite Volamalaëfia, motif.de son arrestation, il s'est trouvé dans cette orgie divers noirs dénommés ci-après : les nommés Moutons et Jolicœur, appartenant h la cit. Volamalaëfa, et le nommé Fernando, noir à vous appartenant, et Etienne (V. ces noms), appartenant au cit. Leguidec, tous lesquels individus assistant à ce souper, se sont entretenus de propos incendiaires et portant atteinte à la tranquillité des habitans et à la perte de la colonie. Nous, açent municipal, habitans, adjoins et substitut, d après les pouvoirs qui nous ont été confiés par les habitans de cette colonie, nous arrêtons que les dénommés ci-dessus seront renvoyés de suite de cette colonie pour la sûreté publique ; nous indemniserons les propriétaires d'après les lois en usage à cet égard, qui sont observées aux isles de France et de la Réunion. En conséquence de ce, nous vous

prions de vouloir bien vous joindre à nous pour inviter le capitaine Pinnauren à recevoir à son bord les dénommés ci-dessus, et à les transporter aux lieux où il lui sera indiqué, suivant Tordre que vous lui en donnerez. (Sans date.) Signé: Mondon, agent municipal, Loiseau, F* Savy, Audibert, Lesdeuze? Ch. Savy. — Serpolet meurt à l'île d'Anjouan le 26 floréal an X.

Suas (Veuve). V. Préville (femme).

Simon (Jacques-Marie), dit Lenoir, p. 18. — Figure sur un état (17 nivôse an XIII) au nombre des « individus compris au sénatus consulte du 14 nivôse qui n'ont pas été arrêtés ».

Simon (Edouard-François), 34 ans en brumaire an" XII, né à Troyes (Aube), général de brigade. Pp. 172, 175, 201, 203, 209.— Les notes de police le signalent comme auteur d'écrits séditieux pour insurger l'armée et provoquer à l'assassinat du premier consul. Ces notes disent encore : « Ses services lui ont procuré son avancement, il était chef de l'étatmajor de l'armée des côtes de l'Ouest, commandée par le général Bernadette . Des moyens, mais remuant. » — M. le comte de Martel, qui a pu consulter le dossier de l'affaire de ce général, m'informe qu'il avait été compromis dans une conspiration militaire à laquelle le général Bernadotte (qui avait, comme on sait, des antécédents républicains) ne parait pas lui-même avoir été étranger. On avait imprimé, avec les presses même de l'état-major ae la division, une brochure insurrectionnelle dans laquelle Bonaparte était traité de tyran corse. Cette brochure avait été envoyée à plusieurs officiers au moyen de stratagèmes divers. L'un d'eux reçut un exemplaire dans un pot à beurre. Aussi les gens mêlés a cette affaire appelèrent-

ils cette échauffourée « la conspiration des pots à beurre ».

Sonnois (Charles) 9 porte-clef à la Grande- Force, 35 ans en Fan IX, né à Touillon (Côted'Or), demeurant à Paris, rue des Rosiers, n° 3. Pp. 18, 57, 102, 108, 126, 127, 130, 131, 254, 260,263, 266, 269, 271, 272, 273, 274, 276, 323, 517, 518. — Septembriseur, réclamé par sa , femme . Certificat du concierge de la Grande- Force, qui atteste sa bonne conduite comme gardien dans ladite maison. Les réclamations ne présentent aucun caractère d'authenticité. On estime qu'il n'y a lieu de faire droit. (Rapport du préf. pol. 27 pluviôse an IX.) V. Lefranc.

Sonthonax, p. 5. V. les Biographes.

Souchet (Etienne- Joseph), p. 14.

SOULAVIE, p. 4.

Soulier, et non Soullier (Nicolas), gagnedenier, né à Paris, 38 ans en Tan IX, demeurant rue des Jardins, n° 9. Pp. 18, 57, 102. — « Septembriseur. Réclamation de son épouse, appuyée de plusieurs citoyens qui attestent sa

Srobité. On estime qu'il n'y a lieu à faire roit. » Rapport du préf . pol., 27 pluviôse an IX. — Mort à rue d'Anjouan, le 29 floréal an X.— Le 13 thermidor an XI, le min. de la mar. adresse à la veuve Soulier, sur sa demande, l'acte mortuaire de son mari.

