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2B8 THAHISON DE GEKBEUT \m]

Il songea d'abord âs*éloigner\ puis^ tout à coup, voite-face complète : il nous apparaît comme nu fervent partimn de Charleïi et traite Hugues et Robert d'usurpateurs. Ce brusque changertiftnt Cî^t le poitit le plus mystérieux de la vie de Gerbert. Tout le monde est d'accord pour blâmer cette versaiilité, mais non pour l'expliquer. Gerbert, nous l'avons répète souvent, était ambitieux, ce qui lui était permis, vu ses talents et sa tïdélité à soutenir la cause qu'il avait embrassée. Or jusqu'ici tout son dévouement ne lui avait rapporté que fatigues et dangers. Hugues Capet et Théophano avaient fait preuve à son éganl d'une ingratitude qui Pavait rempli d'amertume ; il se seotait vieillir et se demandait sans doule avec anxiété quelle serait son existence s'il n'avait rien à attendre pour pris de tant de services; il souffrait toujours des fièvres contractées au siège de Laon du mois d'août 988, aggravées par l'automne suivant; la maladie dut contribuera affaiblir son caractère et à développer les préoccupations d'intérêt personnel, Charles paraissait alors avoir de sérieuses chiinces en sa faveur; son activité faisait contraste avec l'inertie de Hugues Capet. Il ne ménagea pas sans dout*^ les promesses à Gerbert qu'il avait déjà voulu attirer â son parti un an auparavant ^ Enlin Gerbert crut peui-étre meitre sa responsabilité à couvert sous celle de son archevêque*

Que ces hypothèses soient justidées ou non^'^uïi fait certaiD, c'est que Gerbert engagea aussitôt une polémique en faveur de Charles. Ascelin, réfugié à la cour des rois, maintenait toujours l'anathème qu'il avait porté contre le diocèse de Lium quand il s'était enfui l'année précédente. On sait que l'effet de cette terrible malédiction était de priver les fidèles de tous les sacrements ; on ne permettait même pas d'ensevelir les morts ou de baptiser les enfants. Ces prescriptions outrées indignèrent Gerbert qui écrivit à Ascelin la lettre suivante :

a A l'évoque encore vénérable Adalbéron^ — Gerbert. « « Es-tu donc tellement livré à Tinsouciance et au hasard

1. Lettres 162 et 163 adressées à Rémy, mïïine de Trêves, et à M-

manu, abbé d*AuriUac.

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