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« une chronique un peu plus développée, mais encore bien « maigre, concernant la France occidentale, depuis la bataille « de Vitry jusqu'à 1015, en s*occupant particulièrement de « rarchevêché de Sens ; non seulement cette chronique a été « utilisée par la chronique peu postérieure d'Odoran de Sens, « par Hugues de Fleury et beaucoup d'autres, mais encore elle « a passé en entier dans l'ouvrage d'Ordéric Vital \ »
M. G. Monod a le premier combattu cette opinion ; « Ces a indications sont inexactes, dit-il, Odorannus s'est peu servi « de VBistoria Senonensis, Quant aux Annales de Saintece Colombe, elles ne peuvent en être la source étant infiniment « plus abrégées. VHist, Franc. Sen, est un extrait d'Annales <( monastiques plus développées que celles de Sainte-Colombe, (( extraits remaniés d'ailleurs et arrangés. Ainsi, pour la période « qui nous occupe, le fond du récit est contemporain, car il « est tout empreint des passions du temps; mais il a été « arrangé à une époque postérieure, car on y trouve de graves « erreurs de chronologie et des transpositions de faits'. »
L'étude des sources sènonaises nous a complètement rallié à l'opinion de M. G. Monod', sauf pour la date de rédaction de VHîst, Sert, que nous discuterons plus tard. Vérifions tout d'abord si VHist. Sen. et Odoran dérivent des Annales de Sainte-Colombe, et prenons un exemple :
La première mention annalistique de VBist.Sen, et d'Odoran remonte à 688, la première mention des Annales de Sainte- Colombe est de 708. Et cette dernière, pas plus que celle de 709, n'est reproduite par YBist. Seii.ni par Odoran. Il en est de même des mentions des années 716, 742, 806, 809, etc., etc. Ainsi, ilarrive souvent que les mentions des Annales S. Columbae ne se retrouvent ni dans VHist, Sen. ni dans Odoran. Par contre, ces deux sources ont des mentions qui ne se retrouvent pas dans \q^ Annales S, Columbae (voy. aux années 688, 712, 721, 847, 865, 870, 874, 876, 883, etc.). Quand dans ces trois
1. Deutschlands GeschichUquellen, édit. de 1885, 1. 1, 387-388.
2. Hevue historique de 1885, t. II, p. 256, note 1. Cf. p. 255, note 1.
3. Pour parier plus exactement, j'étais arrivé à peu près aux mêmes conclusions avant d'avoir Ju le passage de M. Vonod. Cette petite étude acquiert un certain intérêt, se trouvant ainsi confirmée par l'autorité du savant professeur de l'École normale.
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sources les mentions sont les mêmes et concernent les mêmes événements, elles sont sans exception toujours beaucoup plus développées dans YBist. Senon. et surtout dans Odoran. Ces deux dernières chroniques ne font pas de simples amplifications de style, elles ajoutent des détails nouveaux (voy. aux années 711, 712 {Ann. S. C, 714), 741, 750, 768, etc., etc.). Ainsi les Annales de Sainte-Colombe ne peuvent être exclusivement la source de ÏHist. Senon, et d*Odoran ; c'est tout au plus si elles sont une source partielle de ces deux chroniques. Leur vraie source ce sont des annales aujourd'hui perdues, que M. G. Monod propose d'appeler Annales ecclésiastiques de Se?is\ Selon M. Monod, les Annales de Sainte-Colombe, le Chronico7i Senonense S. Columbae^^ VHistoria Francorum Senonensis, la Chronique d'Odoran^, et le Chronicon S. Pétri Vivi, composé par le moine Clarîus dans le premier quart du xn° siècle, ne sont que des extraits, faits à différents points de vue, de ces Annales ecclésiastiques de Sens'',
Une chose indéniable, c'est qu'on rencontre dans Clarius une foule de renseignements qui ne se trouvent pas dans les Annales de Sainte-Colombe et qui sont rapportés par Odoran et YHist, Senon, d'une manière beaucoup plus succincte*.
Si les sources sénonaises que nous venons de citer dérivent d'Annales ecclésiastiques de Sens, celles-ci ne s'étendaient
1. Je serais tenté de nommer de préférence cette source perdue Gestes des archevêques de Sens.
2. Cette chronique a été publiée par Martène, Thesaur. anecdot., III, 1449. Ce n'est qu'un abrégé des Annales de Sainte-Colombe.