ADALBERON ET SA THEORIE DE LA ROYAUTE
comme Eudes de Chartres et Ascelin, évèque de Laoïi, qui, quelques années plus tard, ne se feront aucun scrupule d'essayer de livrer le royaume à Otton III V Nous sommes très sceptiques sur le patriotisme des hommes de cette époque, et nous croyons que l'assemblée était bien indifférente à ce que Charles fût duc de Basse-^Lorraine,
La troisième accusation de Tarchevêque était plus sérieuse et nous ne doutons pas qu'elle n'ait fait impression sur les fiers et orgueilleux seigneurs. Charles s était mésallié; il avait épousé Adélaïde, fille d*un chevalier inconnu, arrîére-rassal du duc de France ", C*êtait beaucoup plus grave
K En 995 Eudes et AsiceUn projetèrent de livrer le royaume de France à Ottonlll. En réccimpejisede leurs services, Eudes serait dei?enu duc des Francs, Ascelîn archevêque de Keims (Richer, 1\\ 97).
2, Ce passage prouve bien qae Charles n^avait pas épousé Agnès, fille de Herbert H de Troyes, cumine l'ont écrit tous les historiens, La femme de Charles s'appelait Adélaïde (Ri cher, IV, 49). Herbert n^était pas cet humble arrière -vassal de Hugues Capet dont parie Adalbéron. C'était un seigneur très puissant» le « comte des Francs i> comme il s'intitule, le comte du Palais de Lothaire (v. p. lU, n. 3) qui n'était peut-être même pas vassal de Hugues. Son alliance aurait fait honneur au dut: de France luÈ-môme tout aussi bien que celle du duc d'Aquitaine ou du comte de Flandre. Enfin Herbert ayant épousé Ogive, mère de Louis d'Outremer, ijrand'mùre de Charles, il semble bien difficile que celui-ci ait époui^é une fille de ce comte- {FIcmI, Ann., 951). Néanmoins le passage suivant, tiré de VNisîoHa Franc. Senon. (copiée par le Chr. .V. Medardi, Orderic Vital, Richard le Poitevin, etc.) nous empêche de repousser absolument cette tradition : « Gui (Ludovîco) successit Karolus frater ejus {sic}. Eodem anno rebeltt lavit contra Karolum Hugo, dux Francorum, eo quod accepisset w Karolus filiam Herbert! comilis Trecarum. i> — Prise au pied de la lettre, cette affirmation est inadmissible. Mais lY/ïs/, Franc. .Senon. n*est pas d*une exactitude rigoureuse (elle fait de Charles un frère de Louis V) ; on peut donc chercher à rinterpréter sans la suivre mot à mot. Charles a pu épouser d'abord une fille du comte Herben H de Troyes, née d'un mariage antérieur ou postérieur à celui d Ogive ; puis iJ s'est remarié avec Adélaïde» fille d'un arrière-vassal du due de France. Du premier mariage est sans doute né Otton j du second, Louis et Charles (ce dernier deui ans après Félection de Hugues Capet) ainsi qu'Adélaïde et Gerberçe. —Le nom de la fille d'Herbert, Agnès» ne se trouve dans les (uuvres hisloriques qu'à partir du \VJ^ siécîe. Les quelques chroniques qui mentionnent cette première femme de Charles ne la nomment pas. Le premier mariage de Charles est de peu antérieur à Tannée 979 : à cette date, nous le voyons en effet (au témoignage des Gestaep. Caméra c) appeler à Cambrai sa femme et la faire coucher dans le Ut môme de Tévèque défunt Theudoji (voy. plus haut, p, 113). D autre pai-t nous avons vu qu'en 976, Charles s'allia a la