Aimoin, Miracula s. Bénédictin 1. II, c
4. Selon M. Havel(^e//rc« de Gerbert, p. 65, n. 5) Xepervasor dont parlent les lettres de Gerbert serait Oïlbod lui-même. Choisi par Lothaire sans l'assentitiment des religieux de Fleury, il aurait été considéré par ceux-ci comme un intrus. — Nous ne pouvons adopter cette hypothèse. D'abord le successeur d'Oïlbod, Abbon, fut, lui aussi, nommé par le roi CHuques Capet) sans que cela parût choquant aux religieux. L'abbaye de Saint- Benoit étant abbaye royale, il était tout naturel que Tabbé fût désigné par le roi. D'ailleurs Oïlbod fut élu par les religieux de Saint- Benoit : « Oilboldus ad praelationemFloriacensiumfratrumîpio- « rum electione et regia principis Lotharii ascendit donatione ; qui pia « sollicitudine tam spirituales quamque temporales subditorum pro- « curans utilitates, etc. » (Aimoin, Mir. s. Ben.^ 1. II, ch. 18). — Est-il possible d'identifier le perfide (lettre 88) le lion (l. 143), l'ennemi de la discipline monastique (1. 142), l'homme qualifié d'infâme déjà avant son usurpation (1. 86 et 95) avec le « vénérable » Oïlbod, dont Aimoin fait un si grand éloge, à la fois dans les Miracles de Saint Benoit et la Vita Ahbonis, dont Abbon, son successeur, était le disciple et l'ami (lettre d'Oïlbod à Abbon. Migne, Pair, lat , 1. 139, col. 392)? Celame paraît impossible. Le passage suivant de la Vita Abbonis prouve que la tentative de l'usurpateur anonjrme se produisit après la mort d'Oïlbod : « Postea factum est ut venerabili abbate Oylbodo humanis « rébus exempte, communis Floriacensium electio fratrum usque per- « feretur hinc (Abbon) sibi patrem postulantium. Praeerat per idem « tempus regiae Francorum aulae princeps, Hugo nomine, qui consen- « sum praebere non distulit. Et quamvis, ut in talibus fieri assolet, « aliqui ex fratribus huic electioni pervicaciter renisi essentj tamen « plurimorum, et, ut post patuit, sanioris consilii, praevaluit aucto- « ritas. Susceptum ergo vir Deo dignus Abbo pastorale officium etc.»
[986] l'abbaye de KLEURY-SlTR-LOtRE 189
attendre de l'éveque d'Orléans, Arnoul, qui, loin de les protéger, se montrait contre eux furt hostile'. V'oyant que leur sort laissait tout It? monde iiidlfféreut, Adalbéron prît généreusement leur cause en main et entreprit frintéreî^ser les membres les plus éminents du clergé de la Gaule en faveur de Tabbaye de Fleury, Il exhorta tout d'abord l*abbé deCluny, Mayeul, h prononcer la condamnation de Tenvabisseur et il en prévint Ebrard, abbé de Saint-Julien de Tours*. Mayenl répondit en blumant fortement l'usurpateur, mais se refusa à l'excommunier, alléguant justement que la contrée n'était pas sous son autorité. Cette décision ne satisfit pas le fougueux archevêquede Reims. Gerbertau contraire trouva cette réponse sage et invita .son ami Constantin, écobVtre de Saint-Benoit, à quitter cette abbaye et à venir te trouver à Reims le 17 aoùtl Maii^ Adalbéron écrivit h Mayeul une lettre où il mêlait les reproches aux éloges et ne dissimulait pas son humeur contre la modération de Tabbé de Cluny *. H se ilécida à excommunier lui-mf'*me Tintrus, de concert avec l'abbé Ebrard*; il s*autorisa, d'ailleurs, du blàme qu*avait porté saint Mayeul contre le faux abbé, pour exhorter, au nom des abbés du diocèse de Reims, un certain nombre de moines de Saint-Benoît à quitter le parti de Tusurpateur (octobre 986)''. Les efforts de Tarchevéque de Reims ne furent pas immédiatement couronnés de succès. L'abbaye de Fleury ne fut délivrée de la tyraimie de ce personnage inconnu que deux ans plus tard, dans les derniers moiw de Tannée 988',
Ces moines qui refusent opiniâtrement de reconnaître Abbon sont les partisans de riisurpatL>Qr auxquels s'adresse la lettre 95,
1. Mù\ S. Bmedtcii (II, c. 19). Sur Arnoui, voyez M. de Certain, Amoul € vaque d'Orléans.
2. Gerbert, lettres 69 et 80, écrites au début de 986 et de mars à juin 986,