JEHAN RICTUS
du Rrasero Nocturne
J'suis l'déclassé.., l'^as distini;;ué Oui la fait à la poésie :
J'suis l'gas dont on hait le labeur, Je SUIS un placard à Douleurs, Je suis l'Artiste, le Rêveur, l^e Lépreux des Démocraties.
Les Soliloques du Pauvre.
Après Verlaine, il ly avait encore celui-là. Poète catholique sans le savoir et sans que personne l'ait jamais su, excepté moi, mais le dernier, sans aucun doute. Personne, maintenant, ne passera plus par cette porte.
J'ai vu cela un peu mieux, en relisant, pour la troisième ou quatrième fois, les Soliloques du Pauvre (i) qu'on vient de rééditer avec de
(t) Les Soliloques du Pauvre, par Jehan Rictus. Edition nouvelle, illustrée par Steinlen. Paris, Sevin et Rey.
très-belles illustrations de Steinlen. Ces images m'ont beaucoup aidé. L'obstination extraordinaire de cet artiste à reproduire, à chaque ins tant, la plus lamentable face, m'a forcé de me souvenir étrangement de l'Homme de douleurs et d'ignominies qui sauve le monde.
Et j'ai compris, seulement alors, — étant d'intuition bovine et de discernement tardigrade — la malice ou la béotie d'un Belge très-pieux qui me disait, il y a trois ans : « Votre Rictus est un blasphémateur et un sacrilège qui a la prétention de ressembler trait pour trait à Notre Seigneur Jésus-Christ. » Cet enfant de la Meuse ou de la Dyle était persuadé et voulait surtout persuader aux autres que le poète du Revenant « la faisait au Rédempteur » et qu'ainsi s'expliquaient ses succès à Montmartre, où l'on sait combien les personnes sont assoiffées de rédemption. Pauvres succès d'un très-pauvre grand poète, réduit, chaque soir, à dire ses vers dans un cabaret, devant des consommateurs^ pour gagner son pain ! Ses vers, dont quelques-uns
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sont parmi les plus beaux qu'on ait écrits ! Et même il paraît qu'aujourd'hui on n'en veut plus dans les cabarets. Ça n'a pas le rag-oût des bonnes ordures.
La vérité de tous les tenjps, c'est que Jésus pleure au fond de telles âmes, qu'il y pleure véritablement, longuement, ses plus g-randes larmes et que cela finit par mettre au dehors une sorte de ressemblance. La vérité encore, c'est que Jehan Rictus a trouvé, un jour, une idée d'un prix inestimable qui semblait tombée du ciel. Son Revenanf ne peut pas être comparé. C'est autre chose que tout. Existe-t-il, en poésie, un aussi douloureux, un aussi long- g-émissement, un aveu de peine et de misère aussi naïf, aussi intime, aussi déchirant, un aussi profond sanglot? Je n'en sais rien et j'en doute. Peutêtre que cette plainte extraordinaire tire actuellement une partie de sa force du reflet obsédant de la figure du Lamentateur dans l'illustration des pages. Non pourtant, on l'avait déjà sentie, cette force, et je crois bien qu'on l'avait sentie
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tout entière. 11 y a une autre cause venue de l'abîme, et je veux essayer de la dire.
Jehan Rictus est un de ces monstres de mélancolie et de pitié qui ne connaissent pas Dieu et qui crèvent de l'amour de Dieu. Voilà tout. L'espèce n'en est pas très-rare. Peut-être y en a-t-il beaucoup, mais aucun n'est poète comme lui, eût-il mariné, à son instar, dans la plus atroce misère. Quand je dis l'amour de Dieu, il est entendu que je ne parle pas de l'amour d'un Dieu quelconque, Dieu identique des « bonnes gens » ou des maquereaux, mais de l'Amour de Jésus-Christ, tel que l'ont pratiqué les Saints, de l'amour qui fait que les hommes pleurent comme pleurent les petits enfants et qui agenouille dans la crotte les indomptés...
Oh ! je sais que tout cela est surnaturel et qu'il faut croire au surnaturel pour l'avaler! Au surplus, pourquoi me défendrais-je de voir du surnaturel dans un grand poète évidemment désintéressé de t^out ce qui n'est pas les Faibles, les Humiliés, les Souffrants, les Accablés ? Il n'y
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a pas à dire, celui-ci a tout quitté, jusqu'à son nom, qui serait le nom d'un grand de ce monde, s'il avait voulu, poursuivre Jésus au milieu des misérables, pour le chercher platôt... Et comme il n'est permis à aucun homme de chercher en vain l'Homme-Dieu, voilà justement qu'il le rencontre, après minuit, au coin d'une rue : «Ah! Généreux 1... ah! Bien- Aimé!... » Quel soliloque de ce Pauvre mourant de fatigue et d'inanition à la silencieuse Face du Christ !
