Voyez plus bas, p. 156, la Jwliftcation d' Adalbéron
4. Les Canones aposlolorum. Voy. Migne, Palrol. lat. t. LXVII, col. 143 (un diacre ou un prêtre ne peut quitter sa paroisse pour aller exercer ailleurs son ministère sans la permission de son évêque). Voir Havet, Lettres de Gei-bert^ p. 51, n. 6.
Î54 SITUATION CRITIQUE d'ADALBÉRON [985]
tf nous lie nous écarterons jamais de cette ligne de conduite, cf mettant toutefois le service de Dieu au premier rang. Mais H parce que, en ces temps, peu de gens se soucient des ti affaires du Seigneur, lorsque nous montrons du ^le pour a la loi de Dieu, on nous accuse de perfidie ou de quelque ^ autre crime. Il s'ensuit que placé pour ainsi dire entre le H marteau et Tenclume, il nous est difficile d'échapper sans t( y perdre Tâme et le corps. Si vous avez donc des entrailles <i compatissantes, si nous vous avons toujours honoré comme « un frère, ou plutôt comme un père, chargez-vous de con- « seiller et d'aider un ami ; nous avons toujours dans la a prospérité bien espéré de vous, faites que nous n'en déses- H périons pas dans Tadversité. Ce que nous disons ici (( s'adresse, non à l'homme, mais à la discrétion du pontife ; « en vous confiant nos secrets, nous prenons Dieu à témoin, ff invoquant à double titre sa vengeance terrible si ceci venait ti à être trahi pour notre perte. * »
Ecbert rassura Adalbéron, mais en même temps lui reprocha son hostilité contre Henri de Bavière. La réponse d' Adalbéron est sur un ton bien adouci si on la compare à la lettre 26 ^; — « l'archevêque de Reims, dominé par le sentiment des dangers qu'il court, ne semble plus préoccupé que du soin de ménager et de flatter tout le monde », dit très justement M. J. Havet^ — « Vos lettres, en nous débarrassant « de nombreux soucis, nous en donnent de nouveaux. Car « nous nous félicitons de la constance de votre attachement, it de votre fidélité, de votre dévouement pour nous. Mais « qui a pu tellement bouleverser votre intelligence que vous fi vous imaginiez que tous les sentiments de nos parents H soient aussi les nôtres ? Je ne sais pourquoi je haïrais le u seigneur Henri et je sais des motifs pour l'aimer. Mais quel ii est aujourd'hui le fruit visible de cet attachement? Il est -( des choses qui arrivent par la volonté irrésistible de Dieu,
d'autres qui sont brouillées par l'aveugle fortune
( Aussitôt que faire se pourra, vous me ferez connaître ce
1. Lettres de Gerbert, éd. Havet, lettre 54, trad. de M. E. de Barthélémy (p. 161).