‹ Les derniers CarolingiensChapitre 235 sur 376 · AVÈNEMENT DE HUGUES CAPET · texte numérisé non relu

AVÈNEMENT DE HUGUES CAPET

« sont dus, et de vous défendre autant que je le pourrai» avec « Taide du Seigneur, comme il est juste qu'un roi agisse en *t son royaume envers chaque évèque et l'église qui tui est u commise. Je promets de concéder de notre autorité au peuple u qui nous est confié une justice selon ses droits \ » Nous trouvons ce serment confirmé par ce passage de Ricber : u Entouré des grands du royaume, il fit des décréta et porta ce des lois selon la coutume royale, réglant avec succès et

Airooîn). — Aimoin (Mirac. s. Ben. L lU^ î) : uSane patnius ejus Katt rolas, qtiem privatum senuisse supra praelibavîinua, cor.abatïîr si « posset a sai generis n^icturibus diu posscssum sibi vindicare impe- « rium : sed ejus voluritaii nu Hum sortilur effecttini nam FraiiLn prî- « mates, eo relicto, ad Hugonem qui ducatura Franciae strenue tune a gubernabat, Magni illitis Hugorïîs Hlmm,... se confère n tes* eum Xo- ■ viocomo solkï sublimant rogio. » — //tsL Franc. Senon. : w eodem ■r anno (987) iinctus est irt regem Remis ci vitale Hugo dm, » — Citron, anonyme de Flctiry (//ï£f, de France, \, 210) « Fo (<!arola) spreto ff Franconim primatt^s^ communi ronsenxu thjgonem qui tune rlucatEim « Franciae strenue gubernabat, Magni H agonis filium..., Noviomo « sublimant rejJtio sol io, eodem anno quo Ludovicus adolescene obi il, et « uncius est llufjo Bf^mù V. non. jtd. a M. Havet a démontré ^Let couronnements dei^rois l/ttgties eîRnbert, Rav. InU,, XLV, 181^!, p. 290)» que les mots ici en italique sont des interpolations de P. rithou.lepre* m ter éditeur, provenant li anTiotations incorpnrùrs an texte. Mais il en a conclu à toit quo Hugues n'avait pas dû être sacré à Reims et que le point de départ des anm^^es du règne fût la date du couronnement à Noyau, le l" juin 937. Il n'y a pas lieu cependant de suspecter les témoignages des Ami. S. iHunysii et du Vilisioria Fr. Senon. (et non de Hugues de Fleury) cjuî ont fourni les éléments dt^ la noie de Pîlhou* Quant au calcul dt'S an nées du rr^Tie , deux diplômes origînau x de l ! ugues Capet s'accordent à montrer qu'a la chancellrrie royale on le Faisait à partir tFune date postérieure au 1"^ juin : Fun (Mits. des arch. dép.. n*= 17), daté de Fan l^f du règne et île la veille <les noues? de juin (4 juin), nécessairement positérieur au 30 déc. 9B7 puisqu'il est souscrit par Robert roi et doit conséquemment cHre daté du 4 juin 988. (11 est vrai est que M. Havet est dis^poséà admettre que le titre de roi attrihuê à Robert est une interpolation) ; l'autre (Fac. sîm. à l'as, de l'FJc, des Charles, n^ 33)» daté du 12 des kah de juillet (20 juin), 2^ année du règne, 2* indiction, est nécessairement de 989. Gerbert^ par contre, a daté les Actes du concile de î^aint-Dasle en prenant Félection de Noyon comme jiûinl de départ. — CF. lïaoul Gbïber (l. IL c- l); <ïdoran (y. p. 197, n. t). — Sigebert r tt 987. Ludovico Francorum re^e, Francis cf regnmn transFerre vole nti bus ad Karolum ducem, fratrem Lotharii « regi:^, dum ille rem ad concilium dilTert (sic ï) rem Frant^orura usur- « pal Hugo, il lins llu^'ï>nis Pari si en sis es Hathuide sorore primi Ultonis « imperaloris, et régna vit an ni s W. n

l, îiUL de France, t. X(, p. 758, — Ce serment est analogue à celui du roi Eudes, mais plus hreîiMon. Germ. LegeSj 1^ 55i); il est îdcn-*

214 GODEFROr DE VERDUN EN LIBERTE [987]

« disposant de toutes choses, Pourmôriior tant de bonheur. « et excité par tant d'événements prospères, il ^e livra àuue « grande piété ^

