‹ Les dernières leçons de Marcel Schwob sur François VillonChapitre 22 sur 27 · I. Le Parnasse Satyrique, p · texte numérisé non relu

I. Le Parnasse Satyrique, p

On connaît le quatrain quefeist ledit Villon quand il fut jugié à mourir :

Je suis Françoys, dont ce me poise, Né de Paris emprès Pontoise.

Or d'une corde d'une toise Saura mon col que mon cul poise.

Le manuscrit de Stockohlm contient unhuitain dérivé, et qui est l'œuvre d'un faussaire, l'écriture le prouve . Il est intéressant de connaître cette fantaisie de scribe, elle montre combien Villon était lu à la fin du xv® siècle :

Je suis François, dont il me poise.

Nommé Corbeil en mon surnom, Natif d'Auvars (i) empres Pontoise, Et du commun nommé Villon.

Une corde de demye toise, Ce ne feust un joly appel, Sceust bien mon col que mon cul poise. Le jeu ne me sembloit point bel.

I. Auvars pour Paris est absurde, c'est cependant la lettre du manuscrit.

Reste donc le quatrain seul.

Qiiel est le sens du premier vers ? Pourquoi Vil- Ion^ tout en plaisantant sur son prénom; est-il fâché d'être Français? A la suite de la rixe (i) dans laquelle, après quelques mauvaises plaisanteries, Robin Dogis blessa François Ferrebouc^ ennemi de Villon, tandis que le poète disparaissait aux premiers coups, Robin Dogis et Villon furent emprisonnés. Or, le 8 novembre 1463, Robin Dogis reçut une lettre de grâce. Il était libéré^ en même temps que plusieurs de ses compatriotes, à cause de son origine savoyarde, et à l'occasion de l'entrée du duc de Savoie à Paris. Tandis que Villon, en sa qualité de « Françoys », restait en prison. Telle est la raison pour quoi il se lamente sur son extrace.

« Pourquoi Villon dit-il encore :

Né de Paris empres Pontoise.

La plaisanterie de Villon a un double sens. Le sens littéraire et traditionnel, celui que Rabelais entendait encore au xvf siècle, la grande ville con-

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