‹ Les dernières années de Marie-Antoinette [microform]Chapitre 47 sur 105 · LA MORT DE 1. EMPEREUR LEOPOLD · texte numérisé non relu

LA MORT DE 1. EMPEREUR LEOPOLD

que soient leurs postes, sont égaux devant la loi ; que le glaive de la justice se promène indistinctement sur toutes les tètes. > Ce langage n'était-il pas comme le pronostic du 21 janvier et du if) octobre: lùitourée de mille pièges, haïe par les partis extrêmes, aussi bien par les émigrés que par les Jacobins, Marie-Antoinette n'avait plus sous les yeux que des images de deuil. L'étranger, comme la l->ance, ne lui offrait que des spectacles lugubres. Son imagination était frappée. C'est à peine si elle osait toucher aux plats apportés sur sa table. Tout conspirait à la trahir. Klle avait eu tant de déceptions, tant d'angoisses; le sort s'était acharné contre elle avec tant d'àpretè, que son cœur, épuise d'émotions, accablé de tristesse, était lassé de tout, même de l'espérance.

ti

L'KNrKKi: i:\ sclni: di: aiadami: koland

Ix moment arrive où va paraître sur la scène politique une femme, née dans une condition modeste, une bourgeoise, qui, après a\oir \'ecu obscure pendant trente-huit ans, devient célèbre, en quelques jour>, et attire l'attention de tout* la b>ance avant d'attirer celle de la postérité. Aucune ligure n'est plus curieuse à étudier que celle-là. et nous ne sommes point surpris que, dans ces dernières années, elle ait tenté des hommes d"un grand mérite, tels que MM. Dauban et I'\iugère, dont les publications ont remis en pleine lumière Tl-^gérie du groupe girondin.

M"" Koland était à cet âge où la femme, dans la plénitude de sa vie et dans l'épanouissement de sa beauté, est plus facile à émouvoir qu'au temps de sa première jeunesse. On goûte mieux les beaux jours de l'automne que les matinées du printemps. (7est parce que les arbres vont bientôt se dépouiller qu'on en regarde avec plus de plaisir le feuillage, (^est parce que la glace couvrira prochainement les nùsseaux qu'on en écoute avec plus d'émotion le doux murmure. C'ot parce que le ciel se voilera bientôt de brouillards et de nuages qu'on en contemple avec plus d'ivresse l'a/ur limpide et magnifique. 11 y a dans la vie, comme dans l'année, une saison qui dispose aux impressions profondes. M""'Ro-

Page 1