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D'après les Registres originaux du Cadastre de Chambéry hors ville, Savoye I, 598, allant de 1729 à 1738, lesquels servent de légende à la Mappe originale n" 29 du plan cadastral de la ville et sont conservés aux Archives départementales de la Savoie, sous la rubrique : Cadastre général de Savoie, série C, n''' 2457, 2459 et 2466, Commune de Chambéry ; d'après le plan, d'autre part, fourni parlesMappes n""^ 29 et 186, contenant la partie du territoire du faubourgde Montmélian, comprise entre les anciens remparts de la ville et l'église des Carmélites, il n'y avait pas d'autre Thonin propriétaire auditfaubourg, et la cote cadastrale de Benoît donne exactement le pâté de maison où M""^ de Warens vint loger, à son retour d'Evian, en août 1 7 5 5 . De ces maisons, celle qui avait le n° 573, laquelle était la plus exiguë, donnait seule sw lejaiiboiirg de Mo7itmélian. La maison 572 était située dans la cour, ainsi que la maison 575 et la masure 603, cette dernière appartenant à un bourgeois de Chambéry, Jean-Louis Ludry. Toutes
COMMUNE DE CHAMBÉRYclaMlle)
Exlra^ de la niapp.c oreyirui/e{^em cadastral) en c/atc du /i. Mai /^?^ (/c/zoiTe auœ Arc/wves ûéfiarienieri taies .
D ressé juir jwus soussi^n
Géomèére Foivsiie
cÂarae cù^ /a, Jélà'irinjce (£es ejré/nià <Av jna/Yi^/t^''cuTèlè UcMterrv/i du. .^6' jFéivùer JSSS CÀam6êru l&^âJuùv
rassaijes communs: 315 1 316 V2+320»321'/t + 3^ + 568*681
Jardins : 3fU3't-6+39'f+56U57O+.597t598t60u60i*6O^
Maisons :3O2*-î03t30'f+3O6t3O7* 303 t310+3ll*312+3l3*.31'(-»316*3l7*ÎI8
M3tî2l»322f32'f+3ï5+327t328i-323,J30.35K33î+3334.335-î37»338, 353-, 31-0
3'f-'t+3W+3'f9*-360+351t353+35t-+355t356,i9U393t55St557t558+559t56Ot563
5G'n-56§t566.557+571*572t573i-57'ft375,576t577»578t579t580t582t58V58V
585t586».587^-588<-590*551t532t593»595t53ô*599t539y2+6o3n,a.ur,-691.692,S3W>»
Place 30S>Tla<:tigeJ23*rUciije33f»Cour392,5â2+59*-*TlacMge 600
Passai)es el Cour 308+326*336.3*5 Couret litux comrauny352f569pasu^.tlpUM;,e
Moulin 3 va + Four 3W
Les dernières années de Madame de WARENS,voirpa9es8?à8/
Hr'îv^'
Di: MADAMi: bi: W/MŒNS 83
trois masquaiciU le jardin 604, horde à «j^auchc par les jardins 601 cl 6nj, à droite pM les jardins 570 et 569, ce dernier livrant passai^e eu plaine, aux confins de l'Albanc. De nos jours, la maison 573 forme cncr>re Taile gauche de Timmcuble portant le n" 1 6 de la rue d'Italie.