Stevenotte, député, p. 5. V. les Biographes. Taillefer (Jacques), marchand de vin à Paris, rue Marceau, n° 35, né à Thérondels (Aveyron), 38 ans en l'an IX. Pp. 18, 57, 102, 108. — 21 ventôse an IX. La, femme de Jacques Taillefer au min. pol. « Mon mari n'a jamais été arrêté ni désarmé dans aucun teins, il n'a jamais été un ambaucheur de section et encore moins un septembriseur, ses ennemis ont

pu tromper votre religion. . . » Elle demande

Sa il ne soit pas dép., mais gardé seulement à léron.— Mar. à Mme Taillefer, rue du Chantre, n° 79, à Paris. 17 prairial an XL Envoi d'un certificat constatant le décès de son mari, mort à l'île d'Anjouan le 24 floréal an X.

Taloî (Michel-Louis), député. Pp. 4, 5, 18, 156, 157, 158, 159, 166, 379, 408, 409. — Y. les Biographes. — Talot, à Fouché. Au Temple, 17 nivôse an IX. . . J'ai demandé plusieurs fois au ministre de la guerre de reprendre mon rang dans les* armées. Ma demande n'a pas été accueillie, et au lieu de partager les lauriers. . ., je ne partage ici que des fers. . . Des intérêts de famille m'appellent dans mon département. . . Je déclare formellement que les rapports des agents de police contre moi insérés dans les papiers publics, sont de la plus insigne fausseté ; ils me font membre d'un comité insurrecteur dont je ne connus et ne fréquentai jamais les membres qu'on dit le composer. Il y a plus, puisqu'à l'époque du mois de prairial dernier, qu'on cite pour la tenue de ce comité, j'étais a Angers, où j'ai passé, ainsi qu'à Choiet, depuis le 25 floréal jusqu'au 28 messidor dernier, en vertu d'un congé du ministre • de la guerre Garnot, du 9 floréal, que j'ai fait viser par le capitaine de gendarmerie à Angers le 30. J'ai prévenu le ministre de la guerre de mon retour le 30 messidor, en lui demandant de l'activité de service, il m'a répondu le 3 thermidor qu'il avait reçu ma lettre, et qu'il m'avait présente pour candidat à une place d'inspecteur aux revues vacante. . . Je n'ai point quitté Paris depuis mon retour en messidor, je n'ai donc

Su y arriver en frimaire dernier, et je n'étais onc point obligé à faire viser de passeport. Je consens à supporter une peine capitale si Ton

§eut me prouver que j'ai été depuis plus de eux ans au faubourg Saint-Antoine, et si jamais de ma vie je suis allé à Suresnes —

Remis en activité, comme adjudant-commandant, par un arrêté du 4 frimaire an X, et employé à l'armée de Saint-Domingue, il éorit à Fouché, 7 ventôse anX. « J'ai l'honneur de vous faire mes remercîments, citoyen ministre, de l'acte de justice que le gouvernement vient de faire en ma faveur ; je le dois à votre sollicitude, à celle des conseillers d'Etat Thibaudeau, Real, Français, Berlier, et à l'intégrité du 1er consul ; je ne l'oublierai de ma vie. » On lui a fait comprendre qu'il était inutile de venir à Paris ; il demande à aller chez lui, à Chollet (Maine-et-Loire) , régler des affaires de famille, et quelques mesures de précautions « au cas où ma respectable mère, déjà très avancée en âge, viendrait à mourir pendant mon absence. Je pense que le gouvernement me fera toucher l'arriéré de mes appointements depuis mon arrestation, sans cela je vous avoue franchement que je serai très gêné pour faire mon équi-

§age. » II avait reçu ses .appointements d'adiuant-général jusqu'au 14 nivôse an IX. Ordre est donné de lui rendre les armes saisies chez lui.

