Richer(lV, 27 « Responsio civium
[989] INTRIGUES DE GERBERT ET d'aRNOUL 245
possession de sa ville épiscopale\ Le second a^aît un but plus noble. Fils d'Albrade, sœur de Lothaire, et de ReDaiid, comte de Roucy, il était par conséquent cousin dWrnoul ; en poussant son parent à ce poste élevé, il espérait que ces hautes fonctions transformeraient son caractère et Toblif^^eraieut à mener une conduite plus sage. Brunon avait, en outre, le plus grand respect pour Lothaire qui Tavait nommé évêque à V-lge de vingt-quatre ans*. Il lui sembla que c'étail honorer sa mémoire, s'acquitter même d'une dette de recunnaissance, en soutenant son fils de tout son pouvoir. Il s'offrit en peri^onne pour servir de gage et d'otage pour ArnouP.
Gerbert essaya de contrebalancer rinfluence de Brunoo par celle d'Adalbéron de Verdun, pour qui Hugues Capet avait, parait-il, de Taffection. Gerbert, hieu qu'il affect-\t de détester la profession de médecin, avait ordonné des remèdes à Tévêque de Verdun, atteint dela^rravelle'; en reconnaissance, celui-ci écrivit au roi de France pour le dissuader de confier l'église de Reims « tête du royaume des Francs m, à un « traître, à un perfide, à un sot » (ces expressions aimables désignaient Arnoul)*. Quoi qu'il eût invoqué Je souvenir de son oncle et l'affection que le roi avait pour lui-raèrue, sa recommandation n'eut aucun résultat; Hugues avait été séduit par les propositions d'Arnoul. Il y voyait Tavan- .tage de désunir les Carolingiens ; il espérait que la trahison lui livrerait la ville de Laon: deux échecs suct^e^sif^ lui ayant fait perdre l'espoir de l'emporter de vive force ; enfin, il calmait peut-être ses scrupules à l'endroit de sou usurpation en se montrant le bienfaiteur d'un fils de Lothaire, Quant à Gerbert, il s'en défiait, le sachant, par expérience, beaucoup trop lié