FUNÉRAILLES DE LOTHAIRE
la légèreté et l'incapacité de son fils Louis, il lui avait recoramandé avant de mourir de se ménager Tappui du duc de France \
a On fit â Lothaire de magnifiques funérailles où Ton ras- « sembla tout ce qu'on put trouver de richesses royales. On « lui composa un lit orné des insignes de la royauté, son ce corps fut enveloppé d'un vêtement de soie, recouvert d'une « large robe de pourpre ornée de pierres précieuses et tisaue « d'or. Le lit fat porté par les grands du royaume*, précéce dés des évêques et du clergé* avec Evangiles et croix. <c Au milieu d'eux marchait, en poussant des gémissements, ce celui qui portait la couronne, brillante d'or et de pierres ce précieuses, avec nombre d'autres insignes. Les chants fu- « nèbres étaient presque interrompus par les pleurs. Les ce chevaliers aussi suivaient, chacun à son rang, le visage ce défait ; le reste de la troupe venait en pleurant. Il fut ce enterré à Reims, comme il l'avait ordonné, dans le monascc tère de Saint-Rémy*, où reposaient son père et sa mère,
1. Voir le discours adressé par Louis Va Hugues Capet(Richer, IV, 2), Les termes en sont sans doute exagérés, mais le fond doit être vrai : a Pater meus in egritudinem qua et periit, decidens, mihi praecepit « ut vestro concilio, vestra dispositione, regni procurationem haberem ; a vos etiam loco affinium, loco amicorum ducerem, nihiique praecîpui « praeter vestram scientiam adorirer. » Cf. Odoran : « Anno 986 obiit « Lotharius rex commisso filio suo Ludovico juvene Hugoni una cum a regno. »
2. « Cujus ad obsequium colère duces», dit Tépitaphe composée par Gerbert (lettre 75). Ces ducs étaient sans doute Hugues Capct, Robert de Bourgogne, et le propre frère du roi, Charles de Lorraine.
3. Gerbert y assista avec son ami l'archevêque de Reims. II composa une épitaphe élogieuse en faveur du roi qu'il appelait le iyran quand il était encore en vie, et dans la lettre 73 écrite au nom d'Adalbéron il le qualifie de «gloriosissimus rex Francorum, clarissimum sidus, mundo « subtractus. »()n jngepar là de la sincérité de Gerbert ou d'Adalbéron.
4. A gauche du chœur, selon l'obituairede Saint-Rémy : « Maii(sic). « Anniversarium Lotherii régis Francorum qui dédit nobis Pleveias et « Chepellas et Condatura. In sinistre choro quiescit.» Cf. Aubry des Trois- Fontaines. L'église de Saint-Rémy de Reims fut reconstruite plusieurs fois, mais on respecta remplacement des tombes des rois Carolingiens qui y étaient enterrés. Le tombeau de Lothaire était encore du temps de Marlot (xvii« s.) près d'un pilier du chœur, à gauche de celui de son père Louis d'Outremer. Avant la Révolution on voyait près de leurs tombes leurs statues assises, qui ne remontaient pas au delà du xn* siècle. Celle de Lothaire est reproduite par Mabillon (Ann. Ben.^
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« monastère éloigné de deux cent quarante stades' du lie« tt où il était mort. Et dans tout le trajet il fut accompagoé H des marques d'un attachement et d'une affection univer- « sela^Ji.
La mort imprévue de Lothaire, celle de son fils un au après, frappèrent Timagination populaire. Elle ne put admettre que les deux derniers rois de la race de Charlemagoe eussent péri d'une mort vulgaire. De là les accusations d'empoisonnement contre les femmes des deux rois, Emma et Blanche-Adélaïde. Elles sont absurdes, et la découverte du manuscrit de Richer a achevé d'en démontrer l'inanité. Mais cette fin mélodramatique plaiisait mieux à ^imagination^
t IV, p. 33). Un fragment mutîlêênest encore conservé à Saint-Remv (Communication de M. Demaison). Outre Tépitaphe de Gerbert mai en possédons un certain nombre d*autres sur Lothaire(ilarlut^ éd. ff.» t, II, 547-B lat.^ t. I, 333; Abbé Poussin, Monographie de Saini-Bém^. p. 292), Mais comme nous ignorons â quelle date elles ont été composées, nous ju/^^eons inutile de les reproduire.