‹ Les députés de la Provence à l'Assemblée nationale de 1789Chapitre 33 sur 38 · ABBÉ ROYER · texte numérisé non relu

ABBÉ ROYER

coNstiLLER d'État d'kCtLIsb DÉPUTÉ DU CLERGÉ

(SL.MÉCHAnsSt'K D'ARLES)

Honoré-Joseph Rover, né à Arles, le 25 février 1739^ entra dans la congrégation des Bénédictins de S'-Maur et devint conseiller clerc au Parlement de Paris, maître des requêtes, vicaire général d'Embrun, abbé de La Noë (diocèse d'Évreux), et enfin conseiller d'État d'Église '3^, Il fut élu député par le clergé de la sénéchaussée d'Arles, le 18 mai

(1) Recueil des documents relatifs à la convocation des États généraux en 1789, par Armand Brette. Paris, 1896, p. 296.

(2) Il avait épousé, le 27 janvier 1774, M^'» Hilaire-Raymond-Ursule-Joseph Vidal.

(3) Par lettres royales du 19 avril 1789. l'abbé Rover fut nommé < conseiller ecclésiastique an Conseil d'État privé, direction et finances, en place de l'abbé de Rodonvilliers, décédé >.

6 juillet 1789. — Après quelques éclaircissements demandés sur cette élection, faite en double, l'Assemblée déclare régulière l'élection de l'abbé Rover (i .

L'abbé Rover, élu secrétaire de l'Assemblée nationale, le 25 mai 1790, prit la parole le même jour dans la grande discussion sur l'établissement de la Cour de cassation :

« Attaché par état au Conseil du roi, dit-il, je ne veux point cependant chercher à intéresser votre justice en faveur des magistrats sur le point de perdre leur état ; quelque pénible qu'il soit pour eux de se voir dans l'impossibilité de remplir une carrière à laquelle ils avaient sacrifié leur fortune, ils sa\ent trop ce qu'ils doivent à la Révolution pour ne pas s'y résigner ».

Interrompu plusieurs fois par les partisans de la nouvelle législation, l'abbé Rover riposta vivement : « Comme membre du (Conseil, je croyais avoir qualité pour faire ces observations ; mais puisque je trouve aussi peu d'indulgence dans cette assemblée, je me retire » (2).

Accusé « de s'être déclaré l'ennemi du peuple, en tentant d'ouvrir la maison d'arrêt du Luxembourg et d'anéantir par le meurtre et l'assassinat des représentants du peuple, et notamment des membres du comité de salut public et de sûreté générale^ le gouvernement républicain , et de maintenir la monarchie », l'abbé Royer fut arrêté le 3 juin 1794 — condamné à mort le 7 juillet et exécuté le lendemain à la Barrière-de-Vincennes.

L. Prudhomme, dans son Dictionnaire des individus envoyés à la mort, mentionne en ces termes la condamnation et l'exécution du conseiller d'État : « Royer (Honoré-Joseph), ex-noble et conseiller d'État, âgé de 55 ans, né à Arles, département des Bouches-du-Rhône,

{V Le cltrgé séparément et ensuite avec le corps de Id sénéchaussée ;Procè£-verbal des séances de l'Assemblée nationale. Paris, 1791, p. 211). (2' Réimpression du Moniteur, tome IV. p. 4G0.

domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort le 19 messidor an II , par le tribunal révolutionnaire de Paris , comme complice d'une conspiration dans la maison d'arrêt du Luxembourg, où il était détenu ».

L'abbé Royer appartenait à une ancienne famille provençale ; son père, Marc-Antoine Royer, était conseiller secrétaire du roi, après avoir été lieutenant général de la sénéchaussée d'Arles ; son frère était conseiller à la Cour des Comptes de Provence ; sa mère, Marguerite de Philip, avait un frère, Honoré de Philip, conseiller secrétaire du roi, trésorier général des États de Provence, représenté aujourd'hui par M. le commandant de Philip, chef d'état-major de la 30** division, à Avignon.

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