OTTON DUC DE BASSE-LORRÀINK [991-1012J
à son dernif^r voyage en Italie et quand Tempereur fut mort au mont Soracte en janvier 1002, il fut un de ceux qui ramenèrent son corps en Allemagne*. Le nouveau roi, Henri II, ayant eu gravement à se plaindre de Thierry II, évêque de Metz, donna en 1C02 à Otton, qui était également son cousin^ les possessions de cet évêque dans la Basse-Lorraine, entre autres le monastère de Saint-Trond. Otton pilla et foula Tabbaye. Les moines de Saint-Trond invoquèrent la protection de leur saint patron. Inutile de dire qu'ils Tôbtinrent. Otton, mêf irisant un songe menaçant envoyé par le saint, entra dans le monastère pour recueillir le fruit de ses rapines; mais au moment de franchir la porte pour sortir, il se sentit frappé entre les épaules par un coup violent; une fièvre mortelle Ifi saisit, il se traîna jusqu'à Maëstricht où il expira^ Si^ebert de Getnbloux donne 1005 comme année de sa mort*. C'est une erreur très certainement. Otton a vécu plus longtemps ; en effet il eut pour successeur Godefroi, (fils de Godefroi de Verdun, l'adversaire de Lothaire). Celui-ci fut établi
L AdalbolO, VUa Henrici II imperatoris, cap. 3: « Ottone ergo u gloriosissimo imperatore defuncto, Cisalpini qui cura eo erant, ar- M cliif^pisœpu-^ ^'olonensis, episcopi Leodicensis, Augustensis et Cons- « tanliensis, Oito filius Caroli, Heinricus et Wicmannus comités et •I feteri qaamplures fideliter agentes, cum raaxima difficultate et m pericalis pluribus, per Verunam, per Bavariam, cadaver ipsius ren portïibant ^ (Mon. Germ. SS.. IV, 684).
2. ilenri U le Saint était tils de Henri le Querelleur qui tenta de s'emparer de la couronne en 98* et 985, au détriment du jeune Otton 111 ; par suîle il descendait, comme celui-ci, de Mathilde, femme de Ifenri 1'"" TOÎstileur. Il était parent d'Otton au sixième degré.
a. Hiepelin, Miracùla s. Trudonis confessoris, liber I (Mabillon, Acta smiciof\, s^ec. VI, part. II, p. 91) ; Gesta abbatum Trudon., Contin. îertia., pars 1 (Mon. Germ. SS. X, p. 380-382): « Anno Domini 1005 tf Henritnis împerator. regni sui anno III ... etc. Cujus (Thierry II de « Met?:) resitftentîas imperator offensus Ottoni duci Lotharingie, suo « coiiïîanguineoi omne jus quod prefatus episcopus in oppido hoc pos- « sedit. in prejudicium ejusdem episcopi, illicite tradidit. Predictus ic igitur dus avaricie sue consulens cum usurpations possessionum tf Metensis aeccïesiae contra fas nimis immisericorditer non solum «f nostra diripero verum etiam et nostram familiam inhumanisiime 4c co€pit tractare, etc. » La date de 1005 est fausse. La querelle de Henri ÏI avec l'évèque de Metz est de Tannée 1012 (Hirsch, Jahrh. d€A d. lieichs nnl^.r Heinrich IL t. II, à Vannée 1012).
4. Sîgebert, Chronog. : « 1005. Mortuo Ottone duce, ducatus Lotha- ^ ringiae datur t^omiti Godefrido, filio Godefridi Ardennensis. »
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duc de Basse-Lorraine par l'empereur Henri II, à la recommandation de Gérard évêque de Cambrai ; or, Gérard ne fut nommé évêque qu'en 1012'. Ainsi Godefroi n'a pu obtenir le duché de Basse-Lorraine avant 1012 au plus tard ; par suite, Otton a dû vivre jusqu'à cette date. Une laissait pas d'enfants*, ce qui explique pourquoi son duché passa dans une autre maison.
Une légende accréditée'* veut que Louis et Charles soient jumeaux et nés dans la prison d'Orléans. Ils se seraient enfuis plus tard auprès de Tempereur. Cette tradition n'a pas plus de valeur que les bruits d'empoisonnement de Lothaire et de Louis V. Louis et Charles ne sont pas nés en prison à Orléans et ne sont pas jumeaux. Charles avait deux ans quand son père fut livré le 30 mars 991 * ; Louis était sensiblement plus âgé. En 989, ce devait être déjà un enfant d'un certain âge'.
Nous avons vu que Charles fut sauvé de la captivité par de fidèles serviteurs. Il est plus que probable qu'il fut confié aux soins de son frère Otton et qu'il mourut avant lui. Louis fut envoyé en prison avec son père et sa mère à Orléans. En 995, révê(iue de Laon conspira avec Eudes P"*, comte de Chartres, pour livrer la France à Otton III. Ils avaient
1. Gesla ep. Camerac, 1. III, c. 7 : « Eodem vero tempore (après la « nomination de Gérard) defuncti duels' Ottonis, filii Karoli, Godea fridus, antea dictus, intercessions Gérard i episcopi et obtentu raa- « jorum fidelium imperatoris adeptus est dignitatem. » Hir.sch adopte aussi la date de 1012 pour la mort d'Otton (Jahrb., t. II, p. 29). Cf. p. précéd., n. 3. Selon les uns Otton fut enterré à Notre-Dame de ( Pologne, ce qui est bien peu vraisemblable; selon Juste Lipse son corps fut déposé dans l'abbaye d'Kchternach ; enfin Molanus affirme {Militia sacra Bracbani., p. 69) qu'il Fut enterré dans l'église de Sainte-Gertrude de Nivelles, ce qui est le plus probable Cf. Brower (^Antiq, Trevir., I, 497), Warnkœnig et Gérard (t. II, 410).
2. Hermengarde a passé pour sa fille. Voy. plus luin p. 287, n. 1.
3. Elle apparaît pour la première fois dans Vllistoria Franc. Senon. et Adhémar de Chabannes (v. p. 277, n. 1). La découverte du manuscrit de Richer, ou même la lecture des actes du concile de Saintbasle, auraient dû la faire disparaître. 11 n'en est rien ; elle traîne encore dans tous les livres d'histoire. Warnkœnig et Gérard, qui pourtant ont dû lire Richer, déclarent (t. II, p. 418) que c'est un fait qu'il est impossible de révoquer en doute.