AUTE
LES SUITES DU COMBAT
galerie, et, descendant par Fescalier de Catherine de Médicis, ils sont parvenus à gagner les rues voisines du Louvre. Ceux-là 'ont pu être sauvés. Mais malheur à tous Jes hommes, quels qu'ils soient, qui sont restés dans les Tuileries ! Domestiques, huissiers, hommes de peine, tout le monde a été mis à mort. On a tué jusqu'aux mourants, jusqu'aux chirurgiens qui soignaient les blessés. C'est Barbaroux lui-même qui nous décrit les meurtriers < lâches fugitifs pendant l'action, assassins ap^ù^ la victoire, tueurs de cadavres qu'ils piquaient de leurs épées, pour se donner les honneurs du combat. On massacrait dans les appartements, sur les toits, dans les caves, les Suisses armés ou désarmés, les chevaliers, les soldats, tous ceux qui peuplaient le château... Notre dévouement ny put rien, dit encore l>.arbaroux, nous parlions à des gens qui ne nous connaissaient plus. >
Et les femmes, quel a été leur sort ? Au moment où la fusillade commença, les dames de la reine et des princesses étaient descendues au rez-de-chaussée, dans les appartements de Marie- Antoinette. P:iles fermèrent les volets, dans l'espoir de courir un peu moins de danger, et allumèrent une bougie pour n'être point tout à fait dans l'obscurité. Alors M'" Pauline de Tourzel s'écria : « Allumons toutes les bougies du lustre, des candélabres, des flambeaux; si les brigands doivent forcer notre porte, l'étonnement que leur causera tant de lumières pourra nous sauver du premier coup et nous donner le temps de parler. > Les dames se mirent à l'œuvre. Tout était éclairé, quand, brisant les portes, le sabre en main, apparurent les envahisseurs. Les lumières répétées dans les glaces faisaient avec la clarté du jour qu'ils quittaient un tel contraste qu'ils s'arrêtèrent un instant stupéfaits. Cependant la princesse de Tarente, M'"" de La Roche-Aymon, xM"' de Tour/el, M-'' de Ginestons et toutes les autres dames allaient périr, quand un homme à longue barbe arriva en criant, de la part de Petion, à la bande d'assassins : < Faites grâce aux femmes ; ne déshonorez pas la nation. >
M"" Campan, à la recherche de sa sœur, s'était engagée dans
un escalier. Les meurtriers l'y poursuivirent. Elle sentait déjà
une main terrible s'enfoncer dans son dos, pour la saisir par ses
vêtements, lorsqu'on cria du bas de l'escalier : < Que faites-vous
là-haut ? > — Hein ! dit le tueur d'un ton qui devait rester
longtemps dans l'oreille de la femme tremblante. L'autre voix
répondit : « On ne tue pas les femmes. > La Révolution marche
vite; on les tuera Tannée suivante. M"" Campan était à genoux.
Son bourreau la lâcha. « Lève-toi. coquine, lui dit-il, la nation
te fait grâce 1 > i:n s'en allant, elle passa par-dessus des cadavres;
' elle reconnut celui du vieux vicomte de Hroves. La reine, au
commencement de la dernière nuit, avait fait dire à M. de Broves
et à un autre vieillard qu'elle voulait qu'ils se retirassent chez
eux. ils avaient répondu : « Nous n'avons que trop obéi aux
ordres du roi, dans toutes les circonstances où il aurait fallu
exposer nos jours pour le sauver ; cette fois, nous n'obéirons pas,
et tarderons seulement le souvenir des bontés de la reme. >
Ah : quel spectacle que les Tuileries ! On ne marche que sur des cadavres. Un comédien boit un verre de sang : le sang d'un Suisse ; on se croirait au festin d'Atrée. Quelle dévastation ! quel pillage ! Les meubles sont brisés, les secrétaires forcés, les glaces volent en éclats. Prudhomme, le journaliste des Révolutions de Paris, trouve que « Médicis-Antoinette y a trop longtemps étudié l'air hypocrite qu'elle montre au public. > Quel carnaval sinistre ! Des femmes ivres, des prostituées, mettent les robes de la reine, et se vautrent sur son lit. A travers les soupiraux des caves, on aperçoit mille mains qui fouillent dans le sable, et en retirent les bouteilles de vin. Partout on rit, on boit, on tue. Le vin royal ruisselle. Torrents de vin, torrents de sang. Les appartements, l'escalier, le vestibule, sont des mares toutes rouges. Cadavres défigurés, tableaux percés à coups de pique, pupitres des musiciens jetés sur l'autel, orgue démonté, brisé, voilà l'aspect de la chapelle. Mais ce n'est point assez du pillage, ce n'est point assez du meurtre : l'incendie vient de se déclarer. Il dévore les écuries de la garde à cheval, tous les bâtiments des cours, l'hôtel
4.8 MAR.E-ANTOINETTE ET L'AGONIE UE ,.A HOVALTÉ du gouverneur du château, neuf ceZZ^^^^^^^Z^^
Un dcputé demande que des pompiers soient envoyés aux ru i r,es pour s opposer aux progrès de cet incendie qui menace ou le quartter Saint-Honoré. On observe que ce soin'apparti
VllTT- '"""' '•' '^°"""""'=' ''"' "°- -"■- d'une expression du jour, crou avoir bien autre chose à faire gu a
o .lie On retourne à TAssemblée. On lui annonce que rincendie" fa.t des ravages terr.bles. Le président se décide a donner des ordres aux pompiers. Mais les pompiers reviennent en disant :
jeter d s ,e feu. > Que faire > Le président pense alors à un
ont les f:,'"".? ^' ': "■""" '^"'^^' ^"' ^'^p^-'' d'-'^---
C , '" '." '" '''""'"'""^ * P^'^'""^"- > à opérer.
C est lu, qu on envo.e au château, et qui parvient à faire éteindre
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. oa î "7 -ncendiaires de ,79. „e doit être achevée que par les pétroleurs de 1871.
La nuit était venue. Une grande partie de la population paris.enne gem.ssau. Les révolutionnaires triomphaient avec joie I a cur,os,té de voir le champ de bataille du matin pot.ssa,. Zl ts
étalent ;:'-;'^-:,^'^-'P-'--'>---. vers les Tuileries, les oisifs qui tatent restes dans leurs maisons pendant le jour. Ils regardaient es arbres sous lesquels étaient tombés les Suis.ses, les fen^res de ppartements où avait eu lieu le mas.sacre, les ravages faits par
our des Prmces, cour Royale, cour des Suisses, avaient e,é complètement consumés.