Dans un acte d'adjudication du 1 1 août 1734, Piquière notaire, Thonin est qualifié : auberg-iste à l'enseigne de St-Jean- Baptiste, au faubourg Montmclian. Ne serions-nous pas, enjin, sur la trace du jardin du faubourg, dont il est question dans les Confessions. Rousseau dit, en effet. Partie I, au Livre V, qui comprend la période de 1732 à ijyô : « Nous occupions un cachot si étouffé, qu'on avoit besoin quelquefois d'aller prendre l'air sur la terre. Anet engagea maman à louer, dans un faubourg, un jardin pour y mettre des plantes. A ce jardin étoit jointe une guinguette assez jolie qu'on meubla suivant l'ordonnance : on y mit un lit. Nous allions souvent y dîner, et j'y couchois quelquefois. Insensiblement je m'engouai
de cette petite retraite ; j'y mis quelques livres, beaucoup d'estampes ; je passois une partie de mon temps à l'orner et à y préparer à maman quelque surprise agréable lorsqu'elle s'y venoit promener. » Et plus loin : « Tandis qu'ainsi partagé entre le travail, le plaisir et l'instruction, je vivois dans le plus doux repos, l'Europe n'était pas si tranquille que moi. La France et l'empereur venoient de s'entre-déclarer la guerre (octobre ijyj) ; le roi de Sardaigne étoit entré dans la querelle, et l'armée françoise filoit en Piémont pour entrer dans le Milanois. Il en passa une colonne par Chambéry, et entre autres le régiment de Champagne, dont étoit colonel M. le duc de La Trimouille, auquel je fus présenté, qui me promit beaucoup de choses, et qui sûrement n'a jamais repensé à moi. Notre petit jardin étoit précisément au haut du faubourg par lequel entroient les troupes, de sorte que je me rassasiois du plaisir d'aller les voir passer, et je me passionnois pour le succès de cette guerre comme s'il m'eût beaucoup intéressé. »
l)i: MAhA.Mi: DE WAKLNS 85
Or, au siècle passe, on appelait le /auhouro, à Chambéry, le faubourg de Montmdlian d'alors. Les troupes, qui se rendaient en Italie, y passaient forcément, et non par le faubourg de Mâche, comme Ta dit, par erreur, un professeur du plus grand avenir, M. Plassard, dans un excellent discours : La Savoie, terre française. Le haut du faubourg, à considérer le cintre des allées anciennes qui subsistent encore, paraît avoir été la partie attenante à la porte de Montmélian. De plus, la mappe originale, donnant le plan cadastral de ce quartier, en date du 14 Mai 1729, — conservée encore de nos jours aux Archives départementales de la Savoie, — offre au lecteur une particularité bien curieuse. La partie du faubourg, formant le côté nord de la rue, n'avait aucun jardin, hormis les n^^ 341 et 346, qui bordaient le versant absolument opposé du faubourg, au nord.
Par contre, la partie, formant le côté sud de la rue, comprenait les jardins 394, 561, 570^ 597î 59S, 601, 602, 604, et, au centre de ces jardins, se trouvait Timmeuble 603,
86 ij:s dernières années
qualifie de masure dans les Registres originaux du Cadastre de la Ville de Chambéry : 1729-1738. Cette masure donnait dans la cour de la maison 575, qui appartenait aussi aux Thonin. Or, sans aucune preuve absolue, mais assurément avec toute la certitude que peuvent donner les déductions de la critique la plus prudente, c'est dans cette agglomération de jardins qu'il faut chercher le petit jardin et la guinguette oie Rousseau et Sl/""^ de Warens vécurent leur roman d'amour. Ce fut au faubourg de Montmélian, et nullement aux Charmettes, que Rousseau fut heureux.
La proximité de l'auberge A Saint-Jea7i- Baptiste explique la possibilité de l'isolement imposé à Rousseau qui, pour ses repas, n'eut pas besoin, pendant la fameuse huitaine de préparation, de rentrer au logis de ville de la dame. Le va-et-vient d'une auberge et de ses alentours devait, du reste, donner pleine sécurité aux deux amants, dont les entrevues, ainsi, pouvaient passer inaperçues, ou, tout le moins, rester à l'abri des commentaires immédiats.
1)1. MAI •AMI. I)K WARKNS 87
De nos jours, rcnscmblc du tiuarticr, à peu de chan*;cmcnts prcs, est resté comme il fui dciaillc sui* la Mappe orip:inale, série C, iV 2. 157, laquelle a été admirablement traduite, surtout comme physionomie au xviii*^ siècle, dans la vue de Chambéryqui nous a été conservée au Theatrum Sabaiidiœ de l'ingénieur Bciçronio^ dont l'édition française fui publiée en 1725, c'est-à-dire peu avant que Rousseau ne vécut son idylle dans les bras de M"™* de Warens.
