ADALBÉRON ET SA THKORIE DE LA ROYAUTÉ
regardée avec coraplaisanct?, parce qu^ils y ont tu une protestation du patriotisme national contre Charles, qui était vassal de l'empire étant Auù de Basse-Lorraine. Ce sentiment est respectable, mais il s'égare et tombe à faux. Les personnes qui voient un patriotisme français ou allemaïid au x° siècle sont, à notre avis, dupes d^unc illusion. Ce sentiment, tel que nous le ressentons aujourd'hui, n'a guère commencé à poindre en France qu'à la fin du xiv° siècle. Auparavant il exista bien un patriotisme, mais provincial ; le seul lien qui réunit un Flamand et un Aquitain, c*est le serment prêté à un même seigneur, le roi. Au x" siècle il pouvait y avoir déjà un patriotisme provincial, royal même (qu'on nous passe cette expression) ; mais national, nous en doutons beaucoup.
Il faut reconnaître néanmoins qu'Adalbéron fit valoir contre Charles cet argument qu'il s*était abaissé en devenant le vassal d'un souverain étranger. Mais c'est ici que se manifeste pleinement l'impudence véritablement extraordinaire de farchevêque de Reims, Cette accusation est stupéfiante de là part d'un homme tout dévoué à Tempire, qui ne cessait de le proclamer dans les lettres qu'il adressait aux impératrices Adélaïde et Théophnno, par la main de Gerbert, non moins dévoué que lui-même, et qui, au moment même oil il pronon(,'ait ce discours, exécutait peut-être les instructions qu'il avait reçues d'AUemagne, Et le n grand duc », le candidat de rarchevêque ! N 'avait-il pas été à Rome auprès d'Olton II, en 981 ? Il n'avait dû qu'à la présence d'esprit de Tévêque d'Orléans de ne pas apparaître h la foule dans une posture humiliante'. 11 n'avait cessé, en ces dernières années, défavoriser l'empire au détriment de Lothairo et de Louis V. Nou5 le verrons écrire à T impératrice Adélaïde des lettres dont le ton est assez peu digne, et oii il semble lui demander des instructions. En réalité, de Charles et de Hugues, le vrai vassal Je Tempire n'était pas celui que désignait Adalbéroo.
Nous doutons d'ailleurs de la portée de cet argument sur rassemblée. Parmi ses membres jse trouvaient des hommes
(p. 142'l'*y) aux grands la théorie de l'élection du ro! qui est due au seul Adalbéron.