Thibault [René-Louis), 46 ans en l'an XII. Coiffeur de remmes, né à Saint-Symphorien (Sarthe), pp. 48, *75, 209. — A Oléron en l'an XL — ... Lorsqu'on le conduisait à l'Ile d'Oléron, il fut laissé à l'hôpital de Blois. Pendant la route il était devenu totalement fou. Il s'est rétabli. Le ministre de la police a donné ordre le 29 thermidor, de l'envoyer à sa destination. On observe que le sénatus consulte contient Thiébault (SéDastien-Hubert) et que l'individu arrêté s'appelle Thibault René - Louis. (Note

de çol.) — Figure sur la liste des déportés a existons à Cayenne » à la date du 20 brumaire an XIV, mais ne figure pas sur la liste des dép. revenus en France en 1809 après la capitulation de Cayenne.

THiébault (Sébastien-Hubert). V. Thibault (René-Louis).

Thirion (Firmin- Simon), menuisier en bâtiments, marchand limonadier, 43 ans en l'an TX, né à Thiaucourt (Meurthe), demeurant à Paris, rue du Faubourg- Antoine, n° 248, division des Quinze-Vingts, pp. 18, 57, 402, 108. . — Thirion meurt à l'Ile cTAnjouan, le 30 floréal an X. Le certificat de son décès est envoyé à sa veuve (17 prairial an XI).

Tirot (Claude), 46 ans en l'an IX, rentier, né à Sens, demeurant à Paris, rue du Cherche- Midy, n° 289, pp. 18, 57, 102. — Louise Floury, femme Tirot, 25 ventôse an IX, à min. pol. Elle a administré preuve d'alibi de son mari à l'époque... il ne tient à aucune faction... il a une très mauvaise santé, elle implore que son lieu de déportation soit changé et établi à Stenay (Meuse), avec surveillance. . . elle a un enfant en bas âge, elle a besoin de son mari pour vivre. — Réclamé par son épouse et par son fils, les réclamations ne portent que sur un point, c'est que Tirot était chez Jourdeuil dans la soirée du 3 nivôse, et qu'il n'en est sorti qu'à neuf heures du soir. 11 est, depuis longtemps, noté à la police comme un exagéré. On estime qu'il n'y a lieu à faire droit. (Rap-

Çort du pr.éf. de pol. 27 pluviôse an IX). — irot meurt à l'Ile d'Anjouan, le 28 floréal an X.

Tilly, chargé d'affaires à Gènes, p. 5. Tokbllo-Gatteschi ( Angelo-Antonio-Pasquale), p. 294, 55 ans en 1811, ex -capucin,

coadjuteur de Torrinieri, né à Poppi (Arno), domicilié à Torrinieri (Ombrone). V. Arezzo.

Toulotte (Eustache-Louis-Joseph) , officier de santé, 29 ans en Fan X, né à Saint-Omer (Pas-de-Calais), pn. 18, 173J174, 498,209, 304.— Placé en surveillance à Oléron, s'en évade (pluviôse an IX), est de nouveau arrêté (29 floréal) et conduit à Pélagie. — Sa femme écrit au min. pol. (27 fructidor an IX) « depuis près de neuf mois séparée de mon mari, on l'arrêtât le 29 floréal, depuis ce tems détenu à Pélagie. »

— 16 messidor an X, à Desmarais. Vous m'avez promis de faire conduire mon époux au Temple. , Mais il est encore à Pélagie où il faut que je lui porte tous les jours sa nourriture. J'allaite un enfant et l'aîné est encore au berceau, ce qui rend ma position dIus difficile. Je vous ai consulté pour le quartier que je dois habiter pour être près de mon mari, et je m'en trouve excessivement éloignée. Je vous demande l'exécution de votre promesse. On a bien extrait M. Moncale et plusieurs autres, n'y a-t-il que moi à qui vous ne voulez rien octroyer ? Vous avez assuré au c. Laignelot de vous intéresser à notre malheur... Si mon mari était au Temple il respirerait un air plus salubre, jouirait de la promenade et s'occuperait de littérature pour charmer son ennui. Femme Toulotte, rue des Alpes, n° H, près le Temple.

