XLII QUELQUES MOTS SUR L AUTEUR
d'abord le mérite d'avoir été le premier et d'avoir servi de modèle, — que sans Werther Foscolo n'eût pas écrit Ortis, bien qu'il ait essayé de l'insinuer. Le sujet est exactement le même, et les péripéties principales, et même un bon nombre de détails ; comme la blancheur que fait au fond de l'allée obscure la robe de Charlotte qui s'éloigne, — et la petite paysanne qu'Ortis se croit obligé, à l'exemple de Werther, de soulager galamment de son fardeau. Il n'est pas douteux qu Ortis est une transposition de Werther en italien, mais une transposition faite de génie, et qui vaut presque entière pour une œuvre originale, tant l'auteur y a mis de sa propre substance et de celle de sa race. Si l'on dit que le roman de Gœthe est beaucoup supérieur comme œuvre d'art, mais qu'il y a beaucoup plus de choses intéressantes dans la tête d'Ortis, et qu'au demeurant ils sont, l'un et l'autre, émouvants au même degré, on aura prononcé peut-être un jugement assez équitable, pour être si bref.