XXVIII QUELQUES MOTS SUR L AUTEUR
croit-on, commença une œuvre romanesque en prose : les Lettres à Laura, qui ne seraient autres que les lettres à la marquise Isabelle et qui sont la première esquisse, mais non pas la dernière, de Jacques Ortis. Cependant, étant venu à Milan, il s'éprenait d'une des plus célèbres beautés du temps, Thérèse Monti, la femme du grand poète, qui était alors son ami. Il fut éconduit, et il semble prouvé que dans son désespoir il fit une tentative de suicide. On pense, avec quelque raison, que de cette crise, et d'autres tracas qu'il avait eus alors (c'était en 1798), les personnages et le ton de l'œuvre commencée subirent de notables modifications. Mais voici venir (1799), après quelques intérimaires sans importance, une femme aimée d'une façon assez différente des précédentes, et grâce à laquelle le roman sera vraiment transformé, — on dirait volontiers transfiguré. C'est une jeune fille de Pise, Isabelle Roncioni, que Ugo aima d'un amour à la fois exalté et respectueux, et à laquelle il renonça, en 1801,