— 6 therm. an X. Toulotte, détenu à Pélagie depuis quatorze mois, demande un passeport pour Amsterdam, où il devra se fixer. (Note de pol.) — Sa mère écrit : Il n'était à Paris que pour des études analogues à son état de pharmacien. — Le premier consul renvoie à pol. deux pétitions de la mère et de la femme d'Eustache Toulotte. de Saint-Omer, à Pélagie. Ces pétitions ont été jointes à une lettre de

laquelle il résulte que Toulotte avait été à Saint-Omer, lors de l'attentat du 3 nivôse, qu'il y fréquentait la maison de Crachet, chez lequel il y eut un dîner où se trouvaient les principaux exclusifs' de la ville, qu'à la suite de ce repas dans les premiers jours de nivôse, plusieurs d'entre eux allèrent au bureau de la poste parce que, disaient-ils, ils attendaient de grandes nouvelles. C'est le cit. Vannechout, juge au tribunal de première instance de Saint-Omer, qui a donné ces détails dans sa lettre adressée au ministre le 18 nivôse an IX. — D. Deschaîuées, femme Toulotte, « il y a trois jours que j'ai perdu plus que la vie. Mon époux n'est plus détenu à Paris... demande... passeport pour le suivre à l'endroit de sa destination. » — Toulotte n'est pas envoyé à Cayenne, bien qu'il figure sur 1 état des détenus gui doivent être embarqués sur la Cibele, destinée à conduire les dép. dans cette colonie; son nom est accompagné de la mention suivante : « d'un caractère tranquille, instruit et aimant l'étude, il pourra être utile dans les colonies. » — 20 novembre 1807. Toulotte, qui est à cette époque en surveillance à Lille, sollicite la levée de cette mesure. Le préfet du Nord transmet et appuie sa demande... « Par le ministre: autoriser à lever la surveillance. ;»

Toussaint-Louvertcjre et sa famille, pp.

181, 278, 280, 281, 282, 283, 291. V. les Biographes.— Voici un extrait de la correspondance du min. de la mar. avec les différentes autorités, au sujet du célèbre noir et de sa famille. — 5 thermidor anX. Au préf. mar. de Brest. Je crois devoir vous confirmer les ordres que je vous ai transmis télégraphimiement le 4 de ce mois, relativement à Toussaint-Louverture et à sa famille. Toussaint doit être enfermé auchâ-

teau de Brest ; il doit y être tenu sous bonne garde, il aura avec lui son domestique ; vous vous serez, sûrement déjà concerté avec le commandant de la place pour exécuter à cet égard les intentions du gouvernement. Cet officier général recevra du ministre de* la guerre des ordres que Je l'invite à lui adresser sur-lechamp . Placide, mulâtre, fils de Toussaint, doit être envoyé de Brest à Belle-Isle en mer. Lesdeux autres enfants de Toussaint, sa femme, ses nièces et leur négresse, doivent être envoyés aussi par mer à Bayonne. Ce double transport devra être effectué sur deux bâtiments différents que vous choisirez parmi ceux qui sont à votre disposition. Vous prescrirez aux capitaines de prendre les précautions que la nature de leur mission exigera de leur part. Placide devra être remis au commandant de la

Ïilace de Belle-Isle, le reste de la famille sera aissé à Bayonne sous la surveillance de l'administration municipale de cette commune et du commandant de la place.— 5 thermidor an X. Au commissaire principal de Bayonne. Je vous préviens que deux enfants de Toussaint-Louverture, sa femme, ses nièces et leur négresse, vont être embarqués à Brest pour être transportés à Bayonne, où ils seront laissés sous la surveillance de l'administration municipale et du commandant de la place. . . — 7 thermidor an X. A préf. mar. de Brest. Les consuls de la République ont arrêté que Toussaint-Louverture serait transféré au fort de Joux ; il doit y être conduit avec son domestique. Si d'après les ordres que je vous ai adressés le 5 de ce mois, Toussaint est déjà enfermé dans le château de Brest, il ne devra conséquemment y être retenu que provisoirement, et il sera remis à l'officier que le ministre de la guerre va char-

