TRAVAUX A LA CATHEDRALE DE REFMS
occupée dans le quart de sa longueur, à partir des portes, par une crypte voûtée qui sortait à moitié du sol et qui devait être fort gênante. Adalbéron la détruisit de fond en comble et sur remplacement construisit un autel renfermant le corps de saint Calixte\ Le maître autel, décoré de croix d'or, fut entouré de deux « cancelli » en métal précieux*. — Il fit fabriquer un autel portatif dont les quatre angles étaient décorés des quatre Evangélistes en or et en argent, les ailes déployées sur chaque face ; un reliquaire, des couronnes qu*on suspendit dans ^église^ Les fenêtres furent ornées de vitraux à personnages ; les tours portèrent des cloches aux sons puissants * .
1. Le continuateur de Flodoard blàme fort cette destruction : «Anno « 976 destruxit Adalbero, nomme non mérita archiepiscopus, arcuatum « opus quod eratsecus valvas aecclesiae Sanctae Mariae Remensis; suie pra quod altare Sancti Salvatoris habebatur et fontes opère miro erant • positi. » Ce passage obscur est confirmé mais non éclairci parRicher (III, 22) : a Hic, in initie posl sui promotionem(faux ; le fait date de 976), « stracturis aecclesiae suae pluriraum studuit. Forniccs enim qui ab a aecclesiae introitu perquartam pêne totius basilicae partem eminenti « structura distendebantur, penitus diruit. Unde etampliore receptaculo et etdigniorescemate, totaaecclesiadecorataest. Corpus quoque sancti « Kalisti papae et raartiris, debito honore in ipso aecclesiae ingressu « loco scilicet collocavit; ibique altare dedicans aratoriumfundendis Dec « precibus commodissimum aptavit. » Quicherat croit qui! s*agit d'une tribune adossée à rentrée de l'église (Loc. cit. p. 133). Je pense que les chroniqueurs font allusion à une crypte (supra quod altare S. Salvatoris), voûtée (arcuatum opus, fornices) faisant saillie dans l'église (eminenti structura distendebantur). — L'autel de saint Calixte construit sur l'emplacement de la crypte détruite est plus élevé (loco editiore) que l'autel du Sauveur qu'il remplace; mais il occupe sans doute moins de place. Quant à la phrase « unde et ampliore receptaculo, etc., » elle ne peut signifier qu'on a reconstruit un autel plus vaste; ce serait absurde; l'autel détruit occupait déjà le quart de réglise. — Richer doit faire allusion à l'adjonction à la cathédrale de l'église de Saint-Denis, construite porte à porte et communiquant avec elle (Voir p. suivante, note 1).
2. Richer (III, 23) : «Altare praecipuum crucibus aureis insigniens, if cancellis utrimque radiantibus obvelavit. »
3. Cette coutume de suspendre des couronnes dans les églises est très ancienne. Les plus belles couronnes suspendues sont celles des rois Wisigoths d'Espagne du vn^ siècle retrouvées à Guarrazar, près Tolède en 1858, acquises par le Musée de Cluny. Voir Ferd. de Lasteyrie, Le trésor de Guarrazar. Paris, 1860.
4. Richer (III, 23) : « Quam (ecclesiam) fencstris divcrsas continente tibus historias dilucidatam, campanis mugientrbus acsi tonantem « dédit, »
74 MARIAGE lïE HUGUES CAPET (970-9711
Enfin Adalbéron fit construire en dehors de la cité Téglise Saint-Denis ; les portes de celle-ci touchaient celles de la cathédrale, et la construction était disposée de telle scrte que le prêtre de Saint-Denis, colèhrant la messe la face tournée vers Test, pouvait apercevoir le prêtre de la cathédrale remplissant le même office et suivre tous ses raouTemenis. C'est sans doute pour permettre ces dispositions que Tarchevéque avait fait détruire la crjpte et laulel du Sauveur à l'entrée de la cathédrale '.
Nous nous sommes étendus un peu longuement sur les affaires de Té^lise de Reims ; elles nous offraient Toccasion de montrer tout ce que devait déployer d'activité, de résolution et d*énergie un évêque réformateur du moyen iige; elles nous montraient à Tœuvre un des personnages les plus éminents du n" siècle. Nous allons main tenant revenir eu arrière.
Nous avons tu les Robertiens renoncer à toute action hostile contre l'Aquitaine '. Vers 970 Hugues Capet s'allia même aux ducs de ce pays ; il épousa Adélaïde, fille de Guillauine Téte-d'Etoupes \ qui, en 973, lui donna un fils qui devait être le roi Robert II *. En 971 Herbert, fils de Hugues le Grand et
Os deux chapitres \xu et xxui du livre IH de îticher sont trèii intéressants pour l'archéologie. 11 ne mt^ semble pas qn on les ait suffisamment utilisés. C'est pourquoi j'insiste un peu sur ces passages.
1. Nist. mon. 3losom., 2" partie, c, y (Mon, Germ., SS. XIV, 6î6) i <£ Quid S. Dyonisii ccclesiam quam vir bno devotus extra muros urbis *t pro foribus majoris ecclesiac S* Dei genitricis Mariac instituit, ut, ostio <f contra ostium po^ito, quando sacerdos ad sacra missarum Kollomnia « ad orientem versus adslarct. sacerdotem princi palis ecclesiae semper a inintuitu haberetatque quidqiîid iste supplicansorando premîtîeret, tf il le suhsequens j^remista olTerendo firmarct. » Le célébrant devtiit natureUenient faire face aux fidèles. La cathédrale était donc située tout près des remparts, ce qiii e?£pïique qu'on en ait utilisé les débris pour sa reconstruction au ix^' sit?cle, Voy. p, 72, n. 4. — Cf, Marlot, IJUt. de té gif ne d(i Reim, éâ. franc., Hi, 20-24,
*2. \oy. plus hnut p, 44.