Richer (III
3. a Le roi défunt fut bien un homme doué de grandes qualités « physiques, d'activité, d'énergie. Les hautes qualités d'un Iiomme d'Etat « lui manquaient.» (Witte, p. 73). Elles manquaient à toiï?»' lei: laïques de cette époque. Je soupçonne que Witte lui aurait généreusement accordé ces qualités s'il n'avait fait valoir ses droits sur la Lorraine.
Iflg JCGEME?îT SUR LE ailGNE DE LOTHAlEE
Lothaire ne paraît pas avoir laissé dans rimagîtiation populaire un souvenir très vivant. Il ne figure, à ma connaissancèi que dans une seule chanson de geste, Raoul de Cambrai, et encore dans la Continuation. Ost un jeune enfant, Loffcrely fait prisonnier avec la reine sa mère dans la forêt de Rouvroi (bois de Boulogne^ par Dernier et Guerri le Sor*. Peut-être y a-t-il là un souvenir vague et défiguré de !a cap* tivité chez les Normands, en 945» d*un jeune fils de Louis d'Outremer-? Celui-ci, dont le règne fut infiniment plus malheureux et plus agité que celui de son fils, a laissé, précisément pour cela, beaucoup plus de traces dans la poésie et dans la légende du moyen âge f[ui l'ont cependant confondu souvent avec Louis le Pieux. Au xi*" siècle, néanmoins, il restait encore de Lothaire le souvenir d'un prince actif et non sans gloire, témoin cet éloge enthousiaste d'un chroniqueur qui vivait sous le règne du roi Robert; *^ ... inter hus sane majorum « suorum haud inferior Lotarius enituit, fiHus Ludovici, vir « plane pollens nobilitate simul et probitate morum (prouescc ses), gloriae avidus, industria admodum sagax, qui felicf citer annis non parvis regnum Francorum gubemavit^. ^> << Agilîs corpore et validus sensu que integer », dit Raoul Glaber (L L cap. 3). Certes, il est permis de sourire quand on voit Adalbéron de Reims, qui n'avait cessé de trahir Lothaire, le qualifier dans une lettre à Echert de « gloriosisu simusrex Lotharius, Francorum clarissimum sidusV « Ces termes sont évidemment exagérés" mais venant d*un adversaire j on peut admettre, je pense, qu'ils n'auraient pas été appliqués à un prince nul ou dont le régne aurait été honteux ou insignifiant.
Quand ou Ut l'histoire du haut moyen âge et du x° siècle en particulier, on est étonné de TaUsence d'idée politique^ de dessein arrêté, en un mot d'esprit de suite. Les événements
1. Baoul de Camhrai^ éd. Mej^er et Longnon., tirade 281, ver^ 6513.
2 Ce souvenir serait d'ailleursi inexact, car ce ne fut pas Lolhaîre, maLi son frère puîné Charles (né en 945) qui fut remis en otage tknx Nonnantk. Voir p. 10, n. 3.
3. it \\\ libro de înventione corporis .s. Jndei confe^soris aucîore tt anonymo qui vixtt régnante Hubertn rege. j* HiêL de France, Xf, 366.
5, Gerbert, lettre 73 (éd. Havet, p. 69).