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POLEMIQUE ENTRE CHARLES ET THIERRY DE ÎIETZ

Frédéric, était mort le 17 juin 983 \ et Charles projetait peutêtre de s'emparer de la Haute comme de la Basse-Lorraine, au détriment de Béatrice, veuve de FrédériCi et de son jeune fils Thierry. Du moins Tévêque de Metz, Thierry, le craignit, et adressa à Charles une lettre violente, pleine de reproches et de récriminations, le menaçant d'excommunication s'il n'abandonnait pas ses projets. L'adresse seule de la lettre fait pressentir le contenu: « Thierry, serviteur des serviteurs « de Dieu, ami des empereurs, tuteur très zélé de leur race, « à Charles son neveu par le sang^ mais très impudent vio- « lateur de sa foi. » Après avoir reproché à Chartes d'avoir violé un serment de fidélité, prêté sur l'autel de Saint-Jean, en présence de l'évêque Notker, Thierry ajoute : <f Quoi « d'étonnant si tu vomis contre ton neveu '^ la peste de ton « cœur corrompu, toi qui, les mains sanglantes et prêtes à <c tous les crimes, entouré d'une troupe de voleurs, ne t'es pas « fait scrupule d'enlever traîtreusement à ton frère, le noble « roi des Francs, sa ville de Laon, sa ville, entends-tu, et « non la tienne ; toi qui lui dérobas son royaume, toi qui c< jetas l'infamie sur la sœur de l'empereur, compagne de son

1. Voir pour la fixation de cette date les calculs extrêmement ingénieux de M. Havet, Lettre» de Gerbert, p. 71, n. 4 et 7.

2. Thierry était fils du comte franconien Ébeihard et d'Amalratle ; or, celle-ci était sœur de Mathilde, femme de Henri I"^ l'Oiseleur. Gerberge, mère de Charles, était fille de Mathilde. Charles était donc le ce neveu » à la mode de Bretagne de l'évêque de Metz. Voir Jïavet, (p. 25, n. 3) et plus haut le tableau généalogique enreganl delà p. 64.

3. Henri de Bavière, selon M. Havet (26, n. 3). 11 était cousin germain de Charles. Cf. plus haut p. 131, n. 5. — Ne faudrait-il pas plutôt penser au jeune duc Thierry, fils de Frédéric, neveu à la mode de Bretagne de Charles de Lorraine, comme on peut ie voir par le tableau suivant :

Mathilde (femme de Hen ri I" de Saxe).

Hathuide (mariée à Hu- Gerberge (mariée à gués le Grand). Louis IV).

Béatrice (mariée à Frédé- Charles.

rie I*"")-

Thierry.

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« trône, et la souillas de tes mensonges ' ! Enflé, bouffi de il graissep tu as abandonné les traces de tes pères, renié « Dieu ton créateur; souviens-toi combien de fois j'ai fermé (c du doigt ta bouche impudente quand, avec un sifflement de te serpent, tu répandais des mensonges abominables contre H l'archevêque de Reims, plus abominables encore contre la *c reine. Toi*méme connais mieux encore tout ce que tu as (c fait contre Tévêque de Laon, Caché dans un petit coin du « royaume de Lorraine, tu te vantes dans ton orgueil ridicule u de le gouverner tout entier : songe â celle qui est notre « nièce à tous deux S femme meilleure qu'un homme tel *t que toi, songe à son noble flls, aux vicaires des Apôtres, « pasteurs du troupeau de la sainte Eglise, que tu t'efi'orces « de mordre nuit et jour de ta dent de chien ; songe aux H autres grands, qui ne dépendent en rien de toi, et à ce rt qu'ils possèdent en ce pays avec la permission de Dieu ; K alors j secouant de vains songes, déridant ton front enivré « d*un vin trompeur, tu pourras mesurer que tes actes ne « sont rien, que tes projets n'aboutiront pas, grâce à Diea'. » La réponse de Charles, rédigée par Gerbert*, est dans un style aussi délicieux : « Charles, s'il est quelque chose par <t la grâce de Dieu, à Thierry, modèle des hypocrites, traître « aux empereurs, parricide de leur race, ennemi public de

« Fétat Que nous dis-tu de la duchesse Béatrice, de son

(f fils et des grands du royaume? Ne vois-tu pas que tu t'es n trompé, malheureux, et que personne ne voudra prendre

1. Sur cm allégations et la réponse qu'y fit CharJGfi, voir plus haut p. 88, 97, 9<*,

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