Mais revenons à l'année 1755.
Des les premiers jours de septembre, M'"'' de Warens était à Genève, témoin la minute d'une lettre, avec deux suppléments séparés, portant tous deux, comme la lettre, la date du 4 septembre. Dans cette missive, qui fait partie des titres déposés aux Archives départementales de la Savoie, la baronne s'adresse à un personnage influent, dont le nom n'est pas indiqué, mais qui paraît habiter Chambén,-. Elle expose au destinataire, qu'elle appelle son
cher et bon ami, le mauvais état de ses affaires, et, se plaignant de la lenteur des administrations centrales, auxquelles elle avait dû recourir, ainsi que du découragement de ses associés, elle prie son correspondant de solliciter, en sa faveur^ la bienveillance du roi de Sardaigne et la continuation des privilèges, qui lui avaient été antérieurement concédés. La baronne déclare qu'elle est totalement ruinée, parce que ses coûteuses entreprises, qui promettent de grands profits, n'en ont pas encore donné.
A geneve ce 4^ ybre 1755
Monsieur
Je vous Rend Monsieur mes justes, et sinseire actions de grâces des soins que vous prenez de mes intérêts. Les office généreux que vous mavez Rendu Lhiver dernier, pour faire présenter mon placets a sa Majesté aux sujets de notre demande de la rivière d'Arve, pour faire transporter jusques à Genève nos charbons d'Arache
l)i: MADAME DE WARENS 89
auroll eu le plus heureux cfet cy, sans interruptions j'uvoit étées cegondécs de vos soins génc3rcux et d'amy sinscirc tel que vous Tettes, mes l'espérence que M*" Porta avoit donez à Messieurs mes associe de sufirc à tout et d'optenir par le crédit qu'il at ché xM Poncet secrétaire de son Excellence de Saint Laurent tout ce qu'il pouvoit être nesscsaire à Totroit de nos demande j'ay été forcée malgrés moy à rester dcn Tinactions et à lesset en suspent depuis plusieur moy la suittc de mes opérations quy comme vous le savez m'ont coûtés tant de peines à établir. Enfin mes associé lassé par les continuels renvois de Monsieur Porta, Leurs ayent communiquer rhoneur de votre dernière en datte du II août 1755 il ont étés sensiblement touché de voir les peine que vous avez déjà pris à notre aucasions et il joigne leurs prières aux mienes par la plume de M"" AUexendre Bérard, pour vous demender vos bons office sens perte d'un instant. Votre esprit et votre diligence et bonne conduitte dens les affaire
nous est conues Ayes donc la bontés de vous déterminer à partir pour Turin pour informer en notre faveurM^^ de La Chambre des Comtes voir ce qu'il y at encore à faire dans Tétat présent, savoir ce que notre placets et devenus dont je joint copie dans la letres de M'" le président Bens avec le verbal du chatelin et sindique du lieux d'Arache. Comme le tout et à cachet volent vous êtes prié dens fère lecture et copie s'il est nessésaire pour pouvoir conférer avec les diférens seigneurs de cette Chambre et autres protecteurs et trouver le moiens de nous les rendre favorable Enfin c'est le moment de faire usage du canal des grâce pour une plus pronte expédition afins que nous ne passions pas, après gens que vous conoissés à Chambéry et à Genève quy ce sont lié ensemble pour demender à la Cour l'exploitation des boiz de Foussigny et de les pouvoir conduire à Genève par la rivière d'Arve. La chose est la veillie de leur être accordée Tout ce que nous deziront c'est d'être les premiers décrétés en conséquance
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des pciiu's et retards que nous soufronds depuis lonj^lens et de riinporlcncc de nos lra\eau\. Je laisse le soins à M*" Allexandre de s'expliquer plus cmplcmcnl cl sur kl reconoissance que nous devront à vos soins et à vos bontés pour nous et sur ce que vous poure/. juger convenir aux canal des grâces ou autre gens hutile a nos intérêts dens cette affaire que je vous prie aux nom de Dieu de ne plus perdre de vue. \'ous savez, Monsieur et cher et bon amy à quel point je vous suis atachée, et content avec les sentiment que vous me conoissé, sur le même retour de votre part je vous prie d'être aucy persuadé de la seinsérité de la reconoissance que je conserveray toute ma vie pour vous ; que des sentiment distingués et la très parfaitte considération avec laquelle j'ay Thoneur d'être
Genève ce 4 ybre 1755
Cy vous aies à Turin comme j'ose m'en flater à la prière de M' Bérard conoissant votre bon cœur pour moy souvenez vous
que c'est le moment de parler aux Roy pour me conserver les droits quy conserne le travails du fert en Savoye, c'est votre profit tout comme le miens de prendre nos sûretés et faire considérer que le fert étant purement matière mercantiles et comersable que pour vue que je soit assurée de la protection du Roy dens mes traveaux que j'espeire faire entrer sinq cent mille livres en Savoye de l'argent de l'étranger pour le soutient de nos traveaux sur le fert.
