‹ Les députés de la Provence à l'Assemblée nationale de 1789Chapitre 21 sur 38 · DÉPUTÉ DE LA NOBLESSE ( SÉNÉCHADSSÉE DE DRAGUIGKAN · texte numérisé non relu

DÉPUTÉ DE LA NOBLESSE ( SÉNÉCHADSSÉE DE DRAGUIGKAN

Fils de Louis Leclerc de Lassigny et de Marie-Anne de Villeneuve- Bargemont , le comte Louis-Jean-Baptiste Leclerc de Lassigny de Juigné, né à Lorgues, le 22 février 1758, fut élu député à l'Assemblée nationale p;ir la noblesse de la sénéchaussée de Draguignan.

Le jour même des élections, le 7 avril 1789, le comte de Lassigny, écrivant de Draguignan à sa femme, lui disait : « Je n'ai à me reprocher

aucune démarche pour me faire nommer, c'est la Providence qui l'a voulu ainsi. Adieu, ma toute bonne. — Leclerc de Lassigny » (i^.

11 se rendit à Paris, où il reçut tout d'abord l'hospitalité de la marquise de Soncourt (rue et à côté des Petits-Augustins — boulevard S'-Germain). C'est à cette adresse ([ue lui écrivit son collègue, le vicomte Rafélis de Brèves, élu comme lui député par la noblesse de la sénéchaussée de Draguignan : « Je me livrerai d'autant plus à vos idées, mon cher cousin, que j'y ai d'avance la plus grande confiance et que, si je ne peux vous seconder par mes faibles lumières, je tâcherai du moins de le faire par mon zèle et ma bonne volonté ».

Ses pouvoirs vérifiés et reconnus réguliers , M. de Lassigny de Juigné fut admis aux séances de l'Assemblée, le 1" juillet 1789. Il y assista assidûment ; mais, tout en votant avec le parti royaliste, il ne prit part à aucune discus.-ion.

Après la session, M. de Lassigny ne revint pas en Provence. Il demeura auprès du roi, et fut au nombre des gentilshommes qui périrent en défendant les Tuileries contre les Révolutionnaires, le 10 août 1792.

Son cousin, de Rafélis de Brèves, fut également victime de cette odieuse attaque des ennemis de la royauté. Ainsi l'un et l'autre n'avaient accepté que par devoir, et non sans regret, le mandat de député qui les éloignait de leurs foyers, et ce triste pressentiment se réalisa ; il est vrai que, s'ils étaient rentrés à Draguignan à la clôture de l'Assemblée, ils auraient échappé à la mort; mais ils étaient dévoués à la famille royale et ils crurent qu'il était de leur devoir de ne point l'abandonner au moment du danger.

(1) Il avait époasé (sa cousine sans doute,, Mademoiselle Anne de Villeticuve-Bargemont.

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