J ROBERT ASSOCIÉ AU TRONE
marquis d'Espagne: il implorait du roi de France des secours contre les Sarrasins et lui annonçait que si ses troupes ne venaieni pas à son aide avant dis mois, tout le pays passerait sous la domination musulmane. Hugues Capet dépeignit alors sous des couleurs très sombres Tétat affreux: du royaume si lui-même succombait dans la lutte. En créant un second roi, on donnerait à Tarmée un chef sur lequel elle pourrait compter en cas de malheurs et on évitait tous ces maux.
Il y avait du vrai dans ce discours. Adalbéron avait encore présents à la mémoire des événements identiques qui s'étaient produits en Germanie pendant les quatre années précédentes, à la suite de la défaite de l'empereur Otton II par les Sarrasins et de sa mort. La crainte de voir Charles arriver au trône r si Hugues périssait, contribua sans doute aussi à lui arracher son consentement. Les grands furent convoqués à Orléans et, le jour de Noël, « Hugues prit la pourpe et cou- « rouna solennellement, dans la cathédrale de Sainte-Croix, ce son fils Robert, aux acclamations des Français, et rétablit « roi des peuples occidentaux de la Meuse à rOcéan ^ m
1. Rîchep (IV, 13). Armaies S. Benigni : « 989 ij^ic) Rex Robcrtua « regnare incîpit. n ^ Ann. S. Ùionysii: a .. tït in supradito aiinQ(987), « lU. kl. januar., Kodbertas, fiUus llugoiiis ducis, Deo juvaute, rex or- « dinatus est. a — Ann. Ilortac: « 987 ... qui secura Rotbertum filium « suum regem Aurelianîs élevât, y* — Ann, Hemens. et Colon.: « 990 « (iic) Hic primtis est aîinus Roherti régis, tiliî Hugonis Capeti. s — tt AdoTi, 2^ contin.ni Hotberiurn, filium suum secum regein Aurdïanis ff elevansdiekalendarum jantiarioruni.» — Aimoln, Mû\s. Den.^ H, 2; a tseodem anno Rotbertum filium sibi consortem regni legit ^ —Hîst. Franc^ Senon.: a Et ipsn anno (987) lîobertus filius ejus in regnum <r piissimus rex ordinatus est. liic déficit regnum Karoli Magni. » — Odonin .■ « 987 .„ et eodem anno liobeHus filius ejus, regam piissimusj « rexordiuatuâ est. Uic déficit regnum Caroli Magui j> (d'après VIIùL franc. Sen.f) — Chron. anon. de Vlenvy {i/isi. tie Fr., X, 210): « Is ff (Hugo) Robcrtum filium .^uura consortem legit l'c^mi ei henedki (t fûcil Hemis kL jan. s> M. J. Havet {Les couronnements! dts roia Hufjues et ftobcr!, BevJust., XL\\ 1891, p. 290) a pmuvé que ie passa^*^e imprimé ici en itah est une interpolation (cf. plus haut, p. 2ï2- 213, n. l). 11 n'y a donc plus lieu de croire que Robert ait été alors sacré à Reims. — Kalckstein (p. 403) envisage d'une façon bien étrange le couronnement de Hobert. U y voit pour le;; grands vassaux « une *t garaîitie contre le retour des Carolingiens qui n'avaient jamais « reconnu comjïlélemeut rautorité féodale ; il leur apporta cerlaine- «t ment une nouvelle concession (sic) d^ Uu^uei> Tapet j>. Singulière faeoQ de rejeter l'autorité royale que d'associer le fils au père ! M. Kal-
£18 LETTRE DE HUGUES CAPET A l'eMPEREUR BASILE II [088]
Robert était alara âgé de quinze ans. Son père songea aie marier à une princesse byzantine, parente des empereui's d'OrieDt Basile I[ et Constantin VILI, alors les plus brillants souverains de TEurope. Gerbert rédigea en son nom la lettre suivante au début de Tannée 988 : w A Basile et Constantin, a empereurs orthodoxes, Hugues par la grâce de Dieu roi « des Francs. La noblesse de votre maison et la gloire Je « vos grandes actions* nous engage et nous contraint 'à ff rechercher votre amitié, Vous paraissez tels que votre a alliance est le bien le plus précieux qu on puisse désirer (t au monde. Cette amitié très sainte, cette alliance très jusie, (ï nous ne la demandons pas pour avoir part à votre empire « ou à vos richesses^ ; au contraire, cette condition fait de il nos droits les vôtres et notre alliance» si elle vous plaît, H TOUS sera d'un grand secours et produira d'iniportâûts « résultats. Car nul Gaulois ni Germain n'osera, si nous le <( défendons, attaquer les frontières de Tempire Romain'. «f Pour rendre perpétuels ces avantages, comme nous avons un « fils unique, roi lui-raéme, et que nous ne pouvons lui ti'ouver (f une épouse à cause de notre parenté avec les rois nos tt voisins, nous recherchons instamment la main d*une fille (t du Saint Empire. Si ces demande.^ plaisent à vos oreilles rt sérénissimes, faites-le nous savoir par des lettres impériales « ou des messagers fidèles ; des envoyés, dignes de votre Ma- « jesté, achèveront en acte ce qui aura été décidé par lettres \ ^^
Co projet n'eut pas de suite. Nous ne sommes même pas certains que la lettre ait été envoyée ^ Hugues trouva pour sou
cksteîn slmagine visiblement que la conduite des Cajïétiens vis-â-vîs de la féodalité diJTéra complètement de celle des Carolinfiiens, C'est une erreur, comme Vn démontré ^ï. Lucliaire dans son lîfsioire dex institutio7ts monarchjqK^A.
1. Basile II ne méritait pas encore ces éloges. Ce n'est que pluî^ tard qu'il devait remporter ses victoires sur les Bulgares et les Sarrasin^;-
2. Allusion sans dnute au mariage de Théophano avec Otton 11 qui avait failli coûter à l'enipire d'Orient la Pouiilc et la Caiabre.
3. C'est Teiiipire byzantin qui continuait à se qualifier d'empire Homaîn, Con^ilantinople regardait toujours Charlemagne et les empereurs ses successeurs comme des usurpateurs.