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LA MORT DE L'EMPEREUR LÉOPOLD

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volontiers glorifiés de crimes dont ils n'étaient pas coupables, pourvu que ces crimes eussent été commis contre des rois.

(>e qui est certain, c'est que Marie-Antoinette crut au poison. € La mort de l'empereur Léopold, dit M"" Gampan, arriva le 1" mars \-(j2. La reine était sortie lorsque la nouvelle en parvint aux Tuileries. A son retour, je lui remis la lettre qui la lui annonçait. i:ile s'écria que l'empereur avait ete empoisonné; qu'elle avait remarqué et conservé une gazette où, dans un article de la séance des Jacobins, à l'époque où Léopold s'était déclaré pour la coalition, on disait, en parlant de lui, qu'une croûte de pâté pourrait arranger cette atfaire. Dès ce moment, la reine avait regarde cette phrase comme échappée aux propagandistes. >

Le jour même où mourait le frère de Marie-Antoinette, le ministre des alfaires étrangères de Louis XVI, de Lessart, excitait les colères de l'Assemblée nationale. Il donnait lecture de sa correspondance diplomatique. On ne la trouva point assez ferme. On s'indigna d'une dépèche dans laquelle le prince de Kaunitz disait : « Les derniers événements nous donnent des espérances; il parait que la majorité de la nation française, frappée elle-même des maux qu'elle préparait, revient à des principes plus modères, et tend à rendre au trune la dignité et l'autorité qui sont l'essence du gouvernement monarchique. > Quand de Lessart descendit de la tribune, les chuchotements se changèrent en cris de fureur, en menaces contre le ministre et contre la cour, qui, disait-on, pré}\iraieiu aux Tuileries une campagne contre-révolutionnaire, et dictaient au cabinet de Vienne le langage par lequel on croyait intimider la France. Le même jour, dans la séance du soir, le députe Rouyer proposait la mise en accusation du ministre des atlaires étrangères. « Lst-il possible, s'écriait-il, qu'un ministre perlide vienne faire ici parade de son ouvrage, et le mettre sur la tête d'une puissance étrangère? Quel sera le terme où les ministres cesseront de nous trahir ! Dut ma tète être le prix de la dénonciation que je fais en ce moment, je ne cesserai jamais de le poursuivre. > Dans la séance du 6 mars, Guadet dit : « 11 est

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26o MARIE-ANTOINETTE ET LAGONIE DE LA ROYAUTÉ

temps de savoir si les minisires veulent faire de Louis XVI le roi des Français, ou le roi de Coblentz. >

Le 10," l'orage éclata. La veille, Narbonne avait reçu sa démission. Brissot accusa de Lessart d'avoir compromis la cureté de la France, de n'avoir pas communique à l'Assemblée les pièces établissant l'alliance entre l'empereur et le roi de Prusse, d'avoir discrédité les assi-nats, altère le crédit, fait baisser le change, encouragé le désordre intérieur. Vergniaud prit la parole et s'eH:ria: < De cette tribune où je vous parle, on aperçoit le palais où des conseillers pervers égarent et trompent le roi que la Constitution vous a donné, forgent les fers de la nation, et préparent les manœuvres qui doivent nous livrer à TAutriche, après nous avoir fait passer par toutes les fureurs de la guerre civile. L'épouvante et la terreur sont souvent sorties de ce palais fameux. Qu'elles y rentrent aujourd'hui au nom de la loi, qu'elles y pénétr^ent tous les cœurs, que tous ceuv qui l'habitent sachent que notre Constitution n'accorde l'inviolabilité qu'au roi. Qu'elles sachent que la loi y atteindra sans distinction tous les coupables, et qu'il n'y sera point une seule tête, convaincue d'être criminelle, qui puisse échapper à son glaive. » Le décret d'accusation contre les ministres fut voté à une très grande majorité. On proposa à de Lessart de prendre la fuite. Il ne le voulut pas. < Je dois à mon pays, dit-il, je dois au roi et à moi-même de taire éclater au tribunal de la haute cour l'innocence et la régularité de ma conduite, et je suis décidé à me rendre à Orléans. . La gendarmerie le conduisit dans cette ville, où il tut emprisonne. Louis XVI n'osa rien faire pour sauver son ministre favori. Le II mars, Pétion, maire de Paris, venait, à la barre de l'Assemblée, lire, au nom de la Commune, une adresse ou il était dit : « Lorsque l'atmosphère qui nous environne est chargée de vapeurs malfaisantes, la nature ne se dégage que par l'éclat de la foudre. De même la société ne se purge dans les excès qui la troublent que par une explosion formidable H est donc vrai que la responsabilité n'est pas un vain mot; que tous les hommes, quels

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