FRONTIERES DU ROYAUME
(ch,-l. Mouzon), Castrictm (cti.-l. Mézières)V La frontière atteignait pour la première fois la Meuse au château de Warcq, à 8 kih à l'ouest de Méxières, mais la quittait a Revin, abandonnant encore à l'empire les pagi Fff/mms (Famine), Lommen sis .^miro Sambrc et Meuse\ HamriitS'Esi}' naat), enlin le pagits Camaracensis (Cambrésisj qui s'avançait profondément dans la France. Ainsi Chaumont et Saint-Dizier (Haute-Marnoi, Sainte-Menelionld fou plutôt Dampierre, ebeflieu du pagus Stfifùmemis)^ Voncq{entre Vouziers et Attigny;. Hirsou (ou plutôt Saint-Micbel) étaient villes frontières. A partir de Revin, la fronlière suivait les limites actuelles dt?^ départements des Aniennes, de l'Aisne, du Pas-<le-Caïais: contournant le Cambréais,elle rejoignait TEscaut à Bouchaiii et lô suivait sans interruption jusqu'à son embouchure*.
1. M. Longnon, se fondant sur les entrevues que les rois Louis [Vet Lothaîre eurent avec t Htou l et ^)ttûn n à Margut sur ha bordsdu Cbîers en ^J'il et 980, a la limite deti deux rnyaumes admet que le par^u^ CmtriciuH et \c pagiis M^^mnit^niiis pouvaient alors faire enc<jrc parlîe *ip la France dont ils étaient t^ertainement détachés? à l'extrÈiue fin du X" siècle. Voy. Ailfix ffùifurique, p. 811 84. Cette fsuppoï^ilion ne nous parait pas justiBéCs Les deux pa^i en question étaieut la propriété tîe réalise de Reîmi?» mais étaient situés dans la partie du diocèse qui dépendait de l'Empire. Voy, p. 30, n. 3, p. 65, n, 4.
2. L'opinion commune veut qu'Otton l""" dans les premières année?* de son règne se soit emparé d'nne partie de la Flandi-e, située sur la rive gauche de l'Eacaut» â son embouchure, et qu'il ait fait creuser un fossé de Gand à la mer du Nord, pour séparer la Flandre impériale de la Flandre française. — Une partie au moins de Gand aurait dépendu de rLmpîre (voir Maroliand, p. 13S; Kervyn de Lettenhowe, l, 202; Wan^kLenig et Gérard, l^ 223; et smlout: de S m et, Benaisêance de la ville de G and après la retraUe des ptraif^s du Nord^ et Siegfried llirsch : Heiclisflandern und die deutsche Burg von Geni {Jahr bit cher des I). H. u. Ihinrich II, t. L p. 507-529). La source unît|ue de ces assertions est un passage de Jean de Thilrode : « Otto imperator de Scaldi fossatum ante pontem w Saucti Jacobi usque in mare exlensum a nomîne suo Ottingam tt vocavit quo regni Francorum et imperii Orîentalium Jines detei-mi- H navit... Huic castelto (Gand) non castellani sed comités praefuerant. « Quidam horum eomitum. Wicmannusnomine, uxorom suam Lietgarit dem, morti vicinam, ad oraculum S. Pétri S, Bavonis deduxit, eam- « que statim, falis urgentibus, mors abslulit. Pro cujus anima, non ft sane sollicitus, villarn Thessiatn, que uunc dicltur lîesselbergt S. « Bavonis abstulit et S. Petro tradidit. a Jl semble bien en effet t|[ie pendant la première moitié du xi* siècïe, une partie de h Flandre à retnboucbure de TEscaut fut sous la domination de rEmpire. Dès 10'i6, rsaudoin do Lille avait d'ailleurs reconquis ce territoire. Mais
Il serait bien intéressant de tenter une étude des ressources de la royauté carolingienne au moment où elle va disparaître. Cela nous est malheureusement impossible, faute de documents. Nous croyons toutefois qu'on a exagéré la détresse matérielle des derniers Carolingiens. Lothaire, en particulier, n'était pas si pauvre qu'on s'imagine. Le premier il s'opposa au principe germanique du morcellement de la royauté. Il n'accorda rien à son frère Charles et fit de son deuxième fils, Otton, un chanoine. Il réussit de la sorte à garder en iiuiin un ensemble de domaines qui ne laissait pas que d'être relativement important. Il possédait non seulement la ville de Laon, capitale de la France carolingienne au x* siècle, ttràs regia comme l'appellent les contemporains \ mais encore lo comté
