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6. Le 22 septembre, tant pour l'ordination d'Eudes, évêque désigné de Senlis, que pour s'entretenir avec lui des affaires de l'Etat (lettre Ï33). Sur Renier, voy. Gerbert, lettres n"' 2. 89, 94, 127, 140, 141.

7. Lettre 127 écrite en août. — Adalbéron pria ensuite Gibuin de venir le retrouver à Reims.

[988] NÉGOCIATIONS d'aDALBÉRON AVEC EUDES 229

fin d'août \ Eudes et Herbert réclamèrent alors Texécution des engagements de Godefroi, c*est7à-dire sans doute la remise d'un certain nombre de villages du Verdunois ^ Adalbéron écrivit à son frère pour le prier instamment, dans leur intérêt commun, d'avoir avec ces personnages l'entrevue qu'ils exigeaient. Il devait leur donner réponse le 3 septembre et lui-même ne pouvait, sans les plus grands dangers, s'éloigner de la ville de Reims. Il proposa à Godefroi de se rendre à la frontière, à Bouillon ; de là il serait conduit à Reims sous bonne escorte par Manassès, comte d'Omont ou de Réthel, vassal de l'église de Reims ^. Nous ignorons si Godefroi se rendit à cette invitation. L'affaire ne fut pas encore terminée. Dans les derniers jours de 988, Adalbéron envoya encore ses agents Renier et Anselme auprès

1. a I^etamur nunc praesentia nepotisA. Verdunensium episcopi », écrivait Adalbéron de Reims en août-septembre (Gerbert, lettre 131). L'évêque de Verdun était auprès de lui dès la fin d'août, car la lettre 129, écrite certainement dans les derniers jours de ce mois, mentionne les otages livrés à sa place aux comtes Eudes et Herbert.

2. Telle fut selon nous l'origine de la puissance et des prétentions de la maison de Blois en Lorraine. Eudes II contruisit des châteaux en ce pays, sans doute sur le territoire cédé par Godefroi à son pèrç Eudes I«^ Il ne consentit à les détruire qu'à la suite d'une entrevue qu'il eut à Verdun avec l'empereur Henri II en 1023 (Voy. Pfister, Robert le Pieux, p. 371).

3. Lettre 129. La mention de Bouillon, dans cette lettre, donne tout lieu de croire que ce château appartenait déjà à la maison de Verdun, ancêtre par les femmes du fameux Godefroi de Bouillon. Chose curieuse, il se trouva que le « baron du Saint-Sépulcre » était apparenté à la fois au roi Lothaire et à son adversaire Godefroi de Verdun ; comme on peut s'en convaincre par le tableau généalogique suivant :

Louis d'Outremer (f 954).

Charles de Lorraine (+ 995 ?)

Gerberge, épouse Lambert de Lorraine (t 1015).

Mathilde, épouse Eustache I de Boulogne.

Eustache II, épouse Ida. fille de Godefroi IV le Barbu (petit-fils de Godefroi de Verdun).

Godefroi de Bouillon (f 1 100).

Voy. Genealogia cumilum Boloniensium {Mon. Germ., SS. IX, 300).

230 LEVEE Dr SîfeGK DE LAON ]m]

de Herbert et d'Eudes ; ce dernier réaidait alors à Chartres \ Nous ignorons la suitfi des négociations avec les comtes.

Revenons au siège de Laon. Il avait été entrepris dans de très mauvaise?? conditions. Après un printemps pluvieux qui j occasionna de grandes inondations, Tété de Tannée 988 fut i d'une chaleur extraordinaire, au point de brûleries récoltes*. L'armée assiégeante eut beaucoup à souffrir de cette tem- i pérature. Gerbert. fort éprouvé par les l'atigues du siège, lombâ malade de la fièvre '\ Les assiégés mirent à profit la torpeur de larmée royale pour tenter un coup hardi. Une après-midi, vers le milieu dn mois d'aont, les bourgeois de Laon, appuyés d'une troupe de cavaliers, firent une sortie. Ils gurprirenl los assiégeants appesantis par le vin et le sommeil, et incendièrent le camp. Le désastre de rarmée royale fut immense: machines, vivres, bagages, tout fut consumé parle feu. Hugues Capet, troublé par les clameurs, les sonneries de clairon, le crépitement de la llammeet la fumée de Tincendie, prit la fuite. Il se remit ensuite et donna des ordres pour que tout le dommage fut réparé pour le 2b août. Mais les troupes étaient terrifiées et découragées; il fallut lever le siège*.

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