‹ Les deracines (volume 2)Chapitre 9 sur 31 · VISITE DE TAINE A ROEMERSPACHER · texte numérisé non relu

VISITE DE TAINE A ROEMERSPACHER

— Ah ! François ! si tu Tavais vu !.. . ^

— Je l'aurais honoré; mais plus loin, par delà ce

maître, j'aspire à ne rien renoncer, à tout absorber J

pour faire avec tout de l'idéal?

— Comment, de l'idéal?

— Mais oui, pour en faire une matière qui intéresse mon âme. Ce que vous appelez une succession

de faits vulgaires, un sentiment pour une femme, '

une intrigue politique, les acclamations populaires, je saurais les ressentir et les interpréter d'une certaine façon indéfinissable, poétique, avec amour. Et ces réalités ainsi ennoblies auraient des prolongements qui se confondraient en moi pour que je fasse d'elles toutes del'unité, pour queje m'en augmente... Oui, c'est bien cela que je veux dire : absorber tout et en faire de l'idéal.

Ils étaient arrivés à Montmartre. Déjà l'heure du diner avait passé, sans que de tels fiévreux s'en ^

aperçussent. Ils regardèrent la ville dans ses ténèbres. De toutes les sortes de ténèbres Sturel et Rœmerspacher savaient faire sortir les beautés qui s'y cachent. Comme les magiciens qui retrouvent sous le sol des trésors invisibles, ils évoquaient, à se promener dans Paris, trop piétiné pourtant, bâti, bouleversé, des fantômes, dont ils faisaient leur compagnie. Ils avaient souvent animé le sanglier des Tuileries où s'accoudèrent Fontanes et Chateaubriand; avec moins d'effort on fait parler Montmartre. Renaudin, habitué des réunions publiques, leur avait décrit l'esprit de cette butte qui, depuis des années, met son honneur à adopter les plus truculentes nouveautés de la politique. Montmartre se montrait à leur imagination gorqé d'éloquences, de

désirs, d'éi notre éduca k conceTOÛ jamais sak ivresse nou' passent au; vin éclatant glaise, à h glisser sur 1 sont venus '

Èaent, Rœ - Si tu f I, dit-il, c -Mi,

réflexion de d^abord dén dans les éti offrent à ui placep d^ i d'ayasce, .e' somme, soi psychologîq science ei ] mon activiU — D'où j

— Qui do que tu en exemples. E suggestion»

personnalitt selon le géi exemple Lo

une i.iethode pour que chacun se crée soi-même. Voilà saforce incomparable!... Méthode prodigieuse, par où chacuo de nous, dans la solitude et sans !, peut porter au maximum La métliode de Loyola, c'est is émotions, de perfectionner tiver ses aptitudes, de nous ie cérébrale telle que uous >. nous nous sommes proposé.

ut LES DÉRACINÉS

Lui et les sie: s usèrent de ce ^que pour réaliser un type < pesant sur la destinée des p niOQ... Comme loi, comme H.

faire une coQceptioo du mon loin, je voudrais qu'elle me qu'eUe donnât une direclion s moi- N'importe quelle direc m'entraîne et me soit plus oh Ah! dans ce désert de F^îs.si uns A penser en commun! à Trir la sphère où, dès le gi fAmes des tioès à nous moavoù f— — Une association ! dil R< 1 qut.lo fin s"as~ocier? Loyc'.a I par;L-:;vr Je la vie de Jcs;.s, leur v;:::: dAvr:i:. MxU cù 1

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go Ole aimantée, s*afible s<3us des courants insensibies aux esprits rouilles, vers quel point Tattraction d^iin illustre passant Ta-t-elle précipiter ces romanesques de qui le cœur se gonflait de désirs tous les soirs au coucher du soleil sur le Luxembourg?

M. Taîne a indiqué qu'aux individus toute Tie Tenait de la collectivité. Son raisonnement supposait

conformer à sa destinêÊ*JLa dit expressément : « Je mourraiet bientôt Tiendra Totre tour. »» Rœmerspacher a constaté que ce maitre lui-même était on animal avec les conditions, les phases, les fragilités d'une béte. C'est cela surtout, cette idée de la mort et de leur animalité qui met dans leur sang, comme un aphrodisiaque, la hâte, la frénésie de viTre.

— R-^ an lisons donc nos camarades!... Suret- Lefort. SaiQt-Phlin, Renaudin. Racadot et Mouchefrin. — conclut Sturel, entraînant son ami au bas des pentes de Montmartre. — Examinons avec eux le plan d'une action commune. U est temps d'employer 'a vie.

— Fixe le jour. Theure, Fendroit, dit Rcemers ;.'» her.

— Nous sommes aujourd'hui le i*^ mai... Eh tien! au tombeau de rE!mr»ereur, le 5 mai. iour de sa mort.

Les Toilà, comme les Cnrîeataux du désert^ qui ch-fr»:hent un prophète I

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