Ibid.f VI
Le cuisinier, pour en cuyder jouyr,
Leur fist tantost ung grand brouet d'espice
Et meist dedans, pour leurs cueurs resjouyr,
Chucre, safren, canelle et rigolice.
Se dist l'une : «Je n'ay point la jaunice
Et ne veult point de brouetz, tant soient bons,
Mais seulement, qui touche ton office,
Ung pié d'andouille entre les deux jambons. »
Prince, du tout je renonce à l'office,
Et vous voyez apparentes raisons:
Car trop souvent fauldroit que je fournisse
Ung pié d'andouille entre les deux jambons (i).
Et on peut ajouter à ce texte une non moins plaisante histoire qu'un anonyme rythma en forme de ballade:
Une meschinete servant Viz hier tart à la nu}1;ie ; Et là vint à elle ung galant Lequel luy dist : «Ma doulceamie Où allez-vous cy, je vous prie ? »
Elle lui dist : « Par Saint Françoys, Quérir vois à la boucherie Une andouille à faire bons pois. »
Le galant, qui fut moult sachant (2) Dist à la fillette jolye :
« Par Dieu, douce belle plaisant.
Je vous vueil tenir compaignie. »
i. Le Parnasse satvrique, p. 121.