ger de conduire ce« prisonnier au fort de Joux. — Au même, 5 fructidor an X. J'ai reçu votre lettre du 25 thermidor, par laquelle vous m'apprenez le départ du général Toussaint pour Landerneau, où il sera remis au c. Barret, officier, que le général commandant la division a nommé pour être chargé de sa conduite, et la sortie de la corvette la Nayade, emmenant le nommé Placide, fils de Toussaint, qu'il doit remettre au commandant de Belle-ïsle, et vous m'annoncez que dès que cette corvette sera de retour, elle transportera à Bayonne le reste de la famille. — Au commissaire pp1 de la mar. à Baronne. 9 fructidor an X. D après les observations que vous avez faites, par votre lettre du 15 thermidor, sur la somme qu'il convenait d'affecter à l'entretien, nourriture et logement de la femme de Toussaint-Louverture, de ses deux enfants et de leur négresse, le gouvernement a approuvé qu'il serait alloué par mois, pour chaque personne, la somme de 150 fr., à l'exception delà négresse, dont la nourriture sera au* frais des maîtres, ce qui fera par mois une dépense de 450 fr. Vous voudrez bien en prévenir la famille Toussaint. De la main du ministre : « Ceci me paraît cependant très considérable, et devra être réduit aussitôt que possible. La femme Louverture n'a point été élevée Sour tenir un train de maison, et cette somme e 450 fr. par mois semble au-dessus des besoins de cette négresse. » — 2 vendém. an XI. Au même. Je vous préviens que je révoque l'ordre contenu dans ma dépêche du 9 fructid. dernier par laquelle j'accordais à l'épouse de Toussaint-Louverture et à ses deux enfants 150 fr. par mois pour chaque individu. L'intention du gouvernement est que la femme Toussaint, ses deux enfants, ses deux nièces et

la négresse qui les sert, soient habillés, nourris et logés, de manière à ce que tout ce qui sera raisonnablement nécessaire leur soit fourni, sans luxe, mais avec décence, mais avec la réserve et la simplicité qui convient à l'état de nègres et négresses libres, et pour lesquels le gouvernement veut bien avoir des égards. Vous pourvoirez à ces dépenses, en prenant des arrangements avec la personne qui se chargera de faire les fournitures nécessaires, et vous me rendrez compte des conditions que vous serez dans le cas d'adopter à ce sujet, afin que, si je les approuve, je mette les fonds nécessaires à votre disposition : mais vous aurez soin de ne faire compter à l'avenir, sous auelque prétexte que ce soit, aucune somme a'argent à la famûle de Toussaint, et vous veillerez à ce que ses deux fils ne.se permettent point de porter un uniforme. — Au môme, 3 brumaire an XL Votre lettre du 16 vend* dernier me rend compte des t mesures que vous avez prises pour l'entretien, la nourriture et le logement de la famille Toussaint. Vous m'annoncez qu'un particulier de Bayonne, nommé Picard, offre de se charger pour une somme de 700 fr., une fois payée, de fournir aux cinq individus composans cette famille, et à la négresse qui les sert, les premiers vétemens nécessaires, et demande 650 fr. par mois pour, les loger, les nourrir et les entretenir de tout en général. Mon intention est qu'il ne soit pris avec lui d'arrangement pécuniaire que pour la nourriturc et le logement. J'ajoute qu'il sera nécessaire que cet individu, ou tout autre avec qui vous prendriez des arrangements, soit surveillé avec la plus sévère exactitude dans ses rapports avec la famille Toussaint. Quant au vêtement et autres objets de nécessité, l'administration de la

— soo-

marine sera chargée d'y pourvoir.— Au commandant du fort de Joux. 5 brumaire an XI. Je reçois, citoyen commandant, votre lettre du 26 vendémiaire, relative au prisonnier d'Etat Toussaint-Louverture, confié à votre garde spéciale, et sur lequel le gouvernement appelle votre plus stricte surveillance. Le in consul m'a chargé de vous faire connaître que vous répondez de sa personne sur votre tête. Je n'ai pas besoin d'ajouter à un ordre aussi formel et aussi positif. Toussaint-Louverture n'a droit à d'autres égards qu'à ceux que commande l'humanité. I/hypocrisie est un vice qui lui est aussi familier que l'honneur et la loyauté vous le sont à vous-même, citoyen commandant. La conduite qu'il a tenue depuis sa détention est faite pour fixer votre opinion sur ce qu'on doit attendre de lui. Vous vous êtes aperçu vousmême qu'il cherchait à vous tromper, et vous l'avez été effectivement par l'admission près de lui d'un de ses satellites, déguisé en médecin . Vous ne devez pas vous en tenir à la démarche que vous avez faite, pour vous assurer s'il n'a ni argent ni bijoux. Vous devez faire fouiller partout pour vous en assurer, et examiner s'il n'en aura ni caché ni enterré dans sa prison . Betirez-lui sa montre, et si son usage lui est agréable, on peut y suppléer en établissant dans sa chambre une de ces horloges de bois, du plus vil prix, qui servent assez pour indiquer le cours du tems. S'il est malade, l'officier de santé le plus connu de vous doit seul lui donner des soins et le voir, mais seulement quand il est nécessaire et en votre présence, et avec les précautions les plus grandes, pour que ces visites ne sortent sous aucun rapport du cercle de ce qui est indispensable. Le seul moyen qu'aurait eu Toussaint de voir son sort amé-