Il faud demender que le privillège de ma fabrique en moulage me soit continué personelement puisque mes assosié on détruit mes ouvrage auxlieu de les soutenir, et que les mine de fert que j'ay découvert en diférends endroit de Savoye soit de préférence à moy qui les ay découvertes ; ce qui est juste
Je vous préviens sur tout cela à pressent, mon cher et bon amy parceque je ne puis éviter de dire dens mon avis au public que tous mes traveaux son sou la protection du Roy et qu'il a eu la bonté de me
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confirmer pcrsoncllcnicnl mon privillcgc de poterie cl l^utc sorte de moulage en fert coulcfs et que le Roy vairat avec plaisir que dens nos grands fourneaux et forge il cy fassoncra des fert de tous calibres, ce quy n'avoit pas éiés pratique jusques à présent en Savoye malgrés la bontés naturelles de ces fert et cela par le manque d'uzage et de conoissancc des ouvriers du païs, auxquels nous donerons les lumières nessésaire pour aquérir en peu de temps la bonne main d'hcuvrc des païs étranger, et que par Tapliquation qu'on y aporteras on et assurez d'êtres soutenus dans tous les traveaux que nous établirons, de la protections de S. M., ce qui seras un grand encouragement pour tous ceux quy prendront un intérest dans mes billiets.
Genève ce 4 ybre 1755
Vous aurez encore la bonté de vous resouvenir, Mon cher Monsieur qu'il faud faire observer à xM'" le Président Bens et à ces Messieurs de la Chambre des comtes que j'ay étably des traveaux dans chaque
province, sur les charbons de pierre ou de terre, dont j'orois envoyer des verbeaux par les chatelin et syndic des lieux ; mes me trouvent totalement ruinées par la dépences et longueurs de tens de mes traveaux dont nous n'avont pas encore put tirer un denier par les traverses qu'on nous at sucité mal à propos, je me suis bornée par nessésités de n'envoyer pour le présent de n'envoyer que le verbal consernant Arache dont il est questions de la demende portée dens mon placet, sur laquelle demende du placest vous ette prié de faire observer à ces Messieurs de la Chambre des conte les avantage qu'il en résulte pour la province sans craindre auxcun événement douteux à cest égard car le peu de boiz dont nous nous serviront pour faire nos radeaux pourisse sur plante par leur situations sens pouvoir jamés devenir daucune hutilité à laditte province, aux lieux que l'argend content que nous y feront entrer par la vante de nos charbons assure un revenus solide et ennuels à la Savoye. ï>
DL ."MADA.ML DL WAKLNa 95
Quelque temps après, WiiU/enried passe un acte par lequel il \'cnd,aux sieurs Simon el Pierre Hérard de Genève, le droit qui lui appartenait en vertu des privilèges obtenus, conjointement avec M""" de Warens, le 30 octobre 1752. L'acte est passé à Chambdry, djns Ihotcl de la dame baronne de Zhurcns, c'est-à-dire, probablement, dans la maison de Thonin, l'aubergiste A Saint-Jcan-Daptistc. Le document figure, en ces termes, au premier volume de 1756, folio 99, des registres du Tabellion de Chambéry :