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Lettres de Gerhert, p. 52, note

ce qu'a décidé l'assemblée des vôtres à Duisbourg*. Quant à « ce que le gouvernement du roi exige de la duchesse Béa- (c trice et de vos seigneurs, si vous l'ignorez, comme on le « dit, enquérez-vous-en, faites-le-nous savoir rapidement et « dites-nous ce que vous en pensez. Nous répétons en termi- « nant que nous avons de vous la meilleure opinion, et que « la même confiance qui nous porte à nous ouvrir avec vous « de nos affaires, nous l'attendons de vous pour nous faire a part des vôtres *. »

Toutes les ruses et toutes les protestations d'Adalbéron ne trompèrent pas Lothaire. Il lui -défendit de s'avancer en Lorraine au delà de Mouzon^ Une lettre que l'archevêque lui adressa en avril 985 ne put que contribuer à l'exaspérer. Adalbéron avait dû fournir en sa qualité de grand vassal, dq. seigneur temporel de domaines considérables, son contingent pour le siège de Verdun. Le roi lui ayant ordonné de faire raser par ses troupes le monastère de Saint-Paul situé près de la ville et pouvant servir de refuge à l'ennemi, il répondit en feignant de n'avoir pas reconnu l'écriture ni la forme du mandement royal ; il refusait d'ailleurs d'exécuter ses ordres et prétendait que les soldats, se trouvant dans le dénuement, refusaient de tenir plus longtemps garnison dans Verdun*.

Lothaire se décida en mai à traduire Tarchevêque de Reims devant une grande assemblée, sous l'inculpation de haute trahison. Elle se réunit le lundi 11 mai à Compiègne. On remarquait, parmi les Lorrains, le duc Charles et le comte Renier, parmi les Français, Herbert de Troyes, Gibuin, évêque de Chàlons-sur-Marne, Adalbéron, évêque de Laon. Le comte de Chartres, Eudes, n'y assista pas, étant retenu

1 Duisburch. « Duisbourg ^trusse Rhénane) au nord de Dusseldorf. « Otto III s*y trouvait le mercredi 29 avril 985 (Stumpf, n» 883) » (Havet, Lettres de Gerbert, p. 53 n. 4).

2. /6trf.,lettre 55 (p. 52-53), trad. de M. E. de Barthélémy (p. 162-163).

3. Voir la lettre* 56. — Mouzon, tout en faisant partie du diocèse de Reims, était situé dans le royaume de Lorraine. Cf. Havet, Ibid., p. 54, n. 2.

4. Ibid. y lettre 53. On attribue le plus souvent cette lettre à Adalbéron de Verdun : je la crois de Tarchevéque de Reims avec Wilmans et M. Havet (^Ibid., p. 49, n. 2).

par des affaires qui nous sont inconnues*. Voici la défense que présenta Tarchevêque de Reims, telle que la rédigea son ami Gerbert: « Je suis sous le coup d'une accusation de (ï perfidie et de trahison envers la majesté royale. Je suis « coupable, dit-on, d'avoir permis à mon neveu, clerc de « mon église, de quitter le diocèse pour se rendre à la cour n d'un roi étranger et en obtenir un évêché situé dans un « royaume que mon seigneur le roi Lothaire avait revendiqué <f comme sa possession héréditaire *, et parce qu'ensuite je i< lui ai conféré les ordres ecclésiastiques sans la permission *f et Tautorisation de mon seigneur. »

Jmtification,

^ a C'est à l'époque où monseigneur le roi Lothaire ne possé- (t dait ni ne réclamait le royaume de Lorraine que j'obtins

