DE M. FRANÇOIS MUGNIER
conclusion, de Rousseau cl de la rcsolulion de la baronne, on ne peut refuser à M. Albert Metzger d'èlrc un de ces chercheurs patients et zélés de nos académies de province, qui ramassent péniblement et amoureuscnient les matériaux utilisés ensuite par des écrivains plus hardis, ambitieux du titre d'historiens et dont le mérite n'est pas la reconnaissance pour les travailleurs modestes dont ils ont pillé les trésors. )) V. II.
La ^ibUogi\iphic nouvelle \oy:\\\. loin.
A la publication de mon premier volume, La Conversion de S\I""^ de Vi\irens, M. le conseiller François Mugnier m'écrivait, le 22 novembre 1886, en qualité de président de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie : (( La Société m'a chargé de vous adresser ses vifs remerciements pour l'hommage que vous avez bien voulu lui faire de votre ouvrage. ))
Deux ans plus tard, je publiais Les T^ensées de (M"''' de Warens, puis, Une poigjiée de documents inédits concernant M""^ de Warens, et ces deux volumes avaient l'honneur d'être analysés, à leur apparition, dans les comptes rendus des séances de l'Académie de Savoie, — ainsi que dans le fascicule i^', deuxième année, du Bulletin des Travaux de TUniversité de Lyon, 1889, sous la signature de M.
Fontaine, depuis doyen de la Faculté des lettres de la deuxième ville de France.
Enfin, le Grand Dictionnaire universel de Pierre Larousse, dans le 2^ supplément, fascicule 51, page 2001, consacrait l'article suivant à mes recherches :
(( Warens (une poignée de documents inédits sur M^^ de), par M. Albert Metzger (1888, in- 16). Les fervents amis de Jean- Jacques Rousseau et de celle qui fut son éducatrice en amour trouveront dans ce volume, que complètent deux autres publications du même érudit, la Conversion de il/^« de Warens (1886, in-i6) et les
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Pcnsi'cs Je M"" Je W'jicns {[HHS, in-i6 ), une notable quantité de renseignements précis, curieux, et de documents restés jusqu'à nos jours enfouis dans les archives de Chambéry et de Lausanne. La plupart ne se rapportent pas précisément à l'épisode le plus célèbre de la vie de M"**" de Warens , c'est-à-dlrc à sa liaison avec Rousseau, mais on est bien aise de connaître par le menu tous les détails de l'existencc d'une femme qui eut sur Rousseau, et par suite sur le wiii'^ siècle, une si grande influence. Les circ(Mistances qui ont accompagné sa conversion sont connues ; on lira toutefois avec intérêt, dans la Conversion de M^^^^ de Warens, le détail de ses démêlés avec son mari, le baron de Warens, auquel, en l'abandonnant, elle avait fait cession complète de ses biens et qui néanmoins crut devoir, dans une longue lettre reproduite in extenso par .M.Albert iletzger, relever tous les griefs qu'il croyait avoir contre elle. Les documents découverts et mis en œuvre par M. Metzger sont surtout des actes notariés ; ils nous per-
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mettent de suivre M""*" de Warens dans toutes ses résidences, tant aux Charmettes qu'avant qu'elle ne vînt s'y établir et après qu'elles les eût quittées ; on a aussi sous les yeux divers actes d'association qu'elle signa, lorsque, après le départ de Jean-Jacques, elle prit pour amant ce Rodolphe Wintzenried, ancien perruquier qui se faisait appeler le chevalier de Courtilles, et qui la mêla à toutes sortes d'affaires industrielles où elle trouva sa ruine. C'est durant cette période que Jean-Jacques refusa à la fin de lui venir en aide, voyant que ce qu'il faisait pour elle ne profitait qu'à des fripons, et M. Metzger reproduit en fac-similé un billet navrant de M™^ de Warens qui reproche à son ancien amant ce qu'elle appelle son ingratitude ; elle eut bien plus à se plaindre encore de Wintzenried, qui l'abandonna pour se marier et l'on a la lettre dans laquelle la pauvre femme lui donne des conseils à suivre s'il veut être heureux en ménage.
Une partie du volume intitulé Pensées de M^^ de Warens a trait à l'iconographie
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de ccUc femme aimable, rcsicc si séduisante malgré ses faiblesses, r)u peul-êlrc à cause de ses faiblesses. M. A. Mclzger établit que, de tous les portraits que l'on connail d'elle, deux seulement sont authentiques, celui du nuiscc de Lausanne, atti'ibuc à I.ai-i'illière, cl un autre, celui-là bien certainement de Lar<^dllière et si^^qié de lui, qui se trcuivc à Boston, dans la collection particulière de sir Samuel Hammond- Russel. Le premier ne donne de M""^ de Warens cju'unc ide'c insignifiante ; aussi trouvait-on c^ue Jean-Jacques avait dû beaucoup embellir sa « maman » en disant d'elle : (( Elle avait un air caressant et tendre, un regard très doux, un sourire angélique , des cheveux cendrés d'une beauté peu commune et auxquels elle donnait un tour négligé qui la rendait très piquante. Il était impossible de voir une plus belle tête, un plus beau sein, de plus belles mains et de plus beaux bras. » Le Largillière de Boston, où elle est représentée les bras nus, vêtue d'une robe bleue bordée d'une bande de soie feuille morte.
dccollctcc en pointe et laissant voir, sous quelques bouillons de dentelle, une poitrine éblouissante , approche beaucoup plus du portrait tracé à la plume par J.-J. Rousseau. »
Or, le 3 décembre 1890, iM. François Mugnier, conseiller à la Cour d'appel de Chambéry, a fait paraître à Paris, chez Calmann Lévy, un volume intitulé : Madame de Warens et J.-J. Rousseau, dans lequel il met en œuvre, comme c'était son droit, les documents inédits publiés dans mes trois ouvrages, mais sans me citer une seule fois, si ce n'est à la page 125, pour m'y imputer (il semble) la publication d'un texte erroné, et à la page 307 pour 3- citer ïji extenso un document dont je lui avais communiqué l'original, et pour s'abstenir soigneusement d'indiquer que j'avais, dès 1888, publié cette pièce à la page 256 de mon volume, Les T^ensées de £\/™*= de Wareîts. De la citation consciencieuse de tous les autres auteurs consultés et mêmes de ses ouvracres, il résulte
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•.juc r«»missi(^n de M. Mugnicr est vr)lonlaiic et constitue un procédé littéraire dont j'ai sii^iuilé la niaiserie, par ma lettre tlu 1 i décembre icS^o, à l'éditeur Calmann Lévy, ^, rue Auher à Pari^.
Pour conclure, \oici l'article que l'une des meilleures plumes de Savoie, M.
Claudius Hc^uvier, a consacré, dans le Courrier Jcs cAlpcs du 18 décembre iSc/), à l'ouvrage de M. François Mugnicr et à ses procédés littéraires :