lioré, eut été de déposer toute dissimulation. Son intérêt personnel, les sentimens religieux dont il devrait être pénétré pour expier tout le mal qu'il a fait, lui imposaient le devoir de la vérité : mais il est bien éloigné de le remplir, et par sa dissimulatioiucontinuelle, il approche ceux qui Y approchent de tout intérêt sur son sort, vous pouvez lui dire d'être tranquille sur le sort de sa famille, son existence est commise à mes ordres et rien ne lui mangue. Je présume que vous avez éloigné de lui tout ce qui peut avoir quelque rapport avec un uniforme. Toussaint est son nom, c'est la seule dénomination qui doit lui être donnée. Un habillement chaud, gris ou brun, très large et commode, et un chapeau rond, doivent être son vêtement. Je m'en réfère, au surplus, aux ordres que vous avez reçus sur tous les détails de sa nourriture et de la manière de vous comporter avec lui. Quand il se vante d'avoir été général, il ne fait que rappeler ses crimes, sa conduite hydeuse, et sa tyrannie sur les Européens. Il 'ne mérite alors rjue le plus profond mépris pour son orgueil ridicule. — Au général en chef, à Saint- Domingue. 5 frimaire an XI- Le ministre lui demande les motifs qui ont déterminé la dép. du mulâtre Ghansy ; aucune note, contre lui, si ce n'est qu'il est parent de Toussaint-Louverture.— Au c. Baille, commandant du château deJoux. 10 frimaire an XI. Depuis ma ré-

Sonse, citoyen commandant, du 5 brumaire ernier, à votre lettre du 26 vendémiaire précédent, j'ai reçu celles que vous m'avez adressées, savoir : le 8 brumaire ; le 10 brumaire; lé 10 brumaire, avec copie d'une lettre que vous écrivait Toussaint; le 15 brumaire, pour la demande d'un adjudant recommandé par moi, le 23, au min. de la guerre; le 23 brumaire ; le

27 brumaire, avec copies de lettres à vous confiées par ce prisonnier ; le 2 frimaire, avec interrogatoire d'un citoyen Gallet. Je ne puis, citoyen commandant, qu'applaudir à votre exactitude, à vos précautions et à vos principes d'une surveillance sévère, mais assortie des tempéramens que commande l'humanité . — Au commissaire de marine chargé en chef du service à Bayonne. 26 frimaire an XI. J'approuve les mesures que vous avez prises de concert avec le maire de Bayonne et le commandant d'armes de cette place, relativement à la surveillance ôévère à exercer sur la famille Toussaint. Vous êtes autorisé à continuer de vous faire remettre et d'ouvrir toutes les lettres à l'adresse des personnes qui la composent. — Au citoyen Amiot, commundant d'armes au château de Joux. 21 nivôse an XI. J'apprends, cit., par votre lettre du 13 de ce mois, que le ministre de la guerre vous a confié le commandement du château de Joux. Je ne doute point de la surveillance active que vous apporterez à la garde du prisonnier d'Etat Toussaint, de votre exactitude à vous conformer aux instructions que j'ai transmises par ordre du 1er consul à votre prédécesseur, et je vous invite à me rendre fidèlement compte de la situation du