1, LHires de Gerbert^ éd. Havet, lettre 58 écrite fin mai ou juin. — Elle ne dtî pas précisément que l'assemblée de Compiègne eut pour mission de juger Adalbéron ; mais cela ressort, ce me semble, des allusions qui y sont contenues et des lettres suivantes. Witte (p. 61, n. 1 et 75, n. 2) cornbat vivement l'idée que Lothaire ait intenté à Adalbéron un procès en forme devant une assemblée du royaume. Son argumentation est eicellnnte contre M. Olleris parce que celui-ci date le procès du 27 mars 9Bi, e*? qui est tout à fait inexact; mais Witte n'est pas moins arbitraîrn en le rapportant au règne de Louis V. — Cette lettre 58 a été «ne pierre d'achoppement pour tous ceux qui se sont occupés de la chroridlogie de la correspondance de Gerbert. Son contenu montre qu'elle a été écrite après un 15 mai. Dans l'édition Duchesne, elle porte comme adresse « Deoderico episcopo Metensi ». Thierry est mort le 7 hicplembre 984 ; on en concluait logiquement que la lettre 58 était de 98 1 vi postérieure de peu au 15 mai. A M. Havet revient le mérite d'avijtr montré que le mot Deoderico est une interpolation. Les manusrritsi mettent simplement Metensi episcopo. Cet évèque est AdalbtTon, successeur de Thierry, et la lettre 58 est de 985 (Havet, p. 55, n. 4). Il en est résulté un bouleversement complet de la chronologie de tiorborl, un grand nombre de lettres qui présentent des allusions à t*etle lettre 58 ou qui la confirment devant être datées de 985 et non de 984. — Nous avons de la sorte la clef d'un grand nombre de faits dont la ciiEisp (^c-happait quand on les rapportait à 984. On était obligé de placer \v:s siLiges de Verdun en 984, l'entrevue de Brisach le l*»" février 984; la lutHle de Lothaire sur Otton Ul ne durait inême pas quinze jours (six iiioii pn réalité). Seul le P. Colombier vit un peu clair avant M. Havet, el pliK-a le siège de Verdun en 985 (Vie de Gerbert, p. 103, n. 1).

2, /n proprium jiis^ en propre, c'est-à-dire en héritage, par droit héréditaire ; c'était en effet le droit fondamental des Carolingiens à la poïî^e vision de la Lorraine.

« (en otage *) le fils de mon frère, en engageant ma parole

c( de le rendre sans délai à la liberté et à sa famille, si les

« circonstances le demandaient un jour. Quand mon seigneur

« devint Y avoué du fils de l'empereur et qu'il reçut des otages

« en conséquence, mon frère (Godefroi) me réclama son fils

a par des messages répétés, et, comme je ne me presse pas,

« il me reproche de violer ma parole* Il en appelle au

« terrible Juge qui, au jugement dernier, vengera la foi et

a la. parenté outragées. Mon seigneur ne m'avait pas dit qu'il

« voulait reprendre le royaume, il m'avait parlé seulement

a de tutelle ; loin de me défendre de laisser partir mon neveu,

« un clerc, il m'en avait accordé la permission avec bien-

« veillance, du moins d'après les rapports de mes messagers,

M à condition qu'il accomplirait tout ce que son père avait

« promis. Je permis alors à mon neveu de partir, mais j'exigeai

« qu'il jurât de conserver sincèrement fidélité dans l'afi'aire

c< qui a nécessité la remise des otages ; cette promesse il Ta

« tenue jusqu'ici, et, à ce que je pense ^ il la tient encore. Si

« je lui ai conféré le diaconat et la prêtrise, c'est pour que,

« afiranchi de notre autorité, il n'allât pas se placer sous

« celle d'un autre, c'est pour couper court aux mauvais

tf propos qui se seraient produits contre notre église, si un

a sous-diacre avait été élevé à l'épiscopat; d'ailleurs ces

<c grades ne confèrent ni provinces, ni villes, ni villages

« dans les royaumes de la terre, ils ne concernent que le

c< royaume du ciel* ; ils font la guerre au vice, ils donnent la

« vertu. Partout où j'étais accusé du crime de perfidie et de

« trahison, j'ai montré, je pense, que j'avais parfaitement

<c gardé ma parole et conservé par-dessus tout ma fidélité à mon seigneur\ »

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