‹ Les dernières années de l'impératrice JoséphineChapitre 41 sur 51 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

du conquérant, sans le nommer; le prince Louis est un jeune homme studieux, instruit, plein d'honneur, et naturellement grave. »

L'auteur des Souvenirs de Madame Récamier a donné de curieux détails sur la visite de Chateaubriand à Arenenberg. « La reine Hortense, est-il dit dans cet ouvrage, mit une gracieuse coquetterie dans l'hospitalité d'un moment que le hasard lui faisait offrir au fidèle serviteur des Bourbons, à l'ancien ministre de Louis XVIII, à Tauteur de l'immortel pamphlet qui avait si puissamment aidé à la chute du premier Empire. Elle lut à M"^* Récamier et à M. de Chateaubriand quelques fragments de ses propres Mémoires. Son établissement à Arenenberg était élégant, large sans faste, et ses manières à elle, simples et caressantes. Elle affichait, trop peut-être pour qu'on y ajoutât une foi entière, le goût de la vie retirée, Tamour de la nature et l'aversion des grandeurs. Ce ne fut pas sans quelque surprise après toutes ses protestations de renoncement aux illusions de la fortune, que les visiteurs s'aperçurent du soin que la duchesse de Saint-Leu et toutes les personnes de sa maison mettaient à traiter son fils, le prince Louis, en souverain ; il passait partout le premier... Il fit pour M'"^ Récamier à la sépia une vue du lac de Constance, dominé par le château d'Arenenberg. Le premier plan est occupé par un pâtre adossé à un arbre, qui garde son troupeau et joue de la flûte-

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Ce dessin, gracieux souvenir du passage de M""® Récamier chez la reine Hortense, emprunte un intérêt historique aux circonstances delà destinée du prince Louis-Napoléon. La signature de l'auteur a été apposée depuis à toute autre chose qu'à des bergeries. »

Au fond, M. de Chateaubriand était flatté des témoignages de respect et d'admiration enthousiaste que la reine Hortense et son fils lui prodiguaient avec une très grande habileté. Le prince Louis-Napoléon lui avait écrit le 4 mai i832 : « Vous êtes le seul défenseur redoutable de la vieille royauté; vous la rendriez nationale, si l'on pouvait croire qu'elle pensât comme vous. Ainsi, pour la faire valoir, il ne suffit pas de vous déclarer de son parti, mais bien de prouver qu'elle est du vôtre. » Et l'auteur de la brochure Buonaparte et les Bourbons avait répondu, le 19 mai : « On est toujours mal à l'aise pour répondre à des éloges; quand celui qui les donne avec autant d'esprit que de convenance est, de plus, dans une condition sociale à laquelle se rattachent des souvenirs hors de pair^ l'embarras redouble... J'aurais été heureux de vous remercier de viv^e voix de votre obligeante lettre. Nous aurions parlé d'une grande gloire et de l'avenir de la France, deux choses qui vous touchent de près. »

Dans ses Mémoires d' oiitre-tomhe^ Chateaubriand évoque avec une complaisance] marquée le souvenir de cette correspondance. « Les Bourbons,

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