BOUVIER
AVOCAT
DÉPUTÏ: DL' TIERS KTAT (PniXCIPALTK d'orange)
Né à Orange, en 1760, Godefi-oy-Gédêon-Antoine Bouvier, avocat, était procureur du roi et professeur de droit civil quand il fut élu, en 1789, député à l'Assemblée nationale par le tiers état de la principauté d'Orange.
Le 13 juin. Bouvier prit place parmi les députés les plus avancés de la majorité, et, le 10 juillet 1790, il demanda la parole sur la pétition des Avignonnais, détenus à Orange, à la suite des troubles d'Avignon. Ils faisaient valoir leur qualité d' « étrangers » et de « sujets du Pape », pour réclamer la protection de l'Assemblée et obtenir leur élargissement. Malouet , Grillon le jeune et l'abbé Maury appuyèrent vivement la requête des prisonniers. Bouvier se joignit au contraire à Robespierre, pour représenter à l'Assemblée le danger qu'il y aurait à soustraire ces détenus à leurs juges. « Les officiers municipaux d'Orange, dit-il, n'ont pu mettre le calme à Avignon qu'en promettant au peuple que les prisonniers seraient jugés. Est-ce par vous que cette promesse sera violée ? Est-ce par vous que la guerre civile sera allumée ?. . . » (Il s'élève dans la partie droite un mouvement général ; on entend ces mots : Allons donc .'). A la suite de ces paroles, un violent débat s^éleva dans l'Assemblée, qui finalement, passa à l'ordre du jour.
Député par le département de Yaucluse (la 24 germinal an VI>, au Conseil des Cinq-Cents, Bouvier fut du nombre des républicains qui firent à la conspiration royaliste d'abord, aux menées de Bonaparte ensuite, la plus vive opposition ; à la séance du 26 fructidor an VII, il
monta à la tribune pour prouver, à Taide de faits, que « des bandes royalistes parcouraient impunément le département de Vaucluse » ; il proposa, et le Conseil arrêta un message au Directoire sur cet objet. Au 18 brumaire, il fut exclu de la représentation nationale, et rentra dans la vie privée.
Enveloppé dans la proscription prononcée par le décret du 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799), Bouvier revint à Orange et y vécut ignoré. Il mourut dans cette ville, le 3 avril 1826. Son fils, Godefroy, remplit pendant de longues années les fonctions honorables déjuge d'instruction au tribunal civil d'Oranofe.
BURLE DE CURBAN
LIEITF.NANT GtNÉRAL CIVIL DE SISTERON
DÉPUTÉ DE LA NOBLESSE
(sÉNIiCHiUSSKES RE FORCALQUIER, DIG.NE ET SISTERON)
Jean-Charles-François de Burle, né à Sisteron, le 27 janvier 1746, chevalier, seigneur de Curban, était lieutenant général de la sénéchaussée de cette ville, lorsqu'il fut élu député à l'Assemblée nationale par la noblesse des sénéchaussées de Forcalquier, Digne et Sisteron.
Un des premiers, le chevalier de Burle se réunit au tiers état, le 25 juin 1789. Il fît partie d'une députation au roi, composée de vingt-quatre membres de la noblesse, et ayant pour mission de lui porter les plaintes de l'Assemblée, sur ce que le lieu des séances était environné de soldats, son entrée interdite au public, et de lui représenter que la police de la salle, où l'Assemblée se réunissait, ne pouvait appartenir qu''à elle-même.
Après avoir rempli avec dévouement le mandat qui lui avait été confié, de Burle rentra à Sisteron, et mourut dans cette ville, le 20 octobre 1823, à l'âge de soixante-dix-sept ans.
CASTELANET