‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 42 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

dit-il, m'ont-ils jamais écrit des lettres pareilles à celle que je viens de produire ? Se sont-ils jamais doutés que je m'élevais au-dessus de tel faiseur de vers ou de tel politique de feuilleton ? Lorsque, petit garçon, j'errais, compagnon des pâtres, sur les bruyères de Combourg, aurais-je pu croire qu'un temps viendrait où je marcherais entre les deux plus grandes puissances de la terre, puissances abattues, donnant le bras, d'un côté à la famille de Saint-Louis, de l'autre à celle de Napoléon ; grandeurs ennemies qui s^appuient également^, dans l'infortune qui les rapproche, sur l'homme faible et fidèle, sur l'homme dédaigné de la légitimité ? » Le prince Louis-Napoléon ayant adressé à M. de Chateaubriand sa brochure intitulée Rêveries politiques, le grand écrivain lui adressa, en octobre i832, cette lettre datée de Genève : « Prince, j'ai lu avec attention la petite brochure que vous avez bien voulu me confier. J'ai mis par écrit, comme vous l'aviez désiré, quelques réflexions naturellement nées des vôtres, et que j'avais déjà soumises à votre jugement. Vous savez, prince, que mon jeune roi est en Ecosse ; que, tant qu'il vivra, il ne peut y avoir • pour moi d'autre roi de France que lui ; mais si Dieu, dans ses impénétrables conseils, avait rejeté la race de Saint-Louis; si les mœurs de notre patrie ne lui rendaient pas l'état républicain possible, il n'y a pas de nom qui aille mieux à la gloire de la France que le vôtre. »

44^ DERNIÈRES ANNEES DE l'iMPÉRATRIGE JOSEPHINE

A la fin de i833, la reine Hortense se décida à Publier, sous ce titre : La reine Hortense en Italie, en France et en Angleterre pendant l'année i8^i^ un fragment de ses Mémoires. Tandis qu'elle en corrigeait les épreuves, elle écrivit à M"^ Récamier : « 27 octobre i833. Je ne veux pas laisser parler notre amie commune sans vous parler de mes sentiments pour vous et du plaisir que j'aurai à vous revoir ici. J'espère que ce sera chez moi que vous viendrez dorénavant. M"^" Salvage vous dira que j'ai pris mon grand parti de faire publier mon triste voyage en France. Je l'ai écrit cet hiver pour moi seule. Depuis que je l'ai lu, on me force à le rendre public ; j'ai cédé, non sans peine, car je vous ai dit l'effet que je ressens, lorsque je mets tout le monde dans la confidence de mes idées et de mes impressions. Il me semble que ce soit voler aux personnes que j'aime et que je distingue une confiance qui ne doit pas être jetée à chacun; c'est m'ôter aussi le plaisir de Va-parte.

« J'éprouve d'avance, écrivait la reine Hortense à M™® Récamier, un si grand embarras de cette publication, que je ressemble assez à unepersonne qui se déciderait à se montrer toute nue, sans se . croire positivement bossue. Vous m'avouerez qu'il faut du courage, car la position est gênante. Enfin j'ai dit oui, et je dois supporter tous les inconvénients attachés au titre d'auteur. Je n'ai rien composé pourtant, et je me mets en danger

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