Hugues Capet paya les services d'Adal héron en renonçant à la possession de la Lorraine, en concluant une paix définitive avec Tempire, eofin en ordonnant à ses vassaux, EwAg^ et Herbert, de relâcher le comte Godefroi. Ceux-ci n'obéipeiit pas sans peine et y mirent des conditions fort durées. Ils exigèrent que Godefroi leur remît les possessions de Tévèché de Verdun et même la personne de l'évêque, son fils, Godefnn dut passer par où ils voulurent. Il fut mis en liberté le 16 ou le 17 juin 987. Il espérait sans doute que ces conces^^ions ne seraient pas ratifiées par sa souveraine» Timpérairice Théophaiio. Son frère, Tarchevéque de Reims, emprunta la plume de Gerbert pour la supplier de ne pas se prêter à m arrangement aussi onéreux. Il avertit en même temps T impératrice des projets dangereux deis comtes Eudes et Herbert, Le chateau-furt de Cbèvremoni à Test de Liège, dont le seigneur s*était rendu redoutable pour tous les environs, étail alors assiégé par révé«iue NotkerS et Théophano compiait

tique à celui de Philippe b^ le 23 uiai 1059 (fiuizot, Ifûi. de ta eiV., m, 291 ; Luchairei IftsL di^s tnslit., 1, p. 67-68 et n, 1 de p. eS). — U prétendue eanfirniation par Ihigue:^ Capet des biens et privilèges lîe^ églises (Ilistor. de France, XI, 758), est un faux manifeste (Luchmre> loc. cit.; Lasteyrie, CarL gén. de Parù.y.^b, n. 2). Voir encore Pfister, Hohrrt le pîe*ix, p. 144-146. La formule du serment royal remonte àCliarles leCbauve, yo'iv Annales de Smnt Berttn à Tannée 877.

1. lîicher{!\S 121 11 est difticiîe de dire ce que Uichereniend au juste par les uiuts « more regio décréta fecit lej^esque condidit» Cela doit sans doutP s'entendre des diplômes royaux. Laferrière (//*,s/. du, droit fr.^ IV, 14) s'apjnijant sur ce paî>sage même de Tlicljer prétend que la législation <le Hugues Capet se relronvc en partie dans les canons d'Abbon. C'était aussi l'opinion de Mabillon {Analcclajioca, p. 133». — L'abbé Parti iac pense {//isf. de s. Abbon, p. 374) que llu^^uei* Capet donna seulement force de loi à ce^ canons. ~ M. Luchaire (IHst. dts InstitttL monarchifjiifs, 1, 43, n. 2) repousse à juste titre ces fantaisies. Mp Pfister admet trop complaisamment (Boberl h pieux, p. 152151) que Hugues et Hobeil purent faire des lois générales pour tout le royaume.

2. Anselme, GeUaep.Leod. (Von. Germ.SSy[[,2Ù2); Gilles d'Oval. Gfiila ep. Lvod. (Mon. GVrîw., SS, XX V^ p. 57-58), et Gerberl leilj'eiî 102 et 103, (éd. llavet, p. 95. Ji. 1)., le st^igneur assiégé dans Chèvre* mont ne serait-il pas le duc Charles lui-même ? Les Gesta ep. Leod, de Gilles d'i *rval, en parlent comme d*uii homme de race noble et royale:

[987] l'opposition AUX CAPETIENS 215

lui venir en aide. Les deux comtes informés de ce projet réunissaient un corps d'élite pour filer à Timproviste sur Chèvremont et mettre la main sur Timpératrice, entourée d'une faible escorte. Le duc de Haute-Lorraine, Thierry, avait pris Stenay, ville qui semble avoir appartenu à la reine Adélaïde, femme de Hugues Capot; Eudes et Herbert, sous prétexte de la venger, feignaient de vouloir se jeter sur la ville voisine de Juvigny*. Leur but réel, nous venons de le dire, c'était de faire Théophano prisonnière si sa garde était peu nombreuse. Eudes et Herbert trouvaient évidemment le métier de geôlier très lucratif. La perspicacité d'Adalbéron, ou plutôt l'espionnage dont il entourait tous les personnages importants, conjura le danger ^

Hugues Capet ne fut pas sans rencontrer d'opposition dès le début de son règne. Parmi les ftcciésiastiqucs, son plus illustre adversaire fut l'archevêque de Sens, Séguin, Il n'assista ni à l'élection ni au sacre de Hugues et s'abstint de lui prêter serment. Gerbert lui écrivit au nom du roi, dont il était le secrétaire en raison du rôle împortaaÉ qu'il avait pris à son élection, pour le sommer de venir pr^jter seriuent le 1*"" novembre 987 et de remplir ses devoirs de conseiller, sous peine d'encourir la sentence du pape et des évêques comprovinciaux et la colère royale \