faut-il faire reculer jusqu'à OttonI" ou Otton II, l'époque où il avait été rattaché à l'Empire? Nous ne le pensons pas. — L'époque si éloignée des événements où a écrit Jean de Thilrode (fin du xni« siècle) suffirait seule à nous mettre en défiance. Il y a plus ; les sources diplomatiques contredisent nettement son témoignage. Cette charte de Wicman pour l'àme de sa femme Lietgarde, nous la possédons ; or, elle est datée de Saint-Pierre de Gand, !««• novembre 962, Tan 9 du règiie de Lothaire. Ce n'est pas tout : elle est confirmée par un diplôme de Lothaire du 22 février 963 {Historiens de France, IX, 628). Erjfint ce pays qui formait la Flandre impériale, c'est le pays de Waës ; or, (iracisément ce pays a été donné à Thierry II, comte de Gand et de Hollande, par Lothaire, et il y a plus de dix chartes passées à Gand et datées du règne de Lothaire, souscrites par ce personnage ou ton tils Arnoul (Voy. plus haut p. 61, n. 2). De Smet fait de ce Wicman un duc Saxon ; mais Dùmraler {Otto der Grosse, Exe. III, p. 579-583) a parfaitement démontré qu'il ne faut pas confondre Wicman, beaufils d'Arnoul le Grand, comte de Gand et vassal de la coui-otine de France, avec le comte homonyme d'IIamalant tout dévoué à i>ttori 1". — Nous pensons donc que la réunion des pays de Waës, d'Alost, des Quatre-Métiers à l'Empire, est postérieure aux règnes de LoJliaîre, d'OttonI"'etd'OttonII. Peut-être eut-elle lieu sous Otton III et du icjiips du roi Robert II. En tous cas, nous croyons certain que la suztTàïnetê de Lothaire s'étendit sur toute la rive gauche de l'Escaut jusqu'à son embouchure. — Les assertions de Jean dQ Thilrode se rotrouvent dans le Chronicon Snncti Bavonis ; mais cette compilation du XV' siècle les lui a empruntées en les défigurant ; ce témoignage est par suite sans valeur. (Cf. Hirsch, I, p. 512, n. 2). Van Lokeren {Histoire de V abbaye de Saint-Bavon, p. 25-27) n'admet pas non plus les assertions de Jean de Thilrode. Il croit que l'Empire s'es^t emparé du château de Gand et du pays de Waës, mais seulement sous \h\\vi JI pendant ses guerres avec Baudoin le Barbu en 1007 ou en lOiO.
I. La ville est ainsi qualifiée dans la date de plusieurs diplômes. Voy. aussi la lettre de Gerbert, n^ 119 (éd. Havet, p. 109).
de Laon, que lui avait légué son parent Hugues, dernier cointe de Laon, mort en 961 '; Compiègne, Attigny% Ve^be^ie^ Trosiy*; et par suite du conquêtes, Dijon", Douai, Arras,
les abbayes de Saiiit-AVaast et de Saint- AmaodV Les annale:* de Flodoard et les dates de quelques diplômes nous fournissent encore l'indication d'un certain nombre de domaines ayant appartenu à Louis d'Outremer qui passèrent certainemont à son fils, tels que: Cliéyregny^ Douzy-sur-Chiers* (Ardenues), Gurcy-sur-Marne', Montigny^\ Ponthion'\ F^im-
1. Roger 1*^ était com\e de Laon dès 926 (Voy. Flodoard^ Ânnaiei, à 926) ; après sa mort Louis IV donna le comté do Laon â son fib iîotçer II en 941 (voy, Flotbard, à 941), mais dès 9S8 le comté était devenu la propriété de Tévêque de Laon (Hieher, IV, 15). Faut-il faire remonter (*e fait au rèfrne de Lothaire ? Aucun témoigna^re ne nous y autorise. Le roi étant cousin de Hugues, fils de Roger II, mort sans enfants, il est plus que probable qu'il ïiérita du comté de Laon, au double titre de roi et de parent. D'ailleurs un diplôme prouve que Hugues l'avait fait son légataire, sous certaines conditions (llisîorien^ de Francs y iX, 624, n*^ 11), Nous pensons que le comté de Laon fut donné à rév<>que lors de Tavènement de Hugues Capet, et Ricber (IV, 96) nous est garant qu'en 991 Hugues Capel confia la forteresse de Laon H l'évéque Ascelin.