Voir p
4. Je n'entends pas par ce terme un territoire bien délimité, aux limites rigoureusement fixées, mais simplement la contrée qui s'étendait de l'Escaut à la Loire. Le titre de Dux Francorum ne donnait pas d'autorité en dehors de ces limites à celui qui en était revêtu. Quand Hugues le Grand voulut être duc de tout le royaume, il se fit nommer par Lothaire non seulement duc de France, mais duc d'Aquitaine et de Bourgogne, preuve évidente que ces deux derniers titres n'étaient pas implicitement contenus dans le premier; par suite, le titre de Dux Francorum, ne donnait autorité que sur les pays qui n'étaient ni Bourgogne, ni Aquitaine, ni Lorraine, c'est-à-dire sur la contrée comprise entre la Meuse, l'Escaut et la Loire. Même dans cette limite restreinte, le pouvoir du Dux Francoi-um n'était pas partout également le même. Si les comtes de Chartres et d'Anjou étaient sous la suzeraineté réelle et incontestable du duc, c'était qu'ils descendaient d'anciens vicomtes d'Eudes et de Robert ; mais la Bretagne, dont les comtes étaient les vassaux très indépendants des comtes de Chartres et d'Anjou, n'était qu'arrière-vassale du duc; le duc de Normandie, au moins aussi puissant que lui, était son vasssal plutôt de nom que de fait. La suzeraineté du duc de France n'est même pas bien prouvée sur le comté ou marquisat de Flandre et les possessions de la maison de Vermandois ; un des princes de cette dernière, Herbert, s'intitule « Cornes Francorum » (Voir p. 114, n. 3). Enfin le comté de Laon et le diocèse de Reims relevaient directement du roi.
174 ETENHUli DU I*0UVOIR DE LOTHAIRE
la période de 954 k 962, où Lotbaire, de gré ou de force, dut soutenir les prétentions des Robertiens sur ce pays» les relations avec les ducs d'Aquitaine ne purent *.Hre qu^hostiles. Depuis 962, elles redeviennent amicales. Il confirme les donations faites k la comtesse Adèle de Poitou et la con^itrucÈion du monastère de la Trinité ^ L'autorité royale n'est pas annihilée complètement en ce qui concerne les affaii-es ecclésiastiques de l'Aquitaine. Lothaire nomme les évêques du Puy-tm- Velay ^ et Iesaï)bés de Saint-Martial de Limoges ^ Mais sa tentative pour établir une domination plus effective au centre de TAquitaine échoua complètement par la faute de son fib Louis*.
Les relations de la royauté carolingienne avec les comtes de Toulouse, marquis de Gothie, nous sont inconnues pendant la seconde moitié dux" siècle. Elles durent être, d*ailleurs, peu importantes*. Par contre, il est un pays où, chose étrange au premier abord, Tautorité des Carolingiens fut toujours reconnue sans conteste, c'est le plus lointain Je Rous-
Les domaines propres du duc de France se réduisaient aux comtés de Paris, Senlîs, Orléans, Dreux et aux possessions de Saint-Martin de Tours, dunt tl était l'abbé. Dans notre pensée, «duclié de France p est donc une expression géographique commode plutôt qu'un tenne officiel et politique. Notons cependant que Hugues est qualifié une fois de hux Franciae par Lothaire (ffislor. de Fr., LV, 644, cï. Ce terme Francia joint au mot re.r se retrouve dans un autre diplôme de Lothaire (ïbid., p. 633, A « ad solum regem Franciae respicientes ») et dans une lettre de Gerbert (n^ 48 : tt Lotharius rex Franciae praelatus ft). Nous n'admettons pas la théorie de M. Pfister sur le duché de Francia.