Albert, comte de Vermandois, se révolta ouvertement. Mais Hugues réunit son armée et menaça de marcher contre lui. Albert, effrayé, craignant la dévastation de ses domaines,

a erat autem in saeculo dives et prepotens, et nobilîssima Francorum <c cretus propagine ». Chèvremont faisait partie du domaine des ducs de Basse-Lorraine (Richer, I, 39). Cf. Havet, p. 26, n, 1. — L'évèque Notker s'empara de Chèvremont par urr ruse d'une honnêteté douteuse. Le seigneur, à qui il venait de naître un fils, pria révèque d'entrer dans le château pour le baptiser. Notker déguisa des hommes d'armes en clercs et les introduisit sous ce prétexte dans Chèvremont. Ce château fut pris et rasé ; les ruines s'en voyaient encore du temps d'Anselme, au miUeu du XP siècle. Cf. plus baî^. p. 226, n. 3,

1. Sur le Loison, à une dizaine de kilomètres à l'est de Stenay. — M. Havet suppose avec vraisemblance (p. 1)6, n. 5) que la reine qu'ils veulent venger est Adélaïde, femme do Hugues Cypet, et que Stenay devait lui appartenir.

2. Lettres de Gerbert, éd. Havet, lettre 103, écrite peu après te 17 juin 987.

JJ. Ibid., lettre 107 (juillet-octobre).

216 Hi:auES gapet et adalbéron [987]

envoya un moine de Saint-Quentin, Tbistorien Dudon, en ambassade auprès de Richard l''^ duc de Normandie, qa il supplia d'intercéder pour lui auprès du roi. Richard se rendit à cette prière, et apaisa Hugues Capet qui se contenta d*exiger de^ otages du comte de Vermandois ', Hugues Capei parut alors pouvoir jouir paisiblenient de la royauté, Cbarles. réfugié en Lorraine, ne donnait plus si^e dévie. Il semblait résigné â son sort ou incapable d une action dangereuse.

Le nouveau roi se préoccupait d'assurer Tavenir de b dynastie en faisant couronner son fils de son vivant, à l'exemple des Carolingiens et des rois de Germanie, et d'illustrer sa couronne en volant au secours de Eorel pressé par les SaiTasins. Ce second projet lui fournit même le prétexte 1 et le moyen de réaliser le premier. C'est qu'en effet, cboi:e étrange au premier abord, Adalbéron n était pas favorable au . couronnement de Robert. Hugues, après avoir délibéré sur I ce sujet avec ses vassaux» avait envoyé des messagers pour J sonder rarchevêque qui se trouvait alors à Orléans. Les ré- ' ponses de celui-ci furent si peu encourageantes que Hugues prit le parti d'aller trouver Adalbéron en personne à ia iîû 1 d'août ^ L'archevêque de Reims refusa encore, en protestant qu'on n'avait pas le droit de créer deux rois en une seule et même année ^ Pour vaincre cette résistance obstinée, Hugues lui mit alors sous les yeux une lettre désespérée de Borel,

1. Dudon (éd. Lair, p. 293): « Xec îllud praetereundum quod, loit tbaria re^e defuucto, (lugo dus. fil i us magni ducis. intronizalus il) n rei^no, voluit super Albertum c-omitem equîtare, lïostilî exercitucon- « globalo. Alborttis igitur, metueus veiiturum furibundi régis adveji- « tum, misit quendara clcrlcura pretiosi mart)Tis Cliriati Quintini fit canon icum, nomine Dudonem dictum, ad Ricard uni summae pa* « tienliae palricium, ut, ne hoàtili iminanitate devastaretur psguâ <( Vimmaiidensiumj interventu suo istrenuo intercède ret pro se apud it regem, pcslîferaanlmoisHate plénum, lluxvero liîcardus cum summo « révèrent iao cnitu suscepit clericum, et prufectus e^^t contra regem « yolentcra equitare ascîlo liostîli exerdtu îjuper Albertum ; et mulû- « modorum prosecutionibuspeUtionum compcsceiiii regem animosLiiB, « datis obi^idîbus. pacidcavit cum rege Albertum. »

2. Nous voyons en eft'et Kugues Capet, le 25 août, à Orléans, donner un diplôme en faveur de labbaye de Saint- MeT?mrn (Pièce Jiisiif., n^ 6). Le 2G septembre 987, Hugues était à Compit^gne où il coniîriiiait, â la demande d 'Adalbéron. les possessions de Saint- Vincent de La^an (i/itl. de France, t X, diplôme n'^ 2).

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