QUELQUES MOTS SUR L AUTEUR XLI
Ton commence la lecture du livre en se disant : qu'il y a là un curieux cas de trouble mental, causé par un développement trop précoce et une éducation excessivement littéraire : en vérité, justement parce que l'auteur ne l'a pas voulu et ne s'en est même pas douté, c'est un cas tout à fait curieux et digne d'étude. Et encore : que c'est un document très important pour l'histoire du temps ; qu'on se dise que les opinions, les maximes, les préférences et les colères d'Ortis ont été celles d'un nombre immense de ses contemporains et de quelques générations à la suite. On aura peut-être moins envie de sauter par-dessus les plus longues dissertations, si l'on sait qu'elles ont chacune une valeur historique mesurable, si Ton ne sent le grand courant qui entraînait dans ses flots confus tous les jeunes de ce temps-là, et Foscolo.
— Et ne pas s'amuser à instituer un concours entre Werther et Ortis, pour décerner le prix à l'un ou à l'autre, comme on l'a fait. Il est évident que Gœthe a tout