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Éd. Lair, p

[App. VIII] LA GUERRE NORMANDE (959-968) 351

962), mais la participation personnelle du roi au siège d'Évreux nous paraît assez douteuse \

§ V. Le récit de la déroute de Thibaud à Hermentruville * est des plus vraisemblables et les chiffres donnés par Dudon n'ont rien d'exagéré (l'armée de Thibaud compte 3.000 hommes, dont 640 sont tués par les Normands)'. Ici encore Flodoard nous sert à contrôler Dudon. Ses Annales portent à la date de 962, après le récit d'un miracle arrivé le 8 septembre : « Tetbaldus quidam, cum Nortmannis coniligens, « victus est ab eis et fugadilapsus evasit. Qui, seniorem suum (c Hugonem proinde infensumhabens, ad regem venit; a quo, « sed a regina Gerberga, bénigne susceptus et miti consolatione (c refocilatus abscessit. » L'incendie de Chartres, qui pouvait sembler de prime abord une invention de l'historien normand, nous est attesté par le Nécrologe de Notre-Dame de Chartres : « Nonis augusti, anno dominice incarnationis 965, urbs Garce notensîs et ecclesia Sancte Marie succensa est*. »

§ VL Faut-il croire avec Dudon que Thibaud ait calomnié Richard en soutenant au roi que celui-ci appelait les Danois pour ravager la France ? Nous ne le pensons pas ; car la suite ne prouva que trop la vérité des allégations du comte de Chartres. Mais le recours aux Danois est-il postérieur ou antérieur à la bataille d'Hermentruville ? Dudon le rapporte

1. C'est aussi l'avis d'Aug. Le Prévost (/?oman rfe Bou^ I, 242, note 2). M. J. Lair (éd. de Dudon, p. 273) pense par contre que le roi assista réellement au siège d'Évreux, parce que Guillaume de Jumièges ajoute un détail au récit de Dudon et prétend que le roi « civitatem « Ebroicam aggressus, civibus incautis, eam obsidione cingit dolisque « Gisleberti, cognomento Mainel, cepit. » Mais, en réalité, pour les événements du x* siècle, l'autorité de Guillaume de Jumièges est encore plus faible que celle de Dudon de Saint-Quentin.

2. Aujourd'hui Saint -Sever, grand faubourg de Rouen sur la rive gauche de la Seine. Ce nom d'Hermentruville subsistait encore au

xin« siècle. Voy. L. DelisLe, Cart, Normand de Phi lippe- Auguste

(Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XVI, 2« part., p. 222). Cf. J. Lair, p. 275, note (a).

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