QUELQUES MOTS SUR L AUTEUR XIX
était, il s'est connu, s'est trouvé très bien ainsi, et même a accentué et parfait son (c type » de son mieux. Il a tracé ainsi son propre portrait :
Le front sillonné, les yeux creux et intenses, La chevelure fauve, les joues vides, lair impé- Les lèvres gonflées et lentes à sourire, [rieux, La tête baissée, le cou fin, la poitrine velue, Les membres bien faits, — des vêtements simples
[et choisis...
et au moral, l'homme dont
le cœur Riche de vices et de vertus, délire...
l'homme épris de son « libre génie », — l'ennemi de la raison, qui s'écrie : (( Qu'est-ce donc que l'homme, si on l'abandonne à la raison, la raison froide et calculatrice ! un scélérat, un bas scélérat ».
Joli portrait de romantique, n'est-ce pas ? Cependant, Foscolo ne connaissait pas Chateaubriand, il est antérieur à Byron, et il fut toujours, en théorie littéraire, un classique déterminé. Romantique sans le savoir ou
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malgré lui, comme tant d'autres, ou quelque étiquette qu'il plaise aux critiques de lui donner, Foscolo nous intéresse, et, sympathique ou antipathique, demeure vivant, par ceci d'abord : qu'il est, dans l'action et dans la pensée, un indépendant. Il a eu une éducation rationaliste parfaite, semble-t-il, et qui ne lui a pas laissé trace d'aucune croyance, d'aucun respect pour la tradition. Très intelligent, il a donc un des esprits les plus ouverts qui se puissent. C'est la marque de cette époque, au moins chez les plus grands. Ils auront beau reculer dans le temps, ils ne reculeront jamais très loin, beaucoup moins que d'autres qui les ont suivis, et malgré tout ce qui peut vieillir en eux : attitudes, formules, préoccupations, opinions ; parce qu'ils sont, dans leur substance, une chose qui ne vieillira jamais : des esprits libres. Comme professeur, comme critique littéraire, — car Foscolo devait être encore l'un et l'autre, — s'il lui avait été possible de savoir ce qu'on sait aujourd'hui, il serait peut-être l'égal des plus