Historiens de France, t. IX, p. 130 c
386' ARCHEVÊQUES DE SENS AU X" SIECLE [App. Vr
qu'en 967. Il j a ici une difficulté : Clarius prétend que, consacré à Aj^poigny k 15 décembre, Ânastase fit son entrée à Sens le deuxième dimanche de i'Avent; or celui-ci tombe le 8 décembre. Il faut donc nécessairement comger, ou bien en quatrième dimanche de rAvent, c'est-à-dire 22 décembre, ou bien en troisième dimanche de TAvent; mais ce dernier coïncide précisément avec le 15 décembre; et il est invraisemblable, vu la distance de cinquante kilomètres qui sépare Appoîgny de Sens, que rarcheveque ait pu être le même jour consacré en la première de ces villes et intronisé dans la seconde. La correction du 22 décembre est donc préférable. Ce n'est là d'ailleurs qu'un détail et il reste certain qu'Anastase a été consacré en 967, le dimanche 15 décembre, ce qui est le point important.
Les dates de la mort d'Anastase et de la consécration de Séguin présentent des difficultés plus sérieuses, les textes se contredisant. Clarius met une première fois, sans date (Fanûée: «f Transiit (Anstasius) ex hoc mundo ad Deum, média nocte M dominica, VIL idas. januarii, régnante adhuc Hlothario
« rege post transitura autem donni Anstasii aecclesia
« Senonica fuit sine benedictione sacerdotali usque IIL idus ff junîi, resistente Rainardo comité. Tercio idus junii cona secratus est donnus Sewinus, die dominica, in basilica « Sancti Stephani Autissioderenais \ j> Mais, à la date de 976. il donne rindication suivante : w Hoc anno, VL idus januarii « Anstasius archiepiscopus Senonensis obiit et sepultu3 est « in basilica Sancti Pétri ; et eodeni anno, mense julio, IIL << idus praedicti niensis, ordinatus est in eadem sede Sewi- « nus archiepiscopus', ^j
Ces deux passages sont non seulement contradictoires. mais en désaccord avec les Annales de sainte Coloynbe de Sens où l'on trouve, à la date de 977 : « Hoc anno VL idus « januarii Anjaslasiusj, arcbiprœsul Sennensis, [viara] uni- « versae carnis ingressfus] est ; eodemque anno mense [jun]ii.
i. Daru, BibL hintorique de tYonne^ t. H, p. 490,
2. Itnd., p. 494. Une épîtaphe tVAnastat^e attribuée â Odoran, donne également le 8 Janvier comme date de sa mort : « Dum sexto Difrons « idus januarius egit Decidit. » Voy. Bihi. historique de l'Yonne, n, 435.
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« videliGetlV. idus praedicti mensis, ordinatus est in eadem c( sede [Sejguinus ad episcopum* ». Malgré l'incohérence de ces mentions chronologiques, il me semble qu'on doit se prononcer pour Tannée 977. En effet, Anastase est mort un dimanche, 7 ou 8 janvier {VI ou VII idus januarii) ; en 976, le 7 janvier tombe un vendredi, le 8 un samedi; en 977, au contraire, le 7 janvier {VII idus) tombe bien un dimanche. Séguin a été consacré un dimanche (Clarius). Écartons de suite la date du 13 juillet (/// idus julit), car en 976 le 13 juillet tombe un jeudi, en 977 un vendredi. Restent en présence les dates du 11 j.uin {III idus junii) et du 10 juin {IV idus j unit) qui nous laissent dans l'incertitude, car toutes deux coïncident avec un dimanche en 976 et en 977.
Pour sortir d'embarras, il faut se souvenir que Séguin a été consacré Tannée même de la mort d'Anastase ; or celui-ci, nous venons de le voir, est mort le 7 janvier 977, la date de la consécration de Séguin est donc, comme Tindiquent les Annales de sainte-Colombe ^ du dimanche 10 juin 977*.
1. Ibid.^ 1. 1, p. 215. Le Chronicon S. Columbae Senonense {Mhrtënef Thésaurus, ÏIÏ, 1451). qui n'est qu'un abrégé des Annales de Sainte- Colombe, porte à la date de 978 (sic) « Anastasius archipraesul Seno- « nensis V. idus januarii obiit. et eodem anno IV. idus januarii («te) « Sepuynus sufFectus est ».
2. L'édition du Chronicon S, Pelri Vivi donnée par d'Achery (Spicilegium, éd. in-fol., t. II, p. 471-472), contient des erreurs de chiffres qui rendent inextricables ces difficultés chronologiques. Il faut consulter l'édition de .M. l'abbé Duru {BibL historique de V Yonne, t. II, p. 487, 488, 490, 494, 496), qui a été revue sur le manuscrit d'Auxerre.
APPENDICE Vil
DE LA VALEUR HISTORIQUE DE l' Btstoria Francomm Setwnetists
C'est à Georges Waitz que revient l'honneur d'avoir démontré le premier que la fin de la deuxième rétlaction de ïfJisioire ecclésiastique de Huguos de Fleury, et la tin de la première partie de la Compilation de Saini^Germai?f-deS'PîGs {appelé B,ntreÎQ\s Conti7îttaiion f/UimaiVî^), représentent eu réalité une petite chronique allant de 688 k 10î5t à laquelle il donna ïe nom d'Historia Francorum Sejiojiensis parce qu'elle concernaii plus particulièrement le diocèse de Sens', Cette chronique n>xis te plus séparément; nous ne la connaissons que sous forme d'interpolation dans les compilations que nous venons de nommer. Pour en rétablir le commencement, G. M'aitz dut même recourir à Tédition de Duchesne, où elle part de Tannée 688. Nous ne songeons en aucune manière à discuter ces points qui sont hors de toute controverse. Nous voulons seulement examiner si les allégations de G. Waitz sur la source où a puisé le rédacteur de VlHUoria Franco rum Senonfiîsvi sont exactes. Dans son introduction, Waitz prétend que cette source ce sont les AîUiaks de Sainte-Colombe de Sens, découvertes à Rome par Pertz en 1826. Dans la dernière édition de son Ihresurles sources de l'histoire d'Allemagne, M. Watienbach partage la même opinion ; i< C^est avec le secours des « Aimales de Sainte-Colombe qu'un clerc inconnu a composé
1. Cette compilation, formée à Sens au début du xi* siècïe par mt moine de Fieury-sur- Loire, fut transportée à Saint-Gennain-des-Prês peu après 1015. Le ms. latin 12711 de la liibl. Nat. nous en offre une copie de la fin xp siècle (foL 1 à 165 v). Voy. Tétnde de M. S. Luce, La coniinuaiion d' Ai moi ri ei le manuscrit latin 12711 de la Bihîioihèque Nationale dans les Notices du 50' anniversaire de la Société de Vlli&ioire de France j p. 57-70.