‹ Les députés de la Provence à l'Assemblée nationale de 1789Chapitre 22 sur 38 · L.-H. LEJEANS · texte numérisé non relu

L.-H. LEJEANS

NhGOCUVT

DÉPUTÉ DU TIERS ÉTAT

(SIÎMKCMAUSSKR DE MARSEILLE)

Louis-Honoré Lejeans, fils de Guillaume, avocat, et de Marie-Blanche Rostan, né à Marseille, le 29 mai 1734, occupait une place distinguée dans le commerce de cette ville, lorsqu'il fut élu, en 1789, député à l'Assemblée nationale par le tiers état de la sénéchaussée de Marseille.

Lejeans signa, le 22 juin, le serment du Jeu-de -Paume. Il n'intervint qu'une seule fois dans les discussions de l'Assemblée, et ce fut pour s'opposer à une dépense relative à la construction du palais de justice d'Aix, qui lui paraissait inopportune.

Mais s'il ne se produisait pas souvent en public, Lejeans n'était pas moins un député très attaché aux intérêts du commerce. Il entretenait avec les négociants Marseillais une correspondance suivie, au nom de tous ses collègues de la députation. Apportant dans leur mission à Paris, les usages de la Chambre de commerce, les députés de Marseille, sans distinction d'ordre (le clergé, la noblesse et le tiers état), se réunissaient fréquemment et chargeaient l'un d'eux, alternativement, de tenir la plume pendant huit jours , ils s'intitulaient des Semainiers (V.

Cette intéressante correspondance est conservée dans les archives de la Chambre de commerce de Marseille (série BB, article 314). Nous

(i; Les leUies étaienl signées quelquefois par tous les membres de la dépulalion. La lettre du 27 août 179i\ sur la réduction du Droit de Consulat dans le Levant, est signée par ; Louis Lejeans , Delabat, Castelanet, Peloux, Sinélij, abbé Davin , abbé de Yilleneuve-Bargemon.

en devons la communication à l'obligeance de son distingué président, M. Augustin Féraud.

La première lettre est du 3 juillet 1789. — Louis Lejeans écrit aux députés de la Chambre de commerce, présidée parle premier échevin: « Messieurs, les députés de Marseille aux États généraux ont reçu une lettre du 27 juin dernier, de MM. les négociants, pour les charger de s'unir à M. de Rostagny '^', et solliciter auprès des ministres la protection de leur commerce, assailli par les pirateries des Algériens. Quoique nous fussions déjà instruits des démarches de M. de Rostagny, et des déterminations qui avaient été piises, nous nous sommes rendus chez M. le comte de La Luzerne. Il nous a communiqué les ordres qu'il avait donnés pour l'armement de deux frégates en toute diligence, destinées à convoyer nos navires, de notre port au delà du détroit, et du détroit dans notre port. Il nous a assuré aussi avoir autorisé l'envoi des avisos dont on lui avait demandé l'expédition pour prévenir les navigateurs, les engager de se mettre à l'abri, ou de naviguer avec précaution.

« Toutes ces dispositions vous seront déjà connues par le retour de vos courriers extraordinaires, et vous aurez été prévenus aussi que M. de Montmorin, au nom du roi, a fait la réclamation auprès de sa Majesté Très Fidèle, du navire le Désiré, pris par les Algériens et repris par l'escadre Portugaise — Signé : Louis Lejeans ».

Toute cette correspondance est à consulter, pour connaître l'activité et le zèle des représentants des intérêts Marseillais à Paris, pendant les deux premières années de la Révolution (2).

(i; M. de Rostagny avait été député spécialement par le commerce Marseillais pour former à Paris une commission générale, composée des délégués de toutes les Chambres de commerce.

(2) Une partie de cette correspondance est analysée dans l'article consacré au député Sinéty, ci-après.

Louis-Honoré Lejeans avait épousé, le 3 octobre 1775, Marie-Jeanne Clary, sœur de Bernardine-Eugénie-Désirée Clary, qui devint reine de Suède (J). Il mourut à Marseille, le 4 mai 1794.

LOMBARD-TARADEAU

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