III
INCLITA PACIFICIS FACTA EST hxc aula triumphis
SERVATVRA DECVS PERPETV«m'/*fe Jidem.
HAEC OMMA QVAEQVE VIDES LEO presbyTEK HORNAT (1).
« Que le peuple saint de Dieu chante joyeusement, car les murs grandissent, et la maison du martyr Hippolyte est renouvelée. Les ornements apparaissent, sous le pontilicatde Damase, destiné dès sa naissance à occuper le siège apostolique. Cette noble salle a été construite pour de paciliques triomphes : elle gardera l'honneur et l'éternelle foi. Tous les ornements que tu vois ont été faits par le prêtre Léon. »
Ces vers appelleraient un commentaire : je renvoie à celui qu'en a donné M. de Rossi. Mais je n'hésite pas à leur reconnaître pour sujet la construction de la basilique (2), sous Damase, par les soins d'un prêtre inconnu, Léon, préposé à la direction du travail. L'auteur de l'inscription voit les murs grandir sous ses yeux, et la brillante décoration sortir en quelque sorte de terre. Cette décoration a été décrite par Prudence, avec son enthousiasme accoutumé :
Parietibus celsum subliraibus atque superba Majestate potens muneribusqiie opulens.
Ordo colunmarum geminus laquearia tecti Sustinet auratis suppositus trabibiis.
son plus jeune âge, et fils d'un père qui avait parcouru les divers degrés de la hiérarchie ecclésiastique, voir ibid., p. 61-G3.
(1) « L'inscription n'est pas gravée en lettres darnaslennes; cependant sa paléographie peut convenir au quatrième siècle. On pourrait aussi admettre qu'elle est une copie du marbre original brisé par les Barbares. » Ibid.
(2) Voir les mots domus, mœnia, en opposition au mot antntm employé dans l'inscription de Vigile pour désigner la chambre souterraine.
Adduatur graciles tecto breviore recessus,
Qui laterum seriem jugiter exsiuuent.
At medios aperit tractus via latior alti
Culminis exsurgens editiore apice. Fronde sub adverso gradibus sublime tribunal
Tollitur, antistes prœdicat unde Deum (1).
« Les murs du temple sont hauts, sa majesté superbe : il a reçu les dons les plus opulents. Deux rangs de colonnes soutiennent la charpente du toit, posées sous ses poutres dorées. De chaque côté s'allongent d'étroits enfoncements, couverts d'un toit surbaissé. Mais au milieu s'ouvre une allée plus large, que couronne un comble élevé. En face un tribunal est supporté par de nombreux degrés : de là le pontife prêche Dieu. »
Il est facile de reconnaître ici une basilique surmontée de combles aux charpentes dorées, et présentant aux regards deux étroites et basses allées latérales, entre lesquelles s'élève une nef majestueuse, qui conduit à la chaire de l'évêque. Ce sont bien les caractères d'un èdiûce construit dans la seconde moitié du quatrième siècle (2), auctore onsedenieDamaso, comme dit l'inscription commémorative. A ce pontife peuvent être attribuées avec vraisemblance et la décoration intérieure de la crypte (3), et la construction de la basilique. Dans celle-ci avait été transportée, peut-être d'une ancienne bibliothèque chrétienne (4), la célèbre statue de saint Hippolyte, œuvre du troisième siècle, aujourd'hui au musée de Latran : elle fut
(1) PeriStephanôa, IX, 217-226.
(2) Cf. d'autres descriptions de basiliques, dans Prudence, Péri Stephanôn, III, 191-193, 19G-200; Xll, iU-Ji.
(3) Voir plus liant, p. 353.
(4) Voir plus haut, p. 96, note 3.
trouvée en lool, « entre la voie Nomentane et celle de Tivoli, hors des murs de Rome, à peu de distance du camp des prétoriens, dans certaines ruines, » dit un antiquaire du seizième siècle (1) : cette désignation s'applique exactement au cimetière de Saint-Hippolyte, et les « certaines ruines » ne peuvent être que celles de la basilique. Aujourd'hui, ces ruines ont disparu.
(1) Tra la via Nomentana e quella di Tivoli , fuori délie muta di Roma e poco discosto dal castra dei pretoriani ; Pirro Ligorio, Cod. Neap. XIII B 7, p. 42i. « L'indication du lieu donnée avec tant de minutie et de précision par Ligorio est confirmée non seuleuient par les anciens documents lopographiques, qu'il ne connaissait pas, mais aussi par tous les témoins qui ont assisté à la découverte de la statue d'Hippol\te près la voie Tiburtine et l'Agro Yerano: voir Francise! Bianchini, De canone paschali S. Ippolyti episcopi et martyris, Diss. 2, cap. 1 , p. 02 et suiv. ; Marini, dans Mai, Script, vet., t. V, p. 70; Kirchoflf, Corp. inscr. grsec, 8613. » Notede M. de Bossi, Bullettino di urcheolocjla crisliana, 1881, p. 29.
(Voir page 96.)