‹ Les dernières leçons de Marcel Schwob sur François VillonChapitre 17 sur 27 · Ibid.f VI · texte numérisé non relu

Ibid.f VI

Le cuisinier, pour en cuyder jouyr,

Leur fist tantost ung grand brouet d'espice

Et meist dedans, pour leurs cueurs resjouyr,

Chucre, safren, canelle et rigolice.

Se dist l'une : «Je n'ay point la jaunice

Et ne veult point de brouetz, tant soient bons,

Mais seulement, qui touche ton office,

Ung pié d'andouille entre les deux jambons. »

Prince, du tout je renonce à l'office,

Et vous voyez apparentes raisons:

Car trop souvent fauldroit que je fournisse

Ung pié d'andouille entre les deux jambons (i).

Et on peut ajouter à ce texte une non moins plaisante histoire qu'un anonyme rythma en forme de ballade:

Une meschinete servant Viz hier tart à la nu}1;ie ; Et là vint à elle ung galant Lequel luy dist : «Ma doulceamie Où allez-vous cy, je vous prie ? »

Elle lui dist : « Par Saint Françoys, Quérir vois à la boucherie Une andouille à faire bons pois. »

Le galant, qui fut moult sachant (2) Dist à la fillette jolye :

« Par Dieu, douce belle plaisant.

Je vous vueil tenir compaignie. »

i. Le Parnasse satvrique, p. 121.

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