Et Jésus-Christ s'en est allé
Sans un mot qui put m'consoler.
Avec eun' g-ueul' si retournée
Et des mirett's si désolées
Que j' m'en souviendrai tout' ma vie.
Et à c' moment-là, le jour vint
Et i' m'aperçus que l'Homm' Divin...
C'était moi, que j'm'étais collé
D'vant l'miroilant d'un marchand d'vins !
Quelle bouleversante et prodigieuse péripétie!
Je demande la permission de citer une lettre extraordinaire que m'écrivit Jehan Rictus, en 1900, un peu après les Doléances, Nouveaux Soliloques mal jugés par moi. Je lui reprochais l'argot et certaines façons de parler que j'avais trouvées trop profanes. J'ai renoncé de tout mon cœur à cette critique, restée, d'ailleurs, entre nous. Obstrué de rhétorique traditionnelle et de protocoles dévots dont je n'ai jamais su me débarrasser, je me trompais complètement, et je voudrais aujourd'hui pouvoir le confesser avec splendeur.
Voici donc la très-curieuse réponse de celui que je nomme avec certitude le Dernier Poète Catholique :
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... Ma langue est épouvantable, dites-vous. Pourquoi ? Parce que j'emploie des mots qui, la plupart du temps, sont plus près des racines grecques et latines que les vocables souvent périmés des ordinaires poètes. Ceci n'est pas niable et vous êtes trop bon lin;a:uiste et étymologiste pour que j'insiste.
Vous m'accorderez bien, au surplus, que la Langue Française n'est pas immuable, et qu'elle n'est pas parvenue à sa perfection totale. Vous l'avez écrit cent fois, elle a été galvaudée par le journalisme et le roman naturaliste. Le pittoresque des vocables est délavé, anéanti par l'écriture naturaliste. Il y a des mots, des expressions qui sont devenus devrais cadavres Gomment remplacer certains mots qu'on a
pressurés jusqu'au jus, jusqu'au zest, sinon en retournant puiser à la source, au fumier (soit) même de la Langue, qui est l'Argot, quoi qu'on en dise? l'argot joint à la locution populaire et à l'image non moins populaire, toujours, toujours dramatique et saisissante, que diable !
Balzac a écrit là-dessus une ou deux pages {Incarnation de Vautrin) qui en disent plus que je ne pourrais dire et qui sont flamboyantes et justificatrices de mes essais. Voyons! C'était écœurant, à la fin, de voir toujours rimer étoile avec voile ou toile, alcyon et rayon, et ce Niagara perpétuel des Roman-
tiques et des Parnassiens donne autant la nausée que le pipi naturaliste. Vous reconnaissez à l'artiste le droit de peindre avec la nnatière qui lui plaît. Eh bien î toutes proportions gardées, Rabelais ne s'estil pas forgé une lang^ue éblouissante et ordurière, comme timidement j'essaie de m'en créer une?
Qu'est-ce que ça peut faire qu'un vocable ou une expression ne soit pas parlementaire, classique, noble ou de bonne compag-nie, si cela exprime une souffrance tellement vraie, tellement sincère qu'elle vous en tord les boyaux? Or, c'est là ce que je cherche. Exprimer, émouvoir.
Croyez-vous que la lang-ue littéraire adoptée ne soit pas ég-alementun jargon? Et puis, où est la limite du bon et du mauvais français ?Qui l'a fixée? La langue est-elle fixée? J'estime, par exemple, que le français de Brantôme ou de Montaigne est plus pittoresque, franc et savoureux que le français de Racine. Maudissez-moi, si vous voulez, mais c'est ce que je pense. Si la langue française est fixée, elle est morte et ça serait une des raisons de la décadence française.
J'abomine le grand siècle. La langue épurée de cette époque ne marque qu'une étape inapparente du Protestantime. On a créé l'expression noble. On dit sein au lieu de téton, qui est bien plus vrai. Or, le peuple a conservé <■> téton ); et bien d'autres mots qui
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sont d'un français pur du seizième siècle — le plus beau français qu'on ait jamais parlé.
Et puis vous m'écrivez l'impression affreuse que vous cause cette écriture. Mais je ne cherche pas autre chose que de provoquer l'horreur et la terreur. Alors, ici, mon but est" atteint. Il importait que les Bourg-eois se doutassent des douleurs qu'ils causent, des crimes dont leur hypocrisie et leur ég-oïsme étouffent la clameur, du sort épouvantable qu'ils font aux Inconnus qu'ils écrasent, et comment l'aurais-je fait sans employer les mots mêmes des écrasés, voyons ?
