‹ Les dernières persécutions du troisème siècleChapitre 4 sur 50 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

Il avait péri depuis peu de mois sous les coups des Barbares, et déjà Gallus renouvelait la persécution. La guerre déclarée par Gallus à la société chrétienne a vainement été niée par Dodwell , et après lui par quelques modernes; elle est prouvée par des documents contemporains, lettres ou traités de saint Cyprien, de saint Denys d'Alexandrie, textes empruntés au continuateur de la Chronique d'Hippolyte, et même aux inscriptions des catacombes. Sans doute le sang coula moins abondamment et moins universellement alors qu'à d'autres époques; mais on vit des pontifes partir en exil, mourir loin de leurs sièges; de nombreux chrétiens furent jetés en prison; il y eut des martyrs. La persécution de Gallus forme comme le trait d'union entre celle de Dèce et celle de Valérien : on la pourrait prendre indifféremment pour le prolongement de la première ou le prélude de la seconde.

Le chapitre consacré à la raconter servira donc de transition entre le sujet traité dans le précédent volume et celui que j'étudie dans le volume actuel, c'est-à-dire entre les deux moitiés du troisième siècle, si différentes par certains côtés, si semblables par d'autres. Ces similitudes et ces différences se montreront dans le récit de la persécution de Valérien, Quand on lui accorde seulement un regard superficiel, cette persécution paraît ne se distinguer de celle de Dèce que par la date : c'est la même hos-

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tilité systématique, réfléchie, tendant moins à l'immolation des chrétiens qu'à la destruction du christianisme, dont la puissance désormais bien étabhe inquiète le despotisme impérial. Les Passions composées à une date tardive, loin des faits, laissent quelquefois apercevoir de la manière la plus naïve cette ressemblance apparente dans la politique religieuse des deux empereurs. « Cela se passait pendant les persécutions de Dèce et de Valérien, » disent de nombreux auteurs, oubliant qu'entre la mort du premier et l'avènement du second deux ans se sont écoulés, et rendant fort perplexe Thistorien moderne qui cherche à déterminer exactement l'époque d'un martyre. Moins d'un siècle et demi après Dèce, au temps de saint Optât et de saint Jérôme, on parlait déjà ainsi. Mais, pour ancienne qu'elle soit, cette confusion singulière ne doit pas nous tromper : rien, si Ton va au fond des choses, ne se ressemble moins que les persécutions de Dèce et de Valérien.

Le contraste est d'abord dans le caractère des deux princes. Si j'ai su tracer naguère le portrait moral de Dèce, cet empereur se montre à nous avec le visage dur, le regard étroit et tenace du vieux Romain , poursuivant dès les premiers jours de son règne un idéal de réforme ou plutôt de réaction sociale et religieuse dont il ne s'écarta jamais. Tout autre va paraître Valérien; ondoyant et divers, il sera d'abord ami des chrétiens au point d'en rem-

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