frisonnier dont il s'agit, toutes les fois qu'elle prouvera, ou qu'elle vous paraîtra susceptible d'éprouver quelque changement. — Au commissaire de marine, à Bayonne. 4 pluviôse an XI. Je vous renvoyé, citoyen commissaire, la lettre à l'adresse de Rhesis-Louverture, que vous m'avez transmise par votre dépêche du 15 de ce mois. Vous pouvez la fair6 remettre à sa destination. Vous continuerez à prendre lecture de toute la correspondance du dehors avec la famille Toussaint, mais vous ne me donnerez

avis de ce qu'elle pourra contenir, qu'autant i que les choses vous paraîtront le mériter. —

i 7 floréal an XI. Au citoyen Âmiot, chef de ba-

taillon commandant au château de Joux. J'ai i reçu, citoyen commandant, le compte que vous

m'avez rendu de la mort du prisonnier Toussaint-Louverture et le procès-verbal de l'ouverture de son corps, qui était joint i votre lettre. Je ne puis qu'approuver toutes les mesures que vous avez prises à cette occasion. — 15 messidor an XI. Au cit. Bertin, commissaire de marine à Bayonne. Votre lettre du 23 prairial dernier, citoyen commissaire, me transmet une pétition de la famille Toussaint, tendant à obi tenir des renseignemens sur le sort de Tous-

i saint- Louverture. Le procès-verbal dont copie

! certifiée est ci-jointe, répond à cette demande.

i Je vous invite à le faire parvenir aux pétition-

i naires. — (Le 19 messidor, cet extrait, consta-

i tant la mort de Toussaint, est envoyé à Mme v«

Toussaint, belle-sœur du décédé.)— 20 theri midor an Xi. Au préf. mar. du 5e arrondisse-

ment. J'ai mis sous les yeux du gouvernement les observations du commissaire principal de marine à Bayonne, et votre propre avis sur le danger qu'il y aurait à prolonger davantage le séjour de la famille Toussaint en ce port. Le 2* consul a décidé qu'elle serait transférée à Agen pour y être en surveillance. Je fais part de cette décision au grand juge, ministre de la justice, en le priant de donner des ordres en formes aux agens de son ministère. Pour ce qui vous concerne, je vous invite à assurer par tous les moyens convenables, la translation immédiate de la famille Toussaint, sous bonne , et sûre escorte. -— 5e complémentaire an XI.

Au min. justice. J'ai reçu, avec la lettre que . vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 22 du

mois dernier, la copie de celle que vous a adressée le préfet du département de Lot-et-Garonne, relative à la surveillance à exercer sur la famille Toussaint, destinée à être transférée de Bayonne à Agen, par décision du consul Cambacérès, en l'absence du 1er consul. Pendant le séjour de cette famille à Bayonne, elle n'était pas en état de détention, mais rigoureusement surveillée chez le propriétaire de la maison où elle avait été placée par les soins du commissaire de marine chargé en chef du service. Cet administrateur suivait, avec la plus scrupuleuse exactitude, les rapports des individus qui la composent avec le propriétaire. Nul d'entr'eux ne pouvait sortir, ou parler à qui que ce fut, sans une permission expresse du commissaire de marine. Je l'avais autorisé à se faire remettre et à ouvrir toutes les lettres qui leur étaient adressées, et il me transmettait celles qui lui paraissaient de nature à être mises sous mes yeux. Telles étaient, citoyen ministre, les mesures de sûreté et de rigueur prescrites au commissaire de la marine à Bayonne, et je vous invite à vouloir bien en ordonner la stricte exécution au préfet de Lot-et-Garonne. Quant aux frais de logement, ainsi qu'à ceux d'habillement et de subsistance des gens de couleur dont il s'agit, ils étaient à Bayonne naïés sur les fonds de mon département, et continueront de l'être à Agen. Mais il serait nécessaire que le préfet de Lot-et-Garonne, placé sur les lieux, prît le soin de choisir dans la ville d'Agçn une maison sûre, où la famille dont il s agit pût être logée, nourrie avec la modestie qui convient à des gens de couleur libres ; 2° de prendre sur le compte du propriétaire ou principal locataire les renseignements les plus exacts{ et 3° de s'entendre avec l'officier d'administration

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