Je persiste. Il était urgent qu'un poète, se servant d'un g-abarit ancien, d'un rythme, si vous préférez, retrouvât, en le modernisant un peu, le cri lamentable d'Eustache Deschamps :
Ça! de l'argent ! Ça! de l'argent!
Tout ce qu'on pourrait me reprocher, c'est d'avoir apocope les vers et écrit certains mots avec la corruption de la prononciation lasse et fatiguée des pauvres et des avachis. Mais c'est là encore un souci d'exactitude et je ne puis penser que ce soit un g^rief sérieux. Comment ! je ne respecte pas la langue, moi qui ai l'âpre besoin de revenir à sa source, à sasaveur raide et naïve! Ceci n'a rien à voir avec la blennorrhagie zolaïque, sapristi!
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Certes, j'ai écouté la musique des conversations faubouriennes, si terriblement gouailleuses^ si résig'nées! C'est une long^ue chanson dolente, toujours par strophes de 6, 7, 3 ou 8 vers, et ces vers sont toujours octosyllabiques : c'est-à-dire lacoupemême et la verve des vieux poètes de l'Ile-de-France. C'est étonnant, mais strictement vrai, et plus j'avance, plus je me fîg-ure que l'alexandrin est un cercueil où l'on couche la Poétique française.
Et maintenant, au plus injuste de vos reproches. <( Vous voulez plaire », m'écrivez-vous. Moi? Plaire? Jamais de la vie. Je veux être entendu et compris, ce qui n'est pas la même chose.
Si je voulais plaire, je chang-erais ma forme, même pour le peuple, car souvent j'ai entendu des ouvriers prétendre que « ça n'était pas convenable », ce que j'écrivais, et que «l'ouvrier ne parle pas comme ça ». Rentré chez lui, il traite sa femme et sa fille de vache et de putain ; mais l'ouvrier actuel, soi-disant éclairé, confesse de plus en plus Joseph Prudhomme qui s'est frag"menté en lui à l'infini, et il ne veut pas que lui, électeur ou membre d'un comité quelconque, soit soupçonné de parler ainsi. Ce citoyen préférerait sans doute l'argot du parlement et des réunions publiques...
Non je ne cherche pas à plaire. Je lutte, au con-
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traire, sans relâche, contre les préjug-és convenables et la lèpre journalistique. Faites-moi l'amitié de me relire et vous verrez que, sous celte forme populaire, la théorie individualiste et aristocratique déborde, éclate tout le temps. Ça n'est pas tolstoïsant du tout. Dire que je ne suis pas travaillé par une violente pitié serait faux. Evidemment j'ai envie de prendre parti pour les Ecrabouillés tout en cog'nant dessus, pour ceux qui sont, comme vous dites, «dans les ténèbres ». Mais j'ai conscience ici d'obéir à la mission traditionnelle de l'Aristocrate qui est de défendre le Peuple contre ses ennemis et, au besoin, contre lui-même. L'Histoire m'approuve, en la personne des Paladins et des Chevaliers.
Le mythe de la veuve et de l'orphelin est à ressusciter. Quoi que vous puissiez croire, je m'y emploie. Seulement, pour une telle mission, il me faut évidemment descendre dans les fosses d'aisances où vag-it et se désole la masse, et si, en remontant, je n'en sauve qu'Un, un Aristocrate Inconnu, celui-là aura mérité la lumière et la vie et ma tentative n'aura pas été inutile.
Non, je neveux pas plaire. Autrement je g"ag"nerais beaucoup d'arg-ent, en me servant de mon nom, et en changeant mon g'enre, en truquant comme n'importe quel Aristide Bruant, en faisant des besognes
OU des feuilletons. J'ai reçu des offres admirables, mais j'ai refusé toujours et je m'obstine à continuer ce que j'ai entrepris, quoi qu'il advienne, quoi qu'on me propose... Et avec ce sjstème-là je vous prie de croire que je ne me traîne pas positivement dans la soie et les parfums.
Gomment! S'il y a quelque chose que j'aie entrepris de dénoncer dans le lang-ag-e populaire, c'est le Dog"me du Travail sans Amour, si cher aux capitalistes et à Zola, et vous m'en blâmeriez! Je vous demande de relire, dans Doléances, « Le Pièg'e » et de me dire si je n'ai pas atteint le but que je me proposais, savoir : peindre, exprimer l'état de servitude et d'abrutissement absolu de l'Ilote moderne qu'est l'ouvrier d'industrie, le misérable et mécanique Enfant de l'Outil et de la Machine.
Comment! jamais l'avilissement de l'Homme, de mon frère l'Esclave, n'a atteint un tel degré, même et surtout dans l'Antiquité, et je n'aurais pas le droit ni la force amoureuse de le démontrer? Et d'opposer aux thrènes triomphaux des Bourg-eois qui hurlent la g-loire du Progrès, du Travail, etc., cette simple peinture qui dit : « Le voilà, votre prog-rès! le voilà, votre travailleur ! Vous en avez fait une brute, un être comme aucune civilisation n'en a jamais créé. Alors les principes de 89 s'effondrent, vovons,
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avec toute la loquacité grandiloque de Homais. « Et vous ne voudriez pas que je dise cela aux
populos aussi? Mais c'est impossible, et la tâche est
si belle, si enivrante, que j'aimerais mieux y laisser
nui peau que d'y renoncer.
Soyez assuré qu'un jour j'aurai dans les mains, avec des moyens d'action, une force populaire terrible, et que si jamais cela m'arrive je m'arrang-erai de façon à ne pas laisser debout un seul pan de l'édifice bourg-eois. Tout vaut mieux, môme le retour à la barbarie,à la caverne primitive, qu'une pareille org^anisation sociale. Si jamais je peux, je leur en foutrai, moi, aux Bourgeois, du Progrès, du Labeur, de la Justice, de l'Eg'alité, de la Liberté comme ils l'entendent.
Je leur apprendrai à laisser crever de faim les Artistes sincères, à exploiter les Ouvrières de façon à les précipiter au trottoir. Je leur en donnerai de l'Alcoolisme, de la Faim, de la Folie, de la Phtisie, des accidents de chemin de fer, des coups de g-risou, des fusillades de mineurs, des tueries qui créent leur richesse I Paroles d'honneur, on devrait me couper le cou tout de suite, tant je compte détruire dans les cervelles populaires le très-abrutissant mythe du Travail! Etre un dang-er, un jour! Quelle joie I Au-" rai-je la force et la patience?.. .
(4 octubre 1900.)
Je croirais outrager le lecteur, — mon lecteur, hélas I qui en a vu bougrement d'autres — si je m'excusais de la longueur de cette lettre. Il me semble qu'on ne m'a jamais rien envoyé d'aussi beau, et,je le répète, il ne reste pas un atome de mes vieilles objections. .J'ai enfin compris ! L'argot de Rictus, je l'épouse amoureusement désormais et je renonce à m'indigner de quelques mots qu'on ne trouve pas dans les paroissiens ni les eucologes que j'ai donnés à Huysmans, mais qui seront peut-être imprimés en lettres de feu dans les missels torturants de l'Esprit- Saint .
C'est vous, Jehan Rictus, qui êtes le Revenant et c'est le Sauveur du monde vagabond et
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abandonné qui vous implore. Ne voyez-vous pas que c'est vous qui êtes son image et qu'il vous regarde en pleurant comme « une énigme dans un miroir»? Que cela soit dit, une bonne fois, dans la langue de saint Paul qui fut l'apôtre des Gentils, à savoir de ceux qui faisaient vomir les saints d'Israël et qui étaient, de son temps, la Canaille immense de l'Humanité.
Gomment faire, dès lors, pour n'être pas un catholique, puisque l'expérience nauséeuse et quatre fois séculaire du protestantisme a démontré qu'il n'y a pas d'autre expédient pour être chrétien ?
Arrivé là, le poète des Vaincus... des Ecrasés, des Sans-espoir... des Sans-baisers; des Ecœurés, des Trahis, des Pdles et des Désolés; le poète qui se nomme lui-même l'Empereur du Pavé, le Prince du Bitume, le marquis Dolent de Cherche-Pieu, le comte Flageolant-des-Abatis,... le rôde-Ia-nuit,...le marque-mal à gueuletirée, le mâche-angoisse... le cause-tout-haut; ce poète qui fait peur, à la fin, rencontre natu-
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rellement Notre-Dame des Démolis. Sans doute il fallait cette Mère et pas une autre à « Jésus- Christ qui meurt de faim ». Et maintenant, c'est complet, la Consolatrice des affligés étant venue, rien ne manque plus au Symbole.
Ce livre étonnant et redoutable qui se nomme Les Soliloques du Pauvre, au fond, n'est qu'un long appel à la tendresse maternelle et c'est pour cela qu'il est